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Dernier message de la page précédente, posté par NSOL
le 12/06/2018 à 16:14
Dans les récents je dois vous avouer que celui de cette année m'est plutôt sympathique. Je le trouve à la fois sobre et respectueux de la tradition sur l'aspect et les coloris, et à la fois très moderne.
Réponse de Fred Astaire
le 12/06/2018 à 16:18
Message posté par NSOL
Bien joué, il s'agit de Bergkamp !

Comme je suis gentil, je t'ai téléversé la vidéo sur Streamable, normalement tu devrais pouvoir la voir

https://streamable.com/joelf



Merci NSOL,

Jolis restes et jolis gestes: il est même plus rapide que Pogba, ha ha !
Ce message a été modifié.
Réponse de Fred Astaire
le 12/06/2018 à 16:43
Le 12 juin 1938, se disputaient les quarts de finale de la Coupe du monde en France.

http://www.lepoint.fr/coupe-du-monde-20 … 8-26-05-20

https://www.dna.fr/edition-de-haguenau/ … 6_2168.php

http://droguebierecomplotlosc.unblog.fr … -du-monde/

https://www.sudouest.fr/2014/06/05/12-j … x-1576717-


Film de René Lucot de 31 minutes: Coupe du monde 1938

6015.phphttps://www.youtube.com/watch?v=RynOkSaKM7s&t=611s

Le fameux "combat de rue" Brésil-Tchécoslovaquie, 2 à 2, 10 joueurs à 9: match rejoué 2 jours après ! Comment vouliez vous qu'ils eussent toutes leurs chances en demie face à l'Italie (en plus, privés de Léonidas, blessé)!
Réponse de La Trousse Du Football
le 12/06/2018 à 18:14
Message posté par Alain Proviste
Ouaip j'y avais pensé aussi mais j'ai l'impression que les blogs So Foot sont au point mort depuis un bon moment. J'allais souvent sur le blog Faute Tactique par exemple mais la dernière fois que j'y suis allé (faudrait que je retourne voir), le dernier article publié datait déjà d'il y a quelques mois...


Pour Faute Tactique c'est normal, Markus a son site maintenant et il ne poste plus que sur son site (https://fautetactique.com/).

Par ailleurs lui et les dé-managers ont vite fait des émules et on a vu proliféré les sites, blogs et vidéo tactiques en quantité au détriment de la qualité (dans le cadre francophone).
Réponse de Alain Proviste
le 12/06/2018 à 23:26
Message posté par La Trousse Du Football
Pour Faute Tactique c'est normal, Markus a son site maintenant et il ne poste plus que sur son site (https://fautetactique.com/).

Par ailleurs lui et les dé-managers ont vite fait des émules et on a vu proliféré les sites, blogs et vidéo tactiques en quantité au détriment de la qualité (dans le cadre francophone).


Ah oui c'est vrai, j'avais bien vu que Markus avait son site Faute Tactique mais je pensais aussi qu'il n'était pas mis à jour depuis un bail... Merci pour l'info, je vais aller jeter un oeil.
Ce message a été modifié.
Réponse de Alain Proviste
le 12/06/2018 à 23:47
Message posté par Fred Astaire
Le 12 juin 1938, se disputaient les quarts de finale de la Coupe du monde en France.

http://www.lepoint.fr/coupe-du-monde-20 … 8-26-05-20

https://www.dna.fr/edition-de-haguenau/ … 6_2168.php

http://droguebierecomplotlosc.unblog.fr … -du-monde/

https://www.sudouest.fr/2014/06/05/12-j … x-1576717-


Film de René Lucot de 31 minutes: Coupe du monde 1938

6015.phphttps://www.youtube.com/watch?v=RynOkSaKM7s&t=611s

Le fameux "combat de rue" Brésil-Tchécoslovaquie, 2 à 2, 10 joueurs à 9: match rejoué 2 jours après ! Comment vouliez vous qu'ils eussent toutes leurs chances en demie face à l'Italie (en plus, privés de Léonidas, blessé)!


En réalité, Leonidas n'a pas vraiment manqué la demie contre l'Italie sur blessure. Il a effectivement été touché lors du premier quart face à la Tchécoslovaquie, sortant durant la prolongation, mais il était bel et bien remis pour le "replay" deux jours plus tard et c'est même lui qui a inscrit le premier but brésilien. D'après les sources que j'ai pu lire (mais ne parlant pas portugais, possible que quelque chose m'ait échappé), il semble qu'il était quand même apte pour jouer la demi-finale, même si peut-être pas forcément à 100 %. Le truc, c'est que le sélectionneur brésilien (dont le nom m'échappe, désolé) a souhaité le mettre au repos, en partie c'est vrai en raison du coup reçu lors du premier match des quarts, mais aussi car il a grandement sous-estimé les Italiens et voulait donc préserver son attaquant vedette en vue d'une finale qu'il pensait dans la poche...
Il paraît d'ailleurs que Leonidas n'était pas d'accord avec cette décision et voulait vraiment affronter l'Italie, ne s'estimant ni fatigué ni diminué, mais qu'il avait dû se plier à la décision de son sélectionneur qui a commis ce jour-là une vrai faute professionnelle ! En plus, rétrospectivement ça paraît très curieux d'avoir sous-estimé à ce point l'Italie : on parle quand même des champions du monde en titre qui comptaient dans leurs rangs quelques-uns des plus grands joueurs de l'époque, à l'image de Meazza, Piola, Ferrari ou encore de l'Oriundo et ex-international uruguayen Andreolo.
Ceci étant, le Brésil était quand même bien armé avec en défense, l'autre grande star de la Seleçao, Domingos da Guia, et devant, une belle armada offensive représentée notamment par José Peracio et Romeu. Mais bien que ça reste du foot-fiction, on peut néanmoins penser que le Brésil aurait été beaucoup plus dangereux et efficace offensivement avec Leonidas sur la pelouse...
Ce message a été modifié.
Réponse de Fred Astaire
le 13/06/2018 à 00:42
Adhemar Pimenta (né à Rio de Janeiro le 12 avril 1896 et mort dans la même ville le 20 août 1970) commence sa carrière d'entraîneur dans le club du Bangu Atlético Clube pendant la saison 1935-36.

Il devient ensuite le sélectionneur de la Seleçao, une première fois entre 1936 et 1938, dont le mondial 1938, puis une seconde fois en 1942.
Réponse de Alain Proviste
le 13/06/2018 à 01:57
Message posté par Fred Astaire
Adhemar Pimenta (né à Rio de Janeiro le 12 avril 1896 et mort dans la même ville le 20 août 1970) commence sa carrière d'entraîneur dans le club du Bangu Atlético Clube pendant la saison 1935-36.

