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Rétro - Il y a 20 ans, Le dernier match chez les Bleus du duo Papin-Cantona

La fin d'un duo en bleu

C'est au moment où l'équipe de France disposait sans doute du duo d'attaque le plus talentueux de son histoire qu'elle a sombré, pour finalement réussir à décoller… sans eux. Le King Éric Cantona et le Ballon d'or Jean-Pierre Papin auront raté le train de la consécration internationale, sous le maillot bleu, alors que les très grands attaquants se font plutôt rares dans le vivier hexagonal. Duo sur le terrain, dans le cœur du grand public, des grands publicitaires aussi, JPP et Canto ont été réduits au simple rôle de tampon entre deux générations références : celle de Platini et celle de Zidane, la plus titrée du football français. Et c'est lors d'une soirée plutôt nulle et froide de janvier 1995, au sein de l'anonyme stade d'Utrecht, que « P.A.P.1 » et « Picasso » ont livré leur dernier round ensemble, en équipe de France. C'était il y a 20 ans. Retour sur l'épopée de cette doublette qui a marqué les nineties, à coups de buts ou de bic, mais sans un titre.
En équipe de France, Canto est à la coule, alors que Papin est déjà sous pression
Il fait frisquet sur Utrecht. Un petit 5 degrés de saison. Pas encore très froid, mais la température baisse encore et encore. Avec leur maillot manches longues, Jean-Pierre Papin et Éric Cantona pensent probablement n'être qu'à l'automne de leur carrière internationale. Mais non, c'est déjà l'hiver. Pour eux plus que pour les autres. Car ce froid qui leur glace inexorablement les os, c'est moins l'effet du climat que leur mort en bleu qui pointe le bout de sa faux. D'ailleurs quelques mois plus tard, Aimé Jacquet, invité à répondre sur l'hypothèse d'un retour des deux attaquants, dira, comme une oraison funèbre : « Malheureusement, ils nous ont quittés. » Brrr… En cette soirée du 18 janvier 1995, Canto et JPP ne devinent pas non plus l'ironie de cette soirée batave qui les voit porter pour la dernière fois le maillot national, eux les losers magnifiques de la sélection, pile-poil chez les maîtres absolus du genre. Cruel, jusqu'au bout. En même temps, comment pourraient-ils imaginer la fin qui rôde ? Papin est revenu de sa retraite internationale prise au lendemain de la catastrophe bulgare un peu plus d'un an auparavant. Désormais au Bayern Munich, il veut croire en sa bonne étoile. En son absence, personne n'a vraiment pris sa place à la pointe de l'attaque tricolore, et il le sait, le bougre. « Il y a de bons joueurs, mais je pense qu'ils manquent encore d'expérience au plus haut niveau » , confie-t-il carrément en août 1994.

« Un Papin qui ne prend pas de risque, ça devient Fabrice Divert »


Bernard Tapie
JPP fait le malin, mais, au vrai, cet excès d'assurance tend à masquer un doute profond. Car pour la première fois de sa carrière, le natif de Boulogne-sur-Mer patine sévère. Son arrivée en Allemagne est un désastre : aucun but jusqu'à mi-novembre, un crêpage de chignon avec Matthäus, une remise en place par Hoeness. Et puis il y a ce genou gauche qui le fait souffrir, malgré l'opération subie en septembre. Résultat, Papin est élu flop numéro un par le quotidien Bild. Lui, la star venue de Milan. « On veut me salir, me juger, alors que je n'ai pas encore disputé un match avec le Bayern à 100% de mes capacités. Je vais me soigner et revenir très fort. Ce n'est pas la presse à scandales qui va faire douter Jean-Pierre Papin. » Ouais, utilisation de la troisième personne, signe qu'il ne sait plus qui il est. Bernard Tapie vient même à la rescousse de son ancien chouchou. « Ils n'ont rien compris à ce qu'il est, ce pauvre Papin. C'est un affectif qui a tiré l'essentiel de ses qualités de deux choses : la spontanéité — gestuelle — et l'enthousiasme. Si on lui laisse ces deux choses-là, indissociables du bonheur, du plaisir, de la confiance, vous retrouvez Papin meilleur buteur de la Bundesliga dans un mois. Si on lui retire ce bonheur, vous lui retirez la prise de risque. Et un Papin qui ne prend pas de risque, ça devient Fabrice Divert. »
Contre l'Angleterre à l'Euro 92. Luis a déjà 54 ans.

