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Liste des Bleus : une rupture à la Zidane

Pour sa vraie rentrée, Zinédine Zidane a dévoilé sa première liste, de 23 joueurs, pour le rassemblement à venir de l’équipe de France. Avec des choix forts, entre les nouveaux et les absents, et une part de mystère propre à la fonction de sélectionneur.
Il régnait un air de rentrée, ce vendredi soir, boulevard de Grenelle. Zinédine Zidane s’est pointé à l’heure dans l’auditorium de la FFF, sans trousse ni cartable, mais avec un costard un peu plus sombre qu’en juillet dernier. « On recommence ? », s’est-il amusé en voyant la rangée de photographes enchaîner les clics à quelques centimètres de son visage, une effervescence qu’on n’avait pas l’habitude de voir dans cette salle les jours de liste de Didier Deschamps. C’est ce que provoquent Zidane et surtout une première, puisque c’en était une. Il y avait eu la présentation au cœur de l’été, il était aujourd’hui question de préparer les choses sérieuses et d’entrer dans le vif du sujet. Zizou l’a fait à sa manière.
Les novices et les absents
Le plus intéressant, ce ne sont sans doute pas les mots de Zidane, qui aura quand même joué aux questions-réponses pendant 30 minutes, mais ses choix. Sa liste de 23 joueurs (pas 26 comme attendu, pas 44 comme Jürgen Klopp) qu’il n’a pas récitée sur l’estrade comme son prédécesseur (DD aurait pu s’éviter bien des galères avec Morgan Schneiderlin en adoptant cette méthode), laissant son chef de presse Xavier Giraudon égrainer les noms sur un montage vidéo. Nouvelle rupture, pour ce que cela vaut, après l’abandon du jeudi 14 heures pour le vendredi 18 heures pour cette grand-messe de la sélection tricolore.
Il faudra attendre la Turquie, la Belgique et l’Italie pour décrypter la patte Zidane, mais cette liste peut donner des indications. Le double Z ne s’est pas mis dans les chaussons de Deschamps en laissant quelques habitués à la porte en même temps qu’il accueillait cinq novices : Guillaume Restes chez les gardiens, Andy Diouf et Jérémy Jacquet chez les défenseurs, Lucas Da Cunha au milieu de terrain et Estéban Lepaul dans le rang des offensifs. Cinq nouveaux en équipe de France, ce n’est pas tous les jours et ces noms pourront jouer leurs rôles d’atouts fraîcheur. Ils s’imposent aussi comme un signal pour tous les autres : on peut débarquer en équipe de France sans faire partie des meubles, sans jouer la Ligue des champions (Restes, Lepaul) et quand on est particulièrement en forme avec son club.
J’ai des idées qui peuvent être différentes d’autres entraîneurs, il y a juste une équipe à amener d’une autre manière et c’est ce que je vais essayer de faire.
Il y a les entrants et les sortants, dont font partie Brice Samba, Lucas Digne, Malo Gusto, Lucas Hernandez, N’Golo Kanté, Aurélien Tchouaméni, Maghnes Akliouche, Jean-Philippe Mateta ou encore Marcus Thuram, tous à la dernière Coupe du monde et tous restés à quai en ce mois de septembre, pour des raisons diverses et variées. Zidane a tourné la page Kanté avec l’élégance qu’on lui connaît (« Vous me donnez l’occasion de dire le joueur exemplaire qu’il a été, mais il a 34 ans et j’ai 4 ans, enfin j’espère, à la tête de cette équipe de France »), sorti l’argument du physique pour expliquer l’absence d’Aurélien Tchouaméni (« Il était mieux qu’il reste à Madrid ») et s’est contenté de répondre sans entrer dans les détails pour les autres (« Je ne voulais laisser personne en tribunes »).
Les indices et le mystère
Zidane a laissé des indices comme le Petit Poucet sème des cailloux blancs, mais le chemin n’est pas encore très clair. Il est rarement entré dans le détail pour justifier ses choix « réfléchis » et « assumés », se contentant de dire que Diouf, Truffert, Da Cunha et compagnie étaient des joueurs qu’il avait « envie de voir » et qui étaient « intéressants ». Il a donné un poil plus sur Jacquet et surtout sur Lepaul, « un profil différent de ce qu’on peut voir habituellement et qui sera intéressant dans les petits espaces quand on va jouer des équipes plus regroupées ». Zidane a fait du Zidane : il n’a pas dit grand-chose, mais il l’a fait avec le sourire et ça passe toujours mieux qu’en tirant la tronche.
Son idée de jeu pour les Bleus ? « Ma façon de voir le foot, vous allez la voir. Je suis animé par le jeu, mais il y aura toujours un équilibre d’équipe. J’ai envie de voir cette équipe jouer. » On n’en saura pas plus sur le système imaginé, même s’il « aime beaucoup » Kylian Mbappé, son capitaine confirmé, à gauche et que cela promet des débats enflammés dans les semaines à venir. « J’ai des idées qui peuvent être différentes d’autres entraîneurs, il y a juste une équipe à amener d’une autre manière et c’est ce que je vais essayer de faire », a-t-il aussi lâché, sans que l’on ne puisse s’empêcher de penser à Deschamps.
Comme DD, ZZ sait manier la langue de bois et laisser planer le mystère, c’est peut-être aussi ce que demande la fonction. Voilà un point commun entre les deux hommes qui ne cesseront d’être comparés, au moins au début. Il ne s’est pas mouillé sur le sujet de l’extrême droite après l’affaire avec Mbappé et les mots de Teddy Riner (« Je vais me consacrer à ma tâche qui est celle du sélectionneur ») et il s’est amusé qu’une question lui soit posée sur son ancien poulain Karim Benzema, dont la carrière tricolore est loin derrière. Il sera davantage dans son élément à Clairefontaine, un endroit qu’il connaît par cœur et qu’il retrouvera dès samedi, avant le défilé des joueurs (sans presse) et le vrai départ de son mandat dans ses nouveaux habits. Une rentrée comme une autre.
Un membre du staff de Zizou mis en examenPar Clément Gavard, au siège de la FFF













