Il devient ensuite le sélectionneur de la Seleçao, une première fois entre 1936 et 1938, dont le mondial 1938, puis une seconde fois en 1942.


Héhé, merci Fred mais je suis aussi allé chercher son nom juste après avoir posté mon com. ;)
Réponse de O Alegria Do Povo
le 13/06/2018 à 14:17
Pour avoir fait quelques recherches de mon côté, il me semble que vos 2 théories sont justes, Manu et Fred. Léonidas se blesse durant "La Bataille de Bordeaux", match invraisemblable de violence où les deux plus beaux joueurs (Léonidas et Plánička) se blessent assez gravement (la clavicule pour le "Chat de Prague", forcé de rester sur le terrain puisque les remplaçants n'étaient pas autorisés - ce sera son dernier match, dernière sortie héroïque de ce fabuleux portier).
Quant à Léonidas, c'est à priori le ménisque qui est salement touché. Il décide néanmoins de jouer le match d'appui, son remplaçant au poste, Niginho, étant - pour une raison qui m'échappe (brésilien d'origine italienne passé par la Lazio, saison blanche en 38) interdit de jouer par la Fifa... (possible qu'il fut considéré naturalisé italien, bien qu'il n'ait jamais joué pour la Squadra Azzura).
Toujours est-il que Léonidas joue sur une jambe le match d'appui contre la Tchécoslovaquie et l'avis de Pimenta ("je jouerai même sous la neige et avec une jambe de bois" avait-il déclaré). Forcément, ce match aggrava sa blessure, et le staff médical brésilien, qui avait recruté... Carlos Volante (?!), oui oui, le globe-trotter volant qui donna son nom à ce poste si particulier de libéro devant la défense - Carlos Volante a à priori aggravé, à cause de son inexpérience, la blessure de Léonidas. Assez dingue comme coïncidence, surtout qu'après ils devinrent coéquipiers comme cochons au Flamengo...
Ce qui semble certain, c'est que Léonidas voulait jouer à tout prix, quitte à bousiller son corps, et que Pimenta s'y est opposé. Pas de demie-finale pour le Diamant Noir. Beaucoup de commentateurs appuient la thèse de la suffisance de la part de Pimenta. J'en propose une autre : n'aurait-il pas, tout simplement, voulu épargner à son diamant une fissure nucléaire qui l'aurait définitivement abîmé ?

Je n'aime pas trop repenser à ces matchs, la Bataille de Bordeaux (malgré le retourné fabuleux de Léonidas, l'héroïsme de Plánička) et encore moins à cette demie contre une Italie assassine. Le vrai grand match de cette coupe du monde, celui qui a laissé chez tous ceux qui y ont assisté une sidération durable et fertile, c'est le Brésil-Pologne du 1er tour à la Meinau. Le fameux match où Léonidas marque de la chaussette puis tente de convaincre l'arbitre qu'il peut jouer nu-pieds. Le quadruplé de Wilimowski...
Aujourd'hui, ce jeu peut sembler d'une naïveté, d'un archaïsme insupportable. Il faut faire preuve d'empathie et de souplesse historique pour apercevoir tout ce qu'il y eu de grand dans cet affrontement.

Trop peu d'images hélas.

https://www.youtube.com/watch?v=LhqVBkT7pWU

(Le ceinturage d'Herculès sur le péno polonais, c'est digne d'un Sergio Ramos tendre, un catcheur sans vices, bref un homme un vrai qui ne triche pas avec ses faiblesses).
Ce message a été modifié.
Réponse de Alain Proviste
le 13/06/2018 à 14:29
Merci pour toutes ces précisions, hermano ! Le mystère demeure : Pimenta a-t-il réellement sous-estimé l'Italie ou voulait-il simplement préserver son attaquant vedette et protéger son intégrité physique ? J'imagine que la vérité se situe un peu entre les deux. La seule chose de sûre, c'est que Leonidas aurait joué la demie sans sa blessure face aux Tchécoslovaques. Après, était-il ou non en état de le faire, c'est une autre histoire...
Réponse de Fred Astaire
le 13/06/2018 à 14:51
Alain Proviste, l'homme qui change d'Avatar à chaque com !
Réponse de Fred Astaire
le 13/06/2018 à 15:45
Toujours dans la série: " When the Legend becomes fact, print the legend" saison 5.

On nous rabâche depuis toujours que Puskas n’avait pas joué la finale 59 à Stuttgart, les autorités allemandes lui refusant de lui délivrer un passeport.

Dans « La fabuleuse histoire du football », un autre son de cloche, que je cite:

« Pourtant son entraîneur Luis Carniglia décide de le laisser sur la touche pour la finale de Stuttgart, contre Reims, après la défaite en Coupe à Séville. Puskas est certes blessé à la jambe, mais on lui reproche de ne pas s’être suffisamment battu contre les Sevillans déchaînés: comme si les premiers violons pouvaient se transformer en joueurs de tambour !
«Il y aurait même gros à parier, ecrit Gabriel Hanot, et sans grand risque, que si Rial était Hongrois et Puskas Argentin, par exemple, la composition de l’équipe du Real serait différente.»


Je cite d'autres sources: Yves Alvarez et Alexandre (Bota) dans Solavanco.

"...Je pense que cette affirmation et fausse puisque je crois avoir vu que Puskas était sur le banc de touche madrilène en costume durant la finale au Neckarstadion de Stuttgart."
"Effectivement, Puskas était handicapé par une contracture à une jambe et il n’était pas opérationnel."

"Avant les 3 coups du match, l’entraîneur de Stuttgart présenta même Puskas à un médecin local, l’un des meilleurs d’Allemagne, en espérant qu’il puisse l’aider à disputer la finale…mais sans succès."


Du coup, pendant des décennies il n’a été crédité que d’une seule C1 sur son palmarès, avant que les règlements de l’UEFA ne devinssent (pour m’exprimer comme Bota) rétroactifs et lui en attribuassent 3.
Visiblement, il y a encore des sites de statistiques peu à jour, comme celui de Stéphane Bitton (Bidon ?), pour qui Puskas c’est 1 C1, et pour qui Herrera est évidemment Argentin.
Réponse de gil morrissao roland larque
le 13/06/2018 à 16:23
Un article sur Djetou que Jacquet a recalé en 1998. Il met en cause les cadres de l'équipe d'alors dans la décision de Jacquet. Pour l'euro 2000 Il avait peur d'être "septième roue du carrosse"(sic).
Dommage qu'il est pas pu se ressaisir il avait du talent.

http://www.liberation.fr/sports/2018/06 … te_1657325
Réponse de Fred Astaire
le 13/06/2018 à 20:03
Il y a 62 ans, 1ère finale de la Coupe d'Europe des clubs champions.

