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Wiloo, le YouTuber qui ambitionne de populariser la culture foot

Précurseur de l’analyse foot sur YouTube, Wiloo (370 000 abonnés) a créé sa chaîne en 2017, fraîchement diplômé de Sciences Po Paris. Fou amoureux du ballon rond, le Lyonnais de 26 ans avait d’abord tenté de faire des vidéos sur FIFA avant de se focaliser sur ce qui le faisait vibrer : l’écosystème foot. Bien dans ses pompes d’auto-entrepreneur, l’homme, qui a quasiment toujours une casquette vissée sur la tête et des maillots accrochés sur les murs de son salon, tente, en toute modestie, de décrypter les matchs de foot qu’il s’enfile chaque semaine et sort dès qu’il le peut des sentiers battus pour parler culture et sociologie à travers le prisme du football.

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Qui es-tu Wiloo ?
Je m’appelle William, j’ai 26 ans. Dès que j’ai bouclé mon master Sciences Po à Paris et terminé mon alternance à Ubisoft en 2017, j’ai lancé ma chaîne YouTube. Au départ, je l’ai axée FIFA, j’étais à fond sur le jeu. J’ai découvert cet univers par hasard grâce à Bruce Grannec. Mais après quatre-cinq mois, quelques tutos et des vidéos, j’avais l’impression d’avoir déjà fait le tour. Dans l'une d'elles, je parlais des prochaines cartes légendes que j’aimerais voir dans le prochain opus d’EA. J’ai investigué sur l’histoire de certains joueurs, et là, c'était le déclic. J’ai pris tellement de plaisir à faire cette vidéo que rentrer dans l’écosystème foot, c’est ce que je voulais faire quotidiennement. J’ai la chance de le faire depuis deux ans et demi.

C’est quoi concrètement le contenu de ta chaîne YouTube ?
Je fais de l’analyse foot. J’essaye de regarder la matière foot dans son ensemble et d’en tirer des choses intéressantes, parfois inabordées ou pas approfondies. La devise de ma chaîne est « Le football mérite d’être compris » , parce que le foot est un sport complexe, véritablement riche, et j’ai envie de me confronter à cette richesse. C’est une poursuite intellectuelle stimulante – d’abord pour moi – et idéalement pour ceux qui regardent mes vidéos ! Forcément, il y a dans ce parti pris une forme de réaction à certains médias, qui estiment parfois que leur audience n’attend pas un contenu approfondi – comme si le foot ne le méritait pas. J’ai l’intuition inverse, et je crois que beaucoup de gens sont profondément insatisfaits du traitement footballistique en France.



Pour toi aujourd’hui, YouTube, c’est l’endroit où on peut le plus librement parler de foot ?
Oui, mais il n’y a pas que YouTube ; personnellement, je consomme beaucoup de podcasts et je suis un fan absolu de Vu du banc, par exemple, ou du Formation Football Club. Après, c’est sûr que les nouveaux médias – et YouTube en fait assurément partie – représentent une opportunité incroyable. Quand tu ne suis que ton propre fil conducteur, et que tu as la confiance de ton audience, tu es par définition extrêmement libre. Je ne ressens pas le dictat de l’actualité, si j’en parle, c’est que ça me plaît. J’aime décrypter ce qui est en train de se passer, parler des cinq ou six matchs que j’ai vus dans le week-end. L’actu est très chargée et excitante dans le monde du football, contrairement à d'autres milieux. En parallèle, je travaille sur des sujets qui n’ont rien à voir. J’ai par exemple une vidéo dans les cartons où je vais tenter de faire un parallèle entre Marcelo Bielsa et Stanley Kubrick, mon réalisateur préféré.

C'est quoi ta relation aux anciens médias ?
Je continue à en consommer. Dans le cadre d'interviews, on m’oppose souvent aux anciens médias, mais je ne suis pas en croisade contre eux, bien au contraire. Il y en a énormément que je regarde et avec qui je collabore. Mon rapport est variable en fonction du média et des personnes. Certains respectent à merveille le football. Très jeune, j’adorais Les Cahiers du football et je crois qu’une bonne partie de mon rapport au foot est né avec les Cahiers, mais je lis aussi souvent L’Équipe, qui a quelques vraies bonnes plumes, et du contenu tactique de qualité aussi. C’est aussi une lecture utile pour avoir une idée du discours que la plupart des gens vont recevoir.

