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Vladimir Stojković : « Je sais à quoi ressemble le fait d’être mort »

Dans une salle du centre d'entraînement du Partizan de Belgrade, un grand homme en short et tee-shirt Italia se présente. « Salut les gars, ça va ? » , déclame-t-il alors dans un français plus que correct. Il est prêt à parler de la guerre, de l'amour, puis de la haine des ultras de l'Étoile rouge de Belgrade (où il est aujourd'hui « persona non grata » ), mais aussi de la haine puis de l'amour de ceux du Partizan. Du FC Nantes, aussi. Parce qu'à 35 ans, Vladimir Stojković est un gars qui a traversé moult épreuves et qui en est toujours ressorti grandi. Plus fort. L'occasion pour le dernier rempart international serbe de jeter un regard sur une riche carrière qui se rapproche tout doucement de la fin.

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La dernière image qu’on a de toi en France, c’est ton arrêt face à Neymar à la Coupe du monde 2018, à la manière d’un gardien de hand. Tu peux nous raconter cette action ?
Des fois, tu te retrouves dans une situation où tu es presque déjà mort, où le but est quasiment déjà inscrit. J’ai donc essayé de boucher le maximum d’espace, en me faisant le plus grand possible, et de lui compliquer la tâche. Je me souviens que Schmeichel faisait aussi beaucoup ce genre de mouvement. Quand ton adversaire est à moins d’un mètre de toi, il faut compter sur la chance. Ton arrêt ne dépend plus vraiment de la manière dont le joueur va tirer.

Ton père et ton frère sont gardiens, ta mère faisait du lancer de disque. Utiliser les pieds n’est donc pas quelque chose de naturel chez les Stojković...
« Juste avant un match, le coach me dit : "Bon, faut que tu te décides, mon grand. Tu es gardien ou attaquant ?" Je lui réponds : "Je déciderai demain." Le lendemain, je lui ai annoncé que je voulais être gardien. »
(Il sourit) Quand j’étais jeune, j’étais attaquant. J’étais trop costaud et trop grand pour qu’on ne me fasse pas jouer devant. À 12 ans, je voulais disputer des matchs, mais dans ma catégorie d’âge, il n’y avait pas de compétition, et du coup, ils m’envoyaient avec les grands, ceux qui avaient déjà 14 ans. Mais la différence était énorme et ce n’était pas facile de se faire une place. J’étais sur le banc, je jouais quelques minutes, c’était déjà pas mal. Mais à un moment, le coach a voulu m’essayer dans les buts. Moi, je voulais jouer, donc il aurait pu me mettre n’importe où, j’aurais dit oui. C’était bien, mais je n’étais pas complètement épanoui. Au bout d’un mois, je lui demande de me redonner un maillot de joueur de champ. Juste avant un match, le coach me dit : « Bon, faut que tu te décides, mon grand. Tu es gardien ou attaquant ? » Je lui réponds : « Je déciderai demain. » Le lendemain, je lui ai annoncé que je voulais être gardien.

C’est parce que tu es devenu performant que tu as fait ce choix de devenir gardien ?
Oui, on n’avait pas d’entraîneur spécifique. On faisait des exercices, mais pas de manière très professionnelle. Pourtant, trois mois plus tard, j’étais déjà appelé en sélection jeune de Yougoslavie. Je n’avais aucune technique, juste des prédispositions. Un coach de l’Étoile rouge m’a alors repéré et m’a fait venir à Belgrade. Comme mon frère jouait déjà là-bas, il lui a dit : « Vladimir, je le veux dans mon équipe. » J’ai donc continué ma formation à l’Étoile rouge.