13 juin 1956 à Paris, Parc des Princes

Real Madrid - Stade de Reims : 4 - 3 ( 2 - 2 )
38 239 spectateurs/Arbitre : M. Ellis (Angleterre).
Buts : Leblond (6e), Templin (10e), Hidalgo (62e) pour Reims. Di Stefano (14e), Rial (30e, 79e), Marquitos (67e) pour le Real Madrid.
Real de Madrid : Alonso - Atienza, Marquitos, Lesmes - Munoz, Zarraga - Joseito, Marchal, Di Stefano, Rial, Gento. Entr. : Villalonga.
Stade de Reims : Jacquet - Zimny, Jonquet, Giraudo - Leblond, Siatka - Hidalgo, Glovacki, Kopa, Bliard, Templin. Entr. : Batteux

Si un des 38 239 spectateurs encore vivant pouvait se faire connaître et nous narrer cette soirée historique!

Résumé du match (les seules images existantes ?)
https://www.youtube.com/watch?v=GhfBRLBQwnI


Article paru en 2016 pour le soixantième anniversaire.

http://stade-de-reims.com/real-madrid-s … e-legende/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Finale_de … _1956-1957

D'autres articles à suivre...
Réponse de Italia90
le 13/06/2018 à 20:08
Message posté par Fred Astaire
Alain Proviste, l'homme qui change d'Avatar à chaque com !


Oui mais jusqu'à présent c'est un sans-faute.
Ce message a été modifié 3 fois.
Réponse de Alain Proviste
le 14/06/2018 à 01:06
D'ailleurs au sujet de mon nouvel avatar, en miniature on distingue pas grand chose : arrivez-vous à reconnaître les deux joueurs ? A droite c'est facile mais à gauche, avec le maillot de River ?
Réponse de Fred Astaire
le 14/06/2018 à 01:24
Message posté par Alain Proviste
D'ailleurs au sujet de mon nouvel avatar, en miniature on distingue pas grand chose : arrivez-vous à reconnaître les deux joueurs ? A droite c'est facile mais à gauche, avec le maillot de River ?


Non, c'est trop flou !
Réponse de Fred Astaire
le 14/06/2018 à 01:36
Quelqu'un a-t-il envoyé un message privé à ZizouGabor ? pourquoi ne vient-il plus ?
Ce message a été modifié.
Réponse de Fred Astaire
le 14/06/2018 à 13:46
Message posté par Fred Astaire
Il y a 62 ans, 1ère finale de la Coupe d'Europe des clubs champions.

13 juin 1956 à Paris, Parc des Princes

Real Madrid - Stade de Reims : 4 - 3 ( 2 - 2 )
38 239 spectateurs/Arbitre : M. Ellis (Angleterre).
Buts : Leblond (6e), Templin (10e), Hidalgo (62e) pour Reims. Di Stefano (14e), Rial (30e, 79e), Marquitos (67e) pour le Real Madrid.
Real Madrid : Alonso - Atienza, Marquitos, Lesmes - Munoz, Zarraga - Joseito, Marsal, Di Stefano, Rial, Gento. Entr. : Villalonga.
Stade de Reims : Jacquet - Zimny, Jonquet, Giraudo - Leblond, Siatka - Hidalgo, Glovacki, Kopa, Bliard, Templin. Entr. : Batteux

Si un des 38 239 spectateurs encore vivant pouvait se faire connaître et nous narrer cette soirée historique!

Résumé du match (les seules images existantes ?)
https://www.youtube.com/watch?v=GhfBRLBQwnI


Article paru en 2016 pour le soixantième anniversaire.

http://stade-de-reims.com/real-madrid-s … e-legende/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Finale_de … _1956-1957

D'autres articles à suivre...



Compte-rendu du "Miroir du football" ? (sauf le dernier paragraphe).


Dans le passé : Andrade, Castro, Cea, Stabile, Pedernera, Peucelles...
Plus près de nous : Ademir, Jair, Boye, Loustau et Schiaffino...

L' Amérique du Sud - et plus particulièrement l'Argentine - ont toujours produit de grands joueurs, de véritables artistes de la balle ronde et les 40 000 privilégiés, qui ont assité mercredi soir au Parc des Princes à la victoire du Real Madrid sur le Stade de Reims (4-3), en finale de la première Coupe d'Europe, ont admiré un footballeur de cette lignée, l'un des meilleurs que nous ayons jamais vus sur un terrain : l'Argentin Di Stefano, le footballeur n° 1 actuel.
Des hommes comme Puskas, Kocsis, Montuori, Hanappi - pour ne citer qu'eux - et même notre inégalable Raymond Kopa, ont certes brillé récemment sur les stades du Continent, mais aucun n'a exhibé un style aussi complet, une gamme de qualités plus étendue, que le leader d'attaque du "onze" espagnol. L'Argentin joua, en effet, un match, absolument parfait devant les poulains de Batteux, et tint un rôle prépondérant dans le succès de ses couleurs.
La rencontre avait pourtant débuté en coup de Trafalgar pour les Madrilènes.
Affolée par le départ étourdissant de Reims, la défense du Real avait concédé deux buts à Leblond et Templin, en moins de dix minutes et les avants champenois traversaient comme des flèches ces lignes arrières désorganisées...
Di Stefano fut le premier à rallier les énergies, à redresser le courant.
Il savait qu'un but redonnerait confiance à ses partenaires pris de panique et la première occasion qui s'offrit à lui se termina dans les filets de Jacquet.
Bien servi par Marsal qui avait capté une passe de l'ailier droit Joseito, Di Stefano "brûla" Jonquet par un démarrage sec et ponctua sa course d'un tir soudain, remarquable de force et de précision. Cette entrée en scène magistrale ramena le calme dans le camp des champions d'Espagne.
L'avant centre du Real s'employa ensuite à parachever son oeuvre de rétablissement.
Sans cesse à la pointe du combat, il se multiplia, et par ses déviations de balle subtiles (qui trouvaient toujours son partenaire Rial, rapide et efficace, à la récception), ses feintes et ses contre-pied, il sema, à son tour, le trouble dans la défense de Reims. Dès lors, il apparut que les Champenois avaient commis une erreur en ne prévoyant pas de dispositions spéciales pour juguler ce véritable maître à jouer.
Jonquet, en raison de la matière adoptée par son rival direct (ses dédoublements fréquents avec Rial) ne pouvait être partout.
Placé dans une position difficile, il se trouva souvent mis en danger par les deux compères.
Leblond avait reçu la consigne d'aider Jonquet, mais s'il fournit un bon match dans l'enemble il ne réussit que rarement à contrer les mouvements de l'Argentin.
Pour maîtriser complètement ce dernier (ou tout au moins tenter d'y parvenir) il eut fallu sacrifier totalement un équipier ; Albert Batteux y renonça ; ce système n'entre pas dans ses conceptions du football.
L'entraîneur du Real, Villalonga, lui, ne s'embarrassa pas des mêmes préjugés, et confia à son demi gauche Zarraga la garde de Raymond Kopa.
Pendant toue sa partie, Zarraga n'eut, effectivement, d'autre dessein que d'empêcher Kopa de se manifester, et les événements donnèrent raison au "coach" adverse, puisque l'avant centre français fut mis complètement sous l'éteignoir.
Di Stéfano, qui domina donc la rencontre de toute sa maîtrise, ne se comporta pas uniquement comme une vedette à part entière. Il prouva qu'il savait s'effacer, s'intégrer à l'ensemble, devenir un simple rouage de la machine.
Au moment où les Rémois, après avoir stoppé Bliard ou Hidalgo, balle au pied, pour lancer de dangereuses contre-offensives.
Mieux, il dégagea une balle derrière ses arrières exactement devant son gardien Alonso.
A la mi-temps, après l'égalisation de Rial, tout était possible et quand Hidalgo de la tête donna l'avantage aux Rémois à la 62 eme minute, on pensa à une victoire rémoise.
Mais Marquitos égalisa 5 minutes plus tard de la tête lui aussi.
Ce fut Hector Rial qui porta l'estocade à la 79eme minute.
Ce même joueur allait porter les couleurs marseillaises 6 ans plus tard mais celà fait partie d'une autre histoire.
Quand dans les dix dernières minutes, les Champenois dans l'espoir fou d'égaliser, déclenchèrent leur ultime assaut, le numéro 9 des "blancs" oui, ce numéro 9 qui apparaissait partout sur le terrain, comme s'il aimantait le ballon se mit à dribbler pour gagner du temps et permettre à ses camardes de récupérer dans l'attente du coup de sifflet libérateur de M. Ellis.
Le trésorier du Real de Madrid, M. Saporta qui s'apprête à verser 70 millions pour l'acquisition de Kopa en a payé près de 100, il y a déjà quatre ans, pour obtenir la signature de Di Stefano au bas d'un contrat.
Le joueur le plus cher du monde a justifié sa réputation et son prix devant la foule du Parc, et on comprend pourquoi!!!