Canto devient le boss sous Jacquet


N'empêche, l'ancienne idole de l'OM veut croire qu'il n'est pas encore un has been. Et comme une bouée pour un naufragé, il s'accroche à cette conviction que son pote Canto et lui sont encore les fuoriclasse de cette équipe de France. Les jeunes Nantais ? Soyons sérieux… Mais ce que Papin ignore, c'est que son ennemi n'est ni Ouédec ni Loko, pourtant unique buteur à Utrecht sur une passe signée Pedros. Non, l'affaire se joue ailleurs. Aimé Jacquet est habité par une obsession qui n'est pas comment marquer des buts, mais comment ne pas en prendre. Son chantier prioritaire, par-dessus tout : trouver une charnière et bâtir un milieu à tout ratisser. Pour tout dire, Cantona non plus n'a rien compris au film. Pas encore. Ce soir-là, face aux Oranje, dans une sorte de 4-2-3-1, Canto joue meneur derrière Papin. Depuis l'arrivée de Jacquet, l'enfant des Caillols a pris le brassard et surtout le pouvoir quasi monarchique. Car Jacquet, pour contrebalancer l'identité archi-défensive de son onze, cherche un créateur pour mettre du liant dans l'animation. Et Mémé espère encore que la technique et l'aura de Canto en font le candidat naturel à la mène. Gonflé d'orgueil par ce blanc-seing et par son statut de star absolue à Manchester United, le « King » se comporte en véritable diva. Vas-y que j'insulte les journalistes lors des points-presse, et vas-y que j'envoie chier Claude Simonet, patron de FFF, et vas-y que je n'en fiche pas une rame sur le terrain. Même la consultation Minitel - ben ouais, 1995 - qui dit que les trois quarts des supporters ne veulent plus de lui comme capitaine et une bonne moitié se tâte pour seulement le garder en sélection, lui en touche une sans faire bouger l'autre.
Delon ou Belmondo ? Un choix difficile pour Papin

Et Mémé tombe amoureux d'un Zizou


Tout le monde flippe du vrai boss du football français. Qui ne craint pas non plus la concurrence du pauvre Corentin Martins, lequel s'est armé d'un certain courage pour dire : « Je veux jouer numéro dix. C'est Éric ou moi. » Canto se marre. Sauf que, comme Papin, lui non plus n'a pas identifié l'ennemi. Dans l'ombre grandit un autre Marseillais de naissance, Zinedine Zidane of course. Jacquet sait qu'il tient un prodige, mais évite de trop l'exposer. Une entrée en jeu fracassante face à la République tchèque en août (2-2 et un doublé de ZZ à 0-2) et quelques minutes discrètes face à la Roumanie en octobre. Cantona ne se méfie pas. Jacquet, lui, sait. D'ailleurs, quelques mois plus tard, en avril, quand les Bleus tôlent la Slovaquie (4-0) avec ZZ à la baguette, Jacquet lâche à quelques témoins : « Vous ne vous rendez pas compte, mais, dans pas longtemps, il sera le meilleur joueur du monde. C'est un génie. » Le mot est lâché et il ne peut que faire très mal à Canto qui pense être, lui, le génie du football français. N'empêche, on se demande : comment diable le meilleur avant-centre français de son époque, Ballon d'or en 1991, et celui qui a été élu « joueur du siècle » à Manchester United peuvent-ils à ce point avoir escorté l'équipe de France dans une des pires périodes de son histoire ?
Canto, un mec qui réfléchit trop

Henri Michel fait sans Platini...


Mais admettons-le, le terrain était sans doute miné d'avance. Car c'est une manière de cycle immuable en équipe de France : après le départ de l'homme providentiel, les Bleus semblent chaque fois condamnés à une traversée du désert en attendant le Messie. Vingt ans au pain sec et à l'eau entre la génération Kopa et la bande à Platini, et une longue décennie à chialer entre Platoche et Zizou. Précisément la période qu'étaient censés ambiancer Papin et Cantona. Bien sûr, JPP a pu s'incruster au Mondial mexicain, mais son échec à s'intégrer à ces Bleus-là est autant sa propre inexpérience du moment que la différence de langage entre le carré magique, tout en football de possession, et le buteur ultra spontané venu de Bruges qui n'a que faire des longues préparations. En cela, l'après-Platini augure des lendemains qui chantent pour l'ami Papin. Car c'est couru, tous les dix de passage vont se faire croquer par la fonction et la comparaison avec le maître, et fatalement l'équipe de France va devoir se tourner vers un autre football, moins léché, plus direct. Pas con, Henri Michel est en quête de cette attaque susceptible de compenser le milieu déserté par son triple Ballon d'or. Le 12 août 1987, lors d'un déplacement en RFA, Michel teste donc pour la première fois l'association Cantona-Papin en attaque pour la première cape de l'Auxerrois, avec José Touré (à droite) et Gérald Passi (à gauche) pour les alimenter.

… sans Papin...


Mais l'expérience tourne court. Dans ce choc (la revanche des deux dernières demi-finales de Coupe du monde, mine de rien), Rudi Völler, avec un petit doublé des familles dans les dix premières minutes, rappelle pourquoi les Germains fessent les Gaulois sur commande à l'époque. Et les tentatives de « papinades » comme les « biscouettes » de Canto font office de gentilles blagues pour les hommes drivés par Franz Beckenbauer en personne. Le petit but du prodige de l'AJA ne change rien à l'affaire : Henri Michel n'est pas convaincu par sa doublette. L'ancien capitaine de Nantes varie les plaisirs, cherche d'autres options, en associant Canto à Fargeon ou à Bellone, pendant que Papin, lui, n'entre plus que comme remplaçant, et jamais aux côtés du bouillant Bourguignon : « À Marseille, je suis reconnu à ma juste valeur, dans le reste de la France, non. Les gens ont pleuré je ne sais pas combien de temps parce qu'ils n'avaient pas d'avant-centre. Maintenant qu'ils en ont un ou deux, ils critiquent. C'est ça qui me chiffonne. À Marseille, on joue avec mes qualités. Pas en équipe de France. De toute façon, je n'y ai disputé que six matchs entiers. Il est frustrant d'y courir une heure pour rien du tout. J'ai l'impression de ne servir à rien... En fait, en équipe de France, on ne joue pas pour que l'avant-centre marque des buts. Il n'y a personne comme Ceulemans à Bruges, pour déborder, attirer le gardien et donner en retrait. Si : Éric ! »

