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Dembélé, un patron en intérim ?

Zidane a visiblement décidé à le faire jouer dans l’axe et Kylian Mbappé est désormais blessé pour les trois prochaines rencontres : le moment semble on ne peut mieux choisi de prendre les clés du camion pour Ousmane Dembélé. Les Bleus en auraient d’ailleurs bien besoin, dès ce lundi du côté de Bruxelles.
C’est un geste qui peut sembler anodin, mais qui dit toujours quelque chose. Surtout quand l’un des protagonistes de la scène se nomme Ousmane Dembélé. L’heure de jeu approche vendredi soir à Izmit quand un ascenseur émotionnel frappe les Bleus. Au bonheur de l’ouverture du score succède rapidement la stupeur : le capitaine est à terre. Moment où le n°7 qui s’empare du brassard, simple bout de tissu renfermant tant de symbolique. Une rareté pour Dembouz, bien plus habitué à se contenter de l’aspect technique du leadership. Au PSG, club qui a construit son double succès européen autour de lui, il n’a par exemple porté le brassard… qu’à deux minuscules reprises (contre le Vendée Foot en Coupe de France et à Lens en championnat la saison passée). Certes, quand Zinédine Zidane l’a cité parmi les trois vice-capitaines avec Adrien Rabiot et Jules Koundé, il fallait se préparer à cette éventualité. Mais l’imaginer être le premier à sortir du tunnel du stade du Roi Baudouin lundi soir dit beaucoup du statut qui s’apprête à être le sien pendant les dix prochains jours. Au moins.
Au centre de tout
D’ailier droit parfois déconsidéré ces derniers mois, exilé sur l’aile pour laisser la place à d’autres, Ousmane Dembélé a été remis au centre de tout par l’arrivée de Zinédine Zidane. Du terrain, déjà, lui qui a débuté dans l’axe en Turquie. Une pointe qui lui offre toute la liberté de se régaler depuis presque deux ans du côté du Parc des Princes, et depuis laquelle il offre la plénitude de son talent. « Je me suis senti très bien, j’évolue toute la saison dans l’axe au Paris Saint-Germain, donc ce n’est pas nouveau pour moi », dédramatisait-il sur la Une au coup de sifflet final. Faux : en sélection, le bonhomme n’a jamais été aussi clairement positionné au cœur du jeu.
À Izmit, il est le tricolore à avoir touché le plus de ballons dans la surface (7), à avoir offert le plus de situations de frappe à ses copains par la passe (4), le tout en ne tentant lui-même sa chance qu’une seule fois. Pas vraiment la définition d’un avant-centre traditionnel. Et pourtant, il n’a même pas eu besoin de toucher le cuir pour participer à débloquer le match. Un pressing tranchant sur Uğurcan Çakır suivi d’un appel entre les centraux pour libérer l’aile à Mbappé une fois le dégagement foireux tombé dans les pieds bleus, et le tour était joué. « Leurs permutations montrent qu’on peut jouer de différentes manières. Kylian a commencé sur le côté gauche, après il est parti dans l’axe, et même à droite. Les autres ont aussi beaucoup bougé. C’était bien de voir ça », commentait sobrement le double Z une fois la chorégraphie terminée.
C’est qui le boss ?
Malgré ce sentiment du travail accompli, les Bleus ont rallié la Belgique avec quelques tourments dans leurs bagages. La faute à cette fichue blessure au genou gauche qui a obligé Mbappé à monter dans un autre avion, direction Madrid. Et cette question : comment aborder les trois prochaines rencontres sans celui qui a été directement impliqué dans 15 des 23 buts de la sélection depuis l’entame du Mondial (11 buts, 4 passes). Sans compter son influence globale sur le système offensif. Par le collectif, répondra forcément Zidane dès que la question lui sera posée (c’est-à-dire vraisemblablement ce dimanche en conférence de presse). « Ce que le coach attendait de nous ? Du jeu, et beaucoup de communication sur le terrain », glissait encore un Dembélé quelque peu avare en détail.
Qu’il le veuille ou non, le gamin déconneur d’Évreux, toujours détaché (en apparence du moins) face aux défis qui se présentent à lui, se trouve face à l’un d’entre eux. Trois rencontres internationales en guise de période d’essai. Le mâle alpha pas là, peut-il danser sur les défenses belge et italienne ? Au cœur d’un début de saison poussif en club (en dehors d’une soirée de gala face au modeste Slovan Bratislava), peut-il être celui qui guidera cette équipe de France encore en quête de repères ? À l’instant précis où les systèmes offensifs sont tout à coup dessinés au moins autant pour lui (ou via lui) que les autres, l’aubaine est grande. Affublé de ses lieutenants Michael Olise et possiblement Désiré Doué (tiens tiens), à lui de démontrer qu’à défaut d’être « l’élu », il peut au moins être le sauveur de l’automne.
La nature de la blessure de Kylian Mbappé est connuePar Tom Binet





















