Tu as grandi à Loznica, à l’ouest de la Serbie et à l’actuelle frontière de la Bosnie. Comment se passait ton enfance là-bas ?
« J’ai compris que si tu y crois, tu peux y arriver. Si tu es obsédé par la victoire, tu finiras par gagner. »
Ce n’était fait que de rêves et d’entraînements. Je savais que quelque chose arriverait. Je ne me laissais aucune autre possibilité. Je cherchais des signes dans le ciel, un présage. Je ne sais pas si vous avez vu le film The Secret. À la base, c’est un livre. Un gars explique qu’il est malade, parce qu’il s’est convaincu qu’il était malade. Un autre lui donne un remède en lui disant que ça va le guérir, et le gars va alors faire : « Wow, je suis guéri. » Grâce à ça, j’ai compris que si tu y crois, tu peux y arriver. Si tu es obsédé par la victoire, tu finiras par gagner.

Tu avais dix ans lorsque la guerre a commencé. Comment as-tu traversé cette période ?
Dans l’immeuble de quinze étages où j’habitais, il y avait un abri atomique au -1. Il était grand, mais n’était pas utilisé, pas propre. Tous les habitants de l’immeuble l’ont nettoyé, ont descendu les lits, des produits alimentaires et tout ce qui était nécessaire. Dès qu’on entendait l’alarme qui signifiait qu’un bombardement allait se produire, la centaine de personnes que nous étions descendait en bas. Comme j’étais jeune, je trouvais la situation amusante. Je ne voyais pas la guerre comme elle l’était vraiment, aussi terrible. Je voyais des roquettes passer. Au bout d’un moment, plus personne ne descendait lorsque l’alarme sonnait, car c’était très fréquent pour pas grand-chose finalement.


Serais-tu un homme différent si tu n’avais pas connu la guerre ?
Si je devais naître aujourd’hui, je ne changerais rien. Je ne referais peut-être pas les quelques bêtises que j’ai faites étant jeune, peut-être. Mais si tu changes quelque chose, cela va à l’encontre de ce que Dieu t’a enseigné, t’a donné, et tu lui montres donc que tu n’es pas heureux avec ce qu’il t’a donné.

Depuis quand t’en remets-tu à Dieu ?
Depuis que je suis jeune. Mais je n’ai jamais dit par exemple : « S’il te plaît Dieu, aide-moi. » J’ai toujours dit à la place : « Pardonne-moi pour les mauvaises choses que j’ai pu faire. » Par exemple, lorsque je dis à l’arbitre : « Fils de pute » (sic). Deux minutes après, je lui dis : « Pardon Dieu, je n’aurais pas dû employer ces mots. »

Ton premier match en équipe nationale, c’était contre la République tchèque, en août 2006. C’était aussi le premier match de la Serbie, sans les autres fédérations yougoslaves, juste après un retentissant échec de la Serbie-Monténégro au Mondial. Y avait-il une ambiance particulière dans le groupe, autour de ce match ?
Oui, mais c’était quelque chose qui était dans l’air depuis un petit moment. On était prêts à ça. Et rien n’a vraiment changé, on a continué comme on le faisait avant, quand c’était la Yougoslavie ou la Serbie-Monténégro. Je crois que c’était aussi le dernier match de Pavel Nedvěd. Vérifiez s’il vous plaît. (C’est le cas, N.D.L.R.) Notre coach était Javier Clemente, un Basque. Il y avait un bonne ambiance, on jouait bien et je crois qu’on a raté l’Euro 2008 pour un petit point. (3 en réalité, N.D.L.R.)


« La Serbie a une meilleure équipe nationale, donc les meilleurs restaient avec la Serbie, les moins bons allaient au Monténégro. »
Ça faisait bizarre de ne jouer plus qu’entre Serbes ?
Comment vous expliquer... (Il réfléchit.) C’est comme si demain la Catalogne venait à jouer sans l’Espagne. Ils se retrouveraient entre personnes de même langue, de même religion, de même culture. Dans notre équipe, il ne devait y avoir que cinq Monténégrins, pas plus. Et beaucoup de Serbes qui n’étaient pas sélectionnés avec la sélection serbe sont allés au Monténégro. Quand on s’est séparés, on pouvait choisir notre passeport. Mais la Serbie a une meilleure équipe nationale, donc les meilleurs restaient avec la Serbie, les moins bons allaient au Monténégro.

