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Gessime Yassine, on l’appelle l’Ovni

Par Léna Bernard
5' 5 minutes
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Gessime Yassine, on l’appelle l’Ovni

L’ascension de Gessime Yassine est fulgurante. Des U19 de Marignane Gignac à Strasbourg, tout en disputant la Coupe du monde cet été avec le Maroc en deux ans et demi, celui qui fêtera ses 21 ans le 22 novembre prochain a déjà tout pour être le hit de l’année du côté de l’Alsace et du championnat hexagonal.

Parfois, le football réserve de belles surprises. Des années à se faire recaler des centres de formation, un parcours sinueux et d’un coup la lumière et les projecteurs qui arrivent : c’est plus ou moins l’histoire de Gessime Yassine. Celui qui, au début de la saison 2023-2024, écumait les terrains de France avec les U19 de Marignane-Gignac-Côte Bleue s’est retrouvé double buteur avec Strasbourg face à Lens en Ligue 1 trois saisons plus tard (2-1). Trois saisons durant lesquelles le Vauclusien a découvert les exigences du professionnalisme, la Ligue 2, les titres avec la Coupe du monde U20 remportée par le Maroc en 2025, l’élite du football français et les joutes internationales avec la sélection A du Maroc lors de la dernière Coupe du monde. Un profil atypique qui ne ressemble à aucun autre dans les rangs strasbourgeois.

Une explosion tardive

Débarqué à Strasbourg en janvier 2026 en provenance de Dunkerque contre un chèque de sept millions d’euros, Gessime Yassine a dû attendre son 21e match, le 14e en Ligue 1 sous la tunique du RCSA, pour que la Meinau scande son nom. Et plutôt deux fois qu’une, puisque le natif de Salon-de-Provence s’est offert un doublé face à Lens pour donner un succès précieux aux Alsaciens dans les dernières minutes de la rencontre. Tout sourire à la fin du match face aux supporters puis face aux journalistes, l’international marocain n’a pas boudé son plaisir : « Déjà un but c’est énorme, mais un doublé, c’est incroyable. C’est une fierté pour moi, pour ma famille, pour mes proches, pour mes agents qui sont là. Marquer en Ligue 1, c’est incroyable, j’en rêvais depuis petit, et là j’ai atteint mon rêve. » Une histoire qui a pourtant mis du temps à s’écrire, comme l’a raconté le joueur de 20 ans après la rencontre, expliquant avoir réalisé « au moins 50 essais » dans sa jeunesse et avoir été prêt à mettre son rêve de football professionnel entre parenthèses avant d’exploser à Dunkerque.

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Après deux ans convaincants dans le Nord où il a participé à 72 matchs, inscrit 8 buts et délivré 11 passes décisives toutes compétitions confondues, Gessime Yassine s’est envolé pour Strasbourg. Il a été titularisé pour la première fois avec le RCSA en Coupe de France face à Reims, et Gary O’Neil, alors coach strasbourgeois, avait déjà souligné son aisance dans les espaces réduits. Cette compétition lui colle à la peau après la demi-finale perdue la saison d’avant avec Dunkerque face au PSG (2-4), où sa prestation lui avait valu les félicitations d’Ousmane Dembélé. Glanant ses galons dans la rotation strasbourgeoise à partir du mois de mars, il a tapé dans l’œil du sélectionneur marocain, Mohamed Ouahbi, qui l’a convoqué pour la première fois avec les A pour la Coupe du monde. Celui qui a écumé les clubs vauclusiens avant de se faire un nom dans le gratin du football mondial s’est même offert son premier but avec les Lions de l’Atlas face à Haïti (4-2), devenant le plus jeune buteur marocain en Coupe du monde.

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Un profil individualiste et dribbleur dans un cadre strasbourgeois lissé

Après le chassé-croisé estival du côté de Strasbourg et la perte de plusieurs cadres, à l’instar de Diego Moreira, Valentín Barco ou Julio Enciso, Gessime Yassine a désormais la carrure pour devenir incontournable chez les Bleu et Blanc. Depuis le rachat du club par BlueCo qui a fait du RCSA la pouponnière de Chelsea, le modèle de jeu strasbourgeois s’appuie sur un football collectif, structuré, avec beaucoup de rotation de profils formatés à presser, chercher la verticalité et à se montrer polyvalents. Un style de jeu qui ne correspond pas trait pour trait à celui de l’ancienne pépite dunkerquoise. Gaucher avec un centre de gravité particulièrement bas du fait de son mètre 72, Gessime Yassine se montre plus comme un joueur instinctif et individuel du fait de sa vitesse, sa capacité à enchaîner les dribbles et ses années passées sur les terrains amateurs.

La première image que j’ai, quand je regarde le joueur, je vois qui ? Hatem Ben Arfa.

Demba Ba

Ces caractéristiques ne sont pas sans rappeler celles d’Hatem Ben Arfa. Dans un entretien accordé au Club des 5, Demba Ba, alors directeur sportif de Dunkerque, a expliqué pourquoi il avait poussé pour que les Maritimes recrutent l’ancien joueur d’Istres et du MGCB : « Quand on le prend, on sait qu’il a des qualités, on sait que sur le moyen long terme, ça va être un très bon joueur pour nous. Sur le court terme, on n’a aucune certitude. Quand on me propose ce joueur, on me montre deux vidéos. La première image que j’ai, quand je regarde le joueur, je vois qui ? Hatem Ben Arfa. Dans le dribble, dans sa manière de bouger, je me suis dit wahou. J’ai regardé les matchs jusqu’au bout et là, je me suis dit ça, ça va être exceptionnel à développer. » Une comparaison également établie par Abou Diaby samedi soir à laquelle a réagi l’international marocain : « C’est sûr que Hatem est le meilleur joueur que je connaisse. C’est incroyable ce qu’il a fait, je me servais de lui avant mes matchs, je regardais ses actions, je me permets de prendre exemple sur lui parce que c’est un top joueur. Quand on me dit que je lui ressemble, ça me fait énormément plaisir. » Dans quelques années, qui sait, un petit jeune ressemblera à Gessime Yassine.

Yassine porte Strasbourg et s’offre Lens

Par Léna Bernard

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