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Trêve : plus c'est long, plus c'est bon ?

Par Léna Bernard
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Trêve : plus c'est long, plus c'est bon ?

Pour la première fois, la FIFA a fusionné les trêves internationales de septembre et d’octobre. Ce ne sont donc pas deux mais bien jusqu’à quatre matchs en 16 jours que les sélections nationales du monde entier peuvent disputer. Un changement de formule qui fait des émules mais qui a aussi eu ses détracteurs.

Après un Mondial achevé en juillet dernier, le football de sélection faisait son grand retour dès le 21 septembre. Pour la première fois, la trêve internationale allait durer plus de deux semaines, 16 jours pour être précis. Ce changement de calendrier ne fait pas l’unanimité, si on écoute les différents protagonistes. Certes, pour les clubs, l’interruption s’avère plus longue qu’à l’accoutumée, mais a au moins le mérite de ne pas couper les championnats domestiques et continentaux par deux fois dans leurs élans.

Les sélectionneurs, grands gagnants de ce nouveau format

Surtout, cette nouveauté débarque au moment où un large turn-over a été effectué sur les postes de sélectionneurs. Au total, sur les 48 sélections engagées lors de la dernière Coupe du monde, 20 sélectionneurs ont été débarqués ou ont quitté leurs postes, à commencer par Didier Deschamps remplacé par Zinédine Zidane, Jürgen Klopp qui a repris les rênes de l’Allemagne ou encore Xavi Hernández avec les Pays-Bas. Cette première trêve internationale de la saison 2026-2027 était donc pour beaucoup de coachs la première dans leur nouveau rôle de sélectionneur. Un premier rassemblement assorti donc de deux semaines complètes de travail avec l’ensemble de l’effectif. De quoi permettre aux nouveaux tacticiens de prendre le temps de travailler, d’imposer leur style de jeu et de pouvoir faire plus ample connaissance aussi bien avec les joueurs qu’avec les infrastructures, sans oublier la baisse du nombre d’allers-retours pour les internationaux évoluant sur d’autres continents en club et en sélection et préserver ainsi leur condition physique.

« C’était top de pouvoir passer 15 jours avec mes joueurs. Je suis un peu frustré que ça s’arrête », a notamment confié Zidane en conférence de presse ce dimanche. Si tous ne partagent pas cet avis, cette trêve XXL a permis à bon nombre d’entre eux de pouvoir faire une revue d’effectif de l’ensemble des joueurs qu’ils ont convoqué, d’effectuer des expérimentations qui n’auraient pas été permises lors d’une trêve classique, soit deux matchs en quatre ou jours. Le meilleur exemple reste celui de Klopp qui pour sa première liste avec l’Allemagne en a concocté deux avec un total de 44 joueurs convoqués, dont 16 novices. Malgré l’augmentation du nombre de matchs, les sélectionneurs peuvent ainsi effectuer une meilleure rotation des effectifs entre les rencontres. À l’instar de la France, où seul Mike Maignan a disputé les trois rencontres jouées jusque-là, alors que du côté des joueurs de champ : Maxence Lacroix, Pierre Kalulu, Jérémy Jacquet, Lucas Da Cunha et Désiré Doué sont les seuls à avoir enchaîné deux matchs consécutifs comme titulaires.

Le manque de repos entre les matchs comme principale critique

En revanche, nombreux sont ceux qui n’ont pas apprécié ce chamboulement, Denzel Dumfries en première ligne: « Je ne suis pas fan du format actuel de la trêve internationale, car on reste éloigné de son club pendant assez longtemps ». Un avis partagé par son sélectionneur, Xavi Hernández. « Nous devons prendre soin des joueurs, mais le calendrier est vraiment très intense. Il y a beaucoup de blessures au sein des sélections nationales, a notamment maugréé le tacticien catalan. C’est une période difficile, et c’est peut-être étrange, car elle intervient après la Coupe du monde. Quatre matchs consécutifs, avec des déplacements : c’est trop. Il faudrait peut-être organiser des périodes de trois matchs, ou trois périodes de deux matchs. Je pense que ce serait bien mieux pour les clubs et les sélections nationales ».

Je trouve cette nouvelle fenêtre internationale encore plus exigeante.

Thomas Tuchel, chafouin

Des allégations qui trouvent un prolongement chez Thomas Tuchel du côté de l’Angleterre : « Je trouve cette nouvelle fenêtre internationale encore plus exigeante. Il faut beaucoup voyager, avec seulement deux jours de repos entre deux matchs. Il faut prendre l’avion et s’adapter au terrain. Je pense que la différence dans les séances d’entraînement, dans la manière de jouer, et même parfois dans le poste d’un joueur entre la sélection et son club augmente les risques de blessures. Je pense que ce nouveau format accentue ce phénomène. » À l’instar des autres trêves, plusieurs joueurs ont effectivement subi des blessures au cours de cette fenêtre internationale, comme Kylian Mbappé, Raphinha ou encore Amine Gouiri.

Un risque que pose dans sa balance Jules Koundé qui a pointé les avantages et les désavantages de ces nombreux jours passés avec l’équipe de France en conférence de presse : « C’est difficile à analyser. Cela fait 14 jours, c’est inédit, ça fait beaucoup de matchs en peu de temps. On a la chance d’avoir un groupe bien fourni, donc le coach est amené à répartir le temps de jeu. Je ne sais pas trop si j’aime bien ou pas, c’est un peu tôt pour le dire ». Du côté des clubs, beaucoup d’entraîneurs y sont également allés de leur avis, à l’instar de Bruno Genesio après le Classique : « Bien ou pas, on n’a pas le choix. On va en profiter pour avoir du repos puis travailler individuellement sur les manques et pas seulement les manques physiques. Cette trêve peut paraître un peu longue. Mais pour nous ça peut-être une bonne période pour faire progresser nos joueurs. » Pour les clubs européens en revanche, il a fallu faire sans les internationaux durant tout ce laps de temps, alors que les Coupes d’Europe reprennent leurs droits dans dix jours. Dans une perpétuelle course contre le temps.

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Par Léna Bernard

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