Youtube

… sans Cantona


C'est un fait, les Bleus jouent horriblement mal, tiraillés entre leur héritage stylistique à assumer - les Brésiliens d'Europe - et le manque patent de vrais talents pour le perpétuer. Alors, une dernière fois, Michel tente l'association Papin-Cantona, le 23 mars 1988 face à l'Espagne, juste pour voir. Une victoire (2-1) ok, mais les deux comparses n'y sont pas pour grand-chose. Pour Riton, les choses sont claires désormais : le duo n'a pas le niveau. D'autant qu'à l'OM, où Cantona a été transféré, le tandem n'est pas plus heureux. Suffisant pour qu'Henri Michel ne convoque pas le néo-Marseillais en août 1988 à l'occasion d'un match face à la Tchécoslovaquie. Le fou ! Furax, Canto pond le plus beau chef-d'œuvre de sa courte carrière internationale. « Je ne jouerai plus en équipe de France tant qu'Henri…Michel sera à sa tête. Ne me parlez plus de lui, je ne le connais plus. Ce n'est pas mon genre de vouloir aller dans une équipe où le sélectionneur ne m'aime pas. J'ai une boule là, dans la gorge. J'ai lu que la saison qui commençait était placée sous le signe de l'obligation de se qualifier pour la Coupe du monde. J'en conclus que le sélectionneur n'a pas besoin de moi pour cet objectif. J'ai des principes. Je tiens à les respecter toute ma vie, au risque de déplaire à certains. Je suis bien à Marseille. Je donne tout à mon club. Demandez à mes partenaires ce qu'ils pensent de mon volume de jeu actuel. Henri Michel a commis un faux pas. Un jour, je serai tellement fort qu'il faudra choisir entre lui et moi. Il n'a même pas eu le courage de m'appeler ou de venir me voir, alors qu'il habite tout près de Marseille, pour m'expliquer les raisons qui l'ont conduit à agir de la sorte. Il n'a pas eu cette finesse, cette classe. Je souhaite qu'on s'aperçoive rapidement qu'il est l'un des plus incompétents sélectionneurs mondiaux. Un sélectionneur doit avoir comme qualité première la psychologie et la correction. Il a agi incorrectement avec moi. Mais j'insiste : je me rendrai avec plaisir à Teplice avec les Espoirs. Eux savent au moins m'apprécier. Je tiens à ce que vous sachiez ceci : je ne dis pas que j'avais ma place contre la Tchécoslovaquie à Paris. Je dis tout simplement que j'ai prouvé, moi aussi, qu'on pouvait fonder quelques espoirs sur moi. J'avais besoin de vider mon sac, je l'ai fait. Je viens de lire ce que Mickey Rourke a déclaré à propos des Oscars d'Hollywood : celui qui s'occupe de ça est un sac à merde. Je ne suis pas loin de penser qu'Henri Michel en est un, lui aussi, j'ai ma conscience pour moi. » Mythique.
Henri Michel, look d'expert comptable

« Je souhaite me tromper, pour les joueurs, mais je pense que [Henri] Michel ne restera pas longtemps à son poste... »


Éric Cantona
Mais ce moment de poésie va coûter cher au jeune homme alors âgé de vingt-deux ans. Un an de suspension en Bleu ! Pourquoi une telle sortie à la kalach' ? Cantona a beau être jeune et mal dégrossi, il a déjà une opinion incroyablement haute de lui-même. Et la liste des joueurs offensifs testés tous azimuts en sélection renforce ce complexe de supériorité : Stopyra, Bellone, Buscher, Micciche, Fargeon, Anziani, Paille, Xuereb, Perez, Zénier, Bravo, Garande… Un seul trouve grâce à ses yeux : Papin. Mais, l'histoire l'a un peu vite oublié, Canto avait conclu sa sortie de piste par un augure. « Je souhaite me tromper, pour les joueurs, mais je pense que Michel ne restera pas longtemps à son poste... » Bien vu. Le 22 octobre suivant, après un nul foireux à Chypre (1-1), Henri Michel est débarqué, et Platini est appelé à la rescousse, avec le Variété Club de France à la manœuvre. L'heure de la revanche de Canto vient de sonner.

