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Allemagne - Argentine

1 - 0

Finale de la Coupe du Monde

À l'ombre des héros

par Thibaud Leplat

La Coupe du monde 2014, c'était hier. Il est temps de plonger dans notre mémoire et d'organiser toutes ces images pour ne pas trop en oublier. Les souvenirs de la finale de la Coupe du monde 2014 reposent sur les étagères les plus précieuses de notre mémoire, celles de notre enfance.
Derri�re : Neuer, Hummels, Kroos, Klose, Boateng. Devant : Kramer, Lahm, H�wedes, Muller, Schweinsteiger, �zil

C'était hier

Ce Mondial vient d'entrer dans le coffre de nos vieux souvenirs d'enfants. Quelques heures étaient passées, mais il semblait déjà que ce fût un siècle qui nous séparait du bon temps. C'était hier, et c'était déjà il y a des années. Quatre ans, c'est interminable quand on est encore un enfant. Noël est toujours dans trop longtemps et les grandes vacances de fin d'année sont toujours trop courtes. Patienter de septembre à juin nous était impensable, tellement la durée qui nous séparait de la fin de l'année semblait infinie. Il allait se passer tellement de choses désagréables avant qu'on soit tranquille : le premier, le deuxième, le troisième trimestre, les moyennes, les féloches, les avertos. Il y aurait tellement de devoirs à rendre qu'on était même prêts à renoncer aux grandes vacances pourvu qu'on évitât ainsi les problèmes de maths et les dictées. Quand on est enfant, le temps ressemble à un océan infranchissable rempli d'interros surprises et de contrôles de maths. On n'en finit jamais de toutes ces leçons à apprendre, de toutes ces épreuves qu'on nous inflige. Alors imaginez un peu, quand, après quatre ans d'épreuves, juste au début des vacances d'été, arrivait un Mondial... L'évènement prenait tout à coup une importance mythologique.
Gotze trompe Romero sous les yeux de Demichelis

« Montre au monde entier
que tu es meilleur que Messi.
Montre que tu peux décider
du résultat d'un match. »


Joachim Löw à Mario Götze avant son entrée en jeu

Elle s'appelait Sophie, Delphine ou Déborah

On se souvient de son premier Mondial comme de sa première amoureuse. On se souvient très clairement que c'est elle qui nous avait emmené derrière ce platane et que c'est elle aussi qui nous avait pris la tête à deux mains et nous avait embrassé la première. Au début, on avait trouvé cela un peu dégueu mais, après quelques secondes passées à tourner la tête comme dans les films, on avait fini par succomber à sa maîtrise de l'art de la galoche. Elle s'appelait Sophie, ou Delphine ou Déborah. On ne se souvient plus vraiment de son prénom. Mais il y a une chose dont se rappelle très bien. Il faisait très chaud et c'était la Coupe du monde en Italie. Oui voilà, c'était en 1990, la France n'était pas qualifiée, mais à vrai dire, on s'en fichait un peu, on ne savait pas ce que voulait dire la France en Coupe du monde. On n'avait pas encore été champion du monde. Cette année-là, nos héros s'appelaient Gary Lineker, Chris Waddle, Carlos Valderrama, Roger Milla, Toto Schillaci et Diego Armando Maradona. On ne savait pas où était la Colombie ou le Costa Rica, on n'avait jamais entendu parler de Maracanazo, du match de la honte ou de France-RFA 82, mais on savait que la finale se jouerait à Rome et on avait absolument tout regardé pour être sûr de ne jamais rien oublier. Même la prolongation, alors que c'était l'heure d'aller dormir. Même la finale Allemagne-Argentine, alors qu'on n'était même pas pour eux. C'était le match d'il y a 24 ans. Et c'était aussi celui d'hier.
Toto Schillaci contre Peter Shilton lors de la coupe du monde 90

