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Ce que Lucas Da Cunha peut changer dans le milieu des Bleus

À 25 ans, Lucas Da Cunha est sur le point de découvrir sa première sélection en équipe de France. Ce choix fort de Zinédine Zidane sonne comme une petite révolte dans l’entrejeu tricolore : loin des standards de ces dernières années, le Roannais incarne la pointe de la nouveauté chez les Bleus.
Pour sa première liste en tant que sélectionneur, Zinédine Zidane a d’emblée cherché à poser sa patte sur le milieu de terrain. Si Adrien Rabiot, Manu Koné, Rayan Cherki et Warren Zaïre-Emery (forfait et remplacé depuis par Maghnes Akliouche) rempilaient, pendant qu’Eduardo Camavinga remontait dans le train, un petit nouveau s’est incrusté en la personne de Lucas Da Cunha. Loin d’être un imposteur, le natif de Roanne profite de l’absence un poil forcée d’Aurélien Tchouaméni et de la probable retraite de N’Golo Kanté pour pointer le bout de son nez au château de Clairefontaine. Zizou a un faible pour le 4-3-3, et s’il ne lâchera pas le morceau, l’identité des trois du milieu n’est pas figée. Face à la Turquie (0-1), c’est le trio Rabiot – Koné – Cherki qui a eu ses faveurs, mais il y a de fortes chances de voir du changement dès ce lundi face à la Belgique sur la pelouse du stade Roi Baudouin. Tout ça au bénéfice de l’inattendu capitaine du Como 1907.
Une révolution technique
Vu le profil du type, une titularisation contre les Diables rouges n’aurait rien d’anodin. Le gaucher monte en puissance depuis son arrivée en Lombardie en 2023 : il a rejoint un projet qui ne cesse de prendre de l’épaisseur au fil des saisons, au point d’être qualifié en Ligue des champions pour cette saison. Et au bord du lac, tout n’a pas vocation à rester tranquille. Ailier de formation, le bonhomme connaît un repositionnement gagnant un cran plus bas avec Cesc Fàbregas, dans le cœur du jeu, qui révèle son plein potentiel. « Depuis que je suis en Italie, j’ai changé de poste, racontait l’ancien Clermontois pour So Foot en 2024. Il m’a fallu toute une partie de saison pour m’y faire, et à la fin de la saison 2022-2023, j’ai commencé à être décisif. Ça a été une découverte, et même si je m’en pensais capable, ça a été des choses à mettre en place, à apprendre. […] Tactiquement, il a aussi fallu comprendre les positionnements, les réglages offensifs, me construire de nouveaux repères… » Avec un maestro comme Fàbregas, lui-même connu pour sa polyvalence à son époque de joueur, ça raconte forcément quelque chose.
Produit de l’école rennaise, l’actuel capitaine de Côme a dans sa caisse à outils une intelligence de jeu et une lecture des espaces qui lui permettent d’avoir les clefs de l’animation. Avec le technicien espagnol, Lucas Da Cunha est biberonné à une tactique qui se rapproche de celle qu’on associe désormais au PSG de Luis Enrique. L’idée est de permuter un maximum pour piéger l’adversaire à travers des espaces. Là, Lucas Da Cunha détient le rôle central : c’est à lui de lancer une offensive réfléchie en distribuant la balle à un partenaire libéré de tout marquage, ou d’ouvrir les espaces à force de déplacements sans ballon. Le jeu du club transalpin transite souvent par ses crampons, comme l’indiquent les 79 ballons touchés par match selon L’Équipe. Voilà une responsabilité qui pourrait faire beaucoup de bien à une équipe de France qui peine à se projeter efficacement.
Un profil inédit chez les Bleus
Si l’on connaît déjà les qualités d’Eduardo Camavinga, le retour de ce dernier pourrait bien être contrarié par le profil de ce fan de Saint-Étienne. Ces dernières années, l’entrejeu des Bleus montrait souvent les mêmes engrenages, si bien que les nations rencontrées anticipaient in fine de mieux en mieux les gestes des milieux de Didier Deschamps. Le pressing, autre atout de la palette du nouveau numéro 21 français, est justement une arme que Zizou appréciera sans doute.
Fàbregas veut qu’on soit toujours en éveil.
Le tatoué commentait cette gestion des espaces, toujours pour So Foot : « [Cesc Fàbregas] veut à la fois nous rendre la vie facile et que l’on développe notre compréhension du jeu, que l’on soit maîtres du jeu et pas qu’il soit obligé de crier sur chaque situation sur le côté. Il veut qu’on soit toujours en éveil. Si un joueur vient dans un espace, qu’un adversaire l’a suivi, c’est qu’un autre espace s’est ouvert ailleurs, et il faut être capable de le voir, cet espace, puis de l’utiliser en réfléchissant “comment”. »
Tandis que l’Espagne s’impose comme la bête noire moderne de l’équipe de France, le milieu de terrain de 25 ans pourrait apporter des solutions intéressantes pour pallier les lacunes techniques notables qui ont plombé les hommes de Didier Deschamps ces dernières années. Toutefois, Da Cunha n’a jusqu’ici pleinement déployé son football qu’à Côme, dans un système taillé sur mesure par un coach qui a poli son football. Rien ne garantit donc que ses qualités se transposeront immédiatement dans le 4-3-3 de ZZ, au milieu de partenaires et de repères tout neufs. Ce premier rassemblement pourra peut-être permettre au nouveau sélectionneur tricolore de flairer si le chef d’orchestre lombard sait également manier la baguette loin de la partition écrite par le tacticien ibérique.
À peine convoqué en équipe de France, Jean Butez a déjà battu un recordPar Suzanne Wanègue




















