Platini réintègre Éric Cantona chez les Bleus


Malgré un premier match encourageant en Yougoslavie où la France paume (2-3) après avoir mené 2-1, Platoche est dans la panade, car ensuite, ses Bleus patinent sévère (deux nuls et une défaite). Pire, ses joueurs sont incapables de planter le moindre pion. Il faut absolument trouver quelque chose. Platini a une idée derrière la tête. Le champion d'Europe 84 n'a pas été le plus grand joueur français pour rien. À une époque où le football hexagonal se complaisait dans un romantisme de loser, lui avait dépassé cette limite culturelle, au contact de la Serie A notamment. Devenu sélectionneur, pas question pour lui de renier ce principe de réalité qui a guidé toute sa carrière. À peine sonnée la fin de la pénitence de Cantona, il le convoque pour un simple amical au mois d'août en Suède. Au mépris de l'outrage fait à son prédécesseur. Ce qui fera dire à Just Fontaine, interrogé sur le retour de l'enfant terrible : « La seule petite chose qui me gêne, c'est qu'implicitement, les dirigeants admettent qu'Henri Michel est vraiment comme Cantona l'a qualifié un jour. Oui ça, ça m'embête. » Tant pis pour les états d'âme de Justo. Car Platini a d'autres chats à fouetter. Réintégrer Canto bien sûr, mais aussi aplanir les différends entre Papin et Stéphane Paille auquel l'OM songe pour succéder à son buteur. « Il est plus fort que moi techniquement, c'est un bon joueur, avoue même JPP. Mais s'il venait à Marseille, il faudrait voir s'il serait capable de réaliser ce que j'ai fait. Entre Sochaux et Marseille, il existe une sacrée différence… » Ambiance, ambiance… Platini tente donc de calmer les esprits. Pour la forme hein. « Je ne crois pas aux dogmes dans le football, confie Platoche. J'aimerais avoir le luxe de définir un système de jeu et choisir en fonction de ça. Mais moi, je peux seulement prendre les meilleurs et faire mon animation en fonction d'eux. »
Henri Michel remplacé par Henri Emile et Michel Platini

« Avec ces deux monstres-là en attaque, je n'avais pas besoin de bien jouer. »


Michel Platini
Et dans son esprit, les meilleurs sont Cantona et Papin. Complémentaires qui plus est. Le premier est un joueur ultra-complet et un expert du jeu de déviation (des deux pieds, du talon, de la cuisse, de la poitrine, de la tête, alouette), qui a un art consommé du décrochage entre les lignes. Idéal pour un JPP qui, lui, n'affectionne que la profondeur avec un sens incroyable de l'appel et surtout de la frappe en un minimum de contrôle. Et ce, dans toutes les situations : balle au sol, cahouète ; après rebond, cahouète ; en l'air, cahouète. Inter, exter et surtout coup du pied. Sans compter ses acrobaties pour reprendre n'importe quelle gonfle à portée de crampons, les fameuses « papinades » . On a souvent dit que Papin n'était pas un technicien. Faux : c'était un technicien de la frappe quasi sans équivalent sur la planète. Conclusion : l'équipe doit impérativement jouer pour eux. Avec une idée simple : deux récupérateurs axiaux (Pardo-Deschamps, bonne chance aux adversaires) et deux meneurs excentrés (Christian Perez et Jean-Marc Ferreri) pour alimenter l'attaque. Résultat, une victoire spectaculaire à Malmö (4-2) avec un doublé pour chacun des deux attaquants. Le match fondateur d'un duo qui va désormais faire la pluie et le beau temps dans le football français. Que ce soit en sélection ou en club. Car Éric Cantona continue ses frasques : un maillot jeté à terre (OM), un coéquipier fracassé dans les vestiaires (Lemoult à Montpellier), un ballon balancé sur un arbitre et une commission de discipline insultée (Nîmes). Suspendu quatre mois, Canto lâche l'affaire et annonce sa retraite. Platini aide à son exfiltration en plein hiver 1991-1992 à Leeds où il renaît de ses cendres (champion d'Angleterre direct). Pendant ce temps, Papin fait à peine moins parler de lui. En trustant le championnat, titre de meilleur buteur à la clé (cinq fois de suite), tellement fort et incontournable que la Ligue fait même rejouer un Saint-Étienne–Marseille perdu par les Phocéens (0-1), sous prétexte que JPP n'avait pas pu participer au match après avoir reçu une canette sur la tête juste avant le match. Oui, dans deux styles différents, Cantona et Papin sont les deux uniques stars françaises du ballon rond, véritables icônes pour les publicitaires et les caricaturistes. Et pour Platini, rien d'autre ne compte. Sûr de ne pas pourvoir dégoter un chef d'orchestre à la hauteur de ce qu'il attend (en clair : lui), l'ancien meneur des Bleus mise sa baraque et sa bagnole sur eux. En gros, une bonne grosse équipe de coureurs à pied et deux dynamiteurs devant pour faire sauter la banque. « Avec ces deux monstres-là en attaque, je n'avais pas besoin de bien jouer » , lâchera même le sélectionneur après avoir rendu son tablier.
Jacquet, Houllier et Simonet. Cherchez pas les gars, vous n'irez pas aux States