Avoir 10 ans pendant un Mondial

De quoi se souviendront les petits qui ont regardé le Mondial pour la première fois cette année ? Il y en avait plein les tribunes de Belo Horizonte pour Brésil-Allemagne en demi-finale. Ils pleuraient comme si leurs parents les avaient abandonnés au milieu d'un centre commercial, comme si Neymar avait été capturé par d'étranges monstres venus du ciel et qui l'avaient emporté très loin d'ici. Quand on a 10 ans, on sait ce que c'est que d'avoir le cœur brisé. Plus tard, on prendrait un air attendri en riant de tous ces motifs futiles qui, comme eux, nous avaient fait pleurer à l'époque. Mais à l'instant de l'enfance, toutes ces éliminations et tous ces drames sportifs semblent insurmontables. Quand on a 10 ans, notre imagination n'est pas assez vaste encore pour se figurer que, quatre ans plus tard, la même compétition se reproduirait et qu'il serait alors temps de prendre sa revanche. Il n'y a que les grands qui se consolent en parlant de patience. Ils s'imaginent que quatre années à attendre, ce n'est pas si grave. Mais quand on a 10 ans et que son équipe vient de perdre 7-1 devant ses yeux, tout est beaucoup trop grave. Une peine d'enfant est toujours inconsolable.
Un jeune br�silien en larmes lors de la d�faite 7-1 de la Sele��o

Du côté de chez Kroos

Notre imagination est « comme un orgue de barbarie détraqué qui joue toujours autre chose que l'air indiqué » (M. Proust, Du Côté de Guermantes). Pour profiter de la beauté de cette mélodie déglinguée, il faut apprendre à s'éloigner de tous ces résumés et toutes ces images qu'on impose à notre mémoire. On ne résume pas son enfance en un clip de 2'30. Pour se souvenir correctement, il faut se laisser aller à la rêverie. Apprendre à flâner dans le monde des sensations passés. Dans 4 ans, dans 8 ans, dans 12 ans, aucun résumé n'en parlera, mais on n'aura certainement pas oublié la façon religieuse dont Toni Kroos, le joueur allemand au visage de premier communiant, posait son ballon sur la pelouse. Il le laissait sur le tapis vert au pied d'un poteau de corner comme il l'eût fait d'une offrande au pied d'une Sainte Vierge imaginaire. Il est impossible d'oublier cette façon d'entamer cette course d'élan ; quelques petits pas rituels pour entonner le rythme qu'il faut, les yeux fixés sur le cuir et le tronc quasi immobile, il amorçait trois pas et frappait la balle comme on eut donné une tape dans le dos à un copain un peu timide dans une cour de récré. Sans lui, on n'aurait pas osé abandonner la partie de foot sur le bitume pour se retrouver seul avec une fille qui se serait sans doute appelée Sophie, Delphine ou Déborah. On n'aurait pas voulu être démasqué.
Kroos se balade au milieu de Perez, Biglia et Mascherano.

L'art de l'hypoténuse

L'élégance de Toni Kroos est un souvenir délicat qu'il faudra soigner comme on soigne encore les récits de nos meilleurs chahuts en cours de maths. La courbe du ballon frappé par le joueur allemand ressemblait à ces longues leçons de géométrie où, avec nos équerres, nos rapporteurs et nos compas, nous découvrions les sonorités étranges de la terminologie scolaire : théorème de Pythagore, géométrie euclidienne, quadrilatère et triangle isocèle. « Dans un triangle rectangle, le côté opposé à l'angle droit est l'hypoténuse. » On l'avait souligné en rouge pour ne pas oublier d'apprendre cette phrase de retour à la maison. Toni Kroos était ce camarade sage et appliqué qui savait dessiner des angles droits sans règle ni équerre. Sur ce corner à la 46e minute, le ballon était suffisamment bien brossé pour tomber juste devant la cage de Romero tout en se maintenant, grâce à cet effet indéchiffrable, à une distance inaccessible aux mains du gardien. Il n'y avait qu'à entrer dans la balle pour provoquer l'intersection de la trajectoire du ballon avec la ligne de but. Tandis que Toni Kroos venait de ressusciter le charme perdu de l'hypoténuse, nous découvrions à nouveau la beauté nostalgique des triangles rectangles de notre enfance. À la 47e minute, Höwedes frappait le montant gauche de Chiquito Romero. Sur un coup de crayon, l'Allemagne aurait pu être championne du monde, comme en 1990.
Higuain pense en planter un � Neuer, alors que Lahm veut poser une question.

