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De Monaco à l'Argentine, en passant par Turin, l'Espagne et les Bleus,
retour sur la carrière du dernier grand renard français...

Le Roi David

Sommaire

Le roi David tire sa révérence, il convient donc de lui rendre hommage. De sa naissance à Rouen à ses débuts en Argentine, puis à Monaco avec coach Tigana. De son idylle avec la Vieille Dame à sa relation contrariée avec les Bleus, notamment avec ceux de Domenech. Retour sur une carrière bien remplie, de buts, de larmes et d'accent argentin. Le roi se retire, vive le roi.
Henry et Trezeguet, enfants des 90's

La fiche de David Trezeguet

Né le 15 octobre 1977, à Rouen
Avant-centre

274 buts en 561 matchs
71 sélections en équipe de France, 34 buts

Clubs : Platense (1993-1995), Monaco (1995-2000), Juventus Turin (2000-2010), Herculès Alicante (2010-2011), Bani Yas (2011-2012), River Plate (2012-2014), Newell's Old Boys (2013-2014), Pune City (2014)

Palmarès (équipe de France) : Euro U19 (1996), Festival de Toulon (1997), Coupe du monde (1998), Euro (2000), Vice-champion du monde (2006)

Palmarès (clubs): Champion de France (1997, 2000), Trophée des champions (1997), Champion d'Italie (2002,2003), Supercoupe d'Italie (2002, 2003)

David et Thierry : faux frères, destins parallèles…

Après Thierry, c'est David qui s'en va. Pendant plus de quinze ans, ils ont occupé une bonne petite partie de notre temps de cerveau disponible. Ça valait bien un coup d'œil dans le rétro avant de doubler c'te vieille 206 pourrie.

Castor et Pollux

Même année de naissance (1977), même taille (1 m 88 environ), même origines lointaines (Antilles et Argentine), même poste (attaquant, avant-centre), même centre de formation (AS Monaco), même caractère taciturne (ni biguine pour l'un, ni cumbia pour l'autre)… La suite est du même tonneau : Jean Tigana refourguera in extremis ses deux rookies de 20 piges à Aimé Jacquet pour France 98. Mémé en fera deux bénis en lieu et place des deux bannis, Ibrahim Ba et Nico Anelka. Un coup de jeune et deux sourires pour les Bleus : Trèze est gai, Duga rit et Thierry en rit aussi… Et boum ! Deux tirs au but réussis contre l'Italie en quarts : mission accomplie, même si la finale contre le Brésil se jouera sans eux. Pas grave. À l'Euro 2000, Thierry est le meilleur Français du tournoi, mais c'est David qui marque le but en or en finale. Une grosse gamelle partagée au Mondial 2002 : les Bleus partaient avec leurs deux meilleurs buteurs à l'étranger, David serial buteur avec la Juventus et Thierry serial scorer avec Arsenal. Une élimination précoce et un zéro pointé les renverront à la maison. Entre-temps, l'Antillais a signé un très long bail chez les Gunners (1999-2007) où il deviendra King Henry. Le Latino a signé un très long bail chez les Bianconeri (2000-2010) où il deviendra il Re David. Thierry sera le meilleur buteur de l'histoire d'Arsenal et David le meilleur buteur étranger de l'histoire de la Juve… Le parallélisme des deux destinées trouvera son apogée en 2006, mais dans la lose. En finale de C1, le Gunner rate deux occases nettes qui privent Arsenal du trophée contre Barcelone (1-2). Il rejoint son frère de poisse juventino auteur du premier tir au but manqué contre le Milan AC en finale de C1 2003 (0-0, 2 tab à 3). En juin-juillet, la Coupe du monde leur échappera d'un rien face à l'Italie : David a encore foiré son tir au but, alors que Thierry, remplacé par Wiltord, n'y a pas participé. De retour à Paris, Titi consolera Trezegol en pleurs sur le balcon du Crillon. Sale année, toujours : pour cause de Moggiopoli, la Juve est rétrogradée en Serie B. Côté Arsenal, la saison 2005-2006 est la première d'une longue série sans titre, après la FA Cup décrochée en 2005. Enfin, au rayon des distinctions personnelles, 2006 sonne pour tous les deux le glas des dernières illusions pour le Ballon d'or. Surtout pour Titi, en fait. Cette année-là, c'est Fabio Cannavaro qui sera sacré…

David vient aux nouvelles, alors que Materazzi cherche ses clefs de bagnole

Roux & Combaluzier

À l'année 2006, la France ne réalise pas encore tout à fait qu'elle possède une paire d'attaquants de classe mondiale qu'elle n'a jamais eue auparavant. Avec Henry et Trezeguet, on touche quand même au très haut niveau international, attesté par un statut starisé et hors norme aussi bien en Angleterre pour l'un et en Italie pour l'autre. Ni Kopa-Fontaine, ni Papin-Cantona n'ont égalé ce niveau de performance et de prestige. Le poids des deux Coupes du monde 98 et 2006, ainsi que celui de l'Euro 2000 font définitivement pencher la balance du côté de David et de Thierry. Le premier s'est imposé en tant que Français dans le championnat le plus dur du monde. Avec Zebina, David sauvera également un peu l'honneur de la France en restant fidèle à son club, à la différence de Vieira et de Thuram, partis vers d'autre cieux. C'est aussi cette loyauté qui a consacré David comme un grand d'Italie… Aux arsenaux, « Terry » a dépassé en stats et en prestige l'autre grand Frenchy d'Angleterre, Éric Cantona. Lequel n'a jamais propulsé MU en finale de C1, comme l'escomptait Sir Alex… Henry et Trezeguet incarnent pour les années 2000 l'excellence de la formation à la française dans un secteur de jeu où le foot hexagonal n'avait jamais été trop prolixe. Car, en plus de ces deux lascars, le foot français a aussi « sorti » des beaux calibres comme Nico Anelka, Sylvain Wiltord, voire le jeune Karim Benzema. En tout cas, Thierry et David figurent pleinement dans le top 10 des grands buteurs des années 2000 aux côtés de Messi, Cristiano, Van Nistelrooy, Chevchenko, Eto'o ou Inzaghi, considérant que Ronaldo (le vrai) et Batistuta appartiendraient plus aux années 90. Mais après tout, peu importent les rangs, les classements et les stats à l'état pur : Henry et Trezeguet « ont marqué leur époque » , comme on dit. Et c'est bien ça que ces deux monstres de compétition, qui tenaient un compte serré de leurs buts marqués et de leur trophées remportés, sont parvenus à accomplir. Alors, chapeau !
Trezeguet croise Domenech sur le chemin vers le banc

