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Le PSG a-t-il réussi son mercato d’été ?

Par Mathieu Faure
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Le PSG a-t-il réussi son mercato d’été ?

Comme le clamait haut et fort Marvin, la moitié la moins intelligente des Casseurs flotteurs, le plus dur, quand on est arrivé au sommet, c’est de réussir à y rester. Double champion d’Europe en titre, le PSG ne se cache plus et vise le three-peat façon Bulls de Michael Jordan, histoire de poser les bases d’une dynastie. Pour ce faire, il fallait retoucher et renforcer un effectif qui a déjà tout gagné. Alors que le mercato vient de fermer ses portes, le PSG a-t-il réussi sa mission ?

→ Le PSG a-t-il bien vendu ?

Oui. De ce côté, les comptables, les tableaux Excel, la banque nationale du Qatar, les défenseurs du fair-play financier et ceux qui adorent voir une balance des transferts en positif se rejoignent : le PSG a très bien vendu. Randal Kolo Muani, Lee Kang-in, Gonçalo Ramos, Ibrahim Mbaye et Bradley Barcola ont quitté la capitale pour un total de plus de 370 millions d’euros, du jamais-vu. Aucun titulaire n’est dans la liste, mais le club de la capitale s’est délesté de l’intégralité de ses renforts offensifs, cédant avec Barcola son principal titulaire/remplaçant et sa vraie menace dans la profondeur.

Le trio Lee, Ramos, Barcola occupait une place considérable dans la conquête des titres nationaux et, parfois, un rôle fondamental dans certaines soirées européennes. Face à la difficulté d’intégrer durablement le onze de départ quand l’adversaire ne s’appelait pas Angers, Brest ou Auxerre, ils ont préféré tenter leur chance ailleurs, dans des clubs prestigieux, pour y devenir des assets de premier plan. Cela démontre à quel point l’effectif parisien était compétitif et combien il est difficile de s’y faire une place. À l’exception de Renato Sanches (qui se refait l’intégrale de Chuck Norris, Portés disparus), le PSG n’a plus d’indésirables dans ses rangs, même si le sort de Chevalier, Zabarnyi et Hernandez devrait vite revenir sur le bureau de Micheline, de la comptabilité, d’ici l’été prochain.

→ Le PSG s’est-il suffisamment renforcé ?

Numériquement, le PSG a enregistré quatre renforts : Lucas Digne, Ferran Torres, Maghnes Akliouche et Mika Godts. Quatre internationaux dont un buteur décisif en finale de Coupe du monde. Digne débarque dans l’idée de suppléer Nuno Mendes et de permettre à Lucas Hernandez d’être sanctuarisé en tant que doublure de Willian Pacho (remontant ainsi Lucas Beraldo dans l’entrejeu), tandis que les trois autres prennent la suite du trio Lee – Ramos – Barcola numériquement, tout en proposant des profils complètement différents. A priori, certains skills n’ont pas été remplacés (les phases arrêtées de Lee, la profondeur et la prise d’espace de Barcola, la clutchitude et le jeu de tête de Ramos), mais les trois nouveaux apportent de la plus-value dans la polyvalence, dans la passe, dans la capacité d’éliminer en un contre un et dans le jeu sans ballon.

Pour autant, notamment en raison de l’interrogation autour de Godts, car la faible valeur de son championnat précédent ne permet pas de mesurer son réel niveau, il semble difficile de trancher réellement sur le mercato du PSG. Ce qui est certain, c’est que le niveau actuel du trio Akliouche – Godts – Torres est plus conséquent et plus avancé que celui de Lee – Ramos – Barcola en 2023. Mais quid en 2026 ? Comment le staff arrivera-t-il à faire progresser les bizuts et notamment Godts qui semble être la variable d’ajustement la plus sexy et la plus difficile à quantifier ? Si le Belge s’avère un véritable facteur X, l’effectif a une sacrée gueule. Le succès de cette fenêtre de transferts réside dans la réponse à cette question. D’autant que le PSG a perdu des armes précieuses que constituaient ses remplaçants quand il fallait renverser un match avec des apports qui collaient parfaitement à différents scénarios. Avec les bizuts, l’apport technique est évident, mais il semble un peu – trop – proche des points forts des trois titulaires, et donc cochant les mêmes défauts. Le PSG, que les adversaires lisent de mieux en mieux, saura-t-il se réinventer ?

Malgré tout, il semble manquer une recrue au tableau final. Un gardien ? Si le PSG était à une commission d’agent de finaliser Zion Suzuki, c’est que Safonov, et a fortiori Chevalier, ne rassure pas entièrement. Un défenseur polyvalent, capable d’évoluer axe droit et côté droit, ne serait pas du luxe, mais la perle rare n’a pas été trouvée. Et un milieu créateur non plus. Le PSG va s’appuyer sur un roster de 24 joueurs dont 3 gardiens et Ndjantou/Dro. On sait que Luis Enrique aime les groupes restreints, avec des joueurs polyvalents, mais à la moindre petite vaguelette de blessures, il peut vite se retrouver à bricoler de nouveau. Sans oublier le procès d’Achraf Hakimi, en novembre, qui pourrait tout redistribuer si le Marocain venait à être condamné. Une éventualité que le PSG ne peut pas ignorer.

→ Dépenser plus tard, le nouveau credo ?

Sans doute. Dans un championnat aux droits télévisés faméliques et aux concurrents sans le moindre sou, le PSG peut remercier son propriétaire étatique d’assurer une forme de pérennité. Club valorisé comme jamais en raison de ses succès sportifs et de ses coups marketing (coucou Jordan Brand), le PSG a, grâce à ses ventes estivales, encaissé un immense trésor de guerre. Mais pour quoi faire ? D’aucuns imaginent une fenêtre de janvier plus active, histoire de se donner six mois pour observer les manques éventuels et trouver l’oiseau rare. Après tout, Kvara avait déboulé un soir de janvier et tout avait changé.

Mais d’autres imaginent un été 2027 clinquant. Lamine Yamal ? Michael Olise ? William Saliba ? Victor Wembanyama ? Thomas Price ? Quoi qu’il en soit, les rêves sont permis, même si le PSG est entré dans une ère où il a décidé de ne plus signer de stars, mais de les fabriquer. Mais Fabián Ruiz va sur ses 31 ans, Dembélé sur la trentaine, Marquinhos soufflera ses 33 bougies en avril : autant de joueurs majeurs, usés par des saisons à rallonge, qu’il faut essayer de remplacer. Sans oublier le principal acteur et architecte de la dynastie : Luis Enrique. Le coach parisien entame sa quatrième saison et le football de club est dévorant. Sans pitié. Même Phil Jackson a senti le besoin d’aller ailleurs. Mais une fois deux three-peats en poche.

Le PSG se sépare d’un indésirable

Par Mathieu Faure

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