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Comment l’Asie se déchire sur le cas Gianni Infantino

Par Mathis Blineau-Choëmet
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Comment l’Asie se déchire sur le cas Gianni Infantino

La Confédération asiatique de football est coupée en deux sur le sujet épineux de Gianni Infantino.

L’AFC se scinde en deux pôles au sujet d’Infantino. Le 10 août dernier, l’UEFA, la CONCACAF et l’AFC rédigeaient une lettre adressée à la famille du football pour critiquer la FIFA à la suite du revirement de Gianni Infantino concernant la privatisation des parts de la Coupe du monde 2026. Malgré l’abandon de ce projet, les trois confédérations s’étonnaient que la FIFA n’ait pas reconnu « que tenter de vendre des parts de la Coupe du monde a été un profond manque de jugement ». Le communiqué déclarait que les confédérations parlaient « au nom de leurs membres ». Cette affirmation a provoqué de vives réactions chez certaines fédérations de la confédération asiatique puisqu’il n’y a pas eu de consultation entre les membres de l’AFC avant la publication de cette lettre.

Les Émirats arabes unis et le Qatar montent au créneau contre l’AFC

En réponse, la fédération émiratie de football a envoyé une lettre au président de l’AFC, Salman Al Khalifa, le 15 août dernier. Dans ce courriel lu par So Foot, la fédé assure n’avoir « pas eu la possibilité d’examiner le contenu, d’exprimer un avis, de contribuer à sa rédaction ou de l’approuver avant sa diffusion publique au nom de toutes les associations membres de l’AFC ».

La fédération des Émirats arabes unis considère que « cette incohérence suscite de l’inquiétude et conduit à demander des clarifications concernant les procédures et les fondements juridiques sur lesquels l’AFC s’est appuyée pour représenter collectivement ses membres ». Une autre fédé du Golfe, celle du Qatar, a envoyé une autre lettre affirmant « qu’une position collective doit d’abord être établie et ne peut être présumée, ni créée par une simple déclaration ». La fédération qatarie, elle aussi, assure ne pas avoir été consultée avant la publication de la lettre.

Ces deux lettres sont arrivées sur le bureau du président de l’AFC, Salman Al Khalifa, qui y a répondu le 18 août. Dans des propos rapportés par le média saoudien Asharq Al-Awsat, le Bahreïnite a déclaré avoir agi dans le cadre du mandat légal conféré par les statuts de la confédération asiatique et « rejette toute insinuation selon laquelle il aurait outrepassé ses prérogatives avec ce communiqué ». L’AFC n’a toutefois pas indiqué que ses membres avaient été mis au courant du communiqué.

« La fédération qatarie n’a autorisé aucun responsable de l’AFC à parler en son nom »

Ces arguments n’ont pas stoppé le différend entre l’AFC et la fédération qatarie. Le 19 août, son président, Hamad ben Khalifa Al-Thani, ⁠également membre du comité exécutif ‌de la confédération asiatique, en a remis une couche avec une nouvelle lettre de deux pages envoyée à l’AFC, consultée par So Foot. « Je regrette de devoir constater qu’à la lecture attentive de la réponse de l’AFC, celle-ci soulève considérablement plus de questions qu’elle n’apporte de réponses », affirme-t-il en préambule avant de filer sur le terrain juridique : « L’article 37.2 des statuts de l’AFC accorde certains droits au président. Il ne lui accorde toutefois pas le droit de parler au nom des associations membres de l’AFC. La QFA n’a autorisé aucun individu ni aucun responsable de l’AFC à parler en son nom. »

Doha s’interroge également sur le timing de cette lettre adressée à la famille du football, cinq jours après la circulaire n° 1968 de la FIFA confirmant le revirement de la FIFA au sujet de la privatisation du Mondial. « Cela laissait suffisamment de temps pour mener, au minimum, une forme de consultation », s’étonne M. Khalifa Al-Thani qui atteste que l’UEFA et la CONCACAF, elles, ont eu recours à « un mécanisme de coordination  ». En guise de conclusion, la fédé certifie « maintenir ses préoccupations concernant le respect des procédures institutionnelles et les standards de gouvernance auxquels l’AFC doit se conformer ».

Le Qatar, les Émirats et le Liban ne partagent pas la position de l’AFC

Cet échange de politesses survient quelques jours après que l’Union des associations arabes de football a affirmé son soutien à Gianni Infantino dans un communiqué. Le président de la fédération qatarie avait signé ce document, tout comme son homologue Hashem Haidar, dirigeant de la fédération libanaise, la troisième nationalité du président de la FIFA. La fédération émiratie fait elle aussi partie de la coalition pro-Infantino. Dans sa lettre envoyée à l’AFC, celle-ci « réaffirme son plein soutien à la position institutionnelle de la FIFA et à son président élu ».

Membre de la contestation, l’AFC, dont le président avait été battu par Gianni Infantino à l’élection présidentielle de la FIFA en 2016, campe pour l’instant sur ses positions. Doha, Abou Dabi et Beyrouth également : ils ne partagent pas l’avis de leur confédération au sujet d’Infantino et comptent bien se faire entendre. On se croirait dans un conseil de la paix.

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Par Mathis Blineau-Choëmet

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