Restait-il des points de crispation dans cette sélection serbe, entre les joueurs du Partizan, ceux de l’Étoile rouge ou ceux de l’étranger ?
Non, il y avait une bonne ambiance. Mais nous avons raté la qualification à deux Euro consécutifs à cause d’incidents dans les stades. À deux reprises, l’UEFA nous a infligé des défaites sur tapis vert. La dernière pour l’Euro 2016, parce que les Albanais avaient déployé un énorme drapeau sur notre terrain. Et c’est nous qui avions perdu le match parce qu’il avait été interrompu. La fois précédente, c’était à Gênes, pour le match Italie-Serbie, en éliminatoires pour l’Euro 2012...

Un épisode qui t’a forcément choqué, puisque les supporters serbes t’avaient pris pour cible, lançaient des fumigènes et te menaçaient, toi le joueur formé à l’Étoile rouge qui venait de signer au Partizan Belgrade, l’ennemi intime. Comment tu l’as vécu ?
Ça avait commencé bien avant le match. Le matin, j’étais sorti me promener et faire du shopping. Mais je sentais déjà que quelque chose clochait, que beaucoup de supporters serbes s’adressaient à moi de manière agressive. Dans la journée, j’ai reçu beaucoup de messages de Serbie qui m’avertissaient que les supporters préparaient quelque chose dans le stade. Deux heures avant le match, on a la causerie à l’hôtel. Je n’ai qu’une envie, c’est jouer. Ça tombe bien, j’étais titulaire. On monte directement dans le car après la réunion pour prendre la direction du stade. Mais on a été retardé, à cause de Zoran Tošić, celui qui jouait à Manchester United et au CSKA. Il avait oublié son passeport. Ça ne devait pas prendre plus de cinq minutes, mais au bout de la sixième, c’était déjà trop tard. Car pendant ce temps, deux types ont eu le temps de monter dans le car pour m’insulter. On les a dégagés rapidement, mais ça nous a sérieusement alertés. Un mec du staff m’a alors conseillé de ne pas rester à côté de la vitre et de changer de place. Je me suis mis tout au fond, sur la place du milieu.


Mais en me déplaçant, je vois à travers la vitre que tout un groupe est en train de courir vers le bus. 500 types qui chantent qu’ils préféreraient me voir dans un cercueil ou sur un bûcher. On a fermé la porte, mais ils se sont mis de part et d’autre du bus pour le secouer.
« Je vois à travers 500 types qui chantent qu’ils préféreraient me voir dans un cercueil ou sur un bûcher. »
Il devait y avoir un flic dehors, il a dégainé son flingue, mais ils étaient trop nombreux, donc il s’est enfui. Normal, il était seul. Au bout de 45 secondes, les mecs ont réussi à ouvrir la porte. Ils disaient : « Elle est où la salope ? » Je me suis caché derrière le siège, il faisait sombre, mais ils ont craqué un fumigène dans le bus. Sur le moment, on ne voyait plus rien. Un type démasquait chaque personne en pointant le fumigène vers nos visages. Personne par personne. Mais ils voulaient me trouver. Le deuxième gardien (Željko Brkić) était aussi grand que moi et ils l’ont confondu avec moi. Son cœur n’a jamais battu aussi fort. Il m’a dit que la flamme lui chauffait la joue, comme si sa barbe allait s’enflammer. Finalement, c’est Dejan Stanković, un joueur qui était respecté par tous les Serbes, et une légende de l’Étoile rouge, qui s’est interposé en leur disant d’arrêter, que ce n’était pas normal. Il les a repoussés vers la sortie. À ce moment, Tošić arrive enfin, et je le vois sauter dans le bus comme s’il plongeait dans une piscine. (Il se lève les bras grands ouverts pour se pencher au-dessus de nous.) On arrive à l’attraper, fermer la porte et dire au chauffeur de démarrer. Le chauffeur était terrorisé et tremblait de partout. Il calait tous les cinq mètres et on hurlait « GO ! PLEASE GO ! »

