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Football History X

Le topic où l'on parle de l'histoire du foot ou de l'histoire tout court...
Message posté par Max_Payne
Vraiment content de voir un topic de ce type s'ouvrir.
C'est toujours un plaisir de lire les commentaires bien écrits, fournis, documentés des membres de SF.
On apprend plein de trucs.


Attendons les portraits de "Maître Alain", qui ne sera plus limité par le nombre de pages.
Seul bémol: pas de notations pour flatter nos égos, et accéder aux niveaux supérieurs !
Demain Reims - Nîmes, 1er et 2ème de Ligue 2.

Demain Reims - Nîmes, 1er et 2ème de Ligue 2.

Retour aux sources:
Il y a 60 ans, ces 2 équipes terminaient aux mêmes places, mais en 1ère division.
Nîmes Olympique, l'éternel malchanceux finira encore 2ème en 59 (derrière Nice), et en 62 (encore derrière Reims).

Comble de la poisse, les Nîmois perdront en finale de la Coupe de France 1958 devant Reims (toujours), qui signe là l'unique doublé de son histoire.

16 mai 1958, Stade Yves-du-Manoir à Colombes, 56 523 spectateurs.
3 buts à 1: Bliard (2) et Fontaine, pour Reims; Mazzouz pour Nîmes.

REIMS
Colonna – Zimny, Jonquet, Giraudo – Penverne, Siatka – Lamartine, Bliard, Fontaine, Piantoni, Vincent

NIMES
Roszak – Bettache, Lafont, Venturi – Schwager, Barlaguet – Salaber, Akesbi, Skiba, Mazzouz, Rahis

C'est encore le bon vieux WM des familles !
Message posté par Fred Astaire
Demain Reims - Nîmes, 1er et 2ème de Ligue 2.

Demain Reims - Nîmes, 1er et 2ème de Ligue 2.

Retour aux sources:
Il y a 60 ans, ces 2 équipes terminaient aux mêmes places, mais en 1ère division.
Nîmes Olympique, l'éternel malchanceux finira encore 2ème en 59 (derrière Nice), et en 62 (encore derrière Reims).

Comble de la poisse, les Nîmois perdront en finale de la Coupe de France 1958 devant Reims (toujours), qui signe là l'unique doublé de son histoire.

16 mai 1958, Stade Yves-du-Manoir à Colombes, 56 523 spectateurs.
3 buts à 1: Bliard (2) et Fontaine, pour Reims; Mazzouz pour Nîmes.

REIMS
Colonna – Zimny, Jonquet, Giraudo – Penverne, Siatka – Lamartine, Bliard, Fontaine, Piantoni, Vincent

NIMES
Roszak – Bettache, Lafont, Venturi – Schwager, Barlaguet – Salaber, Akesbi, Skiba, Mazzouz, Rahis

C'est encore le bon vieux WM des familles !



Rectif: Nîmes est deuxième en 58, 59, 60, et troisième en 62.
C’est grave ce que vous avez fait là, les gars. Grave grave grave !!!

Alors que j’arrive enfin à me réinventer du temps, vous créez ce bazar génial où l’on peut échanger, disserter, lyriciser et remettre en perspective l’Histoire du Foot ! Vous êtes des inconscients.

Plus sérieusement, c’est une superbe initiative, tellement évidente. Je ne vous garantie pas d’être très assidu dans le postage (parce que vraiment, la vie m’emmène ailleurs en ce moment et c’est absolument salutaire pour moi), mais je serais volontiers des vôtres lorsque ma muse se reposera sur mon épaule, et surtout, je vous lirai avec un immense plaisir !).
Message posté par Fred Astaire

...
REIMS
Colonna ...

Ce bon vieux Dumè, 90 balais et tjrs alerte!
Je l'ai croisé qlqfois chez le coiffeur à Corte, un délice cet Homme.
Ca marche du feu de Dieu son hotel-resto ds la vallèe de la Restonica et pour l'anecdote il fut le premier vainqueur du loto sportif (ce qui l'a aidé à investir ds cette affaire tout autant que sa (belle) carrière ds le foot.
Message posté par O Alegria Do Povo
C’est grave ce que vous avez fait là, les gars. Grave grave grave !!!

