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L'Italie, sur la piste du foot plaisir

Par Mathis Blineau-Choëmet
4' 4 minutes
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L'Italie, sur la piste du foot plaisir

Décriée pour son manque de spectacle par le passé, la Serie A semble à nouveau divertir les foules cette saison. Un retour en force permis par des changements de règles arbitrales corrélés à l'ambition d'équipes offensives.

Cagliari-Lecce. Pour un spectateur du foot lambda, ce match de Serie A se résumait à un duel entre la ville de Sardaigne et celle des Pouilles, deux régions plébiscitées par les vacanciers lorsque l’été pointe le bout de son nez. Des Turcs, réunis pour l’occasion, ont quant à eux défini ce Cagliari-Lecce du 7 septembre dernier comme le classico de l’ennui. Une erreur de jugement tant cette rencontre a, contre toute attente, été haletante. Les Sardes se sont certes imposés seulement 1-0, mais le match fut ô combien spectaculaire (30 tirs, 12 cadrés). Un scénario à des années-lumière de l’étiquette qui colle à peau de la Serie A depuis plusieurs années : un championnat vieillissant, sans ambition et surtout ennuyeux à mourir.

Plus de temps pour jouer

Décriée ces dernières années, la ligue italienne, diffusée au passage sur Dazn cette saison, reprend des couleurs pour plusieurs raisons. Tout d’abord, le championnat s’est calé sur les règles d’arbitrage instaurées lors de la Coupe du monde 2026. Pêle-mêle : cinq secondes pour jouer une touche ou un six mètre, 10 secondes pour quitter le terrain quand on est remplacé, 1 minute hors du terrain après qu’un joueur blessé a reçu des soins… « L’objectif est d’éliminer, ou de réduire autant que possible, les pertes de temps qui nuisent au spectacle du jeu », affirmait à l’époque le président de la commission des arbitres de la FIFA et de l’UEFA Pierluigi Collina. Quelques semaines après le Mondial, l’ancien arbitre italien propulsait cette dynamique dans son jardin, la Serie A. Conséquence de l’application de ces nouvelles règles : le temps de jeu effectif moyen des matchs de la première journée a été de 59 minutes et 14 secondes, contre 54 minutes et 42 secondes la saison dernière.

J’aime beaucoup ces règles. Les plus grands bénéficiaires sont les spectateurs.

Gian Piero Gasperini, entraîneur de l’AS Roma

Cette augmentation rend les matchs plus fluides, plus dynamiques et plus agréables à regarder pour le public. « Les nouvelles règles sont très bien, elles augmentent considérablement le rythme de la rencontre », déclarait le coach de Côme, Cesc Fabregas, avant de valider cette nouvelle législation du foot moderne : « J’aime ces innovations, je les trouve vraiment intéressantes car elles apportent beaucoup de continuité au match.» « Éviter ces pertes de temps peut être un excellent remède pour le championnat », indiquait de son côté Maurizio Sarri, à la tête de l’Atalanta Bergame malgré ses 67 piges au compteur. Signe que les vieux de la vieille, responsables aux yeux de certains de la chute de la Serie A, défendent eux aussi ce nouveau principe.

Même son de cloche pour le philosophe Gian Piero Gasperini : « J’aime beaucoup ces règles. Les plus grands bénéficiaires sont les spectateurs. Par le passé, ils regardaient des matchs très ennuyeux, où le gardien de but gardait le ballon encore plus longtemps que tous les autres joueurs réunis. Ces règles sont effectivement très bien conçues, et les plus grands bénéficiaires sont ceux qui veulent regarder le match, pas les joueurs qui perdent du temps. » Sans les nommer, le technicien de l’AS Roma pointe ici du doigt les joueurs et coachs italiens adeptes de toutes sortes de malices pour faire tourner le chrono et donc l’ennui.

Des jours meilleurs à l’avenir ?

Hérités du fameux Catenaccio, ces principes ruinaient le jeu ces dernières saisons. Au grand dam des rares équipes joueuses du championnat. Ces nouvelles règles favorisent justement les équipes aux principes de jeu offensif. 39 buts ont d’ailleurs été inscrits lors de la dernière journée. Ce n’est donc pas un hasard si l’AS Roma de Gasperini mène la danse, que l’Inter Milan offre du spectacle comme ce lundi contre l’Udinese (5-3) ou que Como 1907 confirme après son excellente saison dernière. La bagarre pour le Scudetto entre ces trois équipes s’annonce d’ailleurs excitante puisqu’il n’est pas certain que l’Inter assomme ses adversaires aussi tôt que la saison dernière. Des équipes surprises comme Cagliari et Frosinone, respectivement cinquième et septième, apportent aussi de la fraîcheur au championnat. De quoi présager du spectacle jusqu’au bout ? Pas sûr si le championnat retombe dans ses travers et si ses têtes d’affiche ne se relèvent pas.

Cette saison, la Juventus et le Milan sont toujours malades tandis que Massimiliano Allegri rend déjà fiévreux son Napoli. Malgré 150 millions d’euros dépensés au mercato estival, la Fiorentina, quinzième, rappelle que sortir le carnet de chèques n’est pas un gage de réussite. Outre favoriser l’homogénéité du championnat, un autre point positif : la méforme de ces gros poissons montrent que la Serie A peut encore passer un cap. Le championnat italien est en tout cas sur les bons rails pour connaître des jours meilleurs à l’avenir. Comme un vacancier qui monte dans un train en direction du soleil des Pouilles ou de la Sardaigne.

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Par Mathis Blineau-Choëmet

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