- Ligue 1
- J5
- OM-PSG (1-2)
Le PSG, nouveau candidat de l'extrême centre

Brouillons offensivement et peu inspirés à la finition, les attaquants du PSG ont fait plier la défense olympienne sur deux situations similaires : deux galettes délivrées en pleine surface par Désiré Doué et Nuno Mendes. Pour la beauté du geste.
La scène avait déjà eu lieu voilà un mois, presque tout rond du côté du Roazhon Park. Un appel limpide de Ferran Torres plein axe, un coup d’œil furtif du porteur de balle et une galette (sans saucisse) déposée sur le casque du champion du monde espagnol. Comme une caresse offerte au ballon, qui a tout le loisir de prendre son temps, tournoyer un instant dans les airs devant un public qui entrevoit déjà l’issue inéluctable du geste. Une recette peaufinée en Bretagne et transposée dès la semaine suivante dans le Nord, à Lille plus précisément. Cette fois, Vitinha enchaîne petit contrôle-centre millimétré à la vitesse de l’éclair pour envoyer son capitaine Marquinhos sauver les miches du PSG. Rebelote donc sur la Canebière, ce dimanche face à l’OM, et par deux fois s’il vous plaît.
Débarqué au pied de la Tour Eiffel pour remplacer Gonçalo Ramos (du moins numériquement), Torres peut-il devenir le nouveau casque d’or de la capitale, six ans après le départ d’Edinson Cavani ? L’intéressé jouait la carte de la chance dans les travées du Vélodrome : « Quand tu tentes des frappes, parfois tu marques et parfois non. L’important c’est de continuer de tenter. » Avec les artilleurs qui l’entourent, tout est possible. Dans un Vélodrome médusé, c’est Désiré Doué qui a montré son plaisir d’offrir d’un magnifique intérieur du pied droit en sortie de crochet. Plus tendu mais courbe non moins parfaite, Nuno Mendes trouvera lui Marquinhos quelques instants plus tard pour un but décisif en deux temps. En deux gestes de génie, le PSG venait de faire basculer un Classique où l’on se sera longtemps demandé s’il finirait par trouver la faille. Au point de voir dans ces offrandes téléguidées depuis l’aile une nouvelle arme massive pour des doubles champions d’Europe plutôt habitués à garder le ballon au sol ?
Les airs, nouvelle voie ?
Luis Enrique a beau clamer à qui veut bien lui poser la question que l’innovation est − sans mauvais jeu de mots − au centre de son job depuis qu’il a posé ses fesses sur un banc de touche, il a toujours plutôt été question de garder autant que possible le ballon en contact avec le gazon. Les grands gabarits offensifs, les duels aériens à répétition ou encore les ballons balancés au petit bonheur la chance vers la surface adverse, très peu pour l’Asturien. Depuis son arrivée, le PSG fait systématiquement partie des équipes qui tentent le moins de centres en Europe. Redoublements de passes, jeu de position voire transitions assassines sont les expressions les plus usitées pour décrire le jeu prôné par l’ancien coach catalan, comme de nombreux entraîneurs au plus haut niveau européen ces dernières saisons. Dans ce cadre, les ailes sont le plus souvent le théâtre de un contre un répétés par Khvicha Kvaratskhelia, Achraf Hakimi et consorts pour créer de premiers décalages avant de repiquer dans l’axe.
Et pourtant, ce début de saison tend à démontrer l’inverse. Ce dimanche, les Rouge et Bleu ont centré à 18 reprises (dont six pour le seul Ousmane Dembélé, pas vraiment dans son assiette), soit pile autant qu’à Lille. Un total qui était même monté jusqu’à 27 à Rennes. En difficulté dans le domaine aérien, la défense marseillaise peut même s’estimer heureuse d’avoir vu le Ballon d’or ou João Neves (pourtant peu coutumier du fait) laisser en route de belles opportunités de la tête. Alors, simple conjoncture ou véritable tendance ? Si c’est fait avec toujours autant de délicatesse, les Parisiens en reprendraient volontiers une dose chaque week-end.
Les chiffres du début de saison cata de l'OMPar Tom Binet, au stade Vélodrome













