Alors que j’arrive enfin à me réinventer du temps, vous créez ce bazar génial où l’on peut échanger, disserter, lyriciser et remettre en perspective l’Histoire du Foot ! Vous êtes des inconscients.

Plus sérieusement, c’est une superbe initiative, tellement évidente. Je ne vous garantie pas d’être très assidu dans le postage (parce que vraiment, la vie m’emmène ailleurs en ce moment et c’est absolument salutaire pour moi), mais je serais volontiers des vôtres lorsque ma muse se reposera sur mon épaule, et surtout, je vous lirai avec un immense plaisir !).


Pas que histoire du foot! Serait-ce le pire?
Oh non l’autre histoire, la petite, à part 1515 (dispositif tactique révolutionnaire du Réal qui inclut l’arbitre dans la compo) et 732, Gervais Martel qui boute les arabes hors de Bollaert, je trouve ça IN-SI-GNI-FIANT !
Message posté par O Alegria Do Povo
Oh non l’autre histoire, la petite, à part 1515 (dispositif tactique révolutionnaire du Réal qui inclut l’arbitre dans la compo) et 732, Gervais Martel qui boute les arabes hors de Bollaert, je trouve ça IN-SI-GNI-FIANT !


Mais le sens d'histoire ce perd alors!

Ces dates demeurent de ce point de vue intéressantes!
Message posté par So-Frites
Ce bon vieux Dumè, 90 balais et tjrs alerte!
Je l'ai croisé qlqfois chez le coiffeur à Corte, un délice cet Homme.
Ca marche du feu de Dieu son hotel-resto ds la vallèe de la Restonica et pour l'anecdote il fut le premier vainqueur du loto sportif (ce qui l'a aidé à investir ds cette affaire tout autant que sa (belle) carrière ds le foot.


Depuis le décès de Paul Sinibaldi, autre gardien de but corse du Stade de Reims, le plus veil international encore en vie serait Jean Grégoire, né le 27 juillet 1922 à Valence (Drôme).

Demi-centre au Stade français, il a été international à dix reprises entre 1947 et 1950.

Il a terminé sa carrière comme entraîneur-joueur, d'abord au SCO Angers puis au FC Rouen

Mais ça demande confirmation.
Message posté par La Trousse Du Football
Sur 1515 c'est flagrant, pourquoi cette année est-elle importante? A quoi fait-elle écho?

1515 en France c'est d'abord l'avènement de François 1er, homme de lettre, décrit comme un humaniste qui monte sur le trône en janvier 1515, en septebre de la même année la terrible bataille de Marignan qui se déroule le 13 et 14 septembre fût enseignée ce qui aboutit à ce raccourci terriblement réducteur "1515 = Marignan", emballé c'est pesé, peu importe l'endroit (aujourd'hui Melegnano au Sud-Est de Milan), les bélligérants (Le Royaume de France et La République de Venise contre Le Duché de Milan et la République des Suisses) quand aux conséquences...je vais citer Amable Sablon du Corail dans le prologue de son livre "1515 Marignan"


"Les conséquences de la victoire française ont été très inégales pour les deux protagonistes. Le roi de France y gagne le duché de Milan pour quelques années,[...



Bravo et merci pour ce cours d'histoire, moi qui ai toujours cru que c'était un numéro de bigophone: Marignan 15 15 (dans un vieux sketch de Jacques Bodouin (mari de Micheline Dax) "la table de multiplication").

Curieux de constater la similitude des millésimes des grands évènements qui marquent le véritable début des siècles.

1214 Bouvines
1415 Azincourt
1515 Marignan
1610 Mort d'Henri IV
1715 Mort de Louis XIV
1815 Waterloo
1914 Première guerre mondiale

Ça peut se discuter pour 1492, 1789,
Mais peut-être dis-je une grosse connerie ?

Le 21ème, plutôt 1989 ou plutôt 2001 ?
Message posté par Fred Astaire
Bravo et merci pour ce cours d'histoire, moi qui ai toujours cru que c'était un numéro de bigophone: Marignan 15 15 (dans un vieux sketch de Jacques Bodouin (mari de Micheline Dax) "la table de multiplication").

Curieux de constater la similitude des millésimes des grands évènements qui marquent le véritable début des siècles.

