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Qu’est-ce qui se cache derrière le rachat du FC Nantes ?

Par Tom Binet
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Qu’est-ce qui se cache derrière le rachat du FC Nantes ?

Waldemar Kita n’atteindra donc pas la barre des 20 ans à la tête du FC Nantes. Après des années à réclamer son départ, une large partie des supporters canaris va enfin être entendue. Pour le meilleur, et pour le pire ?

La bonne nouvelle est tombée ce mercredi matin : les Girondins de Bordeaux sont sauvés ! Ou plutôt, ils basculent dans l’escarcelle d’un fonds d’investissement dont on ne sait pas grand-chose, si ce n’est qu’il a au moins le mérite d’éloigner Gérard Lopez de la Gironde. Quelques centaines de kilomètres plus au nord, c’est un autre paria qui pourrait bientôt mettre les voiles. Selon Ouest France, Waldemar Kita serait en effet sur le point de se séparer du FC Nantes après 19 ans à sa tête. Un soulagement pour nombre de supporters, qui connaissent pourtant l’adage selon lequel l’on sait ce qu’on perd mais pas ce que l’on gagne. Un changement qui porte au moins un nom : Paulo Tavares, directeur de Phenix Sports Invest, visage d’un consortium d’investisseurs sur le point de s’offrir les Canaris.

Le foot, c’est une entreprise

Si son nom ne vous dit rien, le Franco-Portugais de 62 ans fraye pourtant dans le milieu du ballon rond depuis plus de 20 ans. Figure de proue d’un pool d’investisseurs français, portugais et luxembourgeois, le voici donc prêt à sortir de l’ombre pour tenter de redresser un club à la dérive. Et qu’importe si sa candidature ne fait pas l’unanimité. Le prix d’achat, annoncé aux alentours des 100 millions d’euros, fait par exemple tiquer : pas vraiment en adéquation avec la valeur d’un club de Ligue 2 qui ne possède ni son centre d’entraînement, ni son stade. Mais pas de quoi inquiéter l’ancien entrepreneur à succès dans le domaine de la santé, qui voit le football comme n’importe quel autre domaine : une formidable opportunité de faire du business.

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Un credo qu’il s’est plu à appliquer au quotidien depuis de longues années en tant qu’agent, collaborant notamment avec l’AS Monaco. Récemment, il nous dispensait un petit cours stratégique sur le sujet : « Il y a quelques années encore, Benfica, ou même le Sporting, allaient chercher leurs talents en Amérique du Sud, puis les revendaient aux plus grands clubs. Désormais, ils sont bloqués par d’énormes groupes comme BlueCo ou le City Group, qui vont eux-mêmes chercher ces talents au Brésil ou en Argentine à 15 ans. Donc un club comme Benfica n’a eu d’autre choix que de se tourner vers de nouvelles régions, comme la Scandinavie. Tout comme on a des joueurs d’Ouzbékistan qui sont aujourd’hui très bons aussi. »

Et l’Hexagone dans tout ça ? « En France, il y a Lille, où le travail d’Olivier Létang et de son équipe en cinq ans est exceptionnel. Une fois, il avait dit un truc du genre : “Ton centre de formation ne doit pas te coûter d’argent” et c’était tout à fait vrai. Dans ton effectif, tu dois avoir trois ou quatre jeunes du centre, que tu développes et que tu vends quand ils sont prêts. » Bienvenue dans le monde des business plans et des joueurs considérés comme des actifs.

Maradona en Tchétchénie

Toujours selon Ouest France une option de vente aurait même été signée, ce qui signifie que Tavares et ses associés négocient désormais de manière exclusive avec le clan Kita. Après avoir échoué à racheter les clubs de Valenciennes (aux côtés de l’ancien ministre de Nicolas Sarkozy Éric Besson) en 2019 puis Saint-Étienne quatre ans plus tard, le bonhomme n’a pour ainsi dire jamais été aussi proche de se faire une place sous la grisaille du foot français. Lequel pourrait pour sa part découvrir un personnage à part, qui ne s’est pas contenté de faire transiter Michaël Chrétien et Naby Sarr vers Bursaspor ou Charlton (en plus de plusieurs recrues monégasques de la fin des années 2010) après être tombé dans la marmite à la suite d’une rencontre avec Bernard Tapie. Non, Paulo Tavares a poussé l’originalité plus loin, à l’image de ce drôle de match organisé en 2011 du côté de la Tchétchénie, où il fera notamment venir un certain Diego Maradona.

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Le processus doit encore passer deux derniers écueils : la présentation de l’offre devant le CSE du club par Waldemar Kita, puis surtout la validation par la DNCG. Laquelle devra évaluer le sérieux du projet, au moins d’un point de vue financier. Ensuite, il sera (peut-être) l’heure de parler de sportif pour un club empêtré depuis des années dans la sinistrose. Laquelle ne s’est pas arrêtée avec la descente en Ligue 2, loin de là. Alors, à quand les cracks ouzbeks du futur pour ramener le frisson de l’Europe la Ligue 1 à la Beaujoire ?

Un changement de propriétaire historique en bonne voie dans un club de Ligue 2

Par Tom Binet

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