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Tom Saettel : « Si on avait attendu une journée de plus, je serais mort dans mon lit »

Propos recueillis par Mateo Bastian
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Tom Saettel : « Si on avait attendu une journée de plus, je serais mort dans mon lit »

Victime d’une méningite qui aurait pu le tuer en 2023 lorsqu’il était sous contrat avec le Racing Club de Strasbourg, Tom Saettel, 21 ans, a signé cet été au Pau FC après avoir remporté l’émission Qui va signer pro ?. Ce joueur d’instinct, qui a gagné l’Euro U17 aux côtés de Désiré Doué et Warren Zaïre-Emery, compte bien reprendre le fil d’une carrière qui décolle à nouveau. Entretien avec un revanchard.

Pourquoi as-tu décidé de participer à l’émission Qui va signer pro ? de Valentin Liénard, qui permet au vainqueur de signer un contrat dans un club professionnel.

Depuis que j’ai eu ma maladie, j’ai eu beaucoup de galères dans le foot. La saison dernière, je me suis retrouvé en National 2 à Haguenau. Mais j’ai fait une très grosse saison là-bas et mes agents m’ont dit qu’il y avait des clubs professionnels qui étaient sur moi. En même temps, je suivais beaucoup Valentin Liénard sur les réseaux et j’avais entendu parler de son émission. C’est mon frère qui m’a convaincu que je devais m’inscrire, je n’avais rien à perdre.

C’est finalement le monde amateur qui t’a permis de te relancer…

Clairement. Lors du début de saison à Haguenau, j’avais beaucoup d’a priori. Finalement, c’est l’année où j’ai pris le plus de plaisir sur le terrain. J’avais oublié la notion de plaisir sur mes dernières années à Strasbourg. En fait, quand tu prends du plaisir sur le terrain, automatiquement, tes performances sont meilleures. On avait un très bon groupe, cette année m’a vraiment beaucoup apporté.

Signer pro dans un club de foot, trouves-tu que c’est devenu plus compliqué aujourd’hui ? Par rapport à 2022 quand tu avais 17 ans ?

Oui et non, quand tu prends de l’âge ça devient de plus en plus difficile parce que les clubs veulent des jeunes qui ont 17 ou 18 ans. Mais moi, je savais que j’allais resigner un contrat professionnel quelque part, c’était mon objectif.

 

Je n’ai jamais stressé avant un match. Même avant la finale de l’Euro U17 en 2022, je ne stressais absolument pas parce que je me disais que j’allais juste jouer au foot.

Tom Saettel

Quels conseils donnerais-tu à des jeunes joueurs qui aspirent à signer dans un club professionnel ?

Il faut travailler deux fois plus que les autres, croire en soi et surtout garder la notion de plaisir parce que le foot, c’est un jeu avant tout.

À travers l’émission de Valentin Liénard, on comprend que la notion de « plaisir » est très importante pour toi, elle agit comme un fil conducteur et cela se ressent sur le terrain quand tu joues.

Franchement, je ne saurais pas l’expliquer. C’est juste que je n’ai jamais stressé avant un match. Même avant la finale de l’Euro U17 en 2022, je ne stressais absolument pas parce que je me disais que j’allais juste jouer au foot. Et moi, le foot, c’est toute ma vie. Donc forcément, je ne peux qu’être heureux quand je joue. Je fais passer le plaisir et le fait d’être content avant la compétition. C’est ce qui m’aide à performer et à ne pas stresser. Sur le terrain, quand j’ai le ballon, je ne me pose aucune question, je joue mon football que j’ai toujours joué, c’est-à-dire à l’instinct.

 

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Tu gagnes l’Euro U17 en 2022 et dans la foulée tu signes ton premier contrat pro avec Strasbourg. Tu fais quelques bancs en Ligue 1 puis tu enchaînes les amicaux avec l’équipe première lors de la prépa pour la saison 2023/2024, ta carrière semble lancée et puis tu es stoppé en plein élan…

Le lendemain du match de prépa contre Sturm Graz, je me réveille un mercredi matin, je ne peux plus bouger. Personne ne sait ce que j’ai, je suis comme paralysé des jambes. Je pars à l’hôpital, on me fait au moins dix prises de sang par jour, mais on ne sait toujours pas quel est le problème Le temps passe puis le médecin me dit que j’ai la méningite. Il me met sous perfusion et me fait comprendre que j’ai été pris en charge à temps et que si on avait attendu une journée de plus, je serais mort dans mon lit.