Guerre d'ego sous Gérard Houllier

Car si ses Bleus enchaînent dix-neuf matchs sans défaite - un record à l'époque - dont un grand chelem en qualifs pour l'Euro 92 - huit victoires sur huit, du jamais vu alors - malgré un groupe très relevé (Espagne et Tchécoslovaquie, entre autres), ce plan de jeu simple voire simpliste ne suffit pas en Suède où Canto erre comme une âme en peine. Gérard Houllier reprend le bazar (le mot est faible), lui aussi en s'appuyant sur ses deux vedettes. « C'est un super duo, explique-t-il alors pour justifier ce choix. Les deux ont encore progressé. Canto est plus puissant depuis qu'il est en Angleterre, et Papin a amélioré son jeu de tête et sa technique depuis qu'il est à Milan » . Car JPP, repu de gloire en France, est parti chez le géant rossonero, le club de ses rêves et de son modèle, Marco van Basten. Mais en Lombardie, les choses tournent vite au vinaigre. Souvent sur le banc, relégué dans l'ombre du triple Ballon d'or néerlandais, Papin vit mal son exil doré. Heureusement, « P.A.P.1 » marque encore et toujours avec son pote Cantona chez les Bleus qui ne vivent que par leurs buts (7 pour le King, 5 pour JPP durant le mandat de Gégé), malgré la volonté de l'ancien coach du PSG d'asseoir une plus grande maîtrise technique que sous Platini, notamment avec l'émergence de David Ginola. Souci, dans ce trio de haute volée, il y a forcément un ego surdimensionné de trop, surtout sur fond de guerre larvée entre Parisiens et Marseillais, les autres devant choisir leur camp (Manu Petit se fait ainsi coincer dans un recoin de Clairefontaine par des Olympiens qui lui expliquent quelques règles de vie et, parmi celles-ci : les patrons en sélection, ce sont eux, capice ?). Bref, malgré le casting qui commence à avoir de la gueule, l'atmosphère est délétère, et chaque rassemblement international ressemble à une bombe à retardement. Jusqu'à la déflagration face à la Bulgarie.

« Ménixe » et Crystal kung-fu


La suite est connue. Mais n'empêche pas les questions. Pourquoi Éric Cantona a-t-il autant décliné en bleu après ce funeste 17 novembre 1993 ? Évidemment, il y a l'explication footballistique. Au plus fort de sa gloire à Manchester United, où le King était une sorte de créateur dans un football anglais très libre, il a voulu transposer ce style en sélection, dans des matchs âpres et au marquage ultra-serré, autant de contraintes tactiques et mentales dont Canto n'aura pas su se défaire. Adulé en Angleterre, Cantona condescendait à faire partie de l'équipe de France, sans jamais plus être disposé à batailler pour mériter sa place, longtemps incontestée malgré des prestations proches du scandale à partir de 1994. Mais au fond, l'explication n'est-elle pas ailleurs ? Tiens, « ailleurs » , le mot est bien choisi finalement. Cet ailleurs auquel le Marseillais a toujours aspiré, avec cette envie de ne jamais l'atteindre. « Il faut pouvoir rêver d'un bonheur au loin, confiera-t-il dans Actuel. Le bonheur, le jour où tu l'atteins, ce n'est plus du bonheur. » Inconsciemment, Canto a peut-être esquivé les grandes conquêtes avec les Bleus, comme une insatisfaction nécessaire à sa survie. Et il est drôle de songer que ce torturé existentialiste aura été le parfait partenaire d'un Papin on ne peut plus terre à terre qui, lui, dira : « Le foot, il n'y a que ça qui me plaît, je ne saurais rien faire d'autre. » Oui, un tandem qui aura facturé en 30 matchs en commun un bilan de 32 buts (22 pour JPP, 10 pour Canto) et 5 passes décisives (dont 4 l'un pour l'autre). Oui, devant un tel parcours, impossible d'imaginer que ce 18 janvier 1995 serait le dernier soir commun sous la tunique bleue. Six jours plus tard, Jean-Pierre Papin passe sur le billard pour son « ménixe » cher aux Guignols, et s'éloigne définitivement des Bleus. Le lendemain, Éric Cantona « kungfoote » un supporter de Crystal Palace, Matthew Simmons, et se fait suspendre huit mois. Liés jusqu'au bout, on vous dit. Pour le meilleur et pour le pire.

Par Dave Appadoo

Patrice Loko : « On jouait souvent aux cartes dans le bus »


Seul buteur du match contre les Pays-Bas, le 18 juin 1995 à Utrecht au Stadion Galgenwaard, Patrice Loko garde un souvenir particulier de la dernière sélection d'Éric Cantona et de Jean-Pierre Papin. Témoin privilégié, il nous raconte ses souvenirs de deux cadres de l'équipe de France.



Quels souvenirs gardes–tu de ce match en particulier ?
C'était un match important pour moi pour m'imposer en équipe de France. Je mets un superbe but, certainement mon plus beau avec les Bleus. Un but 100% nantais en plus sur un super ballon de Pedros que je laisse rebondir avant de l'envoyer de volée sous la barre. Même si c'était un match amical, c'est toujours important de marquer pour un attaquant, et je garde un très bon souvenir de ce match. C'est une combinaison dont j'avais l'habitude, aussi avec Papin ou Cantona d'ailleurs.

Comment définir la place de ces deux joueurs dans le groupe bleu à cette époque ?
Canto était un joueur très charismatique qui savait se faire respecter du groupe. Quelqu'un avec un talent assez incroyable, capable de changer le cours du match à lui seul. Je me souviens qu'il m'a très bien accueilli à l'époque. Il avait toujours des petits conseils pour les plus jeunes du groupe comme moi. C'était pareil avec JPP, avec qui je m'entendais très bien aussi. Un gars vraiment sympa, toujours en train de rigoler et de sourire. Il apportait toute sa bonne humeur quotidiennement aux entraînements. On avait d'ailleurs un groupe qui vivait superbement bien ensemble. On jouait souvent aux cartes dans le bus par exemple. La concurrence était très saine, même si, à cette époque, il y avait une très forte rivalité entre Parisiens, Marseillais et Nantais. Cela restait toujours dans la rigolade évidemment.

