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Lille, 100 millions et plus d'ambitions ?

Avec 100 millions en poche issus du transfert d'Ayyoub Bouaddi à Manchester City, le LOSC s'avance dans sa saison les poches pleines. Engagés en Ligue des champions, les Lillois peuvent-ils se servir de cette manne financière pour passer un cap ?
Pour son déplacement en terres lilloises ce vendredi, le PSG ne se déplace pas seulement sur la pelouse d’un européen de Ligue 1 délesté de son meilleur joueur, Ayyoub Bouaddi. Il s’apprête surtout à affronter son meilleur adversaire sur la scène nationale depuis bientôt 10 ans. Champion en 2021, et dernier briseur d’hégémonie estampillée PSG, le LOSC peine à surfer sur cette vague pour s’affirmer et changer de dimension. Les caisses pleines après la vente de Bouaddi à Manchester City, les Lillois peuvent-ils changer de braquet et véritablement se poser comme la deuxième puissance hexagonale ?
Régularité, presque, sans pic
Il faut dire que depuis une saison 2017-2018 finie à une triste 17e place, le LOSC a fait de la régularité une spécialité. Hormis un décevant 10e strapontin en 2021-2022, les Dogues ont toujours terminé dans le quintet de tête en fin de saison (2e, 4e, 1e, 10e, 5e, 4e, 5e, 3e, 3e). De quoi disputer la Coupe d’Europe chaque année, à l’exception de 2022-2023 donc, et de décrocher un titre en 2021 comme point culminant. Dernier club à avoir décroché le PSG dans le sprint final, Lille se pose même comme le club de Ligue 1 le plus solide depuis 8 saisons. En points cumulés depuis le début de la campagne 2018-2019, c’est logiquement que l’on retrouve les Nordistes (512 puntos) derrière l’ogre parisien (649), mais surtout 14 unités devant Marseille (498) et devant Lyon (484).
Pourtant, à l’exception du titre de champion de France, qu’il ne s’agit pas de banaliser, Lille donne l’impression de se maintenir au plus haut niveau, sans forcément chercher à passer un cap. Jouer sur plusieurs tableaux ? Lille l’a évidemment tenté, mais essentiellement à l’échelle européenne. En Coupe de France par exemple, Lille ne dépasse plus les huitièmes de finale, sur lequel il a buté à 6 reprises depuis 2018-2019. Pour élargir la focale, il faut remonter à la victoire dans la compétition en 2011 pour trouver trace de Lille dans le dernier carré.
« Nous voulons être compétitifs et gagner tous les matchs. Nous nous préparons pour ça. Nous savons que la Ligue des champions est toujours difficile, mais nous serons prêts. »
Sur la scène continentale, le quart de finale face à Aston Villa en Ligue Europa Conférence 2023-2024 fait office de principal fait d’armes, aux côté d’un huitième de finale de C1 perdu de peu face au Borussia Dortmund en 2025, après une superbe phase de ligue (7e), et du huitième de l’an dernier en C3, à nouveau face à Aston Villa. Mis à part sa participation à la plus petite des compétitions européennes, Lille a donc pris l’habitude de n’avoir plus que la Ligue 1 à jouer à la mi-mars. Pratique pour finir fort et valider son billet continental chaque année, moins pour montrer les muscles sur la durée et, surtout, quand la pente s’élève. La faute à quoi ? À qui ? À des effectifs certainement un peu courts pour jouer tous les tableaux, notamment. Sauf que voilà, avec 100 briques en poche, le LOSC peut-il s’offrir un été un peu plus dispendieux pour enfin changer de braquet ? À Monaco ce jeudi, lors du tirage au sort de la phase de ligue de C1, Olivier Létang ne cachait en tout cas pas son envie de voir Lille montrer les muscles cette année : « Nous voulons être compétitifs et gagner tous les matchs. Nous nous préparons pour ça. Nous savons que la Ligue des champions est toujours difficile, mais nous serons prêts. »
Un coach encore novice et un effectif un peu court
Avant de se frotter à une campagne de Ligue des champions piégeuse, où Lille a hérité d’un tirage relevé, l’effectif actuel peut sembler limité pour imaginer une progression notable. Si les Dogues sont maintenant blindés dans les buts, avec Berke Özer et Orlando Gill, deux gardiens en attente de confirmation, que la défense est équipée, le milieu et l’attaque manquent d’une tête qui dépasse, qui porte le club vers de plus hautes cimes. Surtout avec un Mathias Fernandez-Pardo qui ne cache pas ses envies d’ailleurs, ce à quoi le club s’oppose toutefois. Pour le moment.