Fromage et désert

La suite de leurs deux carrières tournera à l'avantage de Thierry. Mais en y regardant de plus près, la tournure des choses est moins évidente... En équipe de France, Raymond Domenech optera définitivement pour Titi (meilleur buteur des Bleus, 51 pions) humiliant au passage ce pauvre David renvoyé avec les A' pour un amical en Roumanie… Surtout, Henry fera la diff' du côté du Barça en 2009 où il sera auréolé de la levée aux six titres, dont la fameuse « Coupe aux grandes oreilles » qui manquera finalement au palmarès de David. La fin de la décennie 2000 marquera un déclin parallèle, encore une fois, pour les deux compères. Mais autant Trézeguet finira son histoire avec la Juve dans la dignité et le respect du foot transalpin, autant Henry va commettre en équipe de France les deux fautes qui vont entacher à jamais sa réputation. En novembre 2009, une main du Diable contre l'Irlande le fera vaciller d'abord de son piédestal. En 2010, sa supplique effarante de jouer le Mondial 2010 auprès de Raymond, venu justement à Barcelone lui annoncer qu'il ne le prendrait pas, signera un péché d'orgueil de trop qu'il paiera très cher. Désireux d'être le seul joueur français à avoir disputé quatre Coupes du monde, il trahira en Afsud sa promesse de jouer pleinement son rôle de remplaçant et de « grand frère » auprès des Bleus. Titi portera une lourde responsabilité lors de l'affaire de Knysna, à preuve son étrange convocation à l'Elysée « pour explications » avec le président Sarkozy. À la différence de son pote, David Trezeguet aura au moins échappé à l'épisode le plus lamentable de l'histoire du football français. La suite sera un retour aux sources pour les deux ! Retour au pays, l'Argentine, pour David avec une fin en pente douce à River Plate, puis chez les « vieux garçons » de Newell's Old Boys, avant une pige en Inde au Pune FC. Pour Titi, double retour « aux sources » également avec un bail plus qu'honorable dans sa troisième patrie de cœur, les USA, chez les New York Red Bulls. Période new yorkaise entrecoupée en 2012 d'une courte pige à Arsenal, dans sa deuxième patrie de cœur, l'Angleterre qui l'avait fait roi et statufié… Fils d'Aimé Jacquet plus lointains que Blanc et Deschamps, David et Thierry ont, comme presque tous les autres Bleus de France 98, bien suivi le conseil du « Vieux » : « Jouez le plus longtemps possible, les gars ! Allez au bout du bout de votre passion. N'arrêtez pas trop tôt, car quand c'est fini, c'est fini, et vous regretterez amèrement d'avoir raccroché trop vite. » À 37 ans bien sonnés, Thierry puis David ont dit stop, bouclant deux cycles quasi symétriques, comme les deux roues d'un tandem classieux franchissant la ligne d'arrivée…

Chérif Ghemmour
Le reportage complet autour du cas David Trézéguet chez les Bleus, issu de L'Équipe du Dimanche

Trezeguet, le Calamar


Avant l'explosion à Monaco et l'enchaînement des titres individuels et collectifs, David Trezeguet a fait la découverte de la première division en Argentine avec Platense, son club formateur, surnommé le Calamar. À 16 ans, avec des cheveux, la peau sur les os, peu de réussite, mais déjà un « jeu de tête divin » .



La General Paz est le périphérique qui sépare Buenos Aires de sa banlieue. Au nord-ouest de la capitale, le long des voies rapides, face au quartier de Saavedra, le stade Ciudad de Vicente López sort difficilement du décor. Capable d'accueillir 30 000 fans, il n'attire plus aujourd'hui que quelques courageux fidèles. Son club propriétaire, le Club Atlético Platense, un historique de Buenos Aires, est en crise économique et institutionnelle depuis une vingtaine d'années, comme un paquet d'autres clubs de la ville. L'équipe croupit actuellement en B Metropolitana, le troisième échelon du football argentin. C'est là, avant les titres à Monaco, à la Juve et en équipe de France, que David Trezeguet a été lancé dans le grand bain. La première division. C'était le 12 juin 1994, face à Gimnasia y Esgrima La Plata. Un match nul un partout. Le Roi David n'avait pas encore 17 ans et portait une moumoute sur le crâne. L'homme qui lui a fait confiance pour la première fois, Ricardo Rezza, est aujourd'hui entraîneur de Temperley. Il prend un moment dans sa pré-saison à Mar del Plata, sur la côte argentine, pour se souvenir de ce jour. « Notre attaquant, Marcelo Espina, capitaine de l'Albiceleste un an plus tard en Copa América, était suspendu pour accumulation de cartons jaunes. C'est comme ça que David s'est retrouvé titulaire face à Gimnasia, alors qu'il n'avait que 16 ans. »

Faux départ

Le début de la gloire ? Pas vraiment. Marcelo Espina reprend sa place et termine meilleur buteur du championnat, à égalité avec Hernan Crespo. Trezeguet n'aura droit qu'à cinq petites apparitions en première division avec le maillot marron et blanc du Calamar - surnom de Platense -, avant que son agent, Rafael Santos, lui fasse traverser l'Atlantique, sentant les emmerdes arriver du côté du CAP. « Je n'ai pas pu y jouer beaucoup, mais Platense représente beaucoup pour moi, déclarait le Roi il y a quelques années à un média partisan. C'est le quartier, le centre de formation, mes débuts en Primera. À 15 ans, Rezza me faisait déjà entraîner avec les pros. Les joueurs les plus expérimentés m'ont beaucoup aidé et m'ont fait grandir rapidement et de la bonne manière. Mes années à Platense ont été une base solide pour le reste de ma carrière et un tremplin pour l'Europe. »

Petit, Trezeguet vivait tout près du club, dans le quartier Villa Martelli. Au Calamar, il y atterrit parce que son père y était préparateur physique chez les jeunes. Mais son cœur battait pour le gros club du secteur, le River Plate de Francescoli, dont le stade Monumental n'est qu'à une dizaine de rues de la General Paz. River, le club qui le fera revenir en Argentine en 2011. Celui où il aurait sans doute aimé terminer sa carrière, mais le duo Ramon Diaz-Cavenaghi en a décidé autrement. « Il supportait River, mais ça ne posait pas de problème, il n'y a pas de rivalité avec Platense » , explique Rezza, son premier coach, qui se souvient d'un jeune joueur « très intelligent » . « Il savait se déplacer, pivoter et avait une bonne frappe. Quand j'ai commencé à le prendre aux entraînements, les défenseurs venaient me voir pour me demander qui était ce gamin, ce qui signifie beaucoup. » L'homme qui lui barrait la route au Calamar, Marcelo Espina, reconnaît toutefois avoir été surpris par la suite de la carrière du « petit Français » . « Il avait quelque chose, mais je ne pensais pas qu'il arriverait si loin. Il était grand et très, très maigre. L'Europe l'a changé physiquement et lui a permis de devenir ce très grand joueur. »

Pas d'avion pour David

Platense étant une affaire de famille, c'est Cacho, le père de Marcelo Espina, qui dirigeait le petit David chez les jeunes du club. « Je l'ai eu à 12 ans, puis l'ai fait monter jusqu'à l'équipe réserve. J'ai alors conseillé à Rezza de le prendre en première. Il réunissait les conditions pour devenir un grand : du talent et de l'écoute. Il était très respectueux, voulait apprendre, se perfectionner. » C'était souvent son oncle qui l'accompagnait aux entraînements. Son physique particulier, grand et fin, attirait l'attention. « Il a toujours été buteur. C'était son truc. Il avait un jeu de tête divin et quand il était trouvé dans la surface, c'était déjà un demi-but. Il faisait toujours la même action : appel face au possesseur de balle, remise de la tête, puis course vers le second poteau, où il terminait la plupart de ses actions. » Avant de lancer pour de bon sa carrière et de l'installer sur le toit du monde et de l'Europe, sa nationalité française lui joue parfois des tours. Cacho Espina : « Un jour, Pekerman nous invite à aller disputer un match au Chili contre Colo-Colo avec les jeunes. On arrive à l'aéroport, et là, ils ne le laissent pas passer. Il était français et n'avait pas de passeport. Moi, j'avais complètement oublié qu'il n'était pas argentin. »

Né Calamar, David Trezeguet aurait aussi pu finir Calamar. Indésirable à River Plate, le champion du monde a été sondé par les dirigeants de Platense pour un finish à la maison. Pablo Listorti, président de la sous-commission de football du club, déclarait fin décembre dernier sur Radio La Red qu'il y avait « un rapprochement avec Trezeguet » et une possibilité « qu'un sponsor se charge du salaire » . Pedro Vilariño, président du CAP, lui a fait savoir « qu'il était le bienvenu dans le club qui l'a fait naître, comme joueur ou dans la fonction qu'il souhaite » . Le rêve n'est pas devenu réalité. Le Roi David ne reportera pas le maillot marron et blanc. « Il va retourner à la Juve, je ne sais pas exactement dans quel rôle, annonce Cacho Espina. L'important est qu'il soit heureux. Même s'il n'a joué que cinq matchs ici, il a tout l'amour du peuple calamar. »

Par Leo Ruiz. Tous propos recueillis par LR
Les plus beaux buts de David Trézéguet sélectionnés par SO FOOT.com

Jean Tigana : « Trezeguet et Henry feront de très bons entraîneurs »



En 1995, David Trezeguet a passé un essai non concluant au PSG avant d'opter pour Monaco comme plan B. En une séance d'entraînement, Jean Tigana a flairé le potentiel et demandé à son président de recruter le futur Trezegol. L'ancien entraîneur de l'ASM raconte.



