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  1. // Reportage

Viens, viens, à l'école des agents

Essor du foot business oblige, le recrutement est aujourd’hui crucial pour assurer la pérennité d’un club. Enjeux financiers toujours plus importants, joueurs convoités toujours plus jeunes. Pour faire face à la tendance, deux professionnels français veulent former les scouts de demain.

Saint-Ouen, un samedi ensoleillé. À quelques mètres du stade Bauer, les U13 du Red Star sont en train de dérouiller leurs homologues de Villejuif. En bord de terrain, une dizaine d’hommes de 20 à 40 ans s’extasient sur le numéro 10 des Audoniens : un grand gabarit élancé, rapide et technique qui fait la différence sur quasiment chaque prise de balle. Les seize adultes sont stagiaires de Souleymane Camara, le manager sportif du Red Star, posé à quelques mètres de distance. Ancien recruteur en Île-de-France pour l’AS Monaco, il anime également la toute nouvelle « Formation des recruteurs du football professionnel » , qu’il a co-fondée avec Rachid Khlifi, recruteur en France pour le Liverpool FC.


Aucune femme dans la salle


À l’heure du petit déjeuner, le binôme et ses disciples étaient au 150 rue Perronet, dans les locaux de l’EAJF, l’École des agents de joueurs de football. Au cœur de cette zone résidentielle cossue se dresse la maison de ville qui fait office de bureaux. Souleymane Camara et Rachid Khlifi ont pris place devant un rétroprojecteur. C’est le deuxième week-end de l’atelier « formation » , qui coûte 1700 euros environ, ou 2700 si l’on prend la formule « complète » sur six week-ends. En plus des présentiels, les étudiants ont accès à une plate-forme de e-learning accessible 24h/24. Dans la salle, aucune fille. « Il y en avait quatre ou cinq pour la formation d’agent » , précise Kylian, jeune homme de 21 ans bon chic bon genre. Ses camarades représentent des « castes » variées : quelques jeunes en survêtement et casquette, deux/trois trentenaires sapés comme des cadres dynamiques, et une poignée d’éducateurs aux couleurs de leur club. À défaut de parité, la mixité.


« L’ANS, accord de non-sollicitation, n’est pas un contrat, car il ne peut pas comporter de rémunération, ce n’est qu’une convention. » Souleymane Camara
Souleymane Camara commence son speech en rappelant à ses ouailles de lire le rapport de la DNCG disponible en e-learning. « Tout ce qui est sur cette plateforme n’en sort pas, compris ? » Puis il décoche les quatre mots clés de la matinée : ANS, apprenti, aspirant, stagiaire. « Qui connaît ces contrats ?  » Une main se lève : « J’ai fait du droit, je connais vite fait...  » Il y avait un piège que l’enseignant s’empresse de pointer. « L’ANS, accord de non-sollicitation, n’est pas un contrat, car il ne peut pas comporter de rémunération, ce n’est qu’une convention.  » Une convention qui ne peut être utilisée avant les 13 ans du joueur sollicité, mais les clubs contournent la règle en organisant des signatures « sous seing privé » . Quand un autre élève s’interroge sur la légalité du procédé, Camara botte en touche : « C’est... borderline. »

« Ne jamais parler de la concurrence »


Rachid Khlifi justifie l’approche juridique : « Aujourd’hui, il faut sécuriser les joueurs de plus en plus tôt, même s’ils arrivent à maturité à des âges différents. La connaissance juridique du recruteur lui offre une crédibilité et de vraies possibilités de progression de carrière, comme directeur d’une cellule de recrutement, voire comme directeur sportif. » Avant d’en arriver là, il faut déjà savoir ferrer un joueur et sa famille. D’où un petit jeu de rôle avec Camara en père d’un gamin « très sollicité  » et Kylian en face pour incarner un recruteur du SM Caen. «  Je connais bien Alain Caveglia » , lance le « paternel » , une allusion que le scout élude avant de proposer une visite des locaux. « Vous savez, des installations, on en a déjà vu plein, moi ce qui m’intéresse, c’est de savoir ce que vous proposez au niveau scolaire... »



« Il faut connaître la feuille de route et les spécificités de son club, mettre en avant vos points forts, et surtout, ne pas parler de la concurrence. » Souleymane Camara
Au fond de la salle, Khlifi analyse : « Là, ce n’est pas bon, car la famille aborde le scolaire avant le recruteur, c’est normalement son rôle de dérouler un projet global qui inclut le bien-être du gamin. Un point sur lequel ils sont très forts à Red Bull par exemple, ils proposent aux jeunes des choses très concrètes et complètes, avec une vraie visibilité de progression de carrière. » Souleymane Camara assure le débrief de l’atelier : « Il faut connaître la feuille de route et les spécificités de son club, mettre en avant vos points forts, et surtout, ne pas parler de la concurrence.  » Le recruteur des temps modernes ne peut se contenter d’être connaisseur du ballon. « Il y a aussi un côté psychologue, un peu filou  » , assume Camara, en expliquant que « venir avec un beau maillot pour le gosse » , ce n’est pas anodin.