Une fois arrivés au stade, il se passe quoi ?
Le coach m’a dit que je ne jouerais pas, vu ce qui s’était passé. J’étais d’accord. Après, c’est une histoire connue, quand vous voyez ce qui est arrivé au stade... Mon frère et des amis étaient au stade et m’ont raconté ce qu’ils ont vu. Quand vous arriviez aux contrôles de sécurité, si vous disiez que vous étiez italiens, ils vous fouillaient correctement. Mais si vous disiez que vous veniez de Serbie, ils vous laissaient passer. C’est comme ça qu’on a laissé la porte ouverte aux problèmes. Et les Italiens se doutaient que ça se passerait comme ça. Ils ont eu raison, puisque finalement, ils ont gagné 3-0 sur tapis vert.

Vidéo

Cesare Prandelli racontait que tu avais trouvé refuge dans le vestiaire italien.
Oui. Je continuais à recevoir des messages de Serbie qui me disaient : « Ne va surtout pas sur le terrain. » Il n’y avait pas de police au stade, juste des stadiers qui ne pouvaient pas faire grand-chose. Je me suis dit : « Que se passera-t-il s’ils sautent par-dessus les barrières ? Ils viendront me chercher dans mon vestiaire, pas dans celui de l’Italie. » J’y suis donc allé. Puis finalement, le match a été annulé. J’étais la cible. C’est sûr. Mais le fond du problème est surtout politique. Je suis une victime collatérale.


« Si on continue à parler de moi, avec de plus en plus de haine, c’est parce que les supporters de l'Étoile rouge savent que leur club a laissé partir leur meilleur soldat. »
Sept jours plus tard, tu joues ton premier derby sous les couleurs du Partizan. Tu avais arboré un T-Shirt avec un message pour tes nouveaux supporters : « Pardonnez-moi pour mon odieux passé » , comme un pied de nez à ceux de l’Étoile rouge.
Après cet épisode, 5 millions de Serbes étaient en train de parler de moi comme d’un homme effrayé par ce qu’il venait vivre. Je voulais prouver à tout le monde que je n’avais pas peur. Tu veux essayer de me tuer ? Je reste en vie. Maintenant, je sais à quoi ressemble le fait d’être mort. Je le ressens. Et je ne serai plus jamais effrayé. C’était ça, le message. Pas pour offenser quelqu’un en particulier, simplement pour montrer que je n’avais pas peur. Le Partizan, lui, m’a protégé. Le reste, c’est le début de l’histoire d’amour.



Cette nouvelle histoire d’amour avec le Partizan après en avoir vécu une avec l’Étoile rouge, c’est un peu comme changer de femme ?
C’est plus une histoire de périodes. Lorsque je suis revenu en Serbie, j’avais naturellement repris le contact avec les dirigeants de l’Étoile rouge. Je leur ai demandé trois fois s’ils pouvaient m’engager et me payer, même pour six mois. Ils m’ont alors raconté des histoires stupides comme « Non, tu es trop fort pour nous » et d’autres histoires débiles du même style. Pour finir par dire non. J’avais alors deux options : arrêter le football, ou continuer. Je suis donc allé au Partizan, sans même dire que je détestais l’Étoile rouge par exemple. Lorsque je suis arrivé au Partizan, j’étais effrayé. Personne ne m’a accueilli les bras ouverts, je me suis battu pour tout avoir : leur soutien, leur amour. À tous les matchs, j’ai tout donné. Mais pour tout vous dire, je comprends les supporters de l’Étoile rouge. Huit ans après ce qu’il s’est passé, si j’avais été nul, tout le monde m’aurait oublié. (Il a été élu meilleur joueur serbe de l’année 2017, N.D.L.R.) Personne ne parlerait de moi. Mais si, huit ans après, on continue à parler de moi, avec de plus en plus de haine, c’est parce qu’ils savent que leur club a laissé partir leur meilleur soldat. Je pense que c’est de la tristesse qu’ils ont aujourd’hui.