Quelles sont les premières choses qui vous ont séduit chez David Trezeguet ?
Il est arrivé avec son père et un agent pour un essai chez nous. Il avait passé trois semaines ou un mois à Paris, où il n'avait pas été retenu. Le président Campora m'a dit « tu peux le mettre à l'essai ? » J'ai dit ok, il a participé à un cinq contre cinq, il était dans mon équipe. Il était d'une efficacité terrible, alors j'ai dit à Campora de le recruter. Après, je me suis aussi battu pour le faire passer professionnel, car tout le monde à Monaco n'était pas convaincu par Trezeguet.

Pourtant dès 1998, il s'est retrouvé chez les Bleus...
C'était un garçon comme Thierry Henry, un gros gros travailleur. J'avais un groupe de jeunes exceptionnels avec aussi Giuly, que j'avais pris à Lyon. Ils étaient tous super sérieux, c'est aussi pour cela qu'ils ont réussi. Trezeguet, quand il est arrivé en équipe de France, je n'ai rien ressenti de particulier, car je savais qu'il allait y arriver. J'étais en contact avec Aimé Jacquet, on a quand même joué longtemps ensemble à Bordeaux. Six mois avant, je savais qu'il allait le prendre pour le Mondial. Le vrai point de départ, c'est quand j'ai parlé de David à Gérard Houllier, qui s'occupait des U20 français à l'époque. Je l'ai appelé, je lui ai dit « Écoute, j'ai un très bon jeune, un Franco-Argentin, prends-le, il va te faire du bien » . Gérard Houllier l'a sélectionné et il a marqué deux buts pour son premier match. A partir de là, j'ai pu l'imposer à tout le monde.

C'est l'un des joueurs les plus faciles à gérer que vous avez pu avoir ?
Tous les grands joueurs sont faciles à gérer (rires). C'est pour cela qu'ils vont loin d'ailleurs. Les joueurs avec qui vous devez perdre du temps à discuter, ce sont ceux qui ne veulent pas travailler, trichent tout le temps. Avec ceux-là, c'est la prise de tête. Les grands joueurs, au contraire, il faut leur demander d'arrêter de travailler car ils ne veulent jamais stopper. C'était le cas de Trezeguet et de beaucoup d'autres joueurs que j'ai eus sous mes ordres à Monaco. J'avais vraiment un groupe de jeunes qui avaient envie de travailler. Quand vous tombez sur des joueurs qui ne veulent pas travailler, vous n'avez que des problèmes. Avec Trezeguet, aucun.

Le mental, cela ne s'apprend pas. Or Trezeguet a toujours su être là dans les moments importants comme au Mondial 98 ou à l'Euro 2000...
(Il coupe) Tous les jours ! C'est un effort de tous les jours ! C'est normal, vous retenez ce qui est marquant, mais un joueur comme Trezeguet, il était prêt tous les jours ! À tous les entraînements ! L'apanage des grands joueurs. S'il n'avait pas énormément travaillé en amont, il n'aurait pas répondu présent contre le Paraguay ou l'Italie. Il faut déjà être super exigeant avec soi-même dans le quotidien pour pouvoir être efficace dans ces moments-là.

Mais être travailleur ne suffit pas à avoir les nerfs solides dans des moments aussi cruciaux...
Ah, mais moi, là, je ne parle que des grands joueurs ! Après, il y a aussi des joueurs travailleurs, mais avec moins de qualités, cela donne des joueurs moyens. Mais attention, un joueur moyen travailleur, cela peut être indispensable dans un club.

Trezeguet donne l'impression de ne pas trop se poser de questions ni de ressasser ses éventuels échecs, comme en finale de Ligue des champions 2003 ou du Mondial 2006. Il était très solide mentalement ?
Oui, il reste toujours dans sa bulle, focalisé sur son objectif, ce qui le rend très fort. Le seul regret que j'ai avec lui et Thierry Henry, c'est qu'ils ont joué plus longtemps que moi (rires). J'ai arrêté à 36 ans, j'aurais dû arrêter un peu plus tard (rires). Je plaisante, je suis vraiment content que ces deux-là aient duré aussi longtemps, ce sont de vrais passionnés, s'ils le veulent, ils feront de très bons entraîneurs. Si vous discutez avec eux, vous voyez qu'ils sont passionnés par le jeu, le positionnement tactique, ce sont de vrais puristes avec une vraie vision du football.

Propos recueillis par Nicolas Jucha

Trezeguet vu par ses pairs

Monaco, Juventus, équipe de France, David Trezeguet a brillé sous tous les maillots qu'il a portés durant l'essentiel de sa carrière. Portrait robot à travers le témoignage de joueurs et techniciens qui l'ont vu grandir au plus haut niveau.