1214 Bouvines
1415 Azincourt
1515 Marignan
1610 Mort d'Henri IV
1715 Mort de Louis XIV
1815 Waterloo
1914 Première guerre mondiale

Ça peut se discuter pour 1492, 1789,
Mais peut-être dis-je une grosse connerie ?

Le 21ème, plutôt 1989 ou plutôt 2001 ?


Ah monsieur Astaire, ta réponse est dans ton post!

Ces dates "font date" car elles sont en soi importantes, mais pas beaucoup plus que d'autres si on y réfléchit bien, le fait de les retenir vient surtout du fait qu'elles marquent le début de la Renaissance "française". Pourtant, si on parle de la Renaissance c'est flou (voir Le Goff "Faut-il vraiment découper l'histoire en tranche?". Dès le XIIème siècle (et même les Carolingiens) on parle de Renaissance (la "Renaissance du XIIème siècle", dont je suis spécialiste) et opère très significativement une modification du schéma mental et découle très largement de... la réforme grégorienne! Alors que dans l'histoire "commune", notamment et surtout, pour la Renaissance (du XVème cette fois-ci) on fait de l'eglise un adversaire, alors que...non, l'initiation de la Renaissance italienne vient de l'Eglise et débute... au XIVème siècle (pareil pour la Hanse par ailleurs mais avec la Réforme).

Finalement les dates de débuts de siècle marque le début d'une "période" qu'on a tranchée.

Pour le XXIème siècle, d'un point de vue historiographique je pencherai pour 2001, qui actuellement commence à peine à traité avec recul par les historiens, ce n'est plus exactement "présent" mais ça rentre dans l'histoire notamment par un champs particulier, "l'histoire du temps présent", très à la mode actuellement. 1989-1991 est plutôt pour le coup, une fin de siècle. 1492 est un début de "siècle" et 1789 si on prend le poids de l'événement dans l'histoire française c'est le début d'une ère qui dure jusqu'en 1958.
Message posté par TheDuke8
Ah monsieur Astaire, ta réponse est dans ton post!

Ces dates "font date" car elles sont en soi importantes, mais pas beaucoup plus que d'autres si on y réfléchit bien, le fait de les retenir vient surtout du fait qu'elles marquent le début de la Renaissance "française". Pourtant, si on parle de la Renaissance c'est flou (voir Le Goff "Faut-il vraiment découper l'histoire en tranche?". Dès le XIIème siècle (et même les Carolingiens) on parle de Renaissance (la "Renaissance du XIIème siècle", dont je suis spécialiste) et opère très significativement une modification du schéma mental et découle très largement de... la réforme grégorienne! Alors que dans l'histoire "commune", notamment et surtout, pour la Renaissance (du XVème cette fois-ci) on fait de l'eglise un adversaire, alors que...non, l'initiation de la Renaissance italienne vient de l'Eglise et débute... au XIVème siècle (pareil pour la Hanse par ailleurs mais avec la Réforme).

Finalement les dates de débuts de siècle marque le début d'une "période" qu'on a tranchée.

Pour le XXIème siècle, d'un point de vue historiographique je pencherai pour 2001, qui actuellement commence à peine à traité avec recul par les historiens, ce n'est plus exactement "présent" mais ça rentre dans l'histoire notamment par un champs particulier, "l'histoire du temps présent", très à la mode actuellement. 1989-1991 est plutôt pour le coup, une fin de siècle. 1492 est un début de "siècle" et 1789 si on prend le poids de l'événement dans l'histoire française c'est le début d'une ère qui dure jusqu'en 1958.


Navré pour les fautes, je me dépatouille avec un cours à côté.
Message posté par Fred Astaire
Bravo et merci pour ce cours d'histoire, moi qui ai toujours cru que c'était un numéro de bigophone: Marignan 15 15 (dans un vieux sketch de Jacques Bodouin (mari de Micheline Dax) "la table de multiplication").

Curieux de constater la similitude des millésimes des grands évènements qui marquent le véritable début des siècles.

1214 Bouvines
1415 Azincourt
1515 Marignan
1610 Mort d'Henri IV
1715 Mort de Louis XIV
1815 Waterloo
1914 Première guerre mondiale

Ça peut se discuter pour 1492, 1789,
Mais peut-être dis-je une grosse connerie ?