Le Real, comme un symbole, a remporté la première Coupe d'Europe."
Bien plus tard, en 2002, un autre extra-terrestre offrit au grand club madrilène le même trophée.
Un Marseillais, un certain Zinedine Zidane dont la volée illumina le ciel de Glasgow.
Zizou rejoignit le grand Alfredo dans la légende.

Quand à Raymond Kopa, il rejoindra le Real après la finale et gagnera trois fois le trophée, dont un en 1959 contre Reims.

Pour les superbes photos, indispensable d'ouvrir le lien.
http://www.om4ever.com/CoupeMonde/RealReims.htm
Ce message a été modifié.
Réponse de Alain Proviste
le 14/06/2018 à 15:27
Message posté par Fred Astaire
Non, c'est trop flou !


Il s'agit de Mario Kempes lors de sa saison à River, entre ses deux passages à Valencia (et en face, c'est bien sûr Diego sous le maillot de Boca).
Mais c'est vrai qu'en tout petit comme ça, on ne voit pas grand chose : je crois que je vais encore changer d'avatar en optant pour un joueur seul (quand il y en a deux, ça donne rien en miniature)...
Réponse de So-Frites
le 15/06/2018 à 20:05
Mario Roberto Kempes <3
Ce message a été modifié 7 fois.
Réponse de Fred Astaire
le 17/06/2018 à 12:57
Le 17 juin 1962, finale de la Coupe du monde à Santiago du Chili
Brésil-Tchécoslovaquie, 3-1 (Amarildo, Zito, Vava - Masopust)

Meilleurs buteurs: Albert, Ivanov, Jerkovic, Sanchez, Garrincha, Vava, 4 buts

Masopust sera élu Ballon d'or cette année là.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Finale_de … ll_de_1962



Le 17 juin 1970, finale de la Coupe de monde au Stade Aztec à Mexico
Brésil-Italie, 4-1 (Pelé, Gerson, Jaïrzinho, Carlos Alberto - Boninsegna)

Meilleur buteur: Gerd Muller 10 buts.

Egalement Ballon d'or 1970.


https://fr.wikipedia.org/wiki/Finale_de … ll_de_1970


Comment nommerait-on une finale Brésil-Portugal: "Le Classico lusophone", ou y a-t-il un nom particulier ?
Réponse de So-Frites
le 17/06/2018 à 15:45
Message posté par Fred Astaire


Comment nommerait-on une finale Brésil-Portugal: "Le Classico lusophone", ou y a-t-il un nom particulier ?

Le "Cabral-inho"?

Si tu as envie d'être bête et méchant tu peux aussi nommer le "Trans-Atlantico" en ode à Thiago Silva(le pôôôvre)
Réponse de Alain Proviste
le 18/06/2018 à 17:42
Message posté par Fred Astaire
Le 17 juin 1962, finale de la Coupe du monde à Santiago du Chili
Brésil-Tchécoslovaquie, 3-1 (Amarildo, Zito, Vava - Masopust)

Meilleurs buteurs: Albert, Ivanov, Jerkovic, Sanchez, Garrincha, Vava, 4 buts

Masopust sera élu Ballon d'or cette année là.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Finale_de … ll_de_1962



Le 17 juin 1970, finale de la Coupe de monde au Stade Aztec à Mexico
Brésil-Italie, 4-1 (Pelé, Gerson, Jaïrzinho, Carlos Alberto - Boninsegna)

Meilleur buteur: Gerd Muller 10 buts.

Egalement Ballon d'or 1970.


https://fr.wikipedia.org/wiki/Finale_de … ll_de_1970


Comment nommerait-on une finale Brésil-Portugal: "Le Classico lusophone", ou y a-t-il un nom particulier ?