Le retour prévu d’ici octobre d’Hamza Igamane permettra d’étoffer une attaque qui ne pourra tourner sur le dos du futur quarantenaire Olivier Giroud, mais le Marocain pourrait bien avoir besoin de quelques semaines pour retrouver son rythme. Dilane Bakwa est arrivé, avec une saison 2024-2025 référence en Ligue 1, la piste Martin Terrier existe, mais on a presque envie de prendre les Lillois par la main pour les pousser se faire violence et aller chercher une tête d’affiche.
Pourquoi pas au milieu, où le duo Bentaleb-André cumule déjà 67 balais. Plus facile à dire qu’à faire, c’est certain, mais laisser en sommeil les deniers récoltés sur Bouaddi aurait quelque chose de frustrant. D’autant que le message envoyé est paradoxal. Lille a célébré le départ de son meilleur joueur comme un succès sportif et financier, mais il a surtout célébré le départ de son meilleur joueur.
Cet été, les rentrées d’argent se sont multipliées. Outre Bouaddi, Lille a encaissé la prime de qualification en Ligue des champions, un peu moins de 20 millions et touché quelques royalties sur le transfert de Carlos Baleba à Manchester United. Pour se montrer peu dispendieux en retour avec moins de 20 millions dépensés. Il est aussi question de survivre et de mettre de la trésorerie de côté dans le contexte actuel du football français. Sur les cinq dernières années, Lille a vendu Lucas Chevalier, Bafodé Diakité, Leny Yoro, Amadou Onana, Sven Botman, chacun pour 30 millions ou plus. De quoi voir venir, alors que les ventes colossales de Victor Osimhen, Rafael Leão et Nicolas Pepe commencent à remonter et avait servi à éponger les nombreuses dettes du club. Lille est donc assez costaud quand il s’agit de revendre.
Mais pour acheter, le plafond se situe aux alentours des 15 millions d’euros, pas assez pour trouver un véritable leader de terrain. N’en déplaise à Başar Önal, Hamaza Igamane, Mathias Fernandez-Pardo, Hákon Arnar Haraldsson ou Mohamed Bayo, tous achetés entre 11,5 et 15 plaques. La dernière fois que Lille a véritablement craché au bassinet, c’était pour claquer 27 patates sur Jonathan David, qui lui a plutôt bien rendu avec ses 109 buts. Comme quoi. Le LOSC, comme tous les clubs de Ligue 1, s’inscrit évidemment dans une certaine logique d’austérité, mais devrait tout de même être en capacité de se poser un peu au-dessus de la mêlée, parce qu’il fonctionne aussi différemment des autres.
Avec le départ de Bruno Genesio, le LOSC a aussi perdu un technicien qui a bourlingué chez les cadors du championnat (Lyon, Rennes, Lille et désormais Marseille), pour un coach inexpérimenté dans un rôle de numéro un, Davide Ancelotti. Avec un cours passage sur le banc de Botafogo, l’Italien s’appuie essentiellement sur un gros bagage comme adjoint derrière son paternel, au Bayern, au Napoli, à Everton, au Brésil et surtout au Real, où il a tout ramassé. Ce joli mix, son vécu et son détachement de l’historique récent du club pourraient lui permettre au LOSC de sortir de son carcan, mais il faut peut-être d’abord sortir le chéquier. Ça tombe bien, Bouaddi lui a rajouté quelques feuillets et il reste une petite semaine de mercato.
Pronostic Lille PSG : analyse, cotes et prono Ligue 1Par Julien Faure




















