Le monde selon Higuaín

Mais nous qui avions l'expérience des finales de Coupe du monde - on en avant vu déjà six ou sept -, on savait très bien qu'on ne marquait pas un but dans un tel match en toute impunité. Aussi facile que la conclusion d'une action eût pu sembler, un face-à-face inattendu avec un gardien lors d'une finale est une épreuve initiatique dont seul le héros exemplaire sortira sauf. C'est peut-être ce qui est arrivé à Higuaín à la dixième minute quand, surpris par une passe en retrait manquée, il se trouva seul devant Neuer. La passe involontaire avait suivi une courbe parfaitement hyperbolique au-dessus de Hummels et tomba exactement dans les pieds de l'Argentin. À la finesse du trait, on reconnut immédiatement que Kroos en était encore le dessinateur. Même quand elles se trompaient de sens, ses lignes étaient fines et harmonieuses. Dans n'importe quel autre match, Higuaín aurait contrôlé, attendu que le gardien sortît du but et marqué avec classe et sang-froid. Dans n'importe quel match, mais pas dans celui-là.

La malédiction bretonne

Hier soir, juste au moment de frapper, il avait vu sa vie défiler devant ses yeux. Un but en finale de Coupe du monde est quelque chose d'inégalable et dont il faut se montrer digne tout le reste de sa vie. Il faut avoir suffisamment de vanité pour s'imaginer être à la hauteur d'une telle destinée. La peur de marquer, c'est la peur de ne plus jamais être à la hauteur du souvenir que les autres auront de vous. C'est toujours rappeler à la moindre de vos hésitations que si vous aviez marqué ce fameux but en finale de Coupe du monde, c'était la chance qui en était l'auteur, pas votre talent. Ce que les autres pensent être une bénédiction est en réalité un fantôme avec lequel il allait falloir composer jusqu'à la fin de votre existence de buteur maudit. Stéphane Guivarc'h, breton de naissance comme Higuaín, vivait tranquille depuis ses deux échecs en finale de 98. Il avait su avant les autres que le seul capable de se montrer plus tard à la hauteur de deux buts marqués en finale de Coupe du monde, c'était Zizou, pas lui.
Joachim L�w ne met pas toujours ses doigts dans son nez

« C'est l'aboutissement d'un projet,
entamé il y a 10 ans avec Klinsmann.
On est la première équipe européenne à gagner
en Amérique du Sud. Ça nous rend très fiers »


Joachim Löw

Marquer les esprits

Voilà pourquoi Palacio manqua à son tour son face-à-face. La mémoire collective n'aurait jamais accepté qu'il fût l'auteur du but qui donnât le trophée au vainqueur. Pour avoir le droit d'entrer dans les mémoires, il faut la vanité des génies. Il faut être Burrachaga, Brehme, Zidane, Ronaldo, Iniesta ou Götze pour ne pas sentir sa colonne vertébrale vibrer au moment de se présenter seul devant le but. « Quand Cesc Fàbregas me passe le ballon, je sais exactement ce que je vais faire et je sais que je vais marquer » , Iniesta le savait en 2010 comme Brehme en 90, Zidane en 98, Ronaldo en 2002, Iniesta en 2010, Götze en 2014. Schürrle s'enfonça sur le côté gauche, centra au premier poteau et, plutôt que de se précipiter comme l'auraient fait tous les autres mortels, il leva la tête, bomba le torse et contrôla de la poitrine. C'est à ce moment précis qu'il sut exactement ce qui allait arriver ensuite. Il marqua d'une reprise du gauche et au moment de célébrer son but, n'eut même pas l'air surpris. Il venait d'inscrire un but qu'on n'oublierait jamais et était fier de lui. C'est dire comme il méritait d'être immortel.
G�tze se marre, Rom�ro, le cul par terre, reste incr�dule.

