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Manchester City : qui veut gagner avec ces milliards

Erling Haaland et ses coéquipiers ont été conspués à Liverpool, dimanche, jugés responsables de la triche dont s’est rendu coupable Manchester City pendant près de 10 ans. Ils sont passés outre, ont continué d’imposer leur domination sur le terrain et ont relevé la tête comme un seul homme. Après tout, ce n'est pas leur combine et ils n’étaient pas là au moment des faits.
Toutes les routes mènent à Anfield, mais celle empruntée par le car de Manchester City, dimanche après-midi, était particulièrement sinueuse. Si quelques joueurs ont pris la peine d’enlever leur casque, ils ont pu entendre les nombreux chants des supporters de Liverpool : « Tricheurs, tricheurs, tricheurs » et « Relégués, relégués, relégués », s’ajoutant aux banderoles dans le stade pas beaucoup plus élogieuses. Les Reds étaient les premiers à accueillir les Skyblues après le verdict reconnaissant la culpabilité à 114 infractions aux règles financières de la Premier League, mais toute l’Angleterre semble prête à mener la vie dure à la bande d’Enzo Maresca.
Les onze mercenaires
Pourtant, ces hommes ne semblent pas y être pour grand-chose. Les faits concernés sont survenus entre 2009 et 2018, époque où Erling Haaland et Jérémy Doku, tous deux buteurs contre Liverpool, commençaient à peine leur carrière pro et où Rayan Cherki, auteur d’un bijou pour terminer le travail, n’avait d’yeux que pour le Real Madrid de Cristiano Ronaldo. Quasiment né dans le vestiaire de Manchester City, seul Phil Foden a connu cette période dorée de la triche sans en être vraiment responsable. « Toutes vos étoiles sont en train de s’éteindre », écrivaient les supporters liverpuldiens avant de se rendre compte que celles présentes sur la pelouse étaient encore plus que scintillantes. Le milieu Enzo Fernández – Elliot Anderson a perpétué l’héritage récent du club, à savoir domination technico-tactique et pouvoir illimité sur le marché des transferts, puisqu’ils sont tous deux arrivés dans l’été contre 280 petits millions d’euros cumulés. Ils se permettent d’ailleurs de reléguer sur le banc Ayyoub Bouaddi dont les 95 patates ne pèsent pas assez.
Nous devons rester unis et nous témoigner de l’amour les uns envers les autres.
S’ils n’étaient pas là sur la période incriminée, tous ces cracks auraient-ils voulu venir dans la grisaille de Manchester sans les trois titres de Premier League de 2012, 2014 et 2018 et tous ceux qui ont suivi avec des joueurs achetés pour des sommes déraisonnables ? L’équipe actuelle n’a pas triché, certes, mais elle a accepté de représenter un club qui s’est construit dans l’abus et le vice. Comme tout groupe mis dos au mur, ils font le dos rond ensemble, quitte à s’enfoncer encore plus. « Nous devons rester unis et nous témoigner de l’amour les uns envers les autres. Il faut rester positif, regarder vers l’avenir, essayer de gagner des matchs, apprécier le moment présent et obtenir des victoires. Je suis très attaché à cet endroit. Je tiens beaucoup à City, je dois le dire. Je me soucie beaucoup des fans, car je suis moi-même un fan, je ressens la même chose qu’eux », témoignait Haaland au média du club avant le match à Anfield, se mettant ainsi en première ligne face aux attaques.
Peut-on aimer cette équipe ?
Son transfert du Borussia Dortmund à Manchester City n’aurait sans doute pas été possible sans transgression des règles. Le monde du football a fait une croix dessus depuis longtemps et un départ pour Liverpool, le Real Madrid ou le Paris Saint-Germain ne serait pas beaucoup plus éthique. Le duel à venir, mercredi soir, contre le club français passé sous pavillon qatari en 2011 pourrait d’ailleurs être qualifié de « match des tricheurs », alors qu’Ousmane Dembélé et compagnie n’y sont pour rien non plus dans les sales affaires.

Surtout qu’à en croire Unai Emery, tous les clubs trichent plus ou moins. « Beaucoup de clubs gonflent leur budget. C’est connu de tout le monde. […] Ce qui m’affecte, c’est qu’on parle d’une équipe qui jouait exceptionnellement bien avec Pep Guardiola », s’est ému l’entraîneur d’Aston Villa. La Pep Team mancunienne restera dans l’histoire, même si ses titres viennent à être retirés, elle aura marqué le jeu de son empreinte plus que de nombreuses autres formations autant dopées aux pétrodollars. Celle de Maresca a posé sa première pierre à Anfield, mais va devoir redoubler d’efforts pour être reconnue au-delà des scandales. « C’était clairement plus (hostile) que d’habitude à notre arrivée et pendant les dix premières minutes du match, mais je trouve que nous avons très bien réussi à faire taire le public », s’est félicité Elliot Anderson. Si le jeu de position permet de remonter sur le toit du Royaume et de l’Europe, les avocats n’auront pas besoin d’éplucher les dossiers pour faire aimer la génération Cherki autant que la précédente.
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