Le 21ème, plutôt 1989 ou plutôt 2001 ?



2015 : Attentats de Paris.
Etat d'urgence généralisé ; ère de la surveillance de masse :)
Y a pleins d'évènement au 15e et 16e qui laissent penser qu'il y a un changement : l'imprimerie, la Réforme de Luther, le tournant économique induit par la découverte occidental de l'Amérique (début du capitalisme moderne) etc. Tout ça conduit à ce que les contemporains de l'époque ont nommé La Renaissance. Ce que je trouve très intéressant la dedans, c'est comment la propagande a survécu aux siècles. Pour la plus part des gens, le MA c'est une époque obscure, de sombres abrutis etc. C'est resté dans les moeurs. Alors que la réalité semble bien plus complexe, et si changement il y a eu entre les deux périodes c'était pas aussi brutal que ça ne le laisse paraitre, mais plutot une transition sur le temps.
Je me souviens d'un cours à la fac sur les relations entre musulmans et chrétiens en péninsule ibérique au 11e et 13e. C'était bien plus complexe que le simple "ils se foutent sur la gueule", y avais notamment beaucoup d'échanges culturels, comme le laisse voir encore les cathédrales de Cordoue ou autres !
Message posté par Nifa
Y a pleins d'évènement au 15e et 16e qui laissent penser qu'il y a un changement : l'imprimerie, la Réforme de Luther, le tournant économique induit par la découverte occidental de l'Amérique (début du capitalisme moderne) etc. Tout ça conduit à ce que les contemporains de l'époque ont nommé La Renaissance. Ce que je trouve très intéressant la dedans, c'est comment la propagande a survécu aux siècles. Pour la plus part des gens, le MA c'est une époque obscure, de sombres abrutis etc. C'est resté dans les moeurs. Alors que la réalité semble bien plus complexe, et si changement il y a eu entre les deux périodes c'était pas aussi brutal que ça ne le laisse paraitre, mais plutot une transition sur le temps.
Je me souviens d'un cours à la fac sur les relations entre musulmans et chrétiens en péninsule ibérique au 11e et 13e. C'était bien plus complexe que le simple "ils se foutent sur la gueule", y avais notamment beaucoup d'échanges culturels, comme le laisse voir encore les cathédrales de Cordoue ou autres !


Tout à fait Nifa! C'est l'approche soliste de l'Ecole des Annales qui quelque part permet aujourd'hui de se poser la question et de "sentir" l'histoire sur un temps plus long que la périodisation ne le le suggère. Pour ça l'ouvre majeur c'est la "Méditerranée" de Braudel, l'histoire du temps long et la Renaissance est loin d'être une rupture bien au contraire. Les Lumières ont plus d'accointances avec la réforme grégorienne qu'avec les Humanistes du XVème, je dis ça en exagérant mais c'est tout à fait l'idée qui montre la limite de la périodisation. Celle-ci laissant place au comparatisme et donc aux limites des chronologies d'ensemble.
Message posté par TheDuke8
Tout à fait Nifa! C'est l'approche soliste de l'Ecole des Annales qui quelque part permet aujourd'hui de se poser la question et de "sentir" l'histoire sur un temps plus long que la périodisation ne le le suggère. Pour ça l'ouvre majeur c'est la "Méditerranée" de Braudel, l'histoire du temps long et la Renaissance est loin d'être une rupture bien au contraire. Les Lumières ont plus d'accointances avec la réforme grégorienne qu'avec les Humanistes du XVème, je dis ça en exagérant mais c'est tout à fait l'idée qui montre la limite de la périodisation. Celle-ci laissant place au comparatisme et donc aux limites des chronologies d'ensemble.


holiste* et non pas soliste
Il y a 52 ans,

le 11 mai 1966, à Bruxelles, en finale de la Coupe d'Europe des clubs champions, le Real Madrid battait le Partizan Belgrade 2 buts à 1.
Sixième et dernière victoire avant une disette de 32 ans, mais ceci est une autre histoire.

Le Real est entièrement composé d'Espagnols (l'Etat interdit aux clubs de recruter des joueurs étrangers).
Di Stefano est parti depuis 2 saisons rejoindre l'Espanyol de son ami Kubala, et Puskas a disputé son dernier match, en huitièmes contre Feyenoord, avec à la clé, 1 quadruplé, histoire de terminer en beauté une carrière professionnelle commencée en...1943.


