- C1
- Barrages
- Lyon-Fenerbahçe (1-2)
Olympique lyonnais, une ambition au rabais

Qu’avez-vous fait depuis le Covid ? Mariage, divorce, lancement d’une start-up, projet marathon en parallèle de la naissance du p’tit ? En six ans, l’Olympique lyonnais, lui, n’a pas avancé. Il a parfois reculé, mais pas assez pour souffrir, il a avancé, mais trop peu pour célébrer. La torpeur a remplacé la sérénité et le club a dit adieu, une saison de plus, à la Ligue des champions, à tâtons.
Le Groupama Stadium n’attendait qu’une infime étincelle pour prendre feu, malheureusement, celle-ci a été allumée par Mattéo Guendouzi, pompier pyromane venu à Lyon avec l’ambition de faire fermer des bouches. Mission accomplie avec, en prime, une bagarre générale déclenchée sourire aux lèvres. Cette fois, de nombreux Lyonnais se sont jetés corps et âmes dans la bataille rangée, les mêmes qui venaient de passer 90 minutes sans jamais élever la voix, à voir les joueurs de Fenerbahçe leur passer devant à chaque duel, prendre tous les seconds ballons et avoir leur droit, eux, de faire de grandes célébrations au coup de sifflet final. Comme souvent, la frustration individuelle est bien plus démonstrative et engagée que la prestation collective. Il fallait bien les provocs de l’ancien Marseillais pour réveiller un groupe prêt à prendre la porte sans un mot.
Les saisons se suivent et se ressemblent
Pour la sixième saison consécutive, l’OL jouera la Ligue des champions sur la PlayStation. Peut-être veut-il rester indéfiniment sur une défaite en demi-finale de la plus prestigieuse des compétitions. C’est la classe, il faut dire, bien plus que de ne pas réussir à se qualifier malgré l’ouverture du format à 36 (!) clubs. Après tout, celui qui vient de connaître, en deux ans, une remontada subie face à l’un des plus tristes Manchester United de l’histoire et un revers dans l’indifférence générale contre le Celta de Vigo ne mérite rien de plus qu’un billet pour la Ligue Europa. Ce ne sont pas Ainsley Maitland-Niles, décidé à mettre le bleu de chauffe moins de cinq fois par an, Ruben Kluivert et son attentisme répété à de trop nombreuses reprises pour croire à une erreur ou Paulo Fonseca, qui commence à avoir l’habitude de foirer chaque occasion de s’inscrire en lettres dorées dans l’histoire de son club, qui permettront le contraire.

Les fautifs du soir, qui ne sont pas les seuls, et l’écrasante majorité de leurs coéquipiers avaient déjà montré leur limite à plusieurs reprises, mais ils auraient dû comprendre que leur place n’était pas en Ligue des champions lors des deux dernières journées de la saison passée. En Ligue 1, chasse gardée du club quand celui-ci se rêvait encore grand d’Europe, alors qu’ils n’avaient besoin que d’un petit point pour retrouver la C1 et son enivrante musique, Corentin Tolisso et ses troupes se vautraient à Toulouse (2-1) et contre Lens (0-4), symbolisant une période où l’espoir se fracasse trop souvent sur la réalité.
Illusions d’été
Un mur, ça fait mal. Le problème, c’est que cet OL a décidé de prendre une déviation, puis d’accélérer à l’approche de l’obstacle. Finalement, les quatre matchs face au Sparta Prague et Fenerbahçe n’ont servi à rien, si ce n’est d’avoir déjà épuisé un effectif relativement court, et le retour à la case départ est d’autant plus brutal. Les paris plus ou moins réussis au mercato, les buts du genou de Pavel Šulc, la renaissance de Tolisso, les vidéos sur les réseaux sociaux et le calme de Michele Kang en tribunes ont presque fait croire que le club était sauvé. Or, il n’avance plus depuis des lustres. Les joueurs et dirigeants actuels ne font que répéter des erreurs accumulées au fil des ans, la disette en Ligue des champions n’étant pas la cause mais la conséquence d’une mauvaise gestion sur le long terme – et qui n’a longtemps pas dit son nom.

Devenus économistes ces derniers mois, les supporters rhodaniens vont forcément regretter le manque à gagner d’une absence en C1. Les 25 millions d’euros auraient forcément fait du bien, mais auraient-ils vraiment réglé la situation ? Le club serait toujours en sursis, le fantôme de John Textor planerait toujours dans l’air, et l’effectif ne serait pas assez renforcé pour croire à un exploit réédité. Car oui, il faut parler d’exploit quand Abner Vinícius, Tanner Tessmann ou Ernest Nuamah ambitionnent de disputer la grande coupe d’Europe. S’il est souvent critiqué, Fonseca a le mérite de tirer le maximum de ce groupe depuis plus de deux ans.
Comme l’année dernière, il arrivera peut-être à sortir premier de la phase de ligue de C3, avant de connaître une nouvelle désillusion. Le mot est sur toutes les lèvres lyonnaises. Toujours. Alors que le stade qui vient de fêter ses dix ans ne compte les grandes soirées internationales que sur les doigts d’une main, les regards dans le vide sont les mêmes après chaque élimination en coupe d’Europe et en Coupe de France ou à l’issue d’une défaite dans le money-time de Ligue 1. Guendouzi a, au moins, réussi à les réveiller. Trop tard, comme d’habitude.
« Quand 60 000 personnes insultent votre famille... » : les explications de GuendouziPar Enzo Leanni















