Tu fais bien de rappeler le nom des Ballons d'Or 62 et 70, ceux-ci comptant parmi les exemples les plus marquants de l'absurdité du règlement du BO jusqu'en 95 : sans remettre aucunement en cause le talent immense et la formidable saison de Masopust et Müller, tous deux auraient difficilement pu rivaliser avec les prétendants légitimes des BO 62 (Garrincha) et 70 (Pelé ou Jairzinho). Même constat pour d'autres BO, comme ceux de 58 (Didi), 63 (Pelé), 78 (Kempes), 81 (Zico), 86 (Maradona), 87 (Maradona) ou 94 (Romario), dont les vainqueurs "officiels" n'auraient jamais fait le poids face aux noms cités, avec les règles actuelles... Sans compter les années où le lauréat est loin d'être scandaleux mais également loin d'être incontestable : par exemple, 61 (Sivori / Pelé ou Spencer), 79 (Keegan / Maradona, Zico ou Falcão) ou 83 (Platini / Falcão). Et le pire dans tout ça, c'est que lorsque le règlement change et que le BO s'ouvre enfin aux non-Européens, on sacre un George Weah beaucoup moins indiscutable que tous ceux évoqués plus haut et selon moi moins légitime que Litmanen. Allez comprendre...
Quand je parle d'absurdité, c'est parce que le trophée s'appelle "Ballon d'Or" tout court, ce qui laisse supposer qu'on récompensait le meilleur joueur de l'année au niveau mondial, y compris de 56 à 94. Il se serait appelé "Ballon d'Or européen", il n'y aurait rien eu à redire !
Ce message a été modifié.
Réponse de Fred Astaire
le 18/06/2018 à 18:32
On sait, et on a déjà dit que pour 95, c'était plus politique qu'autre chose.

Je pense que dans l'idée des créateurs, c'était sous-entendu, sinon évident (jury entièrement européen, et de plus en plus de jurés des pays de l'Est, comme pour le patinage artistique à la "grande époque"

Français, Hongrois et Slaves bien représentés dans le top 20, au contraire des Italiens en 56.

On sithttps://fr.wikipedia.org/wiki/Ballon_d%27or_1956

D'après Ubriacone Puskas aurait été "sacqué" en 60 par les jurés de l'Est pour sa "traitrise".

On guettait ton apparition pour les commentaires d'après-match du Pérou, de l'Argentine (t'as trop la honte ?), du Brésil !
Réponse de Ubriacone
le 19/06/2018 à 15:17
C'est une déduction que j'ai été amené à faire en tombant une fois sur le détail des votes (désolé j'ai plus le lien). Mais effectivement, le major galopant fait presque un zéro pointé sur 8-9 jurys de l'Est qui lui préfèrent massivement Suarez alors que celui-ci n'aurait fini que deuxième si on s'en était tenu aux autres votes.
Paradoxalement, ce vote sanction a également désservi Yachine pourtant vainqueur de l'Euro cette année-là et donc potentiel vainqueur (bien que cette compétition naissante n'avait pas encore la légitimité qu'elle allait prendre). L'idée n'étant pas de favoriser leur poulain mais bien le concurrent n°1 de Puskas fut-il occidental.

Parenthèse 1960 mise à part, ce trophée n'a jamais donné lieu à des scandales politiques, de règlement de compte ou de propagande entre Est et Ouest (il n'y aurait pas survécu), un peu de chauvinisme ça et là, mais pas organisé façon guerre froide. Les Masopust, Yachine, Albert et Blokhine ne sont pas moins légitimes que les têtes d'affiche occidentales, l'année où ils gagnent. De même, aucun joueur de l'Est n'a été scandaleusement oublié au palmarès.
Réponse de Ubriacone
le 19/06/2018 à 15:43
Message posté par Alain Proviste
Tu fais bien de rappeler le nom des Ballons d'Or 62 et 70, ceux-ci comptant parmi les exemples les plus marquants de l'absurdité du règlement du BO jusqu'en 95 : sans remettre aucunement en cause le talent immense et la formidable saison de Masopust et Müller, tous deux auraient difficilement pu rivaliser avec les prétendants légitimes des BO 62 (Garrincha) et 70 (Pelé ou Jairzinho). Même constat pour d'autres BO, comme ceux de 58 (Didi), 63 (Pelé), 78 (Kempes), 81 (Zico), 86 (Maradona), 87 (Maradona) ou 94 (Romario), dont les vainqueurs "officiels" n'auraient jamais fait le poids face aux noms cités, avec les règles actuelles... Sans compter les années où le lauréat est loin d'être scandaleux mais également loin d'être incontestable : par exemple, 61 (Sivori / Pelé ou Spencer), 79 (Keegan / Maradona, Zico ou Falcão) ou 83 (Platini / Falcão). Et le pire dans tout ça, c'est que lorsque le règlement change et que le BO s'ouvre enfin aux non-Européens, on sacre un George Weah beaucoup moins indiscutable que tous ceux évoqués plus haut et selon moi moins légitime que Litmanen. Allez comprendre...
Quand je parle d'absurdité, c'est parce que le trophée s'appelle "Ballon d'Or" tout court, ce qui laisse supposer qu'on récompensait le meilleur joueur de l'année au niveau mondial, y compris de 56 à 94. Il se serait appelé "Ballon d'Or européen", il n'y aurait rien eu à redire !


Le ballon d'or est un instrument créé pour donner plus d'écho et de légitimité à la Coupe d'Europe qui a vu le jour la même année (56). Ce sont des créations françaises et plus exactement de la presse sportive française (L'équipe / France Foot). Du marketing destiné à gonfler les ventes en créant l'événement, comme cette même presse l'avait fait 50 ans plus tôt en créant le Tour de France. Dans cette France des 30 glorieuses, le cyclisme rural et traditionnel, cède le pas au football urbain et populaire chez les jeunes. Ils l'ont bien compris.
A partir de là, élargir le vote à l'Amérique du Sud n'avait aucun sens. La confrontation des deux continents était trop rare (en coupe du monde) ou trop brève (en coupe intercontinentale) pour trancher. Sans compter qu'avec les moyens de l'époque, le public comme la presse n'avait aucune idée de ce qui se tramait de l'autre côté de l'Atlantique (dans les deux sens).
Réponse de Fred Astaire
le 19/06/2018 à 16:15
Message posté par Ubriacone
C'est une déduction que j'ai été amené à faire en tombant une fois sur le détail des votes (désolé j'ai plus le lien). Mais effectivement, le major galopant fait presque un zéro pointé sur 8-9 jurys de l'Est qui lui préfèrent massivement Suarez alors que celui-ci n'aurait fini que deuxième si on s'en était tenu aux autres votes.
Paradoxalement, ce vote sanction a également désservi Yachine pourtant vainqueur de l'Euro cette année-là et donc potentiel vainqueur (bien que cette compétition naissante n'avait pas encore la légitimité qu'elle allait prendre). L'idée n'étant pas de favoriser leur poulain mais bien le concurrent n°1 de Puskas fut-il occidental.