(extrait de «La fabuleuse histoire du football»)

...une bande de gamins, encadrée par Pachin, Zoco et Gento, leur a succédé. On les surnomme les ''yé-yé'' du Real.

Les yé-yé en question font des ravages en Coupe d'Europe et, sur leur terrain de Chamartin, sont proprement imbattables. Feyenoord (1-2, 5-0), Kilmarnock (2-2, 5-1) Anderlecht (0-1, 4-2)
subissent leur loi avant que le tirage au sort ne sorte de son chapeau, l'effrayant, le grand méchant loup, l' Inter Milan de Helenio Herrera, pour la demi-finale.

L'Inter, intrinsèquement supérieur au Real, commet à Madrid une impardonnable erreur. Il compte sur son tempérament et sur son volcanique public pour faire «la différence» au match retour, comme il l'a fait l'année précédente contre Liverpool. Il oublie cette vérité première, qu'en acceptant, même inconsciemment, l'idée d'une défaite, on est toujours battu. Battu 1 à 0 à Madrid, il sourit donc et attend la suite des évènements avec la sérénité d'un champion d'Europe qui croit en son destin.
Ce que l'Inter et Herrera oublient, c'est qu'en matière de défense, il peut exister plus «intériste» qu'eux. A Milan, au match retour, les Madrilènes s'appuient sur une super-défense, tout en gardant un esprit offensif constamment en éveil. Avant le coup d'envoi, le président Santiago Bernabeu est venu injecter à ses joueurs ce que son entourage appelle la «santiaguine», sorte de doping moral qui prend sa source et sa force dans la magie des mots. Cela marchait avec les vieux lions Di Stefano et Puskas, comment cela ne marcherait-il pas avec les jeunôts ?
Pour Don Santiago, pour la gloire du Real et de l'Espagne éternelle, les «yé-yé» s'attaquent donc au problème. Amancio les aide bien en ouvrant le score à la vingtieme minute et en faisant planer constamment la menace d'un autre but.
L'Inter, malgré son public, malgré ses millions de lires, malgre HH, est pris là où il prenait jadis. Facchetti, le roi des arrières gauche offensifs, égalise à la 77è minute, mais à l'addition, il manque un but à l'équipe milanaise, le but de Madrid.
Avec beaucoup d'emphase, un journaliste italien écrit: «Tous les généraux perdent des batailles. HH en a perdu une, mais comme Mac Arthur, il reviendra». On se rappelle pourtant la terrible phrase de Batteux, après un match télévisé que l'Inter venait de gagner à l'économie: « on croirait une mercédès munie d'un moteur de 2 CV».
Le Real finaliste se voit offrir comme adversaire, le 11 mai 1966, à Bruxelles, une équipe encore plus inattendue que la sienne: Partizan de Belgrade, représentant d'un football yougoslave extraordinairement doué, mais traditionnellement incapable de justifier sa valeur dans les grandes occasions. Partizan compte, il est vrai, dans ses rangs plusieurs héros de la Coupe du monde 1962 au Chili: Soskic, Jusifi, Kovacevic, Galic. Ce qui est la preuve et le garant d'une valeur non usurpée.
Les joueurs du Partizan, vieux et fideles soldats du club, habitués des longues tournées sud-americaines qui rapportent des dollars au trésorier, déclenchent l'enthousiasme en Yougoslavie. Plusieurs d'entre eux ont atteint la trentaine (d'âge) et la cinquantaine (de sélections). Ils obtiennent, puisqu'ils sont en finale et qu'ils ont honoré le drapeau d'être laissés libres par leur club pour aller tenter fortune à l'étranger. En échange, ils offrent leur prime à Partizan: ils joueront pour le plaisir et pour la gloire et s'ils gagnent, le sacrifice n'en sera que plus beau.
Pour l'occasion, leurs dirigeants sont allés sortir de la caserne leur avant-centre Galic qui fait son service militaire et n'a pas joué depuis six mois. C'est à Nis que Galic est cantonné, tout près de la Tour des Crânes que Lamartine a décrite dans «Voyage en Orient»: A peine étais-je assis que, levant les yeux sur le monument qui me prêtait son ombre, je vis que les murs qui m'avaient parus bâtis de marbre ou de pierre blanche, étaient formés par des assises régulières de crânes humains... Ils me dirent que c'étaient les têtes des quinze mille Serbes tués par le Pacha dans la dernière révolte de la Serbie... Ce monument apprendra à leurs enfants ce que vaut l'indépendance d'un peuple, en leur montrant à quel prix leurs pères l'ont payée...».
Mais Galic n'offre pas sa tête pour la victoire de Partizan. Il est avocat et plutôt chargé de sauver celle des autres. Il se bat courageusement contre le Real, et il pense, ainsi que ses camarades, que le but de Vasovic (de la tete, 55è) est peut-être celui de la victoire. Le match est alors celui de l'observation et des jaillissements contrôlés. Mais dès que Partizan a marqué, les jeunes Madrilènes explosent en accélérations soutenues. Lancés à pleine vitesse, ils prennent tous les risques et ne ressemblent guère à leurs ainés stylistes.
Un quart d'heure après le but de Vasovic, Amancio «brûle» la défense yougoslave et égalise. On ne sait plus très bien où va le match et à qui il va sourire lorsque, aussitôt après, Serena déclenche un tir fou, un tir illogique d'une extrème puissance qui fusille Soskic et le plonge dans le malheur.
Gento, capitaine du Real, reçoit sa sixième Coupe d'Europe pour sa huitième finale en onze ans. La «boule de feu» n'est pas encore éteinte. Les jeunes joueurs du Real, De Felipe en tête, prennent les journalistes espagnols «bille en tete»: «Les Yé-Yé» du Real, c'est fini. Nous avons maintenant le droit d'etre considérés comme des hommes à part entière». C'est promis, muchacha !