Quelle était la relation entre Jacquet et ces joueurs-là ?
Il n'y avait pas de passe-droit, même si certains joueurs étaient largement au-dessus du lot. Je me souviens d'un match à Bordeaux où on perdait à la mi-temps (France-République Tchèque le 17 août 1994, resté célèbre pour la première de Zidane et son doublé, nldr). Cantona avait pris la parole à la mi-temps ce jour-là pour nous secouer. Cela montre qu'il était capable de donner son avis et que c'était un capitaine qui savait se faire entendre quand il le fallait. Il avait une certaine influence sur le groupe, très clairement.

Comment voyais-tu Cantona et Papin personnellement ?
JPP était un des meilleurs buteurs français et même d'Europe à ce moment. J'adorais jouer avec lui. Canto était un monstre. On se reposait sur leurs présences évidemment. C'étaient deux meneurs.

Selon toi, pourquoi ne les a-t-on plus rappelés ensuite ?
Bien sûr, il y a le contexte du moment (la suspension de Cantona en mars 95 pour une bagarre avec un supporter, ndlr) et notre échec pour se qualifier à la Coupe du monde 1994 aux États-Unis qui entrent en compte. L'équipe de France avait besoin de relancer un nouveau cycle, d'effectuer un changement radical avec énormément de nouveaux joueurs qui frappaient à la porte. Je ne pense pas que la volonté de Jaquet d'asseoir son autorité ait vraiment primé. C'est plutôt ce renouvellement générationnel dont la France avait besoin qui peut expliquer la fin de leur carrière internationale. Pas mal d'attaquants et plus largement de jeunes joueurs pouvaient prétendre au maillot bleu à ce moment-là. C'est aussi une preuve que la formation marche très bien en France et que personne n'est irremplaçable. C'est encore une fois le sain esprit de concurrence qui a joué en premier lieu.

Est-ce qu'on peut dire que Zidane a explosé grâce à la retraite de Cantona et Papin ?
Je ne crois pas qu'on puisse dire cela comme ça. Bien sûr, leurs retraites coïncident aussi avec la prise d'ampleur de Zidane en équipe de France, mais Zizou a su et pu reprendre le flambeau en arrivant dans une équipe très solide et rodée. Il a ajouté une pierre à l'édifice et apporté son génie au collectif.

Que retenir de JPP et Canto ?
Pour JPP, sa bonne humeur permanente et quelqu'un de toujours très performant en match. Pour Canto, quelqu'un d'un peu plus distant, mais avec une véritable aura et des qualités inimaginables.

Propos recueillis par Éric Marinelli

Deux lames sur le rasoir


Personnages aux caractères opposés, Éric Cantona et Jean-Pierre Papin n'ont pas laissé leur part aux chiens dans la jungle publicitaire, parfois pour le même annonceur, comme avec BIC, même si l'un s'est mis finalement à la barbe.

Avec un foot bien moins médiatisé qu'aujourd'hui, Jean-Pierre Papin et Éric Cantona avaient réussi à s'engouffrer la brèche sur le terrain de la pub et du marketing. Sur la voie tracée par les précurseurs des années 70-80 comme Pelé, Maradona ou Platini, Jipépé et Canto s'affichent comme les têtes d'affiche du jeu publicitaire de leur génération, en France. La dernière marche avant l'époque Danette pour les champions du monde 1998. Alors pourquoi JPP et Canto ?

Jipépé se rase le premier


L'inévitable effet de loupe lié à leurs performances sportives et leur personnalité en dehors du rectangle vert ont aidé. Grâce à son football spectaculaire, ses « papinades » en guise de marque déposée, l'acronyme JPP, sa bonhommie innée, Papin avait le profil parfait pour la pub. La cible est d'or pour une marque voulant véhiculer ses valeurs à travers l'image du sportif adulé. BIC s'est adjugé le Jean-Pierre, en tournant des spots dès 1991. Albane de la Tour, chargée de la communication et des relations avec la presse pour la société, confirme : « On avait déjà fait des campagnes avec des gens comme Poulidor par exemple. Une très belle campagne publicitaire grâce justement à cette image de sportif très reconnu. On cherchait un personnage emblématique aussi populaire que la marque et c'est pour ça qu'on s'est tourné vers Jean-Pierre Papin » . Mais vendre du rasoir à petit prix, grâce aux nouveaux riches que sont devenus les footballeurs, ne brouille-t-il pas le message pour la marque aux trois lettres ? Albane de la Tour s'en défend : « Poulidor, dans sa campagne de 1970, vantait déjà un slogan qui évoquait le prix : "Quatre francs les sept rasoirs, pour moi il n'y a pas de petites économies." On est toujours dans ce même esprit de choisir des vedettes parlant aux consommateurs qui aiment ces sportifs avec une bonne image de sympathie. Les consommateurs se reconnaissent dans les valeurs du sport. »

Surfer sur le caractère de Canto


Éric Cantona a bien marqué son époque aussi. Génial sur le terrain, il savait aussi se démarquer en dehors. Des tribunes enflammées devant un micro (Henri Michel doit encore s'en souvenir), un coup de sang bien kické contre un supporter de Crystal Palace en 1995, une suspension de 9 mois pour le geste : Canto, loin de l'image d'un Papin, gagne pourtant aussi les faveurs du monde du rasoir. BIC flaire le bon coup, comme le confirme Albane de la Tour : « On s'adapte effectivement à la personnalité et au sujet du moment. On avait adapté notre annonce publicitaire en fonction de son agression et des travaux d'intérêts généraux qui lui avaient été infligés » . Pourquoi ? Car l'image du bad boy est aussi bonne vendeuse, sinon plus, que celle du bon samaritain. Ajoutez-y un Cantona très bon acteur et sachant parfaitement tourner sa situation en autodérision et c'est le jackpot assuré. Parce que « quand les mouettes suivent un chalutier, c'est parce qu'elles pensent que des sardines seront jetées à la mer » .


