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Manu Koné, une place dans le gratin des milieux de terrain

Vendredi soir, au Stade de France, Manu Koné va retrouver une équipe qu’il connaît bien : l’Italie. La même sélection contre laquelle il avait découvert les Bleus, il y a un peu plus de deux ans. Entre-temps, le gamin de Colombes a changé de dimension. Au point de se faire une petite place dans la discussion, forcément subjective, des meilleurs milieux de terrain.
Le 6 septembre 2024, Manu Koné découvrait l’équipe de France au Parc des Princes. Une entrée à la 58e minute dans une soirée qui avait rapidement tourné au vinaigre pour les Bleus, battus 3-1 par l’Italie. Deux ans et quelques poussières plus tard, le voilà probablement titulaire, vendredi, contre cette même Nazionale, avec un statut qui n’est déjà plus le même. On parle ici d’un joueur qui a connu une descente en Ligue 2 avec Toulouse, puis traversé l’Allemagne et posé ses valises à Rome, où il a pris une autre dimension. Alors oui, Pedri, Vitinha, Jude Bellingham, Declan Rice, Rodri, Joshua Kimmich, Enzo Fernández, Fabián Ruiz, Dominik Szoboszlai, João Neves ou encore son coéquipier de sélection Warren Zaïre-Emery ont de sérieux arguments à faire valoir dans le gratin. La liste est longue, mais si l’on devait aujourd’hui nommer les cinq meilleurs milieux actuels, le nom de Manu Koné mériterait au moins d’être posé sur la table. Voici pourquoi.
→ Parce qu’il brille sans être en pleine lumière
Premier problème pour Koné : il n’est pas dans le bon rayon du supermarché. Pedri joue au Barça, Bellingham au Real, Vitinha et João Neves au PSG et Rice à Arsenal. Des clubs qui ont l’habitude de faire vivre les débats sur les meilleurs joueurs du monde. Koné, lui, évolue à la Roma. Un club immense, évidemment, mais au sein duquel le milieu français reste encore moins exposé que les stars des machines européennes. Son passage par le Borussia Mönchengladbach n’avait pas non plus déclenché une avalanche de compliments en France, où la Bundesliga n’est pas scrutée. Pendant que beaucoup découvraient encore le bonhomme ces derniers mois, les tifosi romains, eux, avaient déjà sorti le surnom : le « loup de Rome ». La classe, tout simplement.

→ Parce qu’il est devenu régulier
Ce qui a souvent manqué à Koné, c’était cette capacité à reproduire ses qualités tous les trois jours. À Rome, le problème a progressivement disparu. Claudio Ranieri l’avait très vite identifié. En décembre 2024, l’ancien entraîneur de la Roma expliquait qu’il avait compris en le regardant qu’il était « un joueur fort », tout en lui demandant encore de mieux savoir quand porter le ballon et quand jouer en deux touches. Le Français a justement appris à calmer son jeu. À mieux gérer ses efforts, ses déplacements, ses prises de risque. « Depuis que je suis en Italie, je suis devenu plus concentré, j’ai progressé dans ma gestion des efforts aussi », expliquait-il ce mercredi en conférence de presse.
C’est cette régularité qui lui a permis de devenir un des premiers noms couchés sur la feuille dans la capitale italienne. Même lorsque Gasperini a changé de système ou son rôle, Koné est resté dans les plans. En mai dernier, le technicien italien expliquait d’ailleurs qu’il espérait voir son milieu « continuer à jouer pour la Roma », malgré les rumeurs de départ. Pour aller chercher le Scudetto cette saison ?
→ Parce qu’il sait à peu près tout faire
Depuis quelque temps, Koné n’est plus seulement ce milieu capable de casser une ligne avec une légère accélération et de manger les chevilles adverses avec son sourire innocent. Il sait désormais jouer en sentinelle, en relayeur, dans un double pivot, se projeter, récupérer, garder le ballon sous pression et jouer dans les petits espaces. « Un milieu de terrain doit savoir s’adapter à plusieurs positions et je pense avoir cette palette-là », développait-il mercredi.
Ranieri avait déjà utilisé Koné en sentinelle et soulignait qu’il l’aimait « énormément » à ce poste. Lui-même résumait alors sa vision avec une position hybride de « six-huit ». Une sorte de milieu deux en un, sans le bouton marche rapide mais avec beaucoup moins de défauts qu’auparavant. Et visiblement, même les buts commencent à pointer le bout de leur nez à présent. Le 19 septembre, lors du choc contre l’Inter (2-2) en Serie A, Koné a claqué le premier doublé de sa carrière en 30 minutes. Une corde de plus à son bel arc.
→ Parce que les gros clubs commencent à le suivre de près
Quand un joueur devient régulier, complet et décisif, les recruteurs finissent généralement par recevoir le mémo. Encore plus lorsqu’on brille en Coupe du monde avec la France. Cet été, Chelsea (comme par hasard) est ainsi allé très loin pour Koné. Selon la Gazzetta dello Sport, le club londonien et la Roma s’étaient même entendus sur un transfert de 60 millions d’euros, avant que l’opération ne capote, faute de successeur trouvé au Français. À côté de ça, Manchester United s’était également positionné sur le dossier au cours de l’été, avec Kouadio Emmanuel Boris Koné, de son nom complet, placé sur sa short-list. Son Mister, comme on dit chez nos voisins transalpins, Gian Piero Gasperini, n’avait aucune envie de participer au grand jeu des chaises musicales. Fin août, alors que les Blues poussaient, il répondait : « Si Koné peut partir ? Absolument pas. »
La suite est donc assez simple à imaginer. À 25 ans, début de l’âge d’or pour un footeux à peu près normalement constitué, le Français n’a plus seulement besoin de convaincre qu’il est un bon milieu. Maintenant, il doit continuer à montrer qu’il peut être un des meilleurs. Si le numéro 8 des Bleus garde la même cadence, il sera difficile pour les très gros de continuer à faire semblant de ne pas le voir. Vendredi, face à l’Italie, Koné retrouvera justement plusieurs de ses partenaires de la Roma (Gianluca Mancini, Bryan Cristante et Daniele Ghilardi) en face. Petite différence par rapport à il y a deux ans, il ne sera pas en découverte de la sélection, cette fois. Le nouveau protégé de Zizou sera chargé de tenir la baraque au milieu, comme il le fait si bien avec son pays comme avec son club.
Ricardo Faty de retour à l'INF ClairefontainePar Arthur Chanteclair
















