Modèle Mbappé


Après trois heures d’échanges, rendez-vous est donné à 12h30 pour l’affiche U13 Red Star-Villejuif à Saint-Ouen. Kylian a affrété son bolide – une Clio gris foncé de 2006 – pour emmener deux camarades. Le premier s’appelle Clovis, grand gaillard de 25 ans qui vient de Lille. Il a, comme Kylian, suivi la formation d’agent, moyennant 15 000 euros, et remis le couvert pour cette « formation de complément » . À terme, il se voit monter sa structure pour défendre les intérêts de joueurs. Le dernier compère souhaite rester anonyme. Il vient de Seine-et-Marne et constate depuis son poste d’éducateur U12, que « les joueurs partent de plus en plus tôt, mais sont aussi de plus en plus nombreux à revenir car ils n’ont pas percé » .


« Mbappé, il a tué le foot, plein de parents croient que leur fils est le nouveau Mbappé. » Un éducateur U12
Il livre une vision assez chaotique du milieu du foot amateur en Île-de-France : « Il y a de plus en plus d’éducateurs qui s’improvisent agent ou conseiller et veulent négocier avec les clubs au nom des parents. Vous allez voir, il y a des parents un peu ouf... Certains mettent la pression aux éducateurs pour que leur enfant joue et soit visible. Plus on monte en niveau, plus c’est chaud, cela peut aller jusqu’à la violence. » Les parents rêvent moins d’une éducation que d’une carrière pour leur progéniture. « Mbappé, il a tué le foot, plein de parents croient que leur fils est le nouveau Mbappé » , conclut le jeune homme. Clovis appuie : « Même à Lille, l’exemple Mbappé a fait dérailler l’esprit des parents. » Et certains savent profiter. « J’ai travaillé avec un recruteur à Tours qui faisait payer les parents 1000 euros pour venir voir le joueur deux fois et faire un rapport. Cela pouvait aboutir ou pas. »


L’avis des conseillers


Retour au foot, au vrai, avec les U13 audoniens. Sur le pré, le capitaine des Vert et Blanc fait bonne figure. Placé en défense, le petit gabarit aux cheveux longs façon Juan Pablo Sorín s’obstine à défendre debout, relancer proprement, quand il ne gueule pas sur ses partenaires. Camara : « Il entre très clairement dans la catégorie des joueurs à suivre, car il a une bonne technique, une intelligence de jeu, de l’autorité...  » Mais cela ne suffit pas. « Le recruteur ne peut juger sur un match. Il faut aussi qu’il détermine le profil du gamin, offensif ou défensif dans un premier temps, puis l’imagine à l’âge adulte...  » Il élabore son argumentaire en pointant un autre enfant, le numéro 13, beaucoup plus costaud, certes doué, mais un peu emprunté physiquement. « Le recruteur doit enquêter pour savoir comment il peut évoluer : prendre du muscle, grossir... Il doit donc observer la famille du joueur. »


« Les recruteurs sont clairement en concurrence avec ces nouveaux conseillers, des agents sans licence, qui se mêlent aux discussions. » Souleymane Camara
Un homme d’âge mur vient au contact près de la balustrade. « La dizaine de gars, là, ce sont tes élèves ? Franchement, tu crois que cela sert à quelque chose cette formation de recruteur ? » Le nouvel intervenant s’appelle Boula, il est éducateur et « conseiller » pour les familles de jeunes joueurs. « Les recruteurs embrouillent les parents avec des tas de documents contraignants, des choses qu’ils ne peuvent comprendre. C’est comme la plupart des agents, ils œuvrent pour les intérêts des clubs, pas des gamins. » Et alors que Boula s’éloigne, Souleymane Camara rebondit : « Les recruteurs sont clairement en concurrence avec ces nouveaux conseillers, des agents sans licence, qui se mêlent aux discussions. C’est le profil que les recruteurs espèrent éviter dans une négo...  »



Le match des U13 vient de se terminer, les padawans se réunissent autour du maître. « Alors, vous avez remarqué qui ? » La grande majorité a flashé sur le numéro 10, mais Camara calme les ardeurs. « Ce n’est pas forcément le joueur le plus impressionnant qui fera la meilleure recrue. Déjà, posez-vous la question de comment il va évoluer à l’âge adulte, du poste qu’il pourrait occuper, mais aussi de sa personnalité. Et puis il y aura un passage au football à onze qui va rebattre les cartes. Ce n’est pas si simple. » Tout ça pour mettre un dernier coup de pression : « Le jour où vous serez recruteur pour un club pro, de vos choix dépendront les emplois de plusieurs autres personnes. Si vous amenez un bon joueur, vous contribuerez au développement de l’entreprise. Si vous vous trompez, vous pouvez contribuez à la chute de l’édifice. »

Par Nicolas Jucha, à Neuilly et Saint-Ouen. Photos : Guillaume Blot Reportage initialement paru dans SO FOOT CLUB #53

Tous propos recueillis par NJ.
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