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Arteta, pas là pour vous plaire

Un début de saison parfait sur le plan des résultats, mais surtout de drôles de révélations sur ses techniques de sabotage volontaire et de grands discours sur le jeu ou l’arbitrage : Mikel Arteta en a encore sous le coude en ce début de saison. Une forme d’incompréhension de l’extérieur qu’il semble même prendre plaisir à cultiver. Seul contre tous, pour toujours ?
Une sixième victoire en autant de rencontres sur la pelouse de Sunderland, l’énième démonstration de la résilience des siens, le pétard du revenant Bruno Guimarães, titulaire pour la première fois (qu’il a également félicité par ailleurs), le trône d’Angleterre sur lequel ses protégés sont une nouvelle fois assis en attendant le résultat de Manchester City… Autant de sujets qui auraient pu être au cœur d’une prise de parole positive (voire joyeuse, soyons fous). Mais ce qui est ressorti des interactions entre Mikel Arteta et les journalistes dans les entrailles du Stadium of Light tournait plutôt autour du champ lexical du judo, de la VAR défaillante et d’un arbitrage pas au niveau. La faute à un penalty sifflé contre Ezri Konsa, que le pauvre Enzo Le Fée n’a même pas transformé. Il est comme ça Arteta : même quand tout devrait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes, il donne l’impression de vouloir ériger des barrières entre lui, ses joueurs, et la Terre entière.
Le mentaliste
Dans la bouche de nombreux entraîneurs, même au sommet du football mondial, les révélations de cette semaine auraient au minimum porté à débat concernant la justification de telles méthodes. Mais de la part d’Arteta, plus personne ne s’étonne. C’est donc en toute tranquillité que l’Espagnol peut dévoiler avoir volontairement saboté l’organisation de rencontres amicales pour évaluer la capacité d’adaptation de ses rats de laboratoire joueurs. « J’adore ces défis, clamait-il après le succès à Naples cette semaine. J’essaie de les mettre en place pendant la présaison. Ainsi, quand ils se présentent, on les a déjà vécus et on sait à quoi s’attendre. » Au menu donc : arrivées extrêmement tardives au stade, itinéraires modifiés, repas retardés ou changés, vestiaires pas au niveau…
Depuis son arrivée au chevet de Gunners malades, le Basque pousse l’expérimentation mentale à son paroxysme. L’arrivée de « Win » (devenu « Won » depuis le sacre du printemps dernier), un labrador accueilli au centre d’entraînement dès les débuts d’Arteta pour souder les joueurs, en est l’un des premiers exemples. Depuis, les expressions vantant son obsession pour les détails ou l’aspect mental pullulent dans la bouche de tous les joueurs passés par le nord de Londres. Lesquels décrivent un tacticien qui prêche en permanence la conviction comme carburant. « L’autre jour, il a dit qu’il me voyait comme un phare, s’illuminait dans The Athletic Declan Rice, débarqué depuis à peine deux semaines, à l’été 2023. En tant que joueur, c’est vraiment spécial d’entendre des choses comme ça. C’est un entraîneur de football, mais c’est aussi un très bon psychologue. Il vous donne envie de jouer pour lui, il vous donne envie de faire n’importe quoi pour lui. Pour être honnête, tout semblait être la bonne solution. »
L’enfer, c’est les autres
Trois ans et un titre de champion d’Angleterre plus tard, le procédé n’a pas bougé d’un iota. Et tant mieux si ça fait chier tout le monde. « Même si le fan moyen ne pense pas cela, quand vous êtes dans le football, vous savez. Tu peux le voir », lâchait encore un Rice aujourd’hui mur porteur central de la bâtisse Arteta. Après une année entière à se moquer d’une formation portée par ses corners, l’architecte a évoqué l’idée d’un jeu plus emballant cette saison. Des considérations vite balayées par un homme qui, contrairement à un Luis Enrique par exemple, ne cherche pas à séduire son auditoire par un bon mot ou à (s’auto-)convaincre que tout va bien.
Cette nouvelle campagne semble partie pour s’inscrire dans cette droite ligne. Les « détestables » (surnom approuvé et validé jusqu’aux supporters au moment du sacre) sont de retour, et ils se moquent toujours éperdument de la validation du monde extérieur. Leurs victoires à l’arraché contre Villa, Naples ou Sunderland le montrent bien. Autre illustration encore récemment quand certains pundits d’outre-Manche critiquent le choix de se séparer de Gabriel Martinelli ou Leandro Trossard cet été. Réponse d’Arteta : « Quelqu’un doit bien jouer le rôle du mauvais flic. » De quoi laisser poindre une certaine usure chez certains devant ce management sans concession ? Pas en public en tout cas, même chez les partants. Comptez sur Declan Rice pour continuer de guider les brebis qui s’égareraient de ce chemin pas vraiment tout tracé.
Mikel Arteta très remonté contre l’arbitragePar Tom Binet























