« Ça n'a pas été une année facile pour moi,
ni un Mondial facile.
Je crois qu'on mérite
cette Coupe du monde »


Mario Götze

La victoire de l'expérience

Quand le ballon franchit la ligne à la 112e minute, notre expérience nous dit que le match était fini. Il fallait être un gosse pour croire qu'il y aurait le temps de remonter le score, puis de jouer une séance de tirs au but. Si les gamins étaient prêts à jouer une finale aux penalties, c'est parce qu'ils n'avaient pas connu 1994 et 2006. Mais nous, nous avions grandi et nous avions vu Baggio et Trezeguet. Nous savions qu'il valait mieux en rester là. L'Argentine avait quelques regrets, mais l'Allemagne semblait avoir mérité sa victoire. Oui, quand on est grand, on se met à calculer et à évaluer le degré de justice d'une victoire sur une autre. Quand on est grand, on se dit que l'Allemagne est bon vainqueur parce qu'elle avait proposé du jeu, su s'adapter, souffrir et patienter. La victoire de l'Argentine eût été belle, mais peut-être la tristesse allemande nous aurait semblé trop inconsolable après autant de finales et demi-finales perdues depuis 1996. Hier soir, nous étions heureux de ne pas être un petit Argentin de 10 ans qui, à force d'en entendre sur 86 et 90, avait fini par regretter de ne pas être plus vieux.
Sabella demande a Messi de marquer un but

« Ces joueurs ont tout donné pour
leurs coéquipiers, pour l'Argentine.
Ils ont tout laissé. Tout.
Jusqu'à la dernière goutte de sueur »


Alejandro Sabella, sélectionneur argentin

La résurrection de l'enfance

Aujourd'hui, le Mondial est terminé. Nous avons refermé la chambre forte du musée imaginaire qui maintient les plus belles images de note vie à l'abri des intempéries et des résumés intempestifs. Elle sont disposées ici, juste à côté de nos premières amours, de nos premières fois et de nos souvenirs de vacances. Dans quatre ans, nous ouvrirons à nouveau la porte pour constater comme le temps aura fait son travail et se sera chargé d'effacer les strates qui ne méritaient pas d'être conservées plus longtemps. Nous nous promènerons à nouveau dans notre mémoire et, à l'ombre des héros de notre enfance, nous nous laisserons aller à la nostalgie. C'était l'Italie en 90, les États-Unis en 94, le Japon en 2002, l'Allemagne en 2006, l'Afrique du Sud en 2010 et le Brésil en 2014. Le Mondial, c'était notre enfance qu'on ressuscitait tous les quatre ans. Le Mondial, c'était hier.

Par Thibaud Leplat
Kramer semble r�veill�. Soulagement.

Vu de Copacabana

Des Argentins et du sable


L'heure tourne, tout le monde essaie de trouver sa place pour ne rien rater de la finale sur la plage de Copacabana où 100 000 Argentins montent en puissance. Qu'ils soient supporters de Boca, River, Rosario ou des Newell's Old Boys, les supporters de l'Albiceleste partagent tous le même remède pour se donner force et courage : un mélange noirâtre de Fernet-Branca et de soda versé dans une bouteille de Coca Cola coupée en deux, repliée sur le dessus pour éviter de se couper.

Le match va débuter, l'aboutissement d'un périple de plus de 14 000 km pour certains. La crispation laisse parfois place à quelques moments de détente. Sur le terrain, l'Albiceleste se procure les plus grosses occasions. Sur la plage, c'est le délire : un pogo géant fait pleuvoir de la bière. Certains ont le T-shirt déchiré, d'autres la tête dans le sable. L'ascenseur émotionnel provoqué par le gros plan sur le drapeau levé de l'arbitre assistant calmera tout ce petit monde jusqu'à la mi-temps. Pause pipi. Les Argentins, forgés par un mois de compétition sauvage et des litres de Fernet-Branca ingurgités, ont la parade : se mettre à genou, creuser un trou dans le sable et honorer Copacabana en regardant les étoiles.

La seconde période se déroule comme la première. Quelques timides chants allemands sont étouffés par la furie argentine. À chaque fois qu'un joueur de la Mannschaft se distingue, des « concha de tu madre » et « hijo de puta » fusent. Mais à la 113e minute de jeu, Mario Götze venge toutes les mères d'Allemagne et rappelle en un enchaînement délicieux que Dieu n'existe peut-être pas. Sur la plage de Copacabana, c'est le silence. Tout s'effondre.