Parenthèse 1960 mise à part, ce trophée n'a jamais donné lieu à des scandales politiques, de règlement de compte ou de propagande entre Est et Ouest (il n'y aurait pas survécu), un peu de chauvinisme ça et là, mais pas organisé façon guerre froide. Les Masopust, Yachine, Albert et Blokhine ne sont pas moins légitimes que les têtes d'affiche occidentales, l'année où ils gagnent. De même, aucun joueur de l'Est n'a été scandaleusement oublié au palmarès.


Aucun Yougoslave !
Réponse de Alain Proviste
le 20/06/2018 à 19:53
Message posté par Fred Astaire
On guettait ton apparition pour les commentaires d'après-match du Pérou, de l'Argentine (t'as trop la honte ?), du Brésil !


Héhé Fred, tu m'as devancé, j'allais justement poster un petit message sur le pourquoi du comment de ma relative absence des derniers jours. ;)
Honnêtement, y a deux raisons : d'abord car avec les trois matchs quotidiens en moyenne, je n'ai plus beaucoup de temps pour commenter après les matchs... car malheureusement je ne suis pas en vacances et je dois bien trouver le temps de bosser, manger et dormir à côté !^^ Et surtout, hormis la victoire mexicaine qui m'a un peu redonné le sourire, je t'avoue que je suis un peu dépité à cause du nul argentin et de la défaite péruvienne. Après, ce n'est pas du tout pour les mêmes raisons : concernant l'Argentine, c'est le jeu qui m'a (une fois de plus) déçu, alors que pour le Pérou, c'est surtout le résultat et ce manque de réalisme offensif symbolisé par ce péno incroyablement manqué par Cueva ! Pourtant, j'avais plutôt bien aimé le contenu du match côté péruvien, dans le jeu c'était pas mal (rien de surprenant ceci dit, je connais bien cette équipe), mais c'est pas possible d'être aussi peu efficace devant en CDM ! J'avoue que cette défaite a eu un goût extrêmement amer pour moi et j'étais tellement déçu à la fin que j'ai mis un peu de temps à l'accepter (j'aurais été moins dég si la défaite avait été concédée devant des Danois dominateurs)... Du coup j'avais vraiment pas le coeur à commenter le match après-coup, désolé...
Réponse de Alain Proviste
le 20/06/2018 à 19:58
En plus, cette défaite inaugurale me place dans une position intenable pour le France-Pérou à venir ! Je tablais vraiment sur une victoire des deux équipes au premier match, ce qui m'aurait permis de miser sur un nul ensuite pour leur confrontation. Le problème, c'est que le Pérou a grillé son joker et ne peut plus se permettre une nouvelle défaite (même un nul serait compliqué). Du coup, je crois bien que je vais légèrement supporter le Pérou jeudi, en espérant un nul pour Danemark-Australie et ensuite une victoire de la France face au Danemark...
Réponse de Italia90
le 21/06/2018 à 09:34
21/06/88, il y a trente ans donc, Koeman et Van Basten répondaient à Matthäus sur les terres de ce dernier et envoyaient leur sélection en finale du Championnat d'Europe des Nations.
(Ne regardez pas les effectifs, vous allez vous faire du mal.)
Réponse de O Alegria Do Povo
le 21/06/2018 à 16:29
Fuck mon message n'est pas passé !
Réponse de O Alegria Do Povo
le 21/06/2018 à 16:30
Dodu, l'enfant d'or

Le 22 juin 1986, en marquant en quart de finale de Coupe du Monde un but de la main, suivi trois minutes plus tard d'un chef-d'oeuvre immaculé, Diego Maradona a révélé au monde entier la couleur du sang passionnel qui anime le football.

On s'approchait paresseusement des 13 heures quand la lune s'incrusta en plein azur. D'une éclipse fulgurante, elle surina le soleil dans son gras qui saigna noir. L'Estadio Azteca fut plongé dans la nuit : Maradona venait de marquer un but parfaitement coupable en reprenant de la main une chandelle lunaire décochée par Steve Hodge. Un but proprement scandaleux, un blasphème contre l'esprit du jeu que Diego qualifiera après la rencontre de "Main de Dieu".
La tradition au sujet de ce match légendaire entre l'Angleterre et l'Argentine invite à évoquer cette tarte à la crème du casus belli qu'est la Guerre des Malouines. Remarquable cas d'école illustrant par l'absurde combien le droit international pourrait aisément se résumer à un manuel de domestication pour molosses enragés, tant les nations n'ont jamais su s'éduquer, tant leurs rapports débarrassés de toute politique sont analogues aux plus féroces aboiements.
La vérité crue, c'est que Galtieri et Thatcher se disputèrent les Malouines comme deux chiens se disputent un bout de viande faisandée, non pour se nourrir mais pour le plaisir animal de montrer des crocs qui n'existent même plus. Si le Général fit valoir sa souveraineté de pacotille pour contester les Malouines aux anglais, ce fut pour détourner contre un ennemi de fortune la révolte qui grondait à ses portes.

LE VOL DU SIÈCLE

" D'abord, nous tuerons tous les agents de la subversion, puis leur collaborateurs et puis enfin leur partisans ; ensuite viendront les indifférents et enfin, pour terminer, les indécis".

Voilà en condensé d'ignominie d'où sourd la colère du peuple argentin. Voilà le pain noir quotidien des pibes, le cauchemar infanticide des mères. Voilà d'où vient le cri qui fit trembler l'Azteca quand Maradona osa battre Shilton de la main.
Ce n'est jamais ragoûtant de voir un chien mordre aux couilles celui qui le tient en laisse, mais contrairement à la croyance populaire, ce ne sont pas les couilles de Thatcher que Diego a mordu (bien qu'elle en fut généreusement pourvue), mais celles de Galtieri, de Viola, de Videla, de Perón. La grappe de couilles des Pater Militari, des Saturnes obscènes qui engloutirent leur progéniture dans les oubliettes de l'Histoire. Desaparecidos !
Des fournées de pibes, ouvriers, étudiants, dérobés à la nuit pour être liquidés au fond du Rio de la Plata. Une jeunesse évanouie dans les eaux, cortège de corps ravis à la consolation.

Ce but infâme - qui à défaut de sang fit verser des baquets d'encre polémique - ne fut pas arraché de la main de Maradona mais bien du ventre martyrisé de la mère Argentine, cette Stabat Mater dolorosa . A ses yeux vandalisés, pour l'éternité, il est acquis que Diego n'a pas triché : il a simplement enfreint la loi. Cette loi qui ne veut rien dire, puisqu'en son nom disparaissent les enfants d'Argentine. La loi, Diego l'a charmée et lui a fait tourner la tête dans un tango endiablé avec le corps arbitral. Comme Judith usa de ses charmes pour trancher la tête d'Holopherne, c'est par cet authentique simulacre de tapin que Diego venge les siens en se prostituant au bout de la passion.
Ce but, injustement attribué à Dieu, est en fait un pur produit de son siècle. Le fruit pourri de l'instinct reptilien des États. En fautant ainsi devant le monde entier, Maradona s'est crucifié pour tous les siens. Il s'est emparé de la souffrance de la mère Argentine et s'est cloué lui-même sur la croix des nations.

