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Yamga : « Mon téléphone a pété les plombs avec les supporters iraniens »

Le deuxième meilleur buteur de la Persian Gulf Pro League est français, et il s'appelle Kevin Yamga (8 buts après 20 journées). Arrivé en octobre à Esteghlal en provenance du Danemark, l'attaquant de 25 ans a mis tout le monde d'accord en claquant d'entrée un doublé. Il n'en fallait pas tant pour séduire des supporters conquis avant même sa signature. Tout de suite adopté, le joueur formé au Chievo finira même peut-être par accéder à l'éternité si le club de Téhéran, leader avec trois points d'avance sur Persepolis, conserve sa première place jusqu'au bout du championnat...

Tu es né à Paris, mais tu as fait tout ton début de carrière en Italie. Comment tu t’es retrouvé là-bas ?
J’ai commencé le foot à Montigny-lès-Cormeilles. J’ai déménagé à Cergy, puis Saint-Ouen-l'Aumône, et c’est là que je me suis fait repérer par des recruteurs du Chievo. C’est comme ça que j’ai rejoint Vérone à 14 ans. Le club formait très bien les jeunes, on a remporté le championnat des moins de 23 ans en 2012-2013. Malheureusement, je n’ai pas eu ma chance en équipe première. Le Chievo a été pendant des années l’équipe la plus vieille d’Europe, les coachs en place comptaient beaucoup sur l’expérience. Quand on est champion d’Italie des moins de 23 ans, on bat la Juve, l’Inter, le Milan. Malgré ça, l’année d’après, aucun joueur n’est passé en équipe première, ils ont tous été envoyés en prêt.

« Avec Zeman, le lundi, on ne touchait pas le ballon. C’était de la course pendant 45 minutes, puis tu allais dans les gradins faire des sauts dans les escaliers pendant une vingtaine de minutes. »

Comment tu as vécu cet enchaînement de prêts, qui t’a fait connaître cinq clubs entre 2015 et 2018 ?
Ce n’était vraiment pas évident. En 2017, je devais partir à Ascoli, en Serie B. Ils attendaient une ouverture pour me recruter ; ça ne s’est pas fait. Dans la dernière heure du mercato, je signe finalement à Carpi. J’arrive là-bas dans des conditions un peu étranges, on n’avait pas l'impression que le coach prenait toutes les décisions. Ça ne s’est pas bien passé, je jouais à peine. J’ai réussi à partir à Pescara au milieu de la saison, où (Zdeněk) Zeman était le coach. J’ai bien aimé son idée du foot, même si les séances d’entraînement étaient épuisantes. Le lundi, on ne touchait pas le ballon. C’était de la course pendant 45 minutes sans toucher le ballon, puis tu allais dans les gradins faire des sauts dans les escaliers pendant une vingtaine de minutes. C’était dur physiquement, mais j’ai joué les quatre premiers matchs avec lui. Et là, il se fait limoger, et je ne joue plus du tout. Les clubs italiens font beaucoup le choix de prêter les jeunes à tout-va pour qu’ils prennent de l’expérience. Je ne trouve pas ça forcément productif, mais ça a été ma trajectoire, c’est aussi ce qui m’a aidé à grandir.

Tu es revenu en France pour une saison à Châteauroux en 2018-2019. Ce n’était pas trop bizarre de revenir après tant d'années en Italie ?
Ça m’a fait du bien. Je n’étais pas trop loin de Paris, ça me permettait de rentrer le week-end, de voir ma famille et mes amis plus souvent. J’ai quelques regrets sur ma saison parce j’ai été freiné par une blessure, ça m’a fait perdre pas mal de temps. J’ai quand même joué pas mal de matchs, donc je reste satisfait de mon passage. On avait un groupe de qualité, j’essayais de tirer tout ce que je pouvais de mes coéquipiers : les déplacements et le positionnement de Christophe Mandanne, l’éthique de travail de Grégory Bourillon, etc. À l’entraînement, c’était assez compétitif. Avec Greg, soit je passais, soit je me prenais des petits taquets. Ça faisait longtemps que je n’avais pas connu un vestiaire français, c’était bien de retrouver des coéquipiers avec la même culture. Ça m’arrivait de dire des mots en italien sur le terrain, par réflexe. Et ça peut encore m’arriver aujourd’hui. (Rires.) Après sept ans en Italie, il y a un peu d’Italien en moi.