Une vingtaine de mètres derrière, une bagarre éclate, provoquant un mouvement de foule. Les témoins de la scène essaient de sauver ce qui peut l'être (glacières, tongs, sacs à dos) avant de fuir vers la route et éviter ainsi d'être piétinés dans le sable. Le ballet de chaises volantes occupe l'attention, occultant le coup franc de la dernière chance complètement raté par Léo Messi. L'atmosphère est électrique, quelques bagarres entre Brésiliens vêtus du maillot de la Mannschaft et Argentins déçus sont rapidement désamorcées par la police d'intervention brésilienne dont la présence évite tout débordement. Alors que des Allemands fêtent leur sacre mondial en se posant calmement dans les restaurants alentours, des centaines de supporters de l'Albiceleste continuent de chanter et d'agiter des drapeaux sur la plage, laissant une question en suspens : et si l'Argentine avait gagné ?

Par Michaël Simsolo
Lionel Messi, vainqueur de l'Adidas Golden Ball de cette coupe du monde.

« C'est très douloureux de perdre de cette manière
parce que nous étions proches des penaltys.
Nous méritions une autre finale. »


Lionel Messi

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Rédaction

Thibaud Leplat et Michaël Simsolo


Édition

Pierre Maturana, Alexandre Pedro et Gilles François


Design et coordination technique

Gilles François


Secrétariat de rédaction

Julie Canterranne


Crédits photo


Réactions (18)

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par Eljuegobonitodelardeche il y a 2 ans
Putain, c'était beau !
par Kahaine il y a 2 ans
Le mondial c'etait hier...Et ca fait déjà trop longtemps.

Merci pour cet article.
par PlayMaker21 il y a 2 ans
1982 : Coupe du Monde en Espagne.
Je n'ai pas 10 ans. J'en ai 11. Et demi.
Et c'est ma première Coupe du Monde.

J'ai le souvenir d'avoir vu presque tous les matchs. Et je les regardais avec mon père.
Parmi la communauté SoFoot, suis-je peut-être un des seuls, et au vu de mon age
aujourd'hui, à avoir vécu l'Histoire : le match de Séville et le Brésil (le meilleur l'histoire ?) de Téle Santana.
D'autres matchs également, mais moins marquants.

Ensuite Mexique '86. Malheureusement, mon papa n'est plus.
Je vis intensément cette compétition, mais il manque quelqu'un à côté de moi.

Et depuis, à toutes les Coupes du Monde, j'ai décidé d'avoir 11 ans. Et demi.

Cher SoFooteurs, je ne sais pas quel age vous avez aujourd'hui, mais je voudrais que dans 4 ans
vous ayez toujours le même.
par PlugInMamy il y a 2 ans
Merci Sofoot !
par DIY il y a 2 ans
Donc en fait maintenant on va sucer l'Allemagne bien comme il faut, c'est ça le bilan de cette CDM ? En mode jugement de valeur genre "celle qui a proposé le plus de jeu" ? Un peu de mesure et de mise en perspective c'est pas possible ? Et défendre parfaitement toute la compétition comme l'a fait l'Argentine pour atteindre la finale et y faire jeu égal avec l'Allemagne ça fait pas partie du jeu, c'est ça ?

