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Zidane-Benzema, le poker gagnant de Florentino

Contesté comme jamais au début de l’année, le président du Real Madrid a retrouvé un semblant de sérénité. Un retour au calme qu’expliquent pour beaucoup les performances de Benzema et l’intronisation de Zidane. Deux Français qui sont autant de coups de cœur du señor Pérez.

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Un enfant au milieu d’adultes. Si ce n’est l’inverse. En ce 20 janvier dernier, le faciès de Florentino Pérez renvoie des airs enfantins. Assis entre la pléiade de stars qui composent son Real Madrid, nouvelle photo officielle de l’équipe première oblige, il se retourne et sourit à la vue de son nouvel ange gardien, Zinédine Zidane. Un double Z qui, loin de s’octroyer l’entièreté du regard malicieux du big boss, partage la vedette avec l’un de ses compatriotes merengues, aka Karim Benzema. Entre le natif de Marseille et celui de Lyon, le cœur de Florentino Pérez ne balance pas : il se décide pour les deux. Car l’un comme l’autre restent des paris présidentiels qui, aujourd’hui, se révèlent les meilleurs atouts du señor Pérez. Contesté pour ses choix incohérents, sifflé pour sa non-remise en question, le président du Real Madrid se retrouve soutenu par ces deux Français, l’un buteur vedette ennuyé par la justice, l’autre néo-propriétaire de la guérite du Santiago-Bernabéu. En soi, deux des choix les moins discutées aujourd’hui par un Madridismo qui rêve de soulever au moins un trophée d’ici le gong de la saison.

Florentino Pérez : « Nous soutiendrons toujours Benzema »


« Nous l’avons soutenu et nous le soutiendrons toujours. Après avoir parlé avec lui et de ce que je connais de lui, c’est impossible de penser qu’il ait fait quelque chose de mal. C’est un bon gamin et je n’ai aucun doute sur le fait qu’il a, avant tout, voulu aider son ami Mathieu Valbuena. Vraiment. » Rarement, Florentino Pérez ne se montre aussi proche d’un de ses poulains. Lors de cette interview fleuve accordée à France Football fin janvier, le président de la Casa Blanca défend contre vents et marées le natif de Lyon. Une attitude qui tranche par rapport aux préceptes de feu Santiago Bernabéu, qui avait fait du señorio et du respect des bonnes mœurs le modèle du club. C’est que Karim Benzema se veut le chouchou de son président. Pour rappel, en 2009, lorsque l’espoir lyonnais est courtisé par la moitié des grosses écuries européennes, son président Aulas accepte une offre astronomique de Manchester United. Finalement, au fait du vif intérêt du Real Madrid - le club de corazon de Rim-K -, le président de l’OL accepte de le vendre pour un montant inférieur au monstre de Chamartin - 35 millions d’euros tout de même.


L’amour de jeunesse de Benzema pour le Real revient vite aux oreilles d’un señor Pérez qui décide de le prendre sous son aile. Les entraîneurs ont beau s’enchaîner sous la guérite du Bernabéu, la bénédiction présidentielle envers le Français ne varie pas d’un iota. Même lorsque Mourinho compare Benzema à un chat pour son manque d’engagement, le magnat du BTP espagnol ne change pas son fusil d’épaule. Une surprise, tant ce dernier a tout cédé au Special One. Même Zinédine Zidane, intronisé conseiller spécial du président et, donc, présent sous la guérite du Portugais lors des matchs de Ligue des champions, est rapidement sorti de l’organigramme pour ne pas faire d’ombre au Mou. Pourtant, l’attachement de Pérez pour le double Z n’est plus à démontrer. À une arrivée astronomique - 75 millions d’euros - succède un sacre en C1, symbolisé par la reprise autant artistique qu’historique du Marseillais. « Beaucoup de monde établit le parallèle avec Di Stéfano, car des anciennes générations disaient avec fierté : "Moi, j’ai vu jouer Di Stéfano." Eh bien, les générations de supporters plus récentes sont heureuses de dire : "Moi, j’ai vu jouer Zidane !" »

Entre petit et grand frère


Intronisé entraîneur de l’équipe première au début du mois de janvier, Zinédine Zidane a rendu un immense service à son président. Gage de la paix sociale, le premier entraîneur français du Real Madrid rend à la Casa Blanca des airs enchanteurs sur le pré. Plus spectaculaire, plus palpitante, ou tout simplement plus gaie, la formule du Z contraste par rapport à celle de son successeur, un Rafa Benítez pourtant Madridista depuis sa naissance. Quant à Karim Benzema - « C’est un peu comme mon petit frère » , évoquait en 2014 Zidane -, il surfe sur ses problèmes judiciaires pour afficher le meilleur niveau de sa carrière. Enfin tueur face aux cages, bien plus « méchant » dans les duels, il endosse enfin la liquette de franchise-player du Real - n’en déplaisent à Cristiano Ronaldo et ses buts bien moins importants que ceux du Français. Autant dire que face à cette Roma, le duo d’origine algérienne attire toutes les attentions. La meilleure des nouvelles pour Florentino Pérez : que ce soit lors de sa première année en tant que joueur ou en tant qu’adjoint, Zinédine Zidane a toujours remporté la Ligue des champions.

Par Robin Delorme
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