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Dembélé et les Bleus, une histoire de flous

Par Clément Gavard, au Stade de France
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Dembélé et les Bleus, une histoire de flous

Avec le brassard de capitaine au coup d'envoi pour sa 70e sélection et aligné dans l'axe, Ousmane Dembélé a encore manqué l'occasion de briller contre l'Italie. L'histoire de sa vie avec les Bleus.

Il ne pouvait pas passer inaperçu depuis les tribunes du Stade de France, avec son brassard jaune fluo pouvant laisser penser qu’il s’apprêtait à enfourcher un vélo, et pourtant Ousmane Dembélé n’a pas réussi à illuminer sa première véritable soirée dans la peau d’un capitaine de l’équipe de France. Il avait eu droit de récupérer le bout de tissu face à la Turquie et la Belgique, lors des deux dernières sorties, mais il est cette fois entré sur la pelouse avec ce statut et dans ce costume, en l’absence de Kylian Mbappé. C’est peut-être ici tout le paradoxe de Dembouz en sélection. Il est devenu quelqu’un d’autre, un vice-capitaine, un leader, un attaquant dont on attend des buts et des différences grâce à ses prouesses en club, au Paris Saint-Germain, plutôt qu’avec son histoire chez les Bleus, aussi riche collectivement que décevante individuellement.

La quête des photos souvenirs

Le retour de l’équipe de France et de Zinédine Zidane à Saint-Denis était aussi la 70e cape du chouchou du Parc des Princes. Ce n’est pas rien, puisque c’est une de plus que N’Golo Kanté, une de moins que Claude Makélélé, David Trezeguet et Moussa Sissoko (eh oui) et l’assurance de bientôt mettre Michel Platini dans le rétroviseur (72). La semaine prochaine, face à la Belgique, Dembélé pourrait intégrer le top 30 des joueurs les plus capés de l’histoire tricolore et la tête de gondole de l’ETP Odorico, le centre de formation du Stade rennais, manque pourtant toujours de références en équipe de France. Ce ne serait pas très important s’il n’était qu’un joueur de complément abonné aux entrées en jeu ; c’est un peu plus embêtant depuis qu’il est Ballon d’or et une pièce essentielle de la meilleure équipe d’Europe sur les deux dernières années.

La carte de chaleur de Dembélé contre l’Italie, avec beaucoup de décrochages plus bas sur la partie droite du terrain et seulement 5 ballons touchés dans la surface (Source : SofaScore)
La carte de chaleur de Dembélé contre l’Italie, avec beaucoup de décrochages plus bas sur la partie droite du terrain et seulement 5 ballons touchés dans la surface (Source : SofaScore)

Si la Coupe du monde lui a (enfin) permis d’accrocher des photos souvenirs dans son album (un triplé contre une Norvège remaniée qu’on a envie de compter et un but en quarts de finale contre le Maroc), celui-ci reste trop peu garni pour un joueur qui ne veut pas être une star, mais qui doit être jugé d’une autre manière maintenant qu’il a pris cette nouvelle dimension. Ce Dembélé qui « voulait être un joueur complet qui peut dribbler, faire la passer » n’a pas été celui qu’il « rêvait d’être », pour reprendre ses mots posés en avant-match, contre l’Italie ce vendredi soir. Il a tiré 6 fois (2 cadrés) et il aurait dû mieux faire au retour des vestiaires, quand il a suivi sur la frappe de Désiré Doué repoussée par son ancien coéquipier Gianluigi Donnarumma.

« Ousmane fait du Ousmane »

C’est là qu’on aurait pu l’attendre et cette plus grosse opportunité n’aura pas sauvé le reste, entre mauvais choix et erreurs techniques (3 passes clés à mettre à son crédit, quand même, pour les amateurs de stats), malgré son positionnement axial renvoyant à sa reconversion sous Luis Enrique. Il ne fallait cependant pas compter sur Zidane pour laisser la porte ouverte aux critiques envers son poulain. « Au PSG c’est mieux et ici c’est quoi ? Non, je l’ai trouvé bon, s’est-il très légèrement agacé quand il lui était demandé si son rendement était différent dans cette tunique. Ousmane fait du Ousmane, je suis content de ce qu’il a fait sur le terrain. Il bouge beaucoup, il perd très souvent la position. Je n’ai pas grand-chose à lui reprocher. On pense toujours au but, on se dit toujours qu’il faut qu’il marque, je vois les choses autrement.  »

Il est vrai qu’on ne pourra pas en vouloir à Dembélé sur les efforts : il court partout, beaucoup et il était le premier à poser le pied sur la ligne pour déclencher le pressing sur les renvois de Donnarumma. En conférence de presse la veille, le double champion d’Europe en titre voyait « beaucoup de similitudes avec le PSG », comme il rappelait être conscient qu’il « faut que je marque et je fasse des passes ». 

Il sera difficile de comparer les deux collectifs, qui n’ont pas le même temps ni les mêmes joueurs, alors que le Ballon d’or a connu ce vendredi sa première titularisation en EDF sans Kylian Mbappé dans le coin depuis octobre 2024 et un match contre la Belgique dans lequel il ne s’était pas distingué. Le débat n’a jamais été de savoir les deux pouvaient jouer ensemble, mais plutôt de se demander quand Dembouz va pouvoir trouver sa place pour s’épanouir sur le terrain chez les Bleus (dans le groupe, il reste très précieux). Les chiffres non plus ne passent pas inaperçus : Dembélé a été 19 fois décisif en 70 sélections, c’est autant que Michael Olise en 28.

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