Pas étonnant qu'on n'ait que des attaquants ballon d'or avec des raisonnements à la con comme ça. Pas étonnant non plus que tout le monde retourne toujours sa veste tous les 2 matchs avec aussi peu de mesure.
par lindo il y a 2 ans
A DIY va chier dans le parc en bas de chez toi, tu ne vas nous dire que la Grèce aurait fait un beau vainqueur. la seule équipe à avoir attaquer (au risque de s'exposer à des contres assassins), à avoir un état d'esprit positif et joueur, c'est l'Allemagne. Quels sont les plus beaux matches de ce Mondial (en termes d'intensité dramatique, de jeu développé, de buts marqués...) : Allemagne / Brésil, Allemagne/Portugal, Allemagne /Algérie, Pays-Bas / Espagne, Italie / Angleterre. l'Allemagne est présente trois fois.
par Paulgeorge il y a 2 ans
Franchement bel article... Danke schon!
par Jukebox il y a 2 ans
Un article absolument magnifique. Merci énormément.
Mon premier mondial — du moins celui dont je m'en rappelle — date de 2002. Je n'avais que trois ans lors en 98. Merde. Je me souviens ne pas avoir trop saisi l'importance du match France-Sénégal. Je me souviens d'un Belgique-Brésil. Je me souviens d'un Corée du Sud-Allemagne. Et cette finale avec cette Seleçao de rêve.
Puis 2006. Onze ans. Devant un écran géant, j'étais bien plus abasourdi par le coup de tête de Zidane que par la défaite. Ce joueur est magique. France-Brésil 2006 ou France-UK 2004, ses deux plus beaux matchs avec l'edf dans les années 2000 selon moi. Panenka en finale, putain. Je me rappelle avoir rigolé en disant "Roh, le con !".
2010. Je me suis un peu fait chier et j'avais honte pour la France.
2014. J'ai vibré. J'ai toujours aimé l'Allemagne mais son 8e m'a déçu et elle m'a bien fait chier en quarts. Mais elle méritait son mondial. Et le but de Götze, qu'il est beau !

Bon, bah 2018. Enfin 2016 d'abord pour l'Euro. Deux ans à attendre pour la prochaine compétition internationale. Je vais hiberner, moi.
par leopold-saroyan il y a 2 ans
@ PlayMaker21

Rassure-toi on est 2 ! J'avais 12 ans en 1982 et des souvenirs indélébiles, sans doute les mêmes que ceux qui ont eu la chance de suivre ce mondial. L'équipe du Brésil, sans doute la plus belle avec une flopée de buts venus d'ailleurs et une joie de vivre communicative.

Je ne sais pas pour toi mais des buts fantastiques comme celui d'Eder contre l'urss, t'étais scotché, t'avais jamais vu ça..

L'ascenseur émotionnel démentiel du match de Seville, ses sensations indicibles et le fracas de la désillusion.

C'est tellement loin et pourtant ces souvenirs sont toujours encapsulés quelque part ne demandant qu'à jaillir..
par berson il y a 2 ans
Magnifique article. Merci.
par Karine Benzemolle il y a 2 ans
Playmaker, Saroyan, p'tin, vous êtes vieux les gars !! 1982 c'était y'a 100 ans !!
par leopold-saroyan il y a 2 ans
Ben ouais tu vois ya pas d'âge pour savourer SoFoot !
Si je te disais que mon premier panini date du Mondial 78...ah ah
Par contre aucun souvenir des matches, mais plutôt des à-côté : merchandising etc..

J'avais une BD sortie au moment du mondial dont le sujet était l'aventure des bleus en argentine. Il s'agissait d'une histoire policière ou l'équipe de France était menacée par des inconnus qui par exemple leur tirait dessus aux entraînements etc..c'est assez cocasse lorsqu'on se souvient des mésaventures d'Hidalgo juste avant ce mondial.
par Pacoloco il y a 2 ans
Classe.
Le Mundial de foot c'est effectivement la madeleine. Tous les matchs que tu vois te rappellent des souvenirs d'antan.
Dimanche je revoyais feu ma grand-mère nettoyer la toile cirée de la cuisine pendant que Brehme tirait son penalty.
Merci les gars, bel article.
par M.Manatane il y a 2 ans
Je ne vais pas faire dans l'original, mais c'est un article fabuleux, que j'ai lu avec mes yeux de ptit gars qui se levait à 3H du matin pour regarder la Colombie au mondial 94.

La coupe du monde devrait être sponsorisée par De Lorean.
par ferenk29 il y a 2 ans
Merci Mr Leplat, ainsi que vos collègues qui ont contribué à cette page. Elle est magnifique, et la sortir dans des délais aussi courts est un beau travail. J'espère qu'elle trouvera sa place dans un onglet à la droite du site, histoire de pouvoir y retourner rapidement, et que d'autres projets de ce genre seront élaborés dans le futur sur Sofoot. Merci aussi à vous pour vos textes savoureux, intimistes et passionnés durant cette coupe du monde. Un regard décalé, mais respectueux du jeu et des joueurs, érudit, mais avec style, voilà ce que je viens chercher sur Sofoot.

