ACTU MERCATO
Ayyoub Bouaddi, le calme face à la folie des grandeurs

Brillant pendant la Coupe du monde après une superbe saison avec le LOSC, Ayyoub Bouaddi s’apprête à faire tourner les têtes en Premier League en signant à Manchester City dans le cadre d’un transfert à 100 millions d’euros. Pourtant, l’Oisien de 18 ans semble bien décidé à ne pas céder à la folie des grandeurs.
En débarquant à Manchester City pour la « modique » somme de 100 briques, Ayyoub Bouaddi devient le deuxième joueur vendu le plus cher de l’histoire de la Ligue 1, derrière les 180 millions d’euros dépensés par le PSG pour Kylian Mbappé il y a maintenant près d’une décennie. Présent ce dimanche aux côtés d’Olivier Létang pour voir ses (anciens) coéquipiers remporter leur première joute de championnat contre Angers (0-2), le natif de Senlis venait d’accepter, selon L’Équipe, de voir sa carrière prendre une tout autre dimension. En choisissant de rallier la Premier League et ses chiffres vertigineux, l’international marocain suit l’ascension que tout amateur du ballon rond lui promet depuis son Mondial prometteur : un nouveau cap, plus haut, et plus ambitieux. Pour autant, le milieu de terrain à la crinière parfaite sait très bien ce qu’il fait.
Une tête bien faite et sur les épaules
Dès ses 16 piges, le gamin fait des étincelles sans se mettre trop de pression. Cet amateur d’Andrés Iniesta enchaîne entre l’obtention de son bac scientifique mention très bien et la victoire lors du concours d’éloquence des centres de formation remporté à l’Élysée devant Brigitte Macron. Si ses parents le soutiennent, ils lui enseignent le goût de la réflexion. « De ses parents, Ayyoub a pris cette qualité de vite réfléchir et de vite comprendre là où il est, confie une source proche du joueur dans le numéro bilan de So Foot après le dernier Mondial. Je dirais même qu’il est plus mesuré que son père. » Preuve en est : le bonhomme poursuivra ses études de mathématiques à distance avec l’université de Marseille.
S’il a toujours été prodigieux, Ayyoub semble avoir toujours été un gosse à l’esprit tranquille. En 2024, alors qu’il vient de grappiller ses premières minutes chez les pros, le Lillois claque une performance XXL face au Real Madrid de Carlo Ancelotti en Ligue des champions et attire déjà l’attention sur son soyeux toucher de balle. Très juste techniquement, le tout jeune patron de l’entrejeu épate son monde sans que cela ne surprenne ceux qui le connaissent, à l’image de Georges Tournay, entraîneur de Lens (2001) et Boulogne-sur-Mer (2012-2013) qu’Ayyoub a fréquenté de ses 13 à 14 ans : « Comme on a pu le voir face au Real, il n’avait pas de pression, il n’était jamais affolé avec le ballon, il faisait preuve de beaucoup de maîtrise. »
Au cœur de la démesure anglaise
Passer de la métropole lilloise à la deuxième ville d’Angleterre ne doit pas étourdir le prodige, qui arrive dans une équipe où la grandeur semble être le maître mot. Outre les chiffres ahurissants et les sommes astronomiques liées à la Premier League, le Lion de l’Atlas rejoint le projet de l’après-Guardiola. Le défi ? Reprendre les rênes d’Angleterre, aujourd’hui tenues par Arsenal, et redorer le blason des Skyblues à l’échelle européenne à la suite des déceptions des années post-sacre. Dans cet effectif de géant porté par Erling Haaland, tout porte à croire qu’un renouveau sera aussi rendu possible à travers l’éclosion et l’affirmation des talents comme Ayyoub Bouaddi, qui va devoir s’imposer dans un secteur où Elliott Anderson a fait l’objet d’un transfert encore plus important cet été (135 millions) et au sein d’une équipe où il retrouvera un autre ancien de Ligue 1, Rayan Cherki, preuve vivante que la passerelle entre les deux championnats n’est pas infranchissable.
Souvent surclassé depuis son enfance, le plus jeune joueur de l’histoire depuis Pelé à avoir disputé un quart de finale de Coupe du monde se prépare à suivre une trajectoire qui suscite beaucoup d’attentes. Bien entouré et disposé à affronter l’extravagance anglaise, Bouaddi a tout pour rester zen face à la pression des tabloïds. À Manchester, où la pression accompagne chaque ballon et chaque million dépensé, cette force mentale pourrait bien devenir son meilleur atout : derrière le transfert à 100 briques se cache un gamin qui a toujours pris le temps de comprendre avant d’agir. De quoi garder la tête froide, même dans la bouillante City.
Le transfert fou d’Ayyoub Bouaddi sur le point d’être finaliséPar Suzanne Wanègue

























