« On a été privilégiés à cette époque. J'étais adjoint de Tigana et m'occupais des jeunes en périphérie. Trezeguet, Henry, Christanval... On avait 7-8 jeunes de grosse qualité que l'on faisait s'entraîner avec les pros et que l'on faisait jouer pour qu'ils s'aguerrissent. C'était une très bonne génération avec des caractéristiques complémentaires… » Quand il se remémore David Trezeguet, Claude Puel ne peut retenir la nostalgie d'une période bénie pour le centre de formation monégasque. Responsable de l'équipe B jusqu'à 1999, il a remporté le titre dès sa première année à la tête de l'équipe première. Un exploit car « on avait la plus jeune équipe championne de l'histoire en Ligue 1.
« Finisseur, c'est sa grosse qualité, mais c'est aussi un excellent joueur d'appui » Alain Boghossian
C'était la génération Sagnol, Trezeguet, Christanval... Titi Henry était déjà parti à la Juventus puis Arsenal.
 » Dans ce collectif d'exception, l'avant-centre franco-argentin était l'un des cadres. « David a été très performant et a bénéficié d'un duo, d'une béquille extraordinaire avec Marco Simone, buteur et passeur. Ils étaient très complémentaires, c'était un superbe duo. » S'il a profité du talent de l'attaquant italien, Trezeguet n'en a jamais été dépendant, comme l'a prouvé le reste d'une carrière où il a presque toujours su faire l'unanimité...
Incroyable �quipe espoirs en 2001. Debout : Sagnol, Gallas, Cristanval, Ciss�, Domi, Landreau. Devant : Sylvestre, Luccin, Dalmat, Trezeguet, Henry
Pour beaucoup, David Trezeguet restera un buteur sans pitié. Pour Alain Boghossian, qui l'a vu débarquer en équipe de France à 19 ans, il était bien plus : « Finisseur, c'est sa grosse qualité, mais c'est aussi un excellent joueur d'appui, on pouvait compter sur sa qualité dans les déviations. Il jouait la plupart du temps en première intention... » Le champion du monde 1998 admet que Trezeguet « n'était pas un dribbleur, savait appeler en profondeur, mais sans que cela soit sa qualité première » quand Claude Puel relève qu'il « n'avait pas un profil extraordinaire en termes de puissance ou de vitesse de course » . Comment alors, réussir une carrière aussi belle ? Peter Luccin, qui a disputé le Mondial U20 1997 en Malaisie avec toute la génération dorée, a un début de réponse : « Il n'était pas aussi rapide, puissant ou dribbleur que Henry et Anelka, mais c'était un joueur altruiste avec une intelligence de jeu hors norme. C'est cette intelligence qui lui a permis d'évoluer à ce niveau. » Intelligence de jeu donc, mais aussi de l'excellence tactique pour Claude Puel : « 
« Une intelligence de jeu hors norme » Peter Luccin, partenaire lors du Mondial U20 1997
Il a toujours été très fort dans les aspects techniques, que ce soient les remises, le jeu de tête, la gestuelle devant le but. Il a toujours été hors norme, sur un profil atypique, car ce n'était pas un preneur d'espaces ou un joueur puissant.
 » Autant de qualités qui le rendaient parfaitement complémentaire de son compère Thierry Henry. Mais surtout, Trezeguet a toujours eu une idée fixe. « Il respirait le but, la hargne de marquer » , se souvient Boghossian. Cet attrait absolu pour le but se ressentait au quotidien d'après Peter Luccin : « Il était toujours plus intéressé à l'entraînement par les exercices devant le but. Il faisait son job pour tout, mais ses yeux scintillaient quand il commençait le travail devant le but. »
Derri�re : Legwinski, Pignol, Djetou, Konjic, Henry, N'Doram. Devant : Dumas, Barthez, Collins, Trezeguet, Ikpeba. C'est bien Franck Dumas, en bas � gauche. Oui oui.
Une obsession de marquer, « le but coule dans ses veines, c'est un tueur dans la surface de réparation, un obstiné » affirme Boghossian, et un vrai goût de l'effort. Claude Puel : « Ce qui a fait la différence, c'est sa grande détermination, dès le plus jeune âge. C'était un tueur devant le but, sa concentration était focalisée. Si on faisait des séances de volées, son ratio était énorme, sur dix, il en cadrait neuf et marquait huit buts. Dès qu'on répétait les gammes à l'entraînement, le moindre ballon devait aller au fond. » Un mental de fer qui permet à l'avant-centre de sortir de sa boîte dans les moments propices : une mine sous la barre de Peter Schmeichel en quart de Ligue des champions 1998, une remise de la tête décisive pour Laurent Blanc contre le Paraguay au Mondial de la même année, et surtout son chef-d'œuvre, le but en or contre l'Italie en 2000. Pas une surprise pour Claude Puel, car « il avait déjà un super mental à 16-17 ans. » Pour l'actuel entraîneur de Nice, Trezeguet, « c'est un tueur devant le but qui ne perd jamais son sang-froid, quel que soit le niveau, le moment du match ou de la compétition.
« Il ne perd jamais son sang-froid, quel que soit le moment » Claude Puel
C'est le propre des grands.
 » Alain Boghossian se souvient en particulier de la séance de tirs au but contre l'Italie en 1998 : « Quel culot ! Ces deux jeunes (Trezeguet et Henry, ndlr) étaient sûrs d'eux. Peut-être même qu'ils n'ont pas pensé à l'ampleur que cela allait prendre s'ils le manquaient. C'est la folie de la jeunesse. Ils ont montré leur caractère dès leur plus jeune âge. » Trezegol a beau avoir ensuite essuyé deux terribles échecs en finales de la Ligue des champions 2003 et du Mondial 2006, il n'a jamais perdu sa confiance et son calme. « C'était le type discret, qui parlait peu dans le vestiaire » se souvient Luccin. « En revanche, on savait qu'il allait nous tirer vers le haut sur le terrain. » Même si, en 1997, l'équipe de France dirigée par Gérard Houllier se fait sortir par l'Uruguay en quarts de finale après une cruelle séance de tirs au but, le jeune retraité se souvient que le destin de Trezeguet et Henry semblait tracé : « Toute l'équipe et le coach, on savait qu'ils iraient loin. On savait que ces deux joueurs-là allaient arriver en équipe de France A, car à ce Mondial U20, ils étaient au-dessus sur le plan de la maturité et de la technique. »

Avec Monaco en Ligue des Champions

Comme Henry, Trezeguet a réalisé une carrière d'exception, mais son profil atypique a semblé lui nuire sur ces dernières années. La faute à une évolution du jeu dans laquelle il n'avait plus sa place ? « Aujourd'hui, on demande à un attaquant d'être encore plus complet : savoir remiser, être renard, mais aussi participer au jeu, déborder... Aujourd'hui, plus le joueur a une palette large, plus il sera prisé » , analyse Boghossian, rejoint dans ce sens par Luccin. « On voit moins de joueurs comme Trezeguet aujourd'hui, car ce n'est pas le profil qui est le plus recherché par les entraîneurs. Lui est plus à l'aise avec un deuxième attaquant ou une ligne de trois avec beaucoup de ballons et centres qui arrivent dans la surface. Mais seul devant, cela ne lui plaisait pas forcément, car il n'a pas les capacités de débordement ou de prise d'espace. »
« Le transfert en Argentine, c'est un rêve qu'il a assouvi » Claude Puel
Une différence avec Thierry Henry, ancien compère devenu concurrent chez les Bleus. Pour Claude Puel, ce n'est pas tant un changement dans le jeu que l'érosion physique qui a eu raison du joueur : « Certains entraîneurs préfèrent les dévoreurs d'espace, c'est vrai, mais Trezeguet était performant jusqu'à la fin, à condition de savoir l'utiliser. Il a un registre super intéressant pour une équipe, même s'il n'est ni un joueur d'espace ni un joueur de profondeur. Après, il a quand même duré, terminé sa carrière à 37 ans. Je pense que sur les dernières saisons, il lui manquait surtout le support physique. L'âge, petit à petit, l'a rattrapé et empêché de maintenir un niveau de performance au maximum. » Malgré une fin de carrière mitigée en Espagne, dans le Golfe ou en Inde, Alain Boghossian préfère retenir le meilleur, notamment le passage à la Juventus. « C'est un joueur exceptionnel, il a marqué son époque. En Italie, championnat le plus difficile quand il y était, il était cité chaque semaine comme parmi les meilleurs. Il a beaucoup de qualités. » De la qualité et aussi une magnifique singularité : celle d'avoir choisi de retourner en Argentine, à River Plate, puis Newell's Old Boys, quand il aurait pu se contenter de faire marcher la planche à billets. Claude Puel : « Le transfert en Argentine, c'est un rêve qu'il a assouvi. Il a fait l'essentiel de sa carrière en France et en Italie, mais il a une double éducation européenne et sud-américaine, donc en signant là-bas, il a bouclé la boucle. »

Tous propos recueillis par Nicolas Jucha
Le but en or qui a entrain� les pires blagues sur le rebouchage de champagne

David Trezeguet l'Italien


Déjà français et argentin, David Trezeguet peut afficher sereinement la nationalité italienne d'un point de vue sportif. Une nation qui a un lien très particulier avec le couronné roi David au moment de faire le bilan sur son immense carrière. Portrait robot d'un échange Erasmus sous le signe du destin.

Nous sommes le 1er avril 1998 lorsque David Trezeguet croise pour la première fois l'Italie et sa Vieille Dame. Dans un Stadio delle Alpi aux allures de forteresse imprenable, le jeune David et ses coéquipiers monégasques viennent défier la Juventus en demi-finale de Ligue des champions. Sous les yeux d'environ 56 500 spectateurs dont, pour l'anecdote, le prince Albert et Michel Platini, Monaco résiste pendant près d'une mi-temps à des Bianconeri quasiment invincibles à cette époque, sous la direction de Marcello Lippi. Mais face au talent d'Alessandro Del Piero, auteur d'un triplé (un coup franc et deux penalties), bien aidé par un certain Zidane également buteur, la Principauté tombe sévèrement, abandonnant tout espoir de qualification (4-1). Ce soir-là, David Trezeguet ne brille pas. Tantôt bien cerné par les rugueux Iuliano et Montero, tantôt bloqué par Peruzzi, David ne trouve pas la faille. Qu'importe, il ne le sait pas encore, mais le futur roi David vient de prendre rendez-vous avec son destin. Un rendez-vous pour dix ans de bonheur. Un rendez-vous pour marquer l'histoire. Non, ce n'est pas une blague.