Par Éric Marinelli

P-A-P-1 et Picasso


Au début des années 1990, Jean-Pierre et Éric sont les vedettes des Guignols de l'Info. Un tandem que les marionnettes ont su sans doute rendre attachant aux yeux du grand public.

Canto et JPP sont des pionniers. Ces deux joueurs ont été les premiers footballeurs à être « marionnettisés » par l'équipe des Guignols de l'Info. Le début d'une longue série dont les personnages les plus marquants resteront Barthez, Ronaldinho, Zidane, Ribéry ou Zlatan, sans oublier le « Nico et Luis » . « Un artiste pouvait avoir autant d'importance qu'un homme politique ou qu'un sportif. Il n'y avait pas de hiérarchie réelle de l'information, et c'est pour ça que ça nous amusait de mettre des footballeurs » , nous explique Jean-François Halin, co-auteur des Guignols avec Bruno Gaccio et Benoît Delépine de 1988 à 1996. La création des deux marionnettes est compliquée : « Pour la typologie, on a eu un mal de chien, mais on savait ce qu'on voulait en faire. Pour Papin, on était peut-être un peu éloigné dans la façon de parler. Au tout début, ce qu'on a fait, c'était un personnage qui courait après le ballon, en disant "ballon, ballon, ballon", un peu comme un clébard, c'était la marionnette qui se cherchait, c'était pas terrible. » Les traits de caractère sont cependant bien vite définis : « JPP nous rappelait, dans le peu d'interviews qu'il y avait de lui, ces gamins fans de foot, qui ne pensent qu'à courir après la balle. Quant à Cantona, on adorait son caractère, son comportement, l'assurance qu'il pouvait avoir. »

Deux personnages complètement différents donc, mais pourtant très vite associés : « C'était le principe du tandem de comédie. Il y avait Chirac-Balladur (excusez de la comparaison), et Papin-Cantona. Cela nous amusait de faire l'antinomie entre le gamin très très joueur, naïf et non pas idiot, content de tout et puis un Cantona plus philosophe, plus artiste. »


La mayonnaise prend, le duo fait pouffer de rire les téléspectateurs, à coup de « Cacolac » , de « Camembert » et de « Putaing ! » mais ne plaît pas du tout à JPP. Jean-François Halin raconte : « Le comportement de chacun vis-à-vis de sa marionnette était très différent. Papin n'a pas du tout aimé. Il s'en est plaint par le biais de Charles Biétry. Biétry est venu nous voir un jour et il nous a dit "Vous savez, il le vit très mal, si ça se trouve, il ne va pas pouvoir jouer ce soir à cause de vous." Papin pensait que sa marionnette était idiote, elle ne l'était pas, elle était naïve. Cantona, lui, il était beaucoup plus content de sa marionnette. Je l'ai croisé une fois par hasard dans un aéroport, je me suis présenté et il m'a dit "Viens me voir à Manchester" donc c'était plutôt sympa, mais je n'ai pas eu l'occasion de faire le voyage, je le regrette. Par moment, comme lors de la conférence de presse avec les mouettes et le chalutier, on se demandait s'il n'essayait pas de copier un peu sa marionnette, comme une sorte de lutte entre la marionnette et le marionnettisé. »

Le temps passe, et JPP accepte définitivement son double en latex, qui le rend plus sympathique que bête aux yeux du public. En septembre 2013, JPP revenait pour L'Equipe sur sa marionnette : « Avec le recul, je les remercie. Sans les Guignols, je pense que je n'aurais pas eu la popularité que j'ai eue. Un jour, j'étais invité dans une émission de Canal+ et j'ai vu des gens pleurer pour avoir leur marionnette aux Guignols. Là, je me suis dit que j'étais un privilégié. »


Le tube « Reviens JPP, reviens » après l'exil italien de Papin à l'AC Milan, fredonné de partout, marque le sommet de la popularité de Papin. J-F Halin en a écrit les paroles avec Benoît Délépine. Il nous livre une anecdote savoureuse : « Cette chanson, elle a 20 ans et je vois sur les relevés de SACEM que je touche toujours un petit peu de droits d'auteur dessus. C'est rien, peut-être 2 ou 3 euros par an, mais ça montre qu'elle est encore jouée quelque part. »

Par Maxime Feuillet
Rédaction

Dave Appadoo, avec Eric Marinelli et Maxime Feuillet


Édition

Ronan Boscher et Gilles François


Design et coordination technique

Gilles François


Secrétariat de rédaction

Julie Canterranne


Crédits photo

JPP bien entouré

Réactions (20)

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par Toto Valencony il y a 1 an
Merci je me suis régalé ! Et ça met en perspective les critiques qui ont lieu à notre époque sur l'EDF et ses joueurs. Cantona serait aujourd'hui l'homme le plus détesté s'il reproduisait ça avec le maillot de la France.
par 2yemklubapanam il y a 1 an
L'esprit sofoot mag dans un article sur le web.
Bravo à toute l'équipe.
par Okto il y a 1 an
Bravo, article très intelligent et de qualité. Ça fait plaisir de voir ça sur la version en ligne.
par hmiller il y a 1 an
Idem, je me suis régalé, super taf, sacré madeleine de Proust..
par Stankonia il y a 1 an
Bon taffe les gars! C'est un plaisir cet article
par Leeloo il y a 1 an
MERCI !! Quel bel article !
par Orso94210 il y a 1 an
Vahirua pour Papin...