https://www.youtube.com/watch?v=IAgbcd28BC4
https://www.youtube.com/watch?v=D2ThxsZt1vs

Real-Partizan 2-1 (Vasovic-Amancio, Serena)
Araquistain-Pachin-De Felipe-Zoco-Sanchis-Pirri-Velasquez-Serena-Amancio-Grosso-Gento (cap)
Ent: Munoz
Soskic-Jusufi-Rasovic-Vasovic-Mihajlovic-Kovacevic-Becejac-Bajic-Hasanagic-Galic-Pirmajer
Ent: Gegic

http://solavancosport.fr/histoire/real-madrid-1966/

http://footballia.net/matches/real-madrid-fk-partizan
Message posté par Fred Astaire
Il y a 52 ans,

le 11 mai 1966, à Bruxelles, en finale de la Coupe d'Europe des clubs champions, le Real Madrid battait le Partizan Belgrade 2 buts à 1.
Sixième et dernière victoire avant une disette de 32 ans, mais ceci est une autre histoire.

Le Real est entièrement composé d'Espagnols (l'Etat interdit aux clubs de recruter des joueurs étrangers).
Di Stefano est parti depuis 2 saisons rejoindre l'Espanyol de son ami Kubala, et Puskas a disputé son dernier match, en huitièmes contre Feyenoord, avec à la clé, 1 quadruplé, histoire de terminer en beauté une carrière professionnelle commencée en...1943.


(extrait de «La fabuleuse histoire du football»)

...une bande de gamins, encadrée par Pachin, Zoco et Gento, leur a succédé. On les surnomme les ''yé-yé'' du Real.

Les yé-yé en question font des ravages en Coupe d'Europe et, sur leur terrain de Chamartin, sont proprement imbattables. Feyenoord (1-2, 5-0), Kilmarnock (2-2, 5-1) Anderlecht (0-1, 4-2)
subissent leur loi avant que le tirage au sort ne sorte de son chapeau, l'effrayant, le grand méchant loup, l' Inter Milan de Helenio Herrera, pour la demi-finale.