Le plus italien des Français

Avant de rejoindre la Juventus à l'été 2000 et de devenir momentanément la recrue la plus chère de l'histoire bianconera pour 45 milliards de lires (soit environ 23 millions d'euros), David Trezeguet a un clin d'œil à faire à ce fameux destin. Comment ? Évidemment, avec cette incroyable inspiration divine qui envoie d'un côté la France sur le toit de l'Europe et de l'autre l'Italie et sept de ses prochains coéquipiers turinois en plein cauchemar. Une volée en or pour mieux illuminer un parcours tracé dans un second pays d'adoption qui lui convient finalement tellement mieux. Car l'Argentin Trezeguet a beau avoir le sang bleu qui coule dans les veines, nul ne peut nier qu'il est dans la lignée des chevaux de race italiens. Sur les terres de Paolo Rossi ou du plus éphémère Toto Schillaci, Trezeguet arrive en terrain conquis par ces bons vieux renards de surface. On connaissait déjà l'Italo-Argentin Delio Onnis, on connaîtra le Franco-Argentin Trezeguet. Pourtant, la concurrence dans le même style est rude avec son coéquipier Inzaghi ou le Nerazzurro Vieri, mais David n'en a que faire. Un premier but en Serie A face au Milan AC, déjà, et la machine est lancée vers les plus grands succès. La Vieille Dame se résout même à lâcher SuperPippo aux Rossoneri, tant le potentiel de Trezeguet semble infini et l'association avec Del Piero divine. Un duo qui émerveillera pendant dix longues années, égalant puis dépassant tous les records. Un duo que seul Il Pinturicchio, Del Piero lui-même, a pu parfaitement dépeindre dans une lettre adressée à son coéquipier historique.

Un duo que même la relégation en Serie B n'a pu séparer. « La remontée en Serie A représente ma plus belle victoire lors de mes dix ans en bianconero. Une fantastique expérience de vie. Les tifosi nous considèrent comme des héros parce que nous avons choisi de rester » , confiait ainsi Trezeguet à la Gazzetta dello Sport en septembre 2010, peu après son départ à Alicante. Un témoignage qui en dit long sur le joueur, voire même sur l'homme. Difficile aussi de ne pas y voir à nouveau cette fatalité qui dicte une carrière, une vie. David en gagnera le respect infini du peuple bianconero qui l'adoptera définitivement comme l'un des siens. Il en profitera aussi pour devenir le meilleur buteur étranger de l'histoire de la Juve (171 buts) effaçant des tablettes... l'Italo-Argentin Sivori (167). Effectivement le plus italien des Français, l'hommage appuyé rendu en janvier 2014 par le Juventus Stadium est là pour l'illustrer. « J'ai envie de pleurer, sincèrement, je ne pourrai jamais oublier ce que la Juve a fait pour moi. Et c'est aussi grâce à vous qui m'avez soutenu pendant 10 ans, merci à tous, pour tout » , témoignera Trezegol au public turinois, à son public. Storia di un grande amore comme dit la chanson.

À deux penalties de la perfection

Difficile toutefois d'empêcher le destin de nous rattraper. David Trezeguet le sait mieux que quiconque. En mai 2003, l'attaquant bianconero s'y heurte encore, de plein fouet cette fois. Un maudit pénalty, déjà, détourné par Dida et une finale de Ligue des champions perdue contre le Milan AC - tiens, tiens. « C'est le plus grand regret que j'ai jusqu'ici, avouait Trezeguet à Sky Sport en juin 2008. La Champions League est la plus belle des compétitions, celle où jouent les meilleures équipes du monde. Seulement, les tirs au but sont une question de chance. J'ai tiré et raté, j'en prends la responsabilité, même si je pense que cela fait partie du foot. J'ai plus de regret sur ce pénalty que sur celui du Mondial, parce que cette équipe est la mienne depuis huit ans. J'ai vécu les plus beaux et les plus mauvais moments avec ce club. J'espère pouvoir disputer une autre finale de Champions League, et s'il fallait tirer à nouveau un pénalty, je le ferais pour prendre ma revanche. » Cela n'arrivera pas, le roi David devra se contenter du but décisif pour le Scudetto inscrit en mai 2005 face au Milan, à San Siro.

Marcello Lippi a d'ailleurs fait le rapprochement entre ce premier pénalty décisif manqué et le second en finale de Coupe du monde 2006. « Quand Trezeguet s'est avancé pour tirer à Berlin (le lieu de la finale, ndlr), je me suis dit "David tu me dois quelque chose" et il a effectivement raté » , dévoilait ainsi l'entraîneur italien à la Gazzetta dello Sport en juin dernier. Cruel pour le principal intéressé ? Pas vraiment si on en croit une de ses confessions, toujours à Sky en 2008 : « J'étais déçu pour mes coéquipiers. Mais personnellement ni plus ni moins. Ce fut un Mondial négatif du début à la fin pour moi. Je n'ai jamais senti de confiance à mon égard et cela s'est vu sur le terrain. Mais je n'ai rien à me reprocher, j'ai toujours donné le maximum pour l'équipe de France. » Des paroles pesantes, qu'on expliquera tout de même par le contexte du moment et une éviction controversée du groupe bleu pour l'Euro 2008. Une compétition où le Coq tombera prématurément sous les coups de... l'Italie. La boucle est bouclée.

Par Eric Marinelli
Ribéry, Chimbonda et Trezeguet aux premières loges du Mondial 2006

« Si vous saviez ce qu'il m'a dit sur chaque entraîneur… »


Plutôt discret dans les polémiques ou les gros débats tactiques, David Trezeguet est sorti une fois du bois, tout au long de sa carrière : lors de l'ère Domenech chez les Bleus. Ray-ban syndrome. Raymond Domenech a accepté de revenir sur cette relation chaotique.



Trezeguet était certainement le dernier « renard des surfaces » , et avec lui qui arrête le foot, c'est une race de buteur qui s'éteint. Vous en pensez quoi ?
Ce n'est pas le dernier. Il est dans la continuité des avant-centres argentins qui ne couraient pas beaucoup. Le football a beaucoup évolué, et aujourd'hui, on demande beaucoup plus aux attaquants que de se contenter d'attendre qu'on amène le ballon dans la surface. Ces joueurs qui marquent des buts n'ont pas disparu, mais ils ont un bagage supplémentaire.

Vous avez eu David en Espoir et avec les A. Pourquoi, avec vous, en A n'a-t-il jamais été un joueur majeur, alors qu'il était indispensable à la Juve ?
Il n'a jamais été indiscutable, ni avec Jacquet, Santini et ni avec moi. Son profil d'avant-centre pour l'équipe était d'être un vrai bon joker.

Pourquoi, puisque la collaboration Henry-Zidane n'a jamais été évidente, ne pas avoir tenté Zidane-Trezeguet ? Cela aurait pu fonctionner, non ?
Aimé est champion du monde sans se poser cette question là. Pour lui, c'était un jeune joueur qui arrivait. Santini s'est planté au Portugal avec la formule Zidane-Henry-Trezeguet. Il y a ce style de joueur qui demande une organisation où il faut amener le ballon dans la surface et amener du monde, car il va utiliser les espaces libérés ou construits par les déplacements des autres.

Il vous en veut de tout ça. Il est très dur dans une interview que So Foot a réalisée avec lui. Il estime que, lorsque vous le faisiez jouer, vous le piégiez en fait. Il dit aussi que vous n'avez jamais rien gagné, que vous n'étiez pas légitime à votre place. Il a vraiment des mots très durs pour vous…
J'ai souvent discuté avec David pendant la balade, et si vous saviez ce qu'il m'a dit sur chaque entraîneur qu'il a eu. Je savais au moment où il me disait ça, sur tous les entraîneurs qui avaient gagné des titres avec lui, « qu'il ne l'avait pas assez fait jouer, qu'il ne l'avait pas augmenté, qu'il avait quelques soucis avec lui » , que mon tour viendrait. Si je devais rendre public tout ça, ça ne serait pas à son avantage. Y a des gens qui sont comme ça et qui ne savent pas prendre ce qui est bien. C'est aussi un truc d'avant-centre. Depuis les discussions que j'avais eues avec lui et qu'il s'était permis de tailler les entraîneurs de renom qu'il avait eus, je me suis dit un jour que ce sera pour moi. Cela me paraît logique. Il n'a pas changé.

