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Luis Enrique et la gestion de Dembélé : un aoûtien vaut mieux que deux tu l’auras

Après un début de saison raté, Ousmane Dembélé ne se déplacera pas à Lille, vendredi, pour la deuxième journée de Ligue 1. Luis Enrique préfère le renvoyer en vacances pour pouvoir compter sur lui au moment où ça comptera vraiment. Ces dernières années, cette gestion a fait ses preuves.
Entré plus que jamais dans la caste des très grands tacticiens ces deux dernières années, Luis Enrique ne manque jamais une occasion de prouver qu’il est aussi un remarquable manager. Sous ses airs autoritaires, l’Espagnol joue aussi souvent au papa poule. Dimanche, à Rennes, il avait enfilé la première casquette en sortant Ousmane Dembélé et Khvicha Kvaratskhelia à la pause avant de leur adresser quelques petites piques au coup de sifflet final. Soucieux de l’état de forme du Français, le coach lui a alors accordé quelques jours de vacances. « En accord avec l’entraîneur et la direction sportive, Ousmane Dembélé bénéficiera d’une période de repos ces prochains jours. Il reprendra l’entraînement lundi avec l’ensemble du groupe », a écrit le club à travers un communiqué laconique. Si on peut imaginer une sanction après des prestations décevantes, la décision ressemble bien plus à une mise au repos qu’une mise au ban.
La force de l’habitude
Ce n’est effectivement pas la première fois que le PSG version Luis Enrique permet à ses joueurs de souffler en pleine saison, même au tout début de l’exercice. Lors des deux dernières années, Achraf Hakimi avait bénéficié de plusieurs jours de repos, au même titre que le Ballon d’or ou Willian Pacho, qui avait vu ses vacances de Noël prolongées l’an passé. Les matchs manqués par ces trois-là s’inscrivent dans la gestion sur le long terme. Qui se souviendra que Dembouz n’a pas disputé la deuxième journée de Ligue 1 contre Lille en cas de troisième sacre consécutif en Ligue des champions ? Durant la saison 2024-2025, sept cadres avaient été envoyés en vacances après la demi-finale remportée contre Arsenal : Gianluigi Donnarumma, Marquinhos, Hakimi, Pacho, Nuno Mendes, Vitinha et Fabián Ruiz. Une réoxygénation bienvenue puisque Paris avait enchaîné avec des démonstrations contre Reims, en finale de Coupe de France, et l’Inter Milan, en C1.
J’aime quand les joueurs arrivent au travail avec le sourire et l’envie de jouer au football.
« Je suis très ouvert sur ces choses-là, je cherche à améliorer la performance individuelle de chaque joueur. Je suis disposé à les faire se reposer, quel que soit le joueur. S’il a besoin d’un petit peu de repos, pour moi ce n’est pas un problème. Je pense qu’on a une mentalité un peu différente, avait indiqué Enrique la saison dernière. J’aime quand les joueurs arrivent au travail avec le sourire et l’envie de jouer au football. Avoir un match de repos, trois jours, sept jours… Ce n’est pas un problème pour moi. » À la tête d’un groupe qui pourrait se lasser de ses propres succès, en plus de pratiquer un jeu énergivore depuis de longs mois, ces vacances semblent indispensables.
Enfin un été (un peu) reposant
Il y a autant de préparateurs physiques que d’avis et, si la méthode parisienne porte ses fruits, certains craignent que couper le moteur après avoir habitué le corps à jouer tous les trois jours puisse avoir un effet néfaste. Nicolas Dyon, préparateur physique du Borussia Mönchengladbach, assurait dans L’Équipe que « l’aspect mental est encore plus important que la dimension athlétique » et qu’il « n’y a aucun risque de perte physique » en si peu de temps.

Les doubles champions d’Europe en titre, particulièrement habitués aux longues saisons, ont connu, un an après avoir bataillé au Mondial des clubs jusqu’à la mi-juillet, leur premier été avec un vrai repos. Les rares qui n’ont pas participé à la Coupe du monde ont repris le 27 juillet dernier, deux jours après la date initiale, tandis que les Mondialistes éliminés avant le dernier carré ont bénéficié de quatre semaines de vacances, contre trois pour les finalistes et participants à la petite finale. De quoi régénérer le corps autant que l’esprit. Or, Ousmane Dembélé aurait, lui, repris l’entraînement individuel plus tôt que prévu afin d’être opérationnel dès la Supercoupe d’Europe. Un pari perdu puisque ses performances face à Aston Villa, Lens et Rennes étaient clairement en deçà des attentes.
Ce début de saison laborieux ne devrait d’ailleurs qu’inciter davantage Luis Enrique à faire souffler ses joueurs. Il y a deux ans, le PSG galérait et échappait de peu à une élimination dès la phase de ligue de C1, quand les individualités se cherchaient encore dans un collectif balbutiant. Il y a un an, l’effectif était plombé par une hécatombe de blessures durant de longs mois. Finalement, la dernière ligne droite a, à chaque fois, été parfaitement appréhendée, avec Ousmane en mode Ballon d’or. Alors, rebelote ?
Mis au repos, Ousmane Dembélé sera absent contre LillePar Enzo Leanni

























































