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Ballon d’or : tous égos !

Par Ulysse Llamas
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Ballon d’or : tous égos !

Kylian Mbappé, Lamine Yamal, Ousmane Dembéle et les autres ont posé leur candidature pour le Ballon d’or 2026. Tous sont les meilleurs, mais tous l’expriment différemment. Les footballeurs ont de l’égo, et c’est bien normal.

Pas besoin de parrainages ou de primaires, leurs candidatures sont déjà posées. Ce samedi, en kiosques plutôt qu’à un journal de 20 heures, Ousmane Dembélé a déclaré qu’il ne se mettait pas en avant pour le Ballon d’or. « Je ne me mets jamais dans des trucs comme ça. Je ne me vote jamais. Si c’est moi qui parle, je ne me vote pas. » Humble ? Kylian Mbappé, lui, assume qu’il veut récupérer les carats : « Quand on joue pour le Real Madrid, les gens vous associent à ce prix. Beaucoup de gens me parlent du Ballon d’or, c’est un sujet positif, j’ai marqué l’histoire cet été, mais on verra bien. » Lucide ? Lamine Yamal, lui, passe d’une envie de ne supplier personne pour choper le trophée à affirmer le « mériter ». Présomptueux ? Les trois ont présenté trois manières d’entrer en campagne plus d’un mois avant la décision finale, prévue le 26 octobre à Londres. Et trois façons d’être humbles, ou pas.

Cogito ego sum

« Mbappé et moi sommes les deux meilleurs du monde, mais je crois que cette année, le Ballon d’or, ce serait moi qui le mériterais », a poursuivi Lamine Yamal à Movistar. « C’est un trophée individuel. Et l’idée que j’ai du Ballon d’or est celle de l’époque Messi et Ronaldo. On ne le donne jamais à des joueurs standards, mais à des joueurs différents, a enchaîné Mbappé, toujours à France Football. Et je pense avoir fait des choses différentes cette année. Donc je considère que je peux le gagner. » Le PSG, lui, a plutôt choisi la carte du collectif, mettant en avant aussi bien Fabián Ruiz, Khvicha Kvaratskhelia et Ousmane Dembélé à France Football et The Athletic. « Même Dieu ne connaît pas le bon pied de Dembélé », rigolent-ils de concert auprès du média anglo-saxonDembélé insiste chez Ligue 1 + : il n’a « jamais été l’élu ». Le Ballon d’or n’est pourtant décerné que le 26 octobre prochain. Si ce vote s’ouvre avec un peu plus d’indécision que lors des années Messi-Ronaldo, les campagnes de communication démarrent sur une ligne de crête : se mettre en valeur tout en montrant son humilité parce que le football-est-un-sport-collectif.

Embed x.com

Ousmane Dembélé, à ce jeu, excelle. Mais de quel fond de la classe parlait-il ce dimanche à Brest, quand il se définissait comme une sorte de cancre n’ayant jamais eu le talent d’un crack ? L’attaquant avait déjà été étincelant, entre autres, à Marseille et à Nantes en 2016, à 19 ans seulement. Il a grandi avec la certitude de son talent. Ses errements catalans ont été suffisamment documentés, mais Barcelone a quand même placé 105 millions d’euros sur lui à ses 20 ans. De son côté, Kvicha Kvaratskhelia étourdit les défenses depuis qu’il a une grosse barbe et qu’il est à Naples. Depuis ses 21 ans, donc. Lamine Yamal, lui, n’a pas besoin de s’embarrasser pour le récit et son passé, puisqu’il n’a que 19 ans. À ces âges, et avant, naît cet orgueil qui consiste à se croire au-dessus du jeu, de la morale, et ainsi des autres.

Ego trips

Dans cette bataille du prestige, la modestie des footballeurs n’est qu’un artifice. Chaque joueur, aidé souvent par des agences de com, travaille sa manière de faire campagne pour se valoriser. Kylian Mbappé est le plus réfléchi et capable de théoriser le Ballon d’or (« C’est une belle chose car ça nourrit un chemin, un storytelling »), Ousmane Dembélé est le moins égotique, Lamine Yamal est le jeune ambitieux, Fabián Ruiz est le faussement désintéressé, alors que Lionel Messi, Michael Olise, Harry Kane ou Rodri n’en ont pas (encore ?) parlé. Le jeu, lui, est mis de côté. Comme les critères du Ballon d’or demeurent d’abord les performances individuelles et le caractère décisif et impressionnant du joueur, à chacun d’impressionner. Pendant un mois, tous vont se démarquer pour tenter de prouver leur dimension extraordinaire. Une manière classique de travailler leur image, mais surtout de continuer la transformation de leurs carrières en marque. Chacun son discours, mais tous la même ambition.

Trévor Clévenot, maître des pieds et des mains

Par Ulysse Llamas

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