On n'est jamais tout blanc tout noir dans la vie. Pensez-vous qu'il a sa part de responsabilité dans les choix que vous avez faits ?
Quand il dit que je lui ai tendu des pièges, ça me fait rire. Je préfère en rire. Je fais jouer un mec, il n'a pas marqué et donc nous non plus. Y a une relation de cause à effet. Il marque pas. Une fois, deux fois, c'est donc aussi un peu de sa faute. Mais moi, je n'entre pas dans ce genre de débat. Dans la mesure où il a un jour critiqué des grands entraîneurs, je relativise.

La veille de la finale 2006, vous n'aviez pas trop aimé le voir s'exercer aux pénaltys...
La veille de la finale, alors que la plupart des joueurs étaient rentrés au vestiaire, Wiltord et Trézéguet, après avoir travaillé devant le but, ont décidé de tirer quelques pénaltys. Quand je m'en suis aperçu, Trezeguet venait d'en mettre un en pleine lucarne. Comme un pressentiment, je leur ai dit de rentrer. « Demain, y'aura 80 000 personnes dans le stade, plus d'1 milliard de personnes devant leur télé et savoir tirer son tir au but la veille ne servira à rien  » . Le lendemain, Trézéguet a raté son pénalty.

Il vous en veut car, le soir de la finale en 2006, Maradona est venu le réconforter et pas vous. Lui en voulez-vous d'avoir raté ce pénalty ? Vous vous souvenez de ce moment-là ?
Tu sais comment ça se passe dans ces moments… tu sais comment c'était dans le vestiaire…

Oui, mais y a eu le Crillon, l'Élysée, y a eu du temps, d'autres moments…
J'ai jamais rien dit publiquement, quoi que ce soit. Pour moi, c'est du collectif. Il a raté un geste collectif. À quoi ça aurait servi d'aller le voir et le stigmatiser ? Je me souviens d'un gardien de but qui disait qu'après avoir fait une boulette, y avait rien de pire qu'un gars qui vient le réconforter. Plus on te réconforte et plus tu t'enfonces. Pour moi, j'en ai fait un geste technique collectif, et c'est pendant le match qu'on a perdu. J'en ai jamais fait un rapport lui-moi. J'ai toujours fonctionné comme ça avec les joueurs.

Pour terminer, il va arrêter et avoir une autre vie, certainement du côté de la Juve. Il pourrait peut-être devenir entraîneur. Que pourriez-vous lui dire pour apaiser sa conscience et qu'il se prépare à ce métier que vous connaissez ?
Qu'il se souvienne de toutes les critiques qu'il a émises sur tous les entraîneurs qu'il a eus et qu'il essaie de ne pas refaire les mêmes.

Propos recueillis par Vikash Dhorasoo
La leçon tactique de Trezegol sur l'animation offensive de l'équipe de France

« Jouer pour les Bleus, c'était un choix de carrière »


En octobre 2010, SO FOOT rencontre David Trézéguet, qui vient alors d'arriver en Liga, au Hercules Alicante. Entre autres choses, le buteur expliquait son rapport à l'équipe de France et à l'Argentine. Morceaux choisis, dans sa langue de prédilection : l'espagnol.



Tu es né à Rouen avant de repartir très vite en Argentine, à Buenos Aires. Comment c'était, la vie au quartier Florida ?
J'ai d'excellents souvenirs de mon enfance. Florida c'était « un quartier » (en français dans le texte, ndlr). J'ai vécu au milieu de gens modestes, très humbles, mais surtout très travailleurs. J'ai grandi dans un environnement où l'effort était quelque chose de culturel. Je n'étais pas différent des autres gamins, je partageais une partie de mon temps entre l'école et les terrains de foot. J'ai eu une adolescence on ne peut plus normale. Vraiment sans aucun problème. Je passais beaucoup de temps avec mes amis, mais il n'y a jamais eu de dérapage. Je dirais que mon enfance a été très constructive, très positive. Je n'ai pas à me plaindre.

En Argentine, tous les joueurs ont le droit à un surnom. C'était quoi le tien ?
Moi, j'ai eu droit au « Français » , à « Flaco » ( « maigre » , comme Menotti, Pastore ou Cruyff, ndlr) parce que j'étais très longiligne, mais mon oncle m'appelait aussi « Cabezón » ( « grosse tête » , en VF). Je n'avais pas spécialement une grosse tête, mais bon… En Argentine, il y a une culture des surnoms, c'est un signe d'appartenance, mais aussi d'intégration. C'est très important.

Tu avais de l'intérêt pour tes racines françaises quand tu étais en Argentine ?
Oui, à l'époque, j'avais beaucoup de curiosité pour tout ce qui concernait la France. C'est le parcours des Bleus lors du Mondial 86 qui a éveillé mes premiers sentiments. C'était aussi la grande époque d'Alain Prost en Formule 1. Il me rendait dingue, j'étais un très très gros fan de ce qu'il faisait. C'est en regardant les champions français que j'ai commencé à m'interroger sur mon identité.

Tes premiers émois, en quelque sorte…
C'est ça, mais plus que de l'amour, c'était de la curiosité. Je ne sais pas si c'était parce que j'étais né en France, mais en tout cas j'avais un petit pincement au cœur bizarre quand je regardais les sportifs français à la télévision. À l'époque, il n'y avait pas autant de chaînes qu'aujourd'hui, alors quand tu voyais un Français à la télévision, ça voulait dire qu'il était bon. J'aimais bien cette idée-là.

En 86, tu supportes quelle équipe, l'Argentine ou la France ?
L'Argentine. Le Mondial 86, c'est mon premier grand souvenir de football et Maradona, à cette époque-là, c'était plus fort que tout. La victoire de l'Albiceleste, c'est ma première véritable grande émotion liée au football. C'était incroyable. En plus, c'était difficile de supporter une autre équipe que celle-là étant à Buenos Aires. Là-bas, la passion pour le football est telle que tu es emporté par l'engouement populaire. En Europe, la passion du football est différente ; elle est beaucoup plus raisonnée.

Pourquoi avoir refusé de jouer avec l'Argentine alors que tu savais que José Pékerman, l'entraîneur des jeunes à l'époque, voulait te convoquer ?
Le truc, c'est que la génération dont s'occupait Pékerman était celle de 78/76. Moi, je faisais partie de la génération 77. Au même moment, Thierry Henry m'a raconté que Gérard Houllier lui avait parlé pour lui dire qu'il voulait me convoquer prochainement. À ce moment-là, j'ai choisi avec la tête, pas avec le cœur, et j'ai finalement choisi de jouer pour la France malgré les appels du pied des Argentins. J'étais très loin d'imaginer que je deviendrais champion du monde en 98. Au départ, jouer pour les Bleus, c'était un choix de carrière, je le nie pas. Ensuite, j'ai vu que les gens me faisaient confiance et j'ai commencé à respecter tout ce que ce maillot pouvait représenter dans les catégories de jeunes.

Malgré ton passeport français, tu vis le football comme un Argentin ?
Je l'ai toujours dit : j'ai une relation très importante avec la France. Je l'ai toujours reconnu et je sens que les Français ont beaucoup d'affection pour moi. C'est quand même le pays qui m'a adopté, et ça, c'est pas rien. Aujourd'hui, j'ai deux enfants qui sont nés à Monte Carlo… Mais bon, ils sont français, hein ! Et ça, pour moi, c'est un certain honneur. Mais maintenant, c'est vrai que je n'ai peut-être pas la même mentalité qu'un Français lambda. J'ai passé 17 ans en Argentine, et très peu de temps en France. J'ai tenté de m'adapter du mieux possible à la France pour me faire adopter, et sincèrement, je crois que j'y suis arrivé. Je crois que c'est ma volonté de m'intégrer qui a fait que le peuple français m'apprécie autant. Je crois aussi que ma discrétion est quelque chose de très apprécié en France. Je ne suis pas un personnage qui aime fanfaronner devant les caméras… C'est ma manière d'être ! Je ne ressens pas le besoin d'être une star sous le feu des projecteurs. Du moment que les gens aiment bien ce que je fais sur le terrain, ça me va. C'est la seule reconnaissance dont j'ai besoin. En dehors, je veux une vie sociale normale, avec mes amis et ma famille. Je n'ai pas envie de me montrer pour que les gens m'aiment.

