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- Bayern Munich-Bodø/Glimt (5-0)
Ce que Michael Olise voulait vraiment dire dans son interview d’après-match

Ce jeudi, l’homme de terrain de DAZN Allemagne s’est risqué à poser des questions à Michael Olise, MVP de ce Bayern-Bodø/Glimt et auteur d’un but génial. Sauf que le Mickey ne s’apprivoise pas comme ça et il faut apprendre à lire dans ses silences et ses mimiques. On l’a traduit ici.
Bonsoir Michael, c’était un match difficile, du moins en première mi-temps. Comment vous sentez-vous après cette victoire 5-0, avec vos jolis buts et le trophée d’homme du match ?
Très bien. C’était le premier match, c’était à domicile, donc on se devait de gagner. Et à la fin, nous avons gagné donc nous sommes contents. [Nous allons fêter ça avec les coéquipiers, avant de très vite basculer sur le match à Elversberg dimanche en championnat. Marquer des buts, être récompensé pour cette performance, ça fait toujours plaisir mais nous sommes en début de saison, il y aura d’autres grands matchs à disputer, d’autres buts importants à inscrire… L’essentiel, c’est d’aider le Bayern Munich à remplir ses objectifs, à savoir remporter toutes les compétitions dans lesquelles il est engagé.]
Est-il facile de marquer des buts comme ceux-là ? On peut vous les remontrer, c’est merveilleux. Qu’en pensez-vous ?
Pfff… Je ne sais pas.
Vous ne savez pas ? Vous ne savez vraiment pas ?
(Il hoche de la tête.) [C’est toujours difficile de répondre à ces questions. Effectivement, le premier est plutôt joli mais c’est toujours pareil : pourquoi ne parler que de ce geste après une grande prestation collective ? Ce but, il intervient à un moment où la différence était déjà faite. Nos adversaires nous ont offert une belle opposition, leur gardien titulaire a fait une première période exceptionnelle et nous a donné beaucoup de fil à retordre avant de se blesser. Si vous voulez mon avis, je pense que le but le plus difficile à marquer, c’est celui de Jamal Musiala, pour ouvrir le score. Il fallait que quelqu’un fasse sauter le verrou et Jamal s’y est collé. Ça me fait plaisir pour lui après son début de saison compliqué. Et si vous voulez parler de mes buts, à la limite, je préfère le dernier. On est dans le temps additionnel, tout le monde a encore l’énergie pour lancer un pressing et ma frappe vient récompenser cette générosité et ce sérieux. Voilà, ça, ce sont des buts que j’apprécie.]
Comment ça se passe ? Est-ce que ça vient instinctivement ou vous avez eu le temps d’y penser ?
Eh ben, je tire, puis ça rentre ou ça ne rentre pas. [Ce sont des gestes que je répète à l’infini depuis mon plus jeune âge, dans les quartiers ouest de Londres, à l’académie, puis dans tous les clubs que j’ai fréquentés, de Reading au Bayern. J’en ai fait tellement des frappes de ce genre que je ne sais même plus si c’est inné ou si quelqu’un me l’a appris. Ce qui est sûr, c’est que depuis il y a eu beaucoup de travail pour arriver à le faire dans ces conditions et dans la plus grande compétition de clubs du monde.]
Si c’était si simple, tout le monde pourrait le faire, n’est-ce pas, mais vous êtes le seul à pouvoir le faire…
(Il pouffe.) Je ne suis pas le seul à pouvoir marquer des buts.
Pas des buts comme ça, tout de même ?
Je ne crois pas. [Si vous regardez un peu de football, vous pourrez vous rendre compte qu’il y a chaque week-end des dizaines de joueurs qui sont capables de marquer des jolis buts comme ça. Rien que ce soir, celui d’Alphonso Davies n’est pas mal non plus. Quand j’étais petit, j’avais pour idoles des joueurs comme Zinédine Zidane, Thierry Henry et Florent Malouda. J’ai encore des frissons en pensant au but de ce dernier contre Wolverhampton en 2009 : un vrai missile dans la lucarne.]
Vous ne me rendez pas la tâche de l’interview facile.
[Que voulez-vous. Je sors d’un match de 90 minutes en Ligue des champions, vous me posez des questions pas franchement exaltantes et j’essaye d’apporter des réponses constructives pour que ce duplex ne ressemble pas aux milliers que vous faites chaque année… Pardon, je ne voudrais pas être impoli, mais il n’y a pas d’autres sujets qui vous intéressent ? D’autres choses que vous voulez savoir sur moi ? Je ne donne pas beaucoup d’interviews, voire pas du tout, alors profitez-en !]
Qu’est-ce qui vous rend heureux ? Qu’est-ce qui vous faire rire ?
(Il réfléchit.) [Ah, c’est déjà un peu plus intéressant.]
(Hors micro, le journaliste suggère.) Marquer des buts ?
(Il fait la moue.) [Eh voilà, vous y revenez… C’est plus fort que vous, hein ! Vous savez, ce n’est pas parce que je ne suis pas le plus expressif que je n’ai pas d’autres passions que le foot. J’aime m’exprimer sur le terrain c’est vrai, mais j’adore aussi me lancer dans une partie d’échecs avec mon pote Eberechi Eze par exemple.]
Et gagner ?
Ouais. [C’est toujours sympa, une victoire, mais ce n’est pas une fin en soi. À mon sens, ce n’est qu’une étape dans un processus qui mène ensuite à la réussite, au bonheur, à l’épanouissement. C’est ce à quoi devrait aspirer chaque personne. On vivrait alors dans un monde meilleur.]
OK, match difficile, merci beaucoup, profitez de votre titre (de MVP)…
L’interview sans filtre de Michael OlisePar Mathieu Rollinger























