LE BUT DE DIEU

Il a fallu trois jours à Jésus pour ressusciter, Diego ça lui a pris trois minutes. Il suffit d'une contrefaçon de miracle et d'une simple rocambole pour emballer les peuples idolâtres. Ce second but, nommé à tort le"but du siècle" alors qu'il est signé de la foudre même du démiurge, c'est une ruée prodigieuse, un glaive liquide enfoncé dans le cœur des incrédules. Une transe sacrificielle qui immolera un à un les piliers de la garde britannique. Gracieux comme un fagot d'épines, Diego passe en revue tous les témoins de la défense, le long d'une course impeccable aux allures de procession mystique. Il faut le voir s'arracher à l'étau anglais comme un crucifié ranimé par son enfance en fièvre, se recomposer d'un coup de rein une nouvelle chair canonique, échafauder son ascension depuis le gouffre où il dépose Reid et Beardsley, atomiser le temps devant Butcher pour renaître au galop face à Fenwick et mieux précipiter son destin vers le but, comme une liane s'entortille à un arbre pour aller chercher la lumière, pure vénusté ne connaissant nul récipient pour la contenir, débordante ! Virevoltante !
Ce fut un cas avéré d'hallucination collective - lorsque le soleil réapparu enfin derrière la lune, que d'assister à l'apparition éblouissante du Pibe de Oro, le gamin aux pieds de feu. Petit-Poucet en crampons de sept lieues. Fruit toujours vert bondissant du ventre de l'Argentine.


On souhaiterait tous que Diego demeure à jamais ce gamin irrattrapable par l'Histoire. Repousser au loin ce visage surchargé d'extase qui s'afficha en gros plan à la coupe du monde 94 - exorcisant ses vieux démons d'une transe si stupéfiante qu'il en invoqua d'autres bien plus cruels. Mais si Maradona n'était pas ce taureau écumant que la banderille excite plus que la muleta, jamais il n'aurait pu inscrire un tel but.
A présent, il rumine et tourne en rond dans une arène déserte. Il se cogne la tête contre des murs chimériques qu'il n'est plus capable de traverser, pour s'abrutir dans son sang et oublier que jadis, il fut visité par la grâce et apparu sous les traits insaisissables du Pibe de Oro.

Un beau jour de juin 86, Diego Maradona s'est crucifié devant le monde entier pour mieux renaître de ses cendres trois minutes plus tard. Il a cagnardé les anglais d'un coup de soleil dans le dos et l'autre en plein cœur. En effaçant Shilton d'un ultime crochet providentiel, il a mis fin aux jérémiades de façon irréparable. Depuis cet événement, les mères argentines ont pris pour habitude de soulager les fièvres infantiles en psalmodiant une obscure chanson aux sonorités barbares : Beardsley... Reid... Butcher... Fenwick... Shilton... et les gosses perclus de fièvre s'enragent et renaissent au cantique du Pibe de Oro.

Ce gamin impérissable attendu par toutes les mères du monde.
Réponse de O Alegria Do Povo
le 21/06/2018 à 16:36
Putain merci Dieu de la technologie, même si tu as massacré mes espaces et mes balises.

Je disais juste que demain je ne suis pas libre, je pourrai pas poster donc j'en profite maintenant. C'est un texte que j'avais écrit pour le top 100 sudam et que j'ai repris, parce qu'il était un trop foufou et partait dans trop de vertiges giratoires.

Du coup je vous le propose là maintenant, avec un jour d'avance. Mais ça me déplaît pas d'avoir un jour d'avance vu ma médiocre capacité d'organisation.

Et si demain d'aventure y'a un article qui évoque ce match, ça me ferait bien plaisir qu'un de vous le poste. Parce que c'est le genre de truc que j'ai envie de partager. Voilà. La bise les amis.
Réponse de Fred Astaire
le 21/06/2018 à 17:00
Message posté par O Alegria Do Povo
Putain merci Dieu de la technologie, même si tu as massacré mes espaces et mes balises.

Je disais juste que demain je ne suis pas libre, je pourrai pas poster donc j'en profite maintenant. C'est un texte que j'avais écrit pour le top 100 sudam et que j'ai repris, parce qu'il était un trop foufou et partait dans trop de vertiges giratoires.

Du coup je vous le propose là maintenant, avec un jour d'avance. Mais ça me déplaît pas d'avoir un jour d'avance vu ma médiocre capacité d'organisation.

Et si demain d'aventure y'a un article qui évoque ce match, ça me ferait bien plaisir qu'un de vous le poste. Parce que c'est le genre de truc que j'ai envie de partager. Voilà. La bise les amis.


On reste à l'affut.
Réponse de NSOL
le 21/06/2018 à 19:26
Message posté par O Alegria Do Povo
Putain merci Dieu de la technologie, même si tu as massacré mes espaces et mes balises.

Je disais juste que demain je ne suis pas libre, je pourrai pas poster donc j'en profite maintenant. C'est un texte que j'avais écrit pour le top 100 sudam et que j'ai repris, parce qu'il était un trop foufou et partait dans trop de vertiges giratoires.

Du coup je vous le propose là maintenant, avec un jour d'avance. Mais ça me déplaît pas d'avoir un jour d'avance vu ma médiocre capacité d'organisation.

Et si demain d'aventure y'a un article qui évoque ce match, ça me ferait bien plaisir qu'un de vous le poste. Parce que c'est le genre de truc que j'ai envie de partager. Voilà. La bise les amis.


AHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH


C'est quelque chose d'absolument fabuleux que ce texte. Orgasmique littérairement, orgasmique littéralement, somptueux dans le choix des mots, génial dans le récit, admirable dans les métaphores des acteurs, explosif dans l'action, inqualifiable dans le dénouement, jouissif dans les redoublements, étonnant dans les qualificatifs, virevoltant dans les lyrismes !
Réponse de O Alegria Do Povo
le 21/06/2018 à 19:58


Fred, je compte sur toi ;)
Réponse de O Alegria Do Povo
le 21/06/2018 à 20:00
Message posté par NSOL
AHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH


C'est quelque chose d'absolument fabuleux que ce texte. Orgasmique littérairement, orgasmique littéralement, somptueux dans le choix des mots, génial dans le récit, admirable dans les métaphores des acteurs, explosif dans l'action, inqualifiable dans le dénouement, jouissif dans les redoublements, étonnant dans les qualificatifs, virevoltant dans les lyrismes !


