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Lens : au Nord, ça doit être l’ambition

Dauphin du PSG la saison passée, vainqueur de la Coupe de France et du Trophée des champions, le RC Lens démarre sa campagne de Ligue des champions sur la pelouse du Slavia Prague, ce jeudi soir. Au vu des progrès récents du club, hors de question d’enfiler le costume du petit Poucet qui vient juste pour se mettre quelques étoiles dans les yeux.
« Je n’avais jamais rêvé d’aller à Anfield avec ma propre équipe. » La petite phrase, signée Joseph Oughourlian quelques minutes après le tirage au sort de la Ligue des champions, dit beaucoup de ce que représente une participation à la plus belle compétition européenne pour un club comme Lens. Une quatrième invitation dans l’histoire du club nordiste, décrochée à l’issue de l’une des plus belles campagnes de son histoire.
Un statut de deuxième puissance hexagonale du moment – certes loin derrière le PSG malgré le succès dans le Trophée des champions – qui oblige les Sang et Or à nourrir des ambitions dignes de leur nouveau rang. Comme Lille, Monaco ou d’autres avant lui, ce RC Lens ne saurait être considéré comme un petit Poucet tout heureux de jouer au milieu des grands dans le bac à sable, sans jamais chercher à les chatouiller. Bien au contraire.
De sang et d’or
Malgré un grand chamboulement d’effectif et un début de saison compliqué en Ligue 1 (deux revers consécutifs avant de s’envoler pour Prague), ces Sang et Or ont les épaules solides. Sous leurs airs de jeune équipe faite de talents en devenir, la plupart des joueurs ont déjà connu des campagnes de C1 dans leurs pérégrinations précédentes.
Thorgan Hazard, Michaël Cuisance (avec l’OM, bien plus qu’avec un Bayern qui ne lui a jamais offert de temps de jeu sur la scène européenne), Amadou Haïdara, Franjo Ivanović ou encore Odsonne Edouard connaissent le refrain de la petite musique. Sans oublier les trois lascars qui étaient de l’aventure à l’automne 2023, quand Jonathan Gradit, Ruben Aguilar, Florian Sotoca et leurs petits camarades faisaient tomber Arsenal et passaient à un point d’une première phase finale dans l’histoire du club.
Depuis, la Ligue des champions a changé de look, et imaginer Lens ne pas s’offrir enfin une double confrontation à élimination directe (autrement dit, terminer dans les 24 premiers de la phase de ligue) sonnerait comme un échec. La performance n’a échappé qu’à l’OM parmi les représentants français depuis l’entrée en vigueur du nouveau format. « On ne s’interdit rien, clamait le 27 août dernier Jean-Louis Leca, bien plus déterminé. On n’a pas l’habitude de jouer cette compétition-là, mais on va y aller pour faire le maximum de choses. On veut suivre l’exemple de Bodø/Glimt la saison dernière. » Tombés les armes à la main face au Sporting en huitièmes, les Norvégiens avaient fait vibrer tout le continent, conquis par leur folle épopée. Ne nous mentons pas, un tel parcours revêtirait un caractère moins extraordinaire pour le RCL, dans un pays qui s’est déjà extasié devant les exploits de Brest voilà deux ans.
Le turbin avant le kif
Ces dernières saisons en Ligue 1 (à l’exception du PSG, bien sûr), se qualifier en Ligue des champions est bien souvent considéré comme un aboutissement, une performance qu’il sera difficile de reproduire chaque saison. Une fois la compétition venue, chacun se gargarise des émotions à venir face aux cadors du continent, sans s’imaginer les bousculer. « Il y a beaucoup d’émotion, reconnaissait cet été Florian Thauvin à l’idée de retrouver une épreuve où il ne compte que douze matchs pour une minuscule victoire. J’avoue que toutes ces années de galère où j’ai été éloigné de la Ligue des champions, j’ai souvent rêvé et espéré la jouer à nouveau dans ma carrière. C’est un peu comme un nouveau rêve. Comme quand j’étais retourné en équipe de France la saison passée. » Promu capitaine par Dino Toppmöller, le champion du monde 2018 sera une nouvelle fois l’un des guides des siens.
Et pour ce qui est des émotions fortes si chères à Joseph Oughourlian – et à tout le club –, les Sang et Or peuvent se réjouir de la construction de leur calendrier. Lequel leur réserve la réception de Manchester City et le fameux déplacement sur les bords de la Mersey en guise de dessert, au mois de janvier. D’ici là, ils seraient donc bien inspirés de gratter la grosse dizaine de points nécessaires au fil d’un menu plus digeste (Slavia Prague donc, Sporting, Club Bruges, Côme, RB Leipzig et donc l’exemple Bodø/Glimt). Faire le job avant Noël, pour ensuite tenter de s’offrir de magnifiques souvenirs, à ranger aux côtés de la victoire face aux Gunners. Parce que même en étant ambitieux, c’est aussi fait pour ça, la Ligue des champions.
Le RC Lens peut souffler pour Matthieu UdolPar Tom Binet






















