Qu’est-ce que l’amour selon toi ?
« Le ballon, c’est comme ma vie. Tous les gens autour de moi, à qui je tiens, dépendent de lui. C’est comme de l’amour. »
L’amour, c’est le fait d’aimer quelque chose sans intérêt derrière, à sa juste valeur. Avant, je jouais au football sans gagner d’argent ni en réclamer. Lorsque j’arrêterai de jouer au football, d’en faire mon métier, je l’aimerai toujours. Je veux rendre les gens heureux. Et c’est mon job : je suis heureux lorsque tout le monde est heureux. Si je suis une sorte d’happiness-officer ? Oui, on peut le dire. (Rires.)

C’est pour cette raison que tu embrasses le ballon à chaque fois que tu l’as entre les gants ?
Le ballon, c’est comme ma vie. Tous les gens autour de moi, à qui je tiens, dépendent de lui. C’est comme de l’amour. Quand j’arrête le ballon, je rends tout le monde heureux autour de moi : les fans, mes amis, ma famille, mon coach...

Durant ta carrière, tu as énormément voyagé, connu douze clubs dans près de dix pays différents. C’est un besoin, pour toi, de voir autre chose en permanence ?
Pour être honnête, lorsque je suis arrivé à Nantes (en 2006, premier club hors des Balkans, N.D.L.R.), je n’étais pas prêt. C’était normal dans ma progression de rejoindre un club comme Nantes, mais j’y suis allé sans émotion, sans passion. Mon père était malade, je n’avais ni femme ni petite amie, pas d’amis. J’étais tout seul. À Nantes, personne ne parlait anglais, et peu de gens m’ont aidé. Les cinq premiers matchs que je fais sont bons, malgré une ou deux erreurs, et on me sort du onze de départ.
« Barthez a été super avec moi. Au début, il voulait me laisser mon numéro de maillot, mais j’ai refusé et lui ai donné. Il s’excusait presque, c’était vraiment un bon mec. Très poli. »
Après ça, j’ai travaillé, je suis revenu et j’ai enchaîné trois matchs sans encaisser le moindre but. Nantes n’avait pas réussi à le faire jusque-là. À ce moment-là, on me dit : « On vient de signer Barthez. » On parle avec le président, il me dit : « Je pense que tu devrais rester. » Certaines personnes au club m’avaient dit : « C’est simplement du marketing, faire un come-back alors que ça fait deux ans qu’il n’a pas fait une saison pleine... » Mais je n’étais pas dupe : si tu fais venir Barthez, un gros nom, un grand champion, ce n’est pas pour le laisser sur le banc. Barthez a été super avec moi. Au début, il voulait me laisser mon numéro de maillot, mais j’ai refusé et lui ai donné. Il s’excusait presque, c’était vraiment un bon mec. Très poli.



Tu penses qu’il y a plusieurs vies dans une seule ?
Je n’y ai jamais pensé. Mais il y a celle où tu es enfant, où tu es jeune, où tu changes de copines jusqu’à 22-24 ans. Celle où tu bouges beaucoup, où tu as envie de tout voir. Puis, il y a celle où tu as un enfant, où tu es plus calme, où tu penses d’abord à ta famille.

Qu’est-ce que tu as le plus à cœur de faire à l’avenir ?
Continuer à jouer au football, car je suis aujourd’hui prêt à montrer tout ce que je n’ai pas encore montré. En dehors du foot ? Il n’y a que le football !

Tu as ouvert l’an dernier un jardin d’enfants non loin de Belgrade. Pourquoi ?
C’est pour ma femme. (Rires.) Ce n’était pas mon idée, même si j’aime bien les enfants, mais c’était ça ou elle faisait de la manucure toute la journée. Propos recueillis par Andrea Chazy et Mathieu Rollinger, à Zemun (Serbie)