De la part d'un tel connaisseur, je vais me faire sec et évident. Comme un dribble de Garrincha :

merci
Réponse de gil morrissao roland larque
le 21/06/2018 à 22:33
Message posté par O Alegria Do Povo

(...)
mais contrairement à la croyance populaire, ce ne sont pas les couilles de Thatcher que Diego a mordu (bien qu'elle en fut généreusement pourvue), mais celles de Galtieri, de Viola, de Videla, de Perón. La grappe de couilles des Pater Militari, des Saturnes obscènes qui engloutirent leur progéniture dans les oubliettes de l'Histoire. Desaparecidos !
(...)
.

Je fantasme vraiment sur l'Argentine et ce que j'ai compris de mes amis Argentins c'est que la politique de "ce pays d'avenir" selon le Clemenceau est compliqué.
Aujourd'hui certains politiciens de gauche ou de droite (Menem) de ce pays se réclament de Peron.
Peron est mort avant le coup d'Etat de 76 de Videla "hijo de puta" (épithète utilisée par un de mes amis Argentin). Je ne comprends pas pourquoi tu cites Peron pour les crimes de la dictature de 76. Par contre tu peux ajouter Lacoste à ta liste.
Réponse de O Alegria Do Povo
le 21/06/2018 à 23:43
Message posté par gil morrissao roland larque
Je fantasme vraiment sur l'Argentine et ce que j'ai compris de mes amis Argentins c'est que la politique de "ce pays d'avenir" selon le Clemenceau est compliqué.
Aujourd'hui certains politiciens de gauche ou de droite (Menem) de ce pays se réclament de Peron.
Peron est mort avant le coup d'Etat de 76 de Videla "hijo de puta" (épithète utilisée par un de mes amis Argentin). Je ne comprends pas pourquoi tu cites Peron pour les crimes de la dictature de 76. Par contre tu peux ajouter Lacoste à ta liste.


Peron, c'est compliqué, je le reconnais. Autant sa politique était tournée vers le peuple à des fins démagogiques (ce n'est pas une insulte), autant ses mesures pour conserver le pouvoir, et sa politique de répression à partir de 53-54 le mettent en droite ligne de toutes les violences à venir.

Après, tu sais et tu as raison de me reprendre, mon texte se base sur le peuple argentin. J'y suis allé 2 fois en Argentine. Ça ne fait pas de moi un expert historique de ce pays, loin de là. Et effectivement Peron était le plus épargné des Pater Militari. Mais j'ai étudié sa politique du coup, et s'il y a bien un mec à accuser dans l'Histoire, (je me place toujours du côté des mères, parce que j'ai été éduqué par des femmes), c'est bien lui. C'est lui qui a démissionné. C'est lui qui a livré la Mère-Argentine aux Saturnes.

Je me trompe peut-être (je me base sur mon intuition et le peu que je connais de ce pays). Si vous êtes plus avancés que moi sur le sujet, je me fais évidemment un devoir de le corriger.
Réponse de Fred Astaire
le 23/06/2018 à 11:12
Message posté par O Alegria Do Povo
Fred, je compte sur toi ;)


Pas le moindre article, ni la moindre brêve !
Réponse de Fred Astaire
le 23/06/2018 à 11:19
Aussi impensable que celà puisse paraître, Alain peut l'avoir son classico France-Argentine.
Quel nom lui donne-t-on outre-Atlantique ?

"LE PROVISTO" ?

J'attends des suggestions de qualificatifs !
Réponse de So-Frites
le 23/06/2018 à 15:45
"L'Alain-certitude""
Réponse de O Alegria Do Povo
le 23/06/2018 à 17:08
Message posté par Fred Astaire
Pas le moindre article, ni la moindre brêve !


Bah pas grave, au moins cette non-occasion m'épargnera quelques procès pour auto-citation ;)

NSOL,

je sais que tu écris sur Demivolée (si je ne dis pas de bêtises ?). Je ne sais pas si ce texte y a sa place, mais si d'aventure tu estimes qu'il peut être partagé, je le mets volontiers à ta disposition.
Réponse de O Alegria Do Povo
le 23/06/2018 à 18:03
Fred finalement je l’ai posté sous l’article Maradona fracasse encore l’Argentine. L’avantage avec Diego, c’est qu’il donne toujours une occasion de parler de lui.
Réponse de julboz
le 24/06/2018 à 13:10
Salut à tous,

En faisant quelques recherches sur le grand-père de Chicharito, présent au mondial 54 et auteur à cette occasion d'un but contre la France, j'ai lu qu'il aurait été sélectionné à l'époque sur la base du suffrage populaire, ayant obtenu 700 000 votes du peuple mexicain.
Sans doute comme le reste de l'équipe du coup, mais je n'ai pas vraiment trouvé d'infos en français sur ce mode de fonctionnement on ne peut plus cocasse. Si certains en ont.. :)
Réponse de NSOL
le 25/06/2018 à 14:54
Message posté par O Alegria Do Povo
Bah pas grave, au moins cette non-occasion m'épargnera quelques procès pour auto-citation ;)

NSOL,

je sais que tu écris sur Demivolée (si je ne dis pas de bêtises ?). Je ne sais pas si ce texte y a sa place, mais si d'aventure tu estimes qu'il peut être partagé, je le mets volontiers à ta disposition.


Bien sûr, il a plus que sa place ! Je suis très touché que tu m'autorises à le partager !
Réponse de O Alegria Do Povo
le 25/06/2018 à 16:03
Tout le plaisir est pour moi ! Je peux te l'envoyer si tu veux (précise-moi juste le type de fichier que tu souhaites).
Réponse de NSOL
le 25/06/2018 à 19:58
C'est gentil mais cela ne sera pas la peine, je vais faire un copier-coller tout bêtement :)
Réponse de O Alegria Do Povo
le 25/06/2018 à 20:11
Ok. Juste 2-3 choses alors. Si tu mettre la citation d’Iberico Saint-Jean : « D’abord nous tueront tous les agents de la subversion... » en italiques, ainsi que le terme Desaparecidos !
Et puis un espace à sauté sur la phrase : ce but, nommé à tort « le but du siècle ».

Enfin c’est des broutilles quoi, je te laisse remettre un peu d’ordre si tu y vois des erreurs de mise en page ;)
Réponse de NSOL
le 25/06/2018 à 22:44
OK je regarde ça demain :)

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