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Les espoirs d’un renouveau de l’Italie

Dans une année cataclysmique, l’Italie a retrouvé des couleurs lundi en battant la Turquie. Avant de se présenter au Stade de France, le chef de chantier Roberto Mancini a envoyé des signaux intéressants lors de ses deux premiers matchs. De futurs tauliers semblent émerger, même s’il faudra du temps pour avoir des garanties.
Les plus jeunes auront peut-être du mal à le croire, mais fut un temps, pas si lointain, où l’Italie avait une bonne équipe de foot. Les trois derniers échecs à se qualifier pour la Coupe du monde et l’élimination dès les huitièmes de finale de l’Euro 2024 ont attiré un gros nuage noir au-dessus de la Botte. Les tifosis avaient de quoi tirer la tronche en voyant leur Nazionale se frotter au Luxembourg avec des joueurs de Serie B, début juin, pendant que Haïti, Curaçao ou l’Ouzbékistan préparaient la Coupe du monde. Après la pluie vient le beau temps, dit-on en France. L’Italie a sa version – dopo la pioggia viene il sole – et quelques éclaircies semblent justement se profiler à l’horizon.
Pio et la marmaille
Les deux premiers matchs de cette fenêtre internationale ont laissé entrevoir un début de colonne vertébrale. Seuls trois joueurs ont démarré contre la Belgique et la Turquie : Gigio Donnarumma, Sandro Tonali et Pio Esposito. Les deux premiers cités sont dans la place depuis un bon moment. En revanche, Esposito, qui a fêté ses 21 ans en juin, amène une fraîcheur bienvenue à l’attaque italienne. Il a planté huit buts en Serie A depuis le mois de janvier et son temps de jeu ne cesse de grimper à l’Inter. En sélection aussi : il affiche déjà six buts en onze apparitions et vient d’enchaîner quatre titularisations. Clairement l’étoile montante qui, sur le papier, doit incarner le renouveau italien.
Roberto Mancini vient de donner sa chance à Michael Kayode (22 ans) et le latéral droit de Brentford l’a pleinement saisie contre la Turquie : impliqué sur le but de Frattesi, il a aussi marqué et a démontré toute son envie (11 km parcourus). Potentiellement un sérieux concurrent pour Giovanni Di Lorenzo, que l’on a vu en difficulté contre la Belgique de Mika Godts. Autre nouvelle tête : le milieu Issa Doumbia (22 ans). Lundi soir, pendant que son homonyme français se préparait à poursuivre Philippe Lucas, Élodie Gossuin ou Stomy Bugsy pour l’émission Wanted, lui chassait les ballons à Bursa. Suivi par Naples, il a finalement signé au Sporting cet été. Impressionnant de puissance, il s’est immédiatement installé dans le onze lisboète. En attendant, peut-être, de trouver sa place dans celui de la Nazionale.

Là où Zinédine Zidane a privilégié un groupe resserré, Roberto Mancini a établi une liste de 34 joueurs pour cette trêve internationale. Neuf d’entre eux n’avaient jamais été convoqués : Massimo Pessina, Daniele Ghilardi, Michael Kayode, Eddy Kouadio, Alessandro Romano, Issa Doumbia, Sebastiano Esposito, Antonio Vergara et Mohamed Ali Zoma. La porte est clairement ouverte à la jeunesse, notamment symbolisée par le milieu offensif Samuele Inácio (18 ans), qui se fait doucement une place au Borussia Dortmund. À bientôt 26 ans, Nicolò Fagioli ne fait plus tout à fait partie des « jeunes », mais le milieu de la Fiorentina a repris du poil de la bête ces derniers mois et vient de rendre une bonne copie en Turquie. La défaite contre la Belgique a rappelé qu’il y avait du boulot pour se rapprocher du plus haut niveau international. Totalement dépassés, les Italiens avaient essuyé 11 tirs rien que dans la première demi-heure et il avait fallu un grand Gianluigi Donnarumma pour éviter le naufrage. Mais le déplacement en Turquie a ramené de la vie. Et quand il y a de la vie, il y a de l’espoir.
En direct : France - Italie (0-0)Par Quentin Ballue




















