Comment tu as réagi la première fois que tes agents t’ont parlé de l’Iran ?
Honnêtement, je n’étais pas tellement intéressé. Après, je me suis renseigné. J’ai eu la chance de discuter en amont avec le coach adjoint, qui est italien. J’ai appris que le club jouait la Ligue des champions asiatique et avait beaucoup de supporters. Ça a changé la donne, mes appréhensions ont été levées. J’ai connu des clubs qui jouaient essentiellement le maintien, je voulais vivre quelque chose de différent.

L’aspect financier est aussi entré en ligne de compte ?
C’est clair, ce que je touche ici est supérieur à ce que j’ai connu en Europe depuis le début de ma carrière.

Sportivement, passer de la D1 danoise à la D1 iranienne n’est pas une régression ?
Pour moi, le niveau est bon ici. D’ailleurs, le Portugal recrute beaucoup en Iran. Je ne le vois pas comme une régression parce qu’au Portugal, j’étais dans un club qui jouait le maintien et qui a fait faillite. Au Danemark, mon club jouait aussi le maintien. Je me retrouve dans un club qui joue le titre, on est en tête et encore invaincus. Sans quelques problèmes administratifs, on aurait aussi dû jouer la Ligue des champions asiatique (Esteghlal a été déclaré inéligible par l’AFC, qui valide la qualification des clubs selon des critères sportifs, administratifs et financiers, NDLR).

« Les clubs n’ont le droit qu’à trois joueurs étrangers, donc il y a de grosses attentes. Si je les satisfais et que je me sens bien ici, pourquoi pas rester sur la durée. »

Comment sont les supporters ?
Très chauds. Le jour où je dois voyager pour l’Iran, je suis dans la voiture pour rejoindre l’aéroport, et mon téléphone se met à vibrer sans s’arrêter, je reçois des centaines et des centaines de messages. J’ouvre Instagram et je vois tous les supporters qui me souhaitent la bienvenue, alors que je n’avais même pas encore signé. Je n’étais même pas encore dans l’avion ! J’ai dû désactiver toutes les notifications, mon téléphone pétait les plombs. Mon deuxième match ici, on va jouer à l’extérieur et arrivés à l’hôtel, on a dû attendre dans le bus au moins une heure avant de pouvoir sortir tellement les fans étaient nombreux. Je prenais des vidéos, c’était fou, mais beau. Je n’avais jamais vu autant d’engouement dans ma carrière. Ça motive énormément.

L’Iran, c’est donc une bonne surprise pour toi ?
Une très bonne surprise. Téhéran est pleine de beaux endroits et en fin de compte, ce n’est pas très différent de la vie en Europe. J’ai voyagé dans quelques villes à l’extérieur et c’est vraiment un pays où tu trouves tous les paysages, aussi bien la mer et la montagne que le désert. Je me suis bien adapté ici. Les clubs n’ont le droit qu’à trois joueurs étrangers, donc il y a de grosses attentes. Si je les satisfais et que je me sens bien ici, pourquoi pas rester sur la durée.



Comment tu gères la barrière de la langue ?
Le perse est une langue compliquée. Je sais dire quelques mots comme « bonjour » ou « comment ça va » . Je sais compter jusqu’à dix et je connais les couleurs, des choses comme ça. Pas mal de gens parlent anglais, donc j’arrive à me débrouiller.

« Je regarde pas mal de vidéos pour me préparer à l'après-foot. Au lieu de passer la journée à jouer à la Play, je peux utiliser ce temps pour apprendre. »

Qu’est-ce que tu fais de ton temps libre ?
Je sors de temps en temps pour me promener en ville, manger avec des coéquipiers... Il y a plein d’endroits sympas en ville. Juste à côté d’Iran Mall, le plus grand centre commercial d’Asie, il y a un petit lac avec plein de restaurants et de cafés, c’est vraiment bien quand il fait beau. Quand je suis à l’hôtel, des fois, je joue à la Play avec mes amis. Je regarde aussi pas mal de vidéos pour me préparer à l'après-foot. Ça peut être de l'immobilier, de la restauration, de l'investissement en bourse... Je ne suis pas encore fixé sur ce que je voudrai faire plus tard, donc je regarde un peu de tout pour me donner des idées et ensuite avoir le choix. Au lieu de passer la journée à jouer à la Play, je peux utiliser ce temps pour apprendre et être prêt le jour où je veux faire quelque chose d'autre.