L'Inter, intrinsèquement supérieur au Real, commet à Madrid une impardonnable erreur. Il compte sur son tempérament et sur son volcanique public pour faire «la différence» au match retour, comme il l'a fait l'année précédente contre Liverpool. Il oublie cette vérité première, qu'en acceptant, même inconsciemment, l'idée d'une défaite, on est toujours battu. Battu 1 à 0 à Madrid, il sourit donc et attend la suite des évènements avec la sérénité d'un champion d'Europe qui croit en son destin.
Ce que l'Inter et Herrera oublient, c'est qu'en matière de défense, il peut exister plus «intériste» qu'eux. A Milan, au match retour, les Madrilènes s'appuient sur une super-défense, tout en gardant un esprit offensif constamment en éveil. Avant le coup d'envoi, le président Santiago Bernabeu est venu injecter à ses joueurs ce que son entourage appelle la «santiaguine», sorte de doping moral qui prend sa source et sa force dans la magie des mots. Cela marchait avec les vieux lions Di Stefano et Puskas, comment cela ne marcherait-il pas avec les jeunôts ?
Pour Don Santiago, pour la gloire du Real et de l'Espagne éternelle, les «yé-yé» s'attaquent donc au problème. Amancio les aide bien en ouvrant le score à la vingtieme minute et en faisant planer constamment la menace d'un autre but.
L'Inter, malgré son public, malgré ses millions de lires, malgre HH, est pris là où il prenait jadis. Facchetti, le roi des arrières gauche offensifs, égalise à la 77è minute, mais à l'addition, il manque un but à l'équipe milanaise, le but de Madrid.
Avec beaucoup d'emphase, un journaliste italien écrit: «Tous les généraux perdent des batailles. HH en a perdu une, mais comme Mac Arthur, il reviendra». On se rappelle pourtant la terrible phrase de Batteux, après un match télévisé que l'Inter venait de gagner à l'économie: « on croirait une mercédès munie d'un moteur de 2 CV».
Le Real finaliste se voit offrir comme adversaire, le 11 mai 1966, à Bruxelles, une équipe encore plus inattendue que la sienne: Partizan de Belgrade, représentant d'un football yougoslave extraordinairement doué, mais traditionnellement incapable de justifier sa valeur dans les grandes occasions. Partizan compte, il est vrai, dans ses rangs plusieurs héros de la Coupe du monde 1962 au Chili: Soskic, Jusifi, Kovacevic, Galic. Ce qui est la preuve et le garant d'une valeur non usurpée.
Les joueurs du Partizan, vieux et fideles soldats du club, habitués des longues tournées sud-americaines qui rapportent des dollars au trésorier, déclenchent l'enthousiasme en Yougoslavie. Plusieurs d'entre eux ont atteint la trentaine (d'âge) et la cinquantaine (de sélections). Ils obtiennent, puisqu'ils sont en finale et qu'ils ont honoré le drapeau d'être laissés libres par leur club pour aller tenter fortune à l'étranger. En échange, ils offrent leur prime à Partizan: ils joueront pour le plaisir et pour la gloire et s'ils gagnent, le sacrifice n'en sera que plus beau.
Pour l'occasion, leurs dirigeants sont allés sortir de la caserne leur avant-centre Galic qui fait son service militaire et n'a pas joué depuis six mois. C'est à Nis que Galic est cantonné, tout près de la Tour des Crânes que Lamartine a décrite dans «Voyage en Orient»: A peine étais-je assis que, levant les yeux sur le monument qui me prêtait son ombre, je vis que les murs qui m'avaient parus bâtis de marbre ou de pierre blanche, étaient formés par des assises régulières de crânes humains... Ils me dirent que c'étaient les têtes des quinze mille Serbes tués par le Pacha dans la dernière révolte de la Serbie... Ce monument apprendra à leurs enfants ce que vaut l'indépendance d'un peuple, en leur montrant à quel prix leurs pères l'ont payée...».
Mais Galic n'offre pas sa tête pour la victoire de Partizan. Il est avocat et plutôt chargé de sauver celle des autres. Il se bat courageusement contre le Real, et il pense, ainsi que ses camarades, que le but de Vasovic (de la tete, 55è) est peut-être celui de la victoire. Le match est alors celui de l'observation et des jaillissements contrôlés. Mais dès que Partizan a marqué, les jeunes Madrilènes explosent en accélérations soutenues. Lancés à pleine vitesse, ils prennent tous les risques et ne ressemblent guère à leurs ainés stylistes.
Un quart d'heure après le but de Vasovic, Amancio «brûle» la défense yougoslave et égalise. On ne sait plus très bien où va le match et à qui il va sourire lorsque, aussitôt après, Serena déclenche un tir fou, un tir illogique d'une extrème puissance qui fusille Soskic et le plonge dans le malheur.
Gento, capitaine du Real, reçoit sa sixième Coupe d'Europe pour sa huitième finale en onze ans. La «boule de feu» n'est pas encore éteinte. Les jeunes joueurs du Real, De Felipe en tête, prennent les journalistes espagnols «bille en tete»: «Les Yé-Yé» du Real, c'est fini. Nous avons maintenant le droit d'etre considérés comme des hommes à part entière». C'est promis, muchacha !


