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Le jour où Zidane disait au revoir au Stade de France en 2006

Vingt ans plus tard, Zinédine Zidane va retrouver le Stade de France avec les Bleus pour défier l’Italie, ce vendredi soir. En mai 2006, le numéro 10 avait dit au revoir à l’enceinte qui l’avait fait prophète lors d’un match de préparation assez anecdotique contre le Mexique, à quelques semaines du Mondial en Allemagne.
Ce n’était bien qu’un au revoir. Zinédine Zidane a peut-être eu l’occasion de se remémorer les bons souvenirs (et les moins bons) vécus avec le maillot tricolore au Stade de France, où il revient ce vendredi soir dans son nouveau costume pour un match contre l’Italie, l’adversaire qui l’avait vu quitter la scène et sa première carrière. Il le sait, c’est ici qu’il a écrit sa légende, au moins en grande partie. Du premier but de l’histoire de l’enceinte de Saint-Denis inscrit par ses soins face à l’Espagne en janvier 1998 à ce mythique 12 juillet, entré dans le patrimoine culturel tricolore, en passant par le triste France – Algérie de 2001, Zidane doit avoir bien des histoires passionnantes à raconter à sa descendance. La date du 27 mai 2006 n’est pas la première à laquelle on pense quand il faut associer ZZ au SDF. Elle avait pourtant été celle marquant la fin d’une histoire et d’une relation spéciale, qui aura duré 8 ans, entre le joueur Zidane et le Stade de France.
La 100e de Zizou, le 1re de Francky
En cette fin de printemps 2006, rien ne laisse présager un Mondial allemand aussi exceptionnel et ce dénouement quasi tragique, si l’on veut employer le champ lexical du théâtre, pour le futur retraité de 34 ans qui s’apprête à fêter sa 100e sélection sous le maillot bleu lors de son dernier match à Saint-Denis. Hasard du calendrier ou destin zidanesque, mais cette coïncidence rend la der de Zizou d’autant plus symbolique. À quelques jours du début de la Coupe du monde, les Bleus de Raymond Domenech accueillent le Mexique de Rafael Márquez. Un match de préparation et une passation de pouvoir : une légende dit au revoir au public français quand une promesse se présente à la foule.
<iframe loading="lazy" title="Ce jour-là en Bleu : 27 mai 2006 100e Zidane et 1ère Ribéry" width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/S6M2eisKIfM?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
Un jeune joueur de 23 ans nommé Franck Ribéry, qui avait régalé le public du Vélodrome tout au long de la saison 2005-2006, effectue ce 27 mai 2006 ses grands débuts sous le maillot frappé du coq. Deux décennies plus tard, personne ne pourrait vraiment refaire le film de la rencontre et le score n’est pas resté dans les mémoires (1-0, but de Florent Malouda sur une passe de Djibril Cissé avant la pause). Ni la performance de Zizou, d’ailleurs, dont la démonstration contre le Brésil quelques semaines plus tard éclaboussera la Coupe du monde et à peu près tous les fans de foot devant leur télé.
« Zizou, sans toi plus d’orgasme »
Non, le plus important, c’est l’envie de célébrer le joueur, l’idole française, de lui dire au revoir comme avaient pu le faire les aficionados du Real Madrid le même mois (le 7 mai, contre Villarreal, pour être précis). Dans le stade, les banderoles pullulent : « Merci Zizou », « Zizou, sans toi plus d’orgasme », « 100e sélection, Zidane ton nom restera à jamais gravé dans le cœur des Français », etc. Cette fois, Zidane cède sa place dès la 52e minute parce qu’il faut bien économiser le joueur de 33 ans et aussi parce que tout un stade attendait plus l’ovation qu’un succès français. Les 78 819 personnes présentes ce soir-là lui réservent une clameur qui « valait plus pour l’ensemble de son œuvre que pour sa prestation du jour », écrivait Le Nouvel Obs après la rencontre.

Dans l’histoire, Vikash Dhorasoo reste celui qui a pris la place de Zidane, façon de parler, lors de cette dernière. « C’était tout un symbole parce que c’était aussi sa centième avec les Bleus. C’était un moment chargé d’émotions et on savait que ce que venait de vivre Zidane était historique, explique-t-il aujourd’hui. Je ne me souviens pas trop de sa performance et j’étais vraiment concentré sur mon match dans une volonté de faire une belle entrée parce qu’il y avait beaucoup de concurrence. C’était une belle génération. » Une soirée anecdotique, finalement, à quelques jours du début d’une Coupe du monde qui serait également la dernière de ZZ : « On n’a pas rediscuté de ce match après. On avait un groupe très soudé et basé sur le collectif. On visait juste le Mondial, donc on a vite su passer à autre chose. »
Celui qui s’apprête à démarrer une carrière d’entraîneur après l’obtention récente de sa licence Pro UEFA ne cache pas son envie de s’inspirer du coach qu’est devenu son ancien coéquipier en sélection : « On le sent proche de ses joueurs qui semblent déjà ravis de travailler avec lui. Il a une approche hyper moderne avec cette volonté de miser sur les phases de possession bien élaborées et sur de l’agressivité au pressing. Il y a également l’instauration d’un certain cadre basé sur le respect et la confiance. » Vingt ans après, Zidane devrait recevoir le même accueil de rock star d’un public qui n’attendait que ça dans un Stade de France qui sera à guichets fermés (rien d’exceptionnel non plus) qui compte bien célébrer le retour de son fils prodigue. De 2006 à 2026, Zizou a le don de bien choisir les dates de ses adieux… et de ses retours.
Ils reviennentPar Mohamed Benkhalfa

















































