- Trophée des champions
- Lens-PSG (1-0)
Lens, la recette maison

C'est comme si la fabuleuse saison 2025-2026 n'était pas terminée pour le RC Lens, qui a remporté le Trophée des champions contre le PSG ce dimanche soir avec quelques nouveaux joueurs, un nouvel entraîneur et à 10 contre 11. Le reste, ce sont des « valeurs » et peut-être aussi une manière de bien travailler.
Ce n’était pas un dimanche pour le foot, entre les nouvelles prouesses de Léon Marchand dans l’eau, les dernières épreuves des championnats d’Europe d’athlétisme à Birmingham ou le « Tcholé » en or de Félix Lebrun pour son premier sacre dans un Grand Smash européen. Pourtant, à des hauteurs un peu moins importantes et dans un évènement secondaire à l’échelle du foot français, il y avait le RC Lens. Il y a toujours le RC Lens, au moins ces dernières années, pour nous faire passer de bonnes soirées.
Les Sang et Or nous ont ramené trois mois en arrière, comme si l’exceptionnelle saison 2025-2026 n’était pas tout à fait terminée, en remportant une nouvelle coupe. Ce n’était pas cette vieille dame qu’est la Coupe de France, mais un Trophée des champions qui appartenait au PSG depuis 2021 (1-0). « Le dernier qui manquait » dans l’armoire du club artésien, comme le rappelait le président Joseph Oughourlian après cette joie d’août, avec cette impression que le Racing Club du Lens serait à nouveau armé pour faire ce qu’il sait faire, avec ses moyens, pour la nouvelle saison qui s’annonce.
« C’est un club tout entier »
Rien ou presque n’a semblé perturber le passage d’une saison extraordinaire (2e place en Ligue 1, sacre en Coupe de France) à une autre où le Racing sera un peu plus attendu et scruté. Pas le départ contraint de Pierre Sage, remplacé par Dino Toppmöller, choix s’inscrivant dans une forme de continuité, ni les pertes du duo Adrien Thomasson-Mamadou Sangaré au milieu de terrain, en plus de celles de Malang Sarr, Wesley Saïd ou encore Allan Saint-Maximin. Avec quatre recrues alignées au coup d’envoi (Maik Nawrocki, Yacine Titraoui, Michael Cuisance et Franjo Ivanovic), un nouvel entraîneur et un scénario chamboulé par l’expulsion de Kyllian Antonio dès la 39e minute, Lens a ressemblé à l’équipe qu’elle était la saison passée, comme si rien n’avait changé.
Il a bien sûr fallu compter sur quelques arrêts de Robin Risser, la maladresse des attaquants parisiens et de la chance, puisqu’il en faut toujours contre le PSG, pour tenir et finir à 1-0, mais la manière de courir, souffrir et jouer ensemble a aidé les Sang et Or dans cette première lutte de la saison. « À neuf, on peut aller à la guerre. À dix, on peut aller à la guerre. À huit, on va à la guerre. Ce sont les valeurs de ce club, c’est ce qui fait notre force », clamait le portier français sur Ligue 1+.
C’est quelque chose de vraiment très spécial.
Il n’était question que de cela dans la bouche des héros du soir : les valeurs, la mentalité lensoise, la culture d’un club. Ruben Aguilar, bientôt papa pour la troisième fois : « Quand on signe, quand on est nouveau, on apprend. On nous transmet des valeurs. Je savais que l’on allait faire un résultat. Quand on est comme ça, c’est très dur de nous battre. Fier des gars, ce n’est pas qu’un onze, c’est un club tout entier. C’est magnifique. Quand on est joueur au RC Lens, c’est quelque chose d’exceptionnel. On est vraiment une famille, vraiment soudée. »
Modèles du genre
C’est la recette d’un club qui a ramassé deux trophées en l’espace de trois mois quand d’autres aux budgets supérieurs attendent d’en revoir la couleur depuis plus d’une décennie. Cela ne pouvait pas se passer autrement à Bollaert, stade tiré au sort par la LFP pour ce Trophée des champions 2026 avec une répartition des places qui a fait râler Achraf Hakimi, dans un stade et une atmosphère qui ont rendu la soirée sympathique devant l’écran. Imaginez alors Toppmöller au bord du terrain. « C’est quelque chose de vraiment très spécial. C’était mon premier match ici avec mon équipe, avec les supporters. C’est vraiment une victoire collective de tout le staff, de tous les joueurs. Cette ambiance a beaucoup aidé aujourd’hui pour gagner ce titre pour le club, se réjouissait le technicien allemand. On a vraiment joué avec le coeur. Avec ce public, on peut battre tout le monde. C’est ce qu’on a montré aujourd’hui. »
Le successeur de Sage a déjà compris la force du club et où il pouvait puiser pour ses causeries : quand on joue pour le RC Lens, on doit être habité par un truc en plus. Il y a cette culture et surtout le travail des hommes, de Joseph Oughourlian, moteur sur les questions majeures de la crise du foot français (à laquelle il a participé) et patron malin, dont le sens de l’anticipation et de l’adaptation, partagé par son directeur général Benjamin Parrot et son directeur sportif Jean-Louis Leca, ont pour l’instant permis de traverser un été serein. Cela ressemble à un modèle à suivre pour les autres, même si cette joie d’août n’annonce pas forcément des lendemains chantant. La dernière fois que le PSG avait lâché le Trophée des champions, c’était en 2021 contre le LOSC champion de France en titre et le voisin nordiste avait ensuite échoué à la 10e place en Ligue 1. « C’est une saison qui va être difficile, avouait Risser, mais c’est vrai que ce soir, il faut savourer. » Nous ne sommes personne pour les en empêcher.
Hakimi : « Ça ressemblait plus à un match de Ligue 1 qu’à une finale »Par Clément Gavard

















