https://www.youtube.com/watch?v=IAgbcd28BC4
https://www.youtube.com/watch?v=D2ThxsZt1vs

Real-Partizan 2-1 (Vasovic-Amancio, Serena)
Araquistain-Pachin-De Felipe-Zoco-Sanchis-Pirri-Velasquez-Serena-Amancio-Grosso-Gento (cap)
Ent: Munoz
Soskic-Jusufi-Rasovic-Vasovic-Mihajlovic-Kovacevic-Becejac-Bajic-Hasanagic-Galic-Pirmajer
Ent: Gegic

http://solavancosport.fr/histoire/real-madrid-1966/

http://footballia.net/matches/real-madrid-fk-partizan


Première fois que je voyais le Real gagner une finale: ça marque à vie !
C’est un plaisir de vous lire messieurs.

En ce qui concerne les différentes façons de décrypter l’Histoire, celle qui m’a le plus interpellé est celle d’Elie Faure dans son Histoire de l’Art. Je n’ai pas lu beaucoup d’historiens (un peu de Fumaroli et de Guillemin), mais la démarche de Faure, sa manière inédite de transversaliser les âges, de révéler des connexions insensées (mais miraculeusement logiques) entre telle peinture rupestre, telle statue mésopotamienne et un quelconque tableau de maître, ça m’a sacrément aiguillé sur la distance et la hauteur qu’il faut pour embrasser l’Histoire dans toute son envergure.

Un extrait de la première préface à son Histoire de l’Art : l’Esprit des Formes :

« Spencer a vu les astres nus s’échapper de la nébuleuse, se solidifier peu à peu, l’eau se condenser à leur surface, la vie élémentaire sourdre de l’eau, diversifier ses apparences, pousser tous les jours plus haut ses branches, ses rameaux, ses fruits, et, comme une fleur sphérique s’ouvre pour livrer sa poussière à l’espace, le cœur du monde s’épanouir dans ses formes multipliées. Mais il semble qu’un désir obscur de retourner à ses origines gouverne l’univers. Les planètes, sorties du soleil ; ne peuvent s’arracher au cercle de sa force, comme si elles voulaient s’y replonger. L’atome sollicite L’atome, et tous les organismes vivants, issus d’une même cellule, cherchent des organismes vivants pour refaire cette cellule en s’abîmant en eux... Ainsi le juste quand il se contente de vivre, ainsi le savant, ainsi l’artiste quand ils pénètrent côte à côte dans le monde des formes et des sentiments, font remonter à leur conscience la route qu’il a parcourue pour passer de son ancienne homogénéité à sa diversité actuelle, et dans un héroïque effort, recréent l’unité primitive ».
Nous sommes le 12 mai:
Il y a 42 ans, finale de Glasgow !

Le direct, c'était sur TF1 (pas encore privé) avec le redoutable duo Jean Raynal-Pierre Cangioni, et le différé sur Antenne 2, avec Thierry Roland et Bernard Père.
Les plus masos d'entre nous, ont donc vu une défaite 2 fois de suite.
merci fred de nous ressusciter ce moment rothien et son coup franc maléfique^^ sans rire descendre les champs après une défaite elle était dure l'époque pour le sport français...
j'ai expliqué dans le topic présentation que mon amour des verts est venus des tontons ils étaient à glasgow mais pas sur les champs^^.

je savais pas que le match avait été diffusé 2 fois merci de l'info, d'ailleurs qu'entends tu par "redoutable" pour le duo Raynal Cangioni

j'ai découvert la 1ere fois le nom de pierre cangioni dans la chanson de renaud "j'ai raté télé foot" qui date de 82 mais entendu la 1ere fois en 84 voilà ce que m'évoque le nom de cangioni encore un truc de gamin!!

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