« Tu es le seul architecte de ton métier, je sais que c’est un travail où il faut faire attention à sa santé mentale. »

Ça ressemble à quoi ton quotidien de YouTuber ?
En gros, je suis chez moi tout le temps. J’ai un bureau qui est un peu mon temple du foot, où je lis, regarde, et écoute du foot toute la journée. Depuis que j’ai monté ma chaîne, je dirais que mon rapport au travail a vraiment évolué, il change et mature pas mal. Tu en apprends beaucoup sur toi. Il y a aussi une liberté horaire et c’est ce qui faisait que je n'ai pas accroché en entreprise. Je peux aller taper des badmintons avec des potes quand je veux. Tant que je suis bien avec mon programme, et que je sors régulièrement des vidéos, tout va bien, mais c’est aussi ce qui peut-être pernicieux. Comme tu es le seul architecte de ton métier, je sais que c’est un travail où il faut faire attention à sa santé mentale. Je dirais qu’en moyenne, je n’ai jamais été aussi heureux que depuis ces trois dernières années, et mes pics de bonheur n’ont jamais été aussi forts. Il y a des moments où tu peux descendre assez bas si ça fait longtemps que tu n’as pas fait de vidéos, si tu sens que ça t’échappe un peu, que tu perds de ta passion, même si ça finit toujours par revenir. Aujourd’hui, je suis moins inquiet de ma trajectoire à long terme que je ne l’ai été par le passé. Ce qui me rassure aussi, c’est que le football ne disparaîtra clairement pas demain, c’est un sport qui a 150 ans et qui brasse plus que jamais, comparativement à FIFA où l’on ne sait pas si la simulation sera encore là dans deux ans.

Comment tu gères le rythme de publication de tes vidéos ?
J’essaie de sortir trois vidéos par semaine. C’est sûr que j’ai eu tendance à me pousser trop fort à certains moments. J’adore être productif, et je pense que c’est pas déraisonnable de parler d’une certaine forme d’addiction au travail, mais quand tu fais un burn-out et que tu ne sors plus rien pendant deux semaines, personne n’y gagne. Je sais que c’est un phénomène que beaucoup de YouTubeurs vivent ; maintenant j’ai plus d’expérience, et je réussis à avoir une approche plus équilibrée.


Est-ce que tu fais toujours une vidéo parce que tu en as envie ou est-ce qu'il t’arrive d’être pris dans une mécanique de course à la productivité ?
Les deux se mêlent vraiment. L’envie, c’est difficile à cibler. Certains sujets sont naturellement désirables pour moi comme un match qui m’a marqué, ou une vidéo historique sur les Lions de Lisbonne. L’envie est plus large que mon planning de vidéos, car c’est ce que je veux faire de ma vie. S’il y a des moments où l’envie est moins forte, il y a toujours l’envie sous-jacente de continuer à alimenter ma chaîne. La partie la plus difficile, c’est de se motiver à repartir sur un sujet où tu démarres de zéro, la peur de la page blanche, mais je suis toujours sauvé par ma passion du foot.

Tu as pas mal de projets à côté comme les commentaires de matchs que tu as faits pour France TV, le Super Sunday pour LesNews24. C’est ce qui te permet de te stimuler au quotidien ?
Ces projets ne sont pas du tout des aboutissements. On m’a souvent parlé de ces choses-là comme étant la récompense, le symbole de ma réussite, mais pour moi, c’est surtout des trucs à côté qui sont sympas et qui se font de manière naturelle. Pour Super Sunday, je fais tous les dimanches une petite chronique, et c’est pour moi la perspective de m’intéresser au football belge. L’émission est géniale, au passage. Pour France TV Sport, j’ai fait quelques commentaires de matchs, c’était une opportunité de sortir de ma zone de confort et un petit kif perso. C’est de belles parenthèses, après je ne ferme pas à plus de choses, mais ça ne se fera jamais au détriment de ma chaîne, qui reste ma priorité.

« La beauté du football, c’est qu'il amène la culture et l’apprentissage à des personnes qui, de manière générale, s’y intéressent moins. »

Est-ce que ton activité sur YouTube te permet de bien vivre aujourd’hui ?
C’est mon revenu exclusif. Je suis auto-entrepreneur, ce qui est un statut particulier parce que tu as moins de protections qu’un salarié, mais je m’y retrouve très bien. J’ai un partenariat avec Betclic, ma chaîne me permet aussi d’avoir plusieurs opportunités. Quand je fais une chronique pour la TV belge, c’est rémunéré, même chose pour mes commentaires de match avec France TV Sport. Après, je n’accepte pas tout, loin de là, j’ai pas mal de sollicitations, mais j'en refuse 95% , car il n'y a souvent aucun lien avec ma chaîne comme les jeux mobiles. Je n’ai pas envie de faire quelque chose qui me fasse perdre le rapport de confiance avec mon audience. Je ne suis pas là pour rester trois ans sur YouTube, je veux construire ma carrière sur la plateforme.