Comment as-tu attrapé cette maladie ?

J’ai respiré la bactérie, ça peut arriver à n’importe qui. Elle s’est logée au niveau du bas de mon corps, c’est pour ça que je ne pouvais plus bouger mes jambes. Si on n’intervient pas rapidement, la bactérie atteint le cerveau et peut compliquer les choses…

 

Quand j’ai su que j’avais la méningite, je ne pensais qu’à une chose, c’était de retrouver les terrains.

Tom Saettel

Pendant ces six mois où tu es éloigné des terrains, tu doutes pour la suite ?

La première semaine j’ai eu très peur, je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. C’était très dur parce que Patrick Vieria, l’entraîneur de Strasbourg à ce moment-là, m’avait dit qu’il comptait sur moi pour la rotation dans le groupe pro. Quand j’ai su que j’avais la méningite, je ne pensais qu’à une chose, c’était de retrouver les terrains. Je n’avais que ça en tête. À l’hôpital, je jouais à FIFA, je ne regardais que des vidéos de foot. Je n’ai jamais oublié le foot, j’ai travaillé pour revenir le plus tôt possible.

Tu reviens en début d’année 2024, mais tu réalises que Strasbourg ne compte plus sur toi, comment as-tu géré cette nouvelle période de turbulences ?

BlueCo venait de racheter le club et je vois qu’il y a eu je ne sais pas combien d’arrivées d’un coup. Quand je reviens, on me fait comprendre que le train est passé.

Ça te tenait à cœur de réussir avec le club de ta région ?

Je ne peux pas mentir, le fait de ne pas avoir foulé la pelouse de la Meinau devant ses supporters, devant ma famille, c’est un de mes regrets parce que j’ai passé douze ans là-bas et je suis un enfant de Strasbourg. J’étais à deux doigts, j’ai fait des bancs mais je n’étais pas entré.

En rejoignant Pau, as-tu un esprit de revanche par rapport au temps perdu ces dernières années ?

Je suis revanchard, j’ai eu la chance de retrouver le monde professionnel et j’ai eu surtout la chance d’être lancé. Enfin, j’ai eu mes premières minutes en professionnel, j’ai même eu une titularisation. Je suis ici, à Pau, pour tout simplement tout casser.

 

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C’est la première fois de ta vie que tu quittes l’Alsace, comment as-tu géré ce changement ?

Franchement, au début j’avais des doutes, je n’étais jamais parti de Strasbourg mais je me suis adapté rapidement. Je pense que c’est aussi dû à l’accueil que j’ai reçu des coéquipiers et du staff. L’ensemble du club m’a vraiment très bien accueilli et ça m’a aidé pour mon intégration ici.

Quand tu vois aujourd’hui les carrières pleines de succès de Désiré Doué ou Warren Zaïre-Emery, qui étaient titulaires à tes côtés lors de la finale de l’Euro U17, penses-tu que sans ta maladie, tu aurais pu avoir le même destin ?

On va dire que j’étais bien parti pour avoir ce genre de carrière, oui. Après on ne sait jamais de quoi est fait la vie mais clairement en 2022, j’étais sur le bon chemin. À l’Euro, on avait un groupe extraordinaire, on pouvait jouer n’importe qui, on savait qu’on allait gagner, on était beaucoup trop forts, c’était impressionnant. En dehors du terrain, ce n’était pas chacun était dans sa chambre, on était tous ensemble, on ne faisait que rigoler, tout le monde s’entendait bien. C’était vraiment un groupe soudé.

Es-tu encore en contact avec eux aujourd’hui malgré les chemins différents que vous avez empruntés ?

Je parle avec pas mal de joueurs, j’échange régulièrement avec Désiré Doué mais aussi avec Mamadou Sarr qui est aussi passé par Strasbourg comme moi.

Quel est le projet de Pau cette saison en Ligue 2 ?

L’objectif prioritaire c’est le maintien, chaque match est un combat. Une fois cette étape atteinte, on verra ce qu’on peut faire.

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Propos recueillis par Mateo Bastian

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