En fait, on est devenus comme les vieux qui nous parlaient de St-Etienne 76. Parce que aussi fou que cela puisse paraître, ça fait bien vongt ans.
par Señor Gifle il y a 1 an
Gros gros plaisir cet article, ça nous aide à patienter pendant le mois de Janvier sans So Foot !
par Ronahldoignon il y a 1 an
Putain cette collec' de Copa Mundial sur la première photo.
C'était autre chose que les délires fluo qu'on voit aujourd'hui.
par Zangli il y a 1 an
Un régale d'écriture cet article!
par Steven il y a 1 an
Vraiment un très bel article. Bien expliqué et bien illustré ... Chapeau messieurs !
par Bernard_Madoff il y a 1 an
Un très très bon article ! On voit vraiment le duo sous tous les angles. Et puis c'est vrai que c'est un régal cette photo avec que des Copa Mundial et on voit vraiment la différence de caractère entre les deux joueurs juste par leurs postures.
par nathanyoung il y a 1 an
Très bon article. Tapie je suis pas fan mais faut reconnaitre qu'il a le sens de la punchline.
par nathanyoung il y a 1 an
Très bon article. Tapie je suis pas fan mais faut reconnaitre qu'il a le sens de la punchline.
par didier gomis il y a 1 an
top ce format , merci pour l'article, un vrai régal historique, visuel et footballistique !

C'est marrant, ce match précisément est le premier match que j'ai assisté à la télévision, j'avais trouvé Patrice vraiment bon, je l'ai toujours gardé dans mon cœur depuis, encore plus quand il a flambé avec PSG en Coupe des coupes.

Par rapport à Canto et Papin, j'ai l'impression que c'est un peu le même cycle qu'on a vécu avec Francky et Karim puis l'émergence d'un Pogba.

L'histoire va t-elle se répéter ? Réponse dimanche soir à 20h45 sur M6 !!

http://backoffice.telecablesat.fr/busin … rdiere.jpg

par toujourspareil il y a 1 an
De la bombe cet article. Bravo les mecs. On remet ça quand vous voulez !
par nivuniconu il y a 1 an
Super article.
par fren6 il y a 1 an
Merci c'était passionnant. Et très bien écrit. Cette époque est méconnue de la part de bcp de fans, mais elle est pour moi fascinante. La transition entre le foot à l'ancienne, en 4-3-3 (avec les ailiers et le centre), sans nom sur les maillots, avec des numéros de 1 à 11, tous en copa mundial, des arbitres en noir, des punchlines bien senties, etc. Et quelques années derrière, l'avènement du foot moderne, avec de bonnes choses bien sûr, mais aussi des dérives et un monde plus policé.
Dans cette mise en perspective, vous pourriez peut-être écrire un papier sur la chance dans l'histoire de l'équipe de France. Les tirs au but de Séville, le point à prendre en 2 rencontres à domicile en Nov93, le but en or de Blanc, les tirs au but contre l'Italie, le pénalty manqué de Raul, la main d'Abel Xavier, à nouveau les tirs au but contre l'Italie en 2006, et tant d'autres moments qui ont fait basculé le destin des bleus, d'un côté comme de l'autre. Et derrière ce pti coup de pouce, des envolées lyriques, des tacles assassins ou des analyses dithyrambiques sur des générations sacrifiées ou surdouées..
par Frenchies il y a 8 moiss
MERCI SO FOOT ON VOUS KIFFE !!
par Teufman il y a 8 moiss
Vraiment une autre époque où être vrai et honnête posait moins de problèmes que de nos jours. JPP avec ses pulls fluos d'époque et sa passion pour la collection de cassettes vidéos, notamment celles de Belmondo et Delon, il aurait droit, de nos jours, au même harcèlement moral que subit Valbuena de nos jours où si tu ne rentres pas dans le moule, tu es blacklisté par tes collègues quelles que soient tes qualités...
JPP ressemble à Valbuena par pas mal d'aspects. Un mec que tout le monde de l'époque pense risible, qu'au début on a méprisé (il a dû passer par Valenciennes (Allez l'USVA) et Bruges pur qu'on le prenne au sérieux et a dû bosser dur à l'entrainement pour justifier son statut) et à force de travail gagne sa place à l'OM et en équipe de France.
Manque de pot pur Valbuena, il signe à l'OL où tout le monde lui reproche d'avoir dénoncé la magouille de la "star" et "modèle" local plutôt que de l'avoir fermé et de s'être laissé faire. Le Glassman de l'époque... Trop honnête pur une France qui préfère fermer le yeux sur la magouille et où les donneurs d'alertes ont plus de problèmes que ceux qui violent la loi... Demandez à Bernès qui ne semble pas en reste dans l'affaire....