Quelles sont tes relations avec les autres Youtubeurs foot ? Est-ce que tu en côtoies?
Je n’en côtoie pas régulièrement, mais il y a deux gars que j’ai rencontrés et que j’apprécie beaucoup : Zack Nani et Domingo. Sur Twitter, j’échange aussi régulièrement avec Elias Baillif ou Romain Molina qui font du contenu de très haut niveau. Et Didier Roustan, bien sûr, qui est une vraie inspiration.

Pourquoi selon toi, c’est important de populariser la culture foot via ta chaîne YouTube ?

Pour moi, le plaisir du foot est d’abord le plaisir du jeu ; il y a une dimension visuelle fondamentale, et on pourrait presque en rester là. C’est pour ça qu’on tombe amoureux. Mais ensuite, il y a aussi un écosystème infiniment riche, une clé d’entrée formidable pour comprendre le monde qui nous entoure. C’est un objet d’étude social, historique, économique, légal, et on n’a jamais fini d’en apprendre.

Tu intègres vachement l'aspect culturel à tes vidéos, pourquoi ?
C’est l’opportunité de mêler football et sciences sociales. Dans ma série Eurotour, par exemple, qui avait pour but de présenter chaque sélection participant à l’Euro 2020, j’essayais de partir de la culture nationale du pays en question pour ensuite éclairer son rapport au football. Le football, c’est un sport extrêmement populaire qui amène la culture et l’apprentissage à des personnes qui, de manière générale, s’y intéressent moins ou y sont moins poussées. C’est aussi une manière de se connecter aux personnes et c’est ce qui est beau.



« C’est sûr que tu vas passer une meilleure aprèm si tu regardes les Wolves, Sassuolo ou l’Atalanta que devant la Juve. »

Tu travailles énormément à côté pour enrichir ta culture foot, notamment grâce à tes lectures, à des podcasts. Est-ce que tout ce travail d’analyse, de prise de recul par rapport à un résultat, ne serait pas parasité par la multiplication des talk-show grand public et les émissions de foot à la TV ?
C’est possible. Pour moi, il y a une forme de complémentarité tout de même. Ce que j’aime bien dans les talk-show, c’est leurs capacités à créer des narratives, à tisser des histoires en direct, même s'il y a nécessairement une limite dans l’approche qui consiste à partir du résultat pour expliquer le reste. Le foot, c’est la télé-réalité pour les hommes. Plus largement, si je devais conseiller quelqu’un qui cherche à retomber amoureux du foot, je lui dirais de miser sur la lecture ; il y a de plus en plus de livres foot de qualité, et même quelques-uns en français : L’Odyssée du 10 est excellent, par exemple. J’aime voir ce qu’on ne voit pas et qu’on ne considère pas, comme par exemple pourquoi on gagne plus souvent à domicile, ce n’est pas un sujet qui va faire la Une de L’Équipe.

Dans une de tes vidéos, tu pointes le fait qu’aujourd’hui on est clairement inondés par les matchs de foot, ton objectif c’est de permettre aux gens qui te suivent de mieux les choisir ?
Carrément, c’est une poursuite ambitieuse, et je n’ai pas la prétention d’être un expert de comment choisir son programme foot, mais c’est vrai qu’il y a énormément de matchs autour de nous. Mais c’est sûr que tu vas passer une meilleure aprèm si tu regardes les Wolves, Sassuolo ou l’Atalanta que devant la Juve.

Tu as également mis en place un cahier d’apprentissage. Qu’est-ce que tu veux instaurer avec cet outil ?
Je voulais partager quelques bonnes adresses de culture foot, mais c’était aussi une manière d’approfondir mon apprentissage personnel, en expliquant ce que je venais de lire ou d’entendre.

Sortir un livre dans quelques années, c’est une idée qui te plairait ?
Oui, c’est quelque chose que j’ai en tête depuis un moment. Pour l’instant, la chaîne reste ma priorité, mais j’y pense souvent.

Propos recueillis par Thomas Morlec
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