Tu as fini ton premier match avec un bandage sur la tête après un choc aérien. Les défenseurs iraniens t’ont bien accueilli ?
Tout de suite, j’ai été mis dans le bain ! Mais ça a été un bon premier match pour moi, vu que j’ai réussi à marquer deux buts. Les défenseurs sont pas mal rugueux. Ils sont peut-être un peu moins structurés physiquement qu’en Ligue 2 ou dans le championnat danois, mais ils sont très agressifs. Finir les matchs avec de petites blessures aux chevilles, c’est devenu une habitude.

Au Portugal et au Danemark, tu as joué latéral. Comment tu t’es retrouvé à ce poste, toi qui es un joueur offensif de métier ?
Au CD Aves, je jouais ailier et, nos deux latéraux droits étant blessés, j’ai dépanné. J'ai fait un très bon match, j'avais même été nommé dans l'équipe type de la semaine. Après, j'ai enchaîné les matchs à ce poste-là. Au début, c’était un peu contre-nature, mais je me suis adapté.



Tu as réussi à prendre du plaisir en tant que latéral ?
Je peux dire que oui parce que j'étais un latéral offensif, je montais beaucoup, je dédoublais. Peut-être un peu moins au Portugal, parce que je débutais à ce poste, j'essayais de m'habituer et d'assurer défensivement. En revanche, au Danemark, mon coach voulait des latéraux qui montent, donc j'ai réussi à être offensif. Je ne me contentais pas juste de défendre. Ça m’a apporté la connaissance d'une position en plus sur le terrain, et footballistiquement, c'est toujours un plus.

« C’est un challenge excitant à vivre. C’est ce que je cherchais en venant ici : commencer chaque match pour le gagner, vivre des matchs nuls comme des défaites. »

Retrouver un rôle d’attaquant était l’une de tes conditions pour signer à Esteghlal ?
Pas du tout. Au départ, je devais jouer piston dans une défense à cinq. Au sein d’une équipe qui joue le titre, c’est un rôle très offensif. Finalement, je me suis retrouvé à un poste encore plus offensif, soit ailier, soit deuxième attaquant, et ça me plaît aussi. Dans ma jeunesse, je m’inspirais beaucoup de Thierry Henry. Même si ça faisait un an et demi que je jouais plus bas, j'ai réussi à rebasculer parce que j'ai joué la plupart de ma carrière à ces postes. Automatiquement, ça revient vite.

Et si vos latéraux se blessent ?
(Rires.) Je croise les doigts pour que ça n’arrive pas, mais si un jour je dois dépanner parce qu'on n'a pas de latéraux, je le ferai. Il faut parfois se sacrifier pour aider l'équipe.

Tu as marqué trois penaltys cette saison et d’après le site Transfermarkt, tu n’en as raté aucun depuis le début de ta carrière. C’est vrai ?
C’est vrai, oui ! J’essaie de regarder le gardien, de voir s’il anticipe. Il n’y a pas forcément de secret, c’est l’entraînement.

Un petit conseil à donner à Lionel Messi ?
(Rires.) Je pense que c’est plutôt Lionel Messi qui aurait des conseils à me donner !

Marquer régulièrement et te battre pour un titre de champion, ça représente quoi après les galères que tu as connues ?
C’est un challenge excitant à vivre. C’est ce que je cherchais en venant ici : commencer chaque match pour le gagner, vivre des matchs nuls comme des défaites. Mon premier objectif est de conserver notre première place jusqu’à la fin de la saison et de soulever le trophée de champion d’Iran. Le titre de meilleur buteur ? Ce serait un plus. Je jouais encore défenseur cet automne, donc ce serait incroyable, mais le foot est incroyable.

Propos recueillis par Quentin Ballue
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