On te rassure : en France, la star de ta génération, c'est Thierry henry, pas toi ! Question communication, Henry a effectué un gros travail de sape…
Henry a été quelqu'un de très médiatisé en France. Je crois qu'il était plus dans une recherche de notoriété que moi. Personnellement, je n'ai jamais eu le besoin ni l'envie de me mettre en avant. Ce n'est pas une nécessité tout simplement… Ma seule satisfaction, c'est d'être acclamé par le public français quand je vais jouer des matchs de charité avec la génération 98. Voir que les gens scandent mon nom et m'applaudissent à l'occasion de ces matchs-là, ça me suffit amplement.

Propos recueillis par Javier Prieto-Santos
Retrouvez l'intégralité de notre interview avec David Trézéguet dans le SO FOOT #80, disponible ici.

France - Paraguay 98, le match le plus long

Le temps et l'espace selon David


David Trezeguet voulait marquer des buts et l'a même fait beaucoup. Il a choisi de le faire en France et pour la France, avant de le faire ailleurs. Il aurait aussi bien pu choisir l'Argentine, la terre de son enfance. Oui, mais David calcule vite. Et très vite, il a compris que jouer pour la France serait bien plus utile pour sa carrière. Son métier à lui ? Marquer des buts. Peu importe pour qui, pourvu que ça aille au fond et que ça marque l'histoire.



La force de Trezegol, le dernier renard des surfaces, résidait dans une gestion parfaite du temps et de l'espace. En terme technique, on appelle ça « anticipation et coïncidence » , c'est-à-dire l'interception d'un objet en mouvement. Le petit David Trezeguet devait être très présent au cours d'éducation physique. L'EPS reste le premier moment de découverte de son corps, de l'espace. On bouge, saute, roule, tourne. En fait, on leur fait découvrir le temps et l'espace. Évidemment, nous ne sommes pas égaux face à ce concept. Surtout face à David Trezeguet. Le temps et l'espace sont pourtant à la base de presque tous les sports. Le quaterback lance son receveur, Nadal se place pour faire un passing sur un service-volée de Federer, Dennis Rodman se positionne afin de prendre le rebond.

Dans la lignée du Pippo ou Batigol

Dans une vie de sportif, on est tous arrivés trop tôt ou trop tard sur la balle, le ballon ou le volant. Et à chaque fois, il a fallu composer. Souvent, dans ces situations, on se retrouve à faire le mauvais geste, le geste désespéré. Un peu caricaturale, mais pas loin de la réalité, cette analyse ne convient pas trop à David Trezeguet. Avec lui qui arrête le foot, c'est une race de footballeur, de buteur, qui s'éteint. Cette race de gars courait peu et aimait qu'on leur apporte le ballon pas trop loin du but. « Envoie la balle et je m'occupe de la mettre au fond » . Trezeguet n'est pas toujours considéré comme un grand joueur, mais c'est évidemment un très grand buteur. Il ne participe pas beaucoup à la construction du jeu. Ça ne l'intéresse pas ou peut-être que, loin du but, il se sent inutile, en perte de repères. Pour lui, jouer au foot se résume à marquer des buts. Oui, mais faire une passe vers l'arrière, un tacle ou un dribble inutile, c'est aussi jouer au foot.

David, ce qu'il aime, c'est la zone de vérité, les 16 mètres 50. Un endroit où les espaces se réduisent, la densité de joueurs au mètre carré augmente. Un endroit où il faut prendre position, comme pourrait prendre position le rebondeur ou le pivot dans la raquette. Un endroit où il se sent bien. En mouvement ou arrêté, il sait où il est. Comme SuperPippo ou Batigol, son idole, David sait se situer, sans jamais adresser un regard vers le but car, si les stades changent, la cage, elle, reste toujours à la même place. Oui, David, comme tous les grands buteurs, ne regarde jamais le gardien. C'est mémorisé à vie depuis tout petit, complètement intégré et rangé dans un coin de son cerveau. Pas besoin de jeter un coup d'œil, pas besoin de lever la tête. Il lui suffit juste de gérer sa course, arriver dans le bon le timing, juger la position de ses partenaires et celles de ses adversaires.

Petits pas, coca et pâté en croûte

Le temps et l'espace : voilà le 6e sens du grand goleador. Comment ne pas revoir le but en or lors de l'Euro 2000 ? Pendant que Pirès slalome dans la défense italienne, David prend position dans les 18 mètres. Son cerveau fait le reste pour analyser rapidement la situation. Le ballon arrive dans la surface : placement, équilibre, force, coordination, motricité, petits piétinements pour trouver la position idéale après avoir jugé la trajectoire du centre de Robert Pirès. Il lui suffit alors de choisir la bonne surface pour frapper le ballon. Easy game pour lui !

Coup de pied gauche, tir puissant, pleine lucarne. La France était championne d'Europe. Trezeguet n'aurait aujourd'hui peut-être plus sa place dans le football moderne car, comme le disait son grand ami Raymond Domenech, « aujourd'hui, les buteurs marquent des buts comme Trezeguet, mais ont aussi d'autres bagages » . Les nouveaux grands buteurs comme Ronaldo ou Messi, beaucoup plus complets et aussi à l'aise dans la surface qu'au milieu du terrain, sont des joueurs capables de s'isoler et d'exploits individuels. Cette race de buteurs n'a finalement plus tant besoin des autres que pour faire diversion ou pour emmener l'adversaire vers une fausse piste.

En tout cas, on n'oubliera jamais les larmes au Crillon, au moment de saluer la foule, place de la Concorde, après ce pénalty raté en finale de la Coupe du monde 2006. Peu avant, il est à l'Élysée, seul, isolé et abandonné par le 11 de départ, installé à la table du président Chirac. C'est un peu la lose pour le héros de l'Euro 2000. Il faut bien serrer des mains, faire semblant d'être encore en vie. Seul avec son coca, devant un paté de foie gras en croûte 3 étoiles, il est ailleurs, les yeux dans le vide. Ou de toute évidence, il est encore au stade olympique de Berlin. Il doit repasser en boucle le même geste presque parfait. Cette fois, il a raté de peu. La pression peut-être, le corps un peu trop penché, ou le coup de pied un peu trop confiant, le ballon a percuté la barre. Tu ne bougeais plus, David. Tu venais d'arrêter le temps, l'espace d'un instant. Merci.

Par Vikash Dhorasoo

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Rédaction

Chérif Ghemmour, Nicolas Jucha, Léo Ruiz, Vikash Dhorasoo, Eric Marinelli et Javier Prieto Santos


Édition

Swann Borselino, Pierre Maturana et Gilles François


Design et coordination technique

Gilles François


Secrétariat de rédaction

Julie Canterranne


Crédits photo

Une joie a�rienne pour Trezegoal avec la Juve

Réactions (30)

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par PARISSG il y a 1 an
Très bel hommage So Foot ! Merci à vous, et surtout au roi David. Son sourire d'enfant à chaque but va manquer.
par Bring back our Planus il y a 1 an
Merci SoFoot ! ah Trezeguet... ça me donne envie de tuer Domenech tiens. Enfin bon, un franco/argentin ou argentin/français on sait pas bien, footballistiquement c'est une fusion de rêve comme on en reverra pas de sitôt. Et dire qu'on la eu en même temps que Zidane :) snif..
par curtisjackson23 il y a 1 an
Bon maintenant peut être que les petits trolleurs des commentaires SOFOOT vont pouvoir arreter de critiquer la seule presse foot de qualité de l'hexagone, et s'armer d'un peu plus de patience pour avoir de bons articles travaillés et exhaustifs, comme il se doit pour rendre hommage à la carrière d'un joueur de l'envergure de Trezegue

Si vous voulez des articles de 5 lignes 1h après l'annonce officielle, allez sur le Parisien bordel !!!
par Charrua il y a 1 an
Chérif, sérieusement. Un article sur Trezeguet sans en faire des tonnes sur Henry, c'était trop demandé ?