Mon premier souvenir de coupe du monde, c'était 98, j'avais 8 ans, et j'habitais à 10 000km de la métropole. Je n'ai pas vu beaucoup de matches, j'ai des bribes d'Espagne-Nigeria, France-Paraguay ou France-Italie. Ce n'était pas les vacances, l'école finissait fin juillet. Mais le plus important, c'était quand, après les cours, on refaisait les matches avec un voisin de mon âge. Lui c'était Suker, Henry ou Bergkamp, moi Ronaldo, Batistuta ou Owen. Et sur le gravier devant la maison, on réinventait les parcours de chaque équipe à l'infini. Jusqu'au jour où mon collègue de jeu, en voulant célébrer un but victorieux, alors qu'il était Suker, a glissé et s'est fracturé le poignet. Les risques du métier. Et à l'école, quand il racontait comment il s'était fait ça, il disait toujours qu'il l'avait fait en étant Suker. Peut-être qu'en étant Zidane ou Bebeto, ça ne serait pas arrivé...

Dimanche soir, il y avait un écran géant dans ma ville pour la finale. Cette ville où l'on a applaudit un peu plus fort que les autres joueurs Gonzalo Higuain, le régional de l'étape. A ma gauche, il y avait un tocard supporter de l'Allemagne. Je le soupçonne d'ailleurs de ne pas être vraiment pour l'Allemagne, mais plutôt contre l'Argentine, voire contre un seul homme. Bref, un tocard ayant toujours cette habitude de crier plus fort que tout le monde, on entendait à chaque accélération de Messi (oui, il y en a eu) des "Mais cassez-le, mais tuez-le". Il a sauté sur le but de l'Allemagne, il est parti au coup de sifflet final. A ma droite, juste à côté, il y avait un petit garçon, 5 ou 6 ans, au visage peinturluré en bleu ciel et blanc. Il était assis sur le ballon et regardait le match la tête posé sur ses mains. A chaque occasion argentine, il se retournait ensuite pour demander à ses parents si c'était Messi qui avait raté. Et quand l'ennui pointait le bout de son nez, je l'entendais répéter tout bas les noms des joueurs prononcés par les commentateurs. Peut-être qu'il aurait préféré jouer avec son ballon, plutôt que de regarder des grands le faire. Peut-être que le lendemain, il se rappelait de certains noms, ou seulement de Messi, et que dans son jardin ou sa rue, il rejouait les actions manqués par l'Argentine et qu'il se rêvait champion du monde. A cet âge-là, on a le droit de faire ça aussi, changer le nom du vainqueur, et réécrire l'histoire. Il grandira, et son regard changera, mais faites surtout que ce petit garçon ne crie jamais à propos d'un joueur "mais cassez-le, mais tuez-le"...
par PlayMaker21 il y a 2 ans
@ Karine Benzemolle

1982, ce n'était pas il y a 100 ans.
1982, c'était hier.
par el-gato il y a 2 ans
Premier souvenir de coupe du monde, france 98! Je viens d'avoir 9 ans. Pour france italie je rate les tirs au but car je devais partir à une compet' de gym! Dégouté... J'étais djorkaeff, quand je prenais ma douche je faisais un scénario de match et je le commentais. Mes parents entendaient "buuuuuuuut! Ooooh c'est beauuuuu!", ils se foutaient bien de moi, je m'en foutais, j'avais fait une finale de coupe du monde (mouillé)!
par feverpitch il y a 2 ans
à tous les gamins
ben quoi moi je me souviens meme de la finale de 74, j'avais 8 ans et Cruyff était l'idole (le Messi Ronaldo d'aujourd'hui)
et ben je me suis bien régalé pour celle là même si ca fait vraiment chier d'avoir encore perdu contre les casques à pointes, surtout en ayant autant d'occasions qu'eux sur le match (28 ans qu'on attendait la revanche de la revanche)
La FIFA pue mais la coupe du monde ca reste unique!!

M. Rizzoli est bien content que �a se termine enfin