Hommage génial sinon, merci So Foot.
par Pascal Pierre il y a 1 an
Un bien bel article.

Une époque se tourne désormais.

Plutôt que de les dissocier, on a eu le droit à deux attaquants (dont un vrai buteur) d'excellence en France. Et ils nous ont ramené de titres majeurs, des frissons, de la fierté. A 20 piges, ils avaient été déjà sur le toit de l'europe et du monde.

Cette finale de l'euro 2000 restera à jamais un souvenir qui ne s'éteindra jamais : un Henry demandant aux italiens de s'asseoir, un Trézéguet parachevant la remontée par une reprise d'une demi-volée mythique et classieuse. Une entente d'un soir qui sert de trompe l'œil de leur histoire en bleus.

Le Roi David dès 2000, un règne orchestré de frappes chirurgicales d'une précision incroyable, des capacités à disparaître un temps pour mieux planter son épée, son alliance avec le royaume de Turin.

Ce bouc, cet accent, ce con de Domenech, son entente avec Del Piero qui ne va pas tarder lui non-plus à ranger à tout jamais ses crampons.

C'est bien la première fois que le départ d'un Roi me manquera.

par loupvert13 il y a 1 an
Un seul mot : MERCI

- A David Trezeguet pour les soirées de rêves et de détresse qu'il nous a apporté., mes premiers souvenirs footballistiques sont grâce à lui. Ton passage à River Plate aura été ta plus belle oeuvre, et le seul maillot de foot que j'ai chez moi!
- A SoFoot pour ce si bel hommage
par Toto Valencony il y a 1 an
En ce moment vous nous régalez. J'avais oublié la mode du pansement sur le nez (photo de Monaco).
par Estebanana il y a 1 an
Merci.

Héros national.
par buju il y a 1 an
Merci.

Euh Vikash ... Notre David a tapé la barre sur son tir au but, pas la tribune ... De rien Vikash.
par thebiglobanovski il y a 1 an
Il est vraiment con Ray en fait,
David pff je suis deg!
par jeTadoreXavi il y a 1 an
Oh putain SOFOOT j'adore cet article et les articles de ce genre vous etes de loin les meilleurs loin devant ces stagiraires sur psgsport.
Mettez nous des aricles sur Xavi putain c'etais son anniversaire hier celebré le joueur le plus intelligent du monde.
par Maradinho il y a 1 an
Immense joueur, m'ont collé une larme à l'oeil ces cons !
Quant à Domenech, quelle honte ce type.. médiocre !
par Krov il y a 1 an
Bel hommage, il va me manquer ce con!

Putain Trézéguet en EdF qu'est ce que ça aurait été sans Domenech...
par shamoidor il y a 1 an
Sans domenech il aurait defoncer le meilleur buteur en bleus. Merci david pour la d2 avec la juve tres peu on suivi merci. Tu as plus qu honore ton club ton contrat tu as honore le football
par sospanic il y a 1 an
Cette banane après chaque but... putain, ta joie de vivre le football nous manque déjà.
L'interview de Domenech confirme tout le mal fondé que je pense de lui.
par Super Dupont il y a 1 an
Tu me manques deja. Merci pour tout.
par ParisianoLF il y a 1 an
par Pig Benis il y a 1 an
Putain David... le coup de vieux, quand tu t'aperçois que dorénavant, il n'y a plus aucun champion du monde 1998 en activité. Un de mes joueurs préférés, merci pour tout !
par Professeur ma boulette il y a 1 an
Encore un bien joli article merci So Foot. J'étais tellement malheureux que ce soit lui qui ait raté son penalty en finale en 2006. Sinon merci au roi david pour mon meilleur orgasme footballistique en 2000. Avoir planté ce but en or en finale contre l'Italie en 2000 alors que leur clubs nous martyrisaient en coupes d'Europe c'était indescriptible.
par The Ant il y a 1 an
L'interview de Domenech est aberrante. Dès la première réponse il cherche à minimiser l'impact de Trezeguet dans une équipe.
par burruchaga il y a 1 an
Trézeguet, rien que pour l'accent méridional-argentin !
par pinturicchio1897 il y a 1 an
Et dire que certains français ont osé lui chier dessus pour ce tir au but sur la barre. Un grand attaquant et un grand homme. Trezegol uno di noi
par Maoi il y a 1 an
Bravo pour cet hommage et ce super article SF.

Très bonne idée que le folio d'hommage... Hâte de voir celui de Riquelme :)

En tout cas, format à reproduire et à adapter à tout les futurs retraités qui mériteront un bel hommage.

Ps: je valide avec Monaco, David, la boucle est bouclée !
par SempreBN il y a 1 an
J'aime bien ce type d'article, sur la forme ca ressemble à ce que vous faites dans la version papier.
Trezegoal, ca fait longtemps que tu manques au foot.
par SuperPippo1897 il y a 1 an
QUANDO GIOCA SEGNA SEMPRE TREZEGUET !
UOMO VERO ! GRAZIE DI CUORE DAVID !
par benbus il y a 1 an
Bravo SoFoot pour cet hommage (largement) mérité au Roi David !

Et merci de nous prouver une fois de plus avec cette interview hallucinante de Domenech (par Vikash Dhorasoo, on croit rêver) que l'ex-sélectionneur des Bleus n'a rien compris au Roi David. Pauvre Raymond, petit et mesquin qui n'a toujours rien appris de ses échecs...
par Lost in translation il y a 1 an
Super ces dossiers! Celui la comme celui sur Canto-Papine! Le format sur iPhone est ! très agréable à lire.

Ces dossiers ne sont pas assez mis en valeur par contre. Je suis tombés sur les deux aux hasard d'une brève alors qu'il y a vraiment du boulot derrière.

Sinon la remarque de Domenech sur le rab d'entraînement au penalty la veille de la finale est incroyable! Un casseur de moral par excellence.
Ce qu'il y'a de bien avec Vikash c'est qu'à la lecture de la première phrase on connaît déjà l'auteur du texte :)
par Faustino Asprilla il y a 1 an
Put**n c'est vrai que ca fout une baffe de voir tous ces joueurs partir, de se rememorer ces moments formidables qui sont passes, d'avoir des doutes quant a l'eventualite d'en revivre d'aussi forts...
Je me souviens du but de Trezegoal en 2000, je descendais au bled. On s'arrete sur une aire d'autoroute pommee en Espagne, et la alors que je viens de commander un cafe je le vois degommer cette puta*n de reprise.. Sur le coup j'avais zappe le but en or et je me dis "mais quel con pourquoi il cavale comme ca le match n'est pas fini...."
par SeventhDisciple il y a 1 an
Putain, les années passent... Merci David.

Si l'anecdote de Raymond est véritable, sur 2006, on peut lui faire porter la responsabilité de l'échec du tir au but de Trezeguet. C'est vraiment le genre de phrase qui peut ressurgir quelques instant très court et te sortir de ta concentration juste assez pour rater ton tir.
Plus je lis d'interviews de ce type et plus il me paraît évident que sa principale tare est sa catastrophique gestion humaine.
par ThomasDandy il y a 1 an
Ce qu'on retiens de cet article, c'est que Trezeguet est un héro et Domenech un vrai salaud.
Je n'oublierai jamais ce but en finale de l'Euro 2000, un de mes plus beaux souvenirs de gosse.

Merci David.