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Victor da Costa : « Je suis Jurassic Park, je suis Mr Dinosaure »

La Nouvelle-Zélande, l’Islande et maintenant la Tanzanie : voilà où les aléas de la vie ont mené Victor da Costa. Ce footballeur, originaire du Val-de-Marne, a d'abord fait ses gammes aux Lilas en CFA 2. Diplôme en poche, il décide de tout plaquer pour mener une existence pleine d'aventures.

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Salut Victor ! D’où viens-tu ?
Je suis originaire du 94. J’ai joué dans mon petit club de Villiers-sur-Marne jusqu’à mes 13 ans. J’ai ensuite eu la chance, après une sélection hasardeuse du district, d’atterrir à l’US Alfortville. Ça a bien marché pour moi. Ensuite, pendant deux ans, j’ai fait l’US Torcy. C’est à ce moment-là que j’ai évolué sur l’aspect physique, technique, mais aussi tactique. À mes 17 ans, j’ai fait une année en DHR à Torcy. Puis j’ai joué cinq ans aux Lilas, en CFA 2.

À côté, tu étudiais ?
Oui, j’étudiais. En master Sciences, Technologies et Paléobiodiversité à l’université Pierre et Marie Curie à Paris. Il était relié au Muséum national d’histoire naturelle. Du coup, je fréquentais les deux établissements. En gros, j’étudiais les sciences de l’univers, de l’environnement et de l’écologie. Pour la faire courte, je suis Jurassic Park, je suis Monsieur Dinosaure, je suis le maître de l’univers. (Rires.)

Qu’est-ce qui t’a fait comprendre que ça ne marcherait pas pour toi, le foot en France ?
« Quand j’avais 17 ans, j’étais en essai et mon père rappelait qu’on n'était pas là pour la thune, mais avant tout pour le plaisir. »
Je suis d’origine portugaise. Mon père est prof. Mes grands-parents ont vécu au bidonville de Champigny, dans lequel il y avait une grosse communauté portugaise. Quand j’avais 17 ans, j’étais en essai et mon père rappelait qu’on n'était pas là pour la thune, mais avant tout pour le plaisir. Pour percer dans le football professionnel, il m’aurait fallu un agent. En plus de ça, mon père me poussait à aller à l’université, à faire des études. Bah, forcément, je ne me donnais pas les chances nécessaires pour devenir pro.


Pourquoi être parti à l’étranger et avoir quitté ton petit confort ?
J’avais une ligne directrice, mais quand j’ai eu mon diplôme, je voulais autre chose. Je voulais encore développer mon sens critique de la manière la plus profonde. Du coup, à 23 ans, je suis allé en Nouvelle-Zélande, avec mon petit sac. Une fois là-bas, j’ai fait de l’auto-stop. De fil en aiguille, j’ai fait des rencontres et je me suis retrouvé à tâter du ballon. J’y suis resté deux ans.

Comment ça s’est passé ?
Le foot a une place importante dans mon existence. J’y joue depuis mes cinq ans. Ça m’a formé dans ma psychologie, dans ma compréhension de la vie au quotidien. J’ai toujours aimé ça. J’ai la chance d’avoir un peu de talent, de bien me débrouiller. Ma triangulaire dans la vie, c’est foot, voyages et éducation. Du coup, j'ai décidé de pratiquer un football philanthrope. Ensuite, en rentrant en France, j’ai été assistant d’éducation dans un collège de Champigny-sur-Marne. Après quelque temps, je suis devenu prof de biologie dans un lycée du 77.

Tu as ensuite plié bagage pour l’Islande.
C’est ça. Quand je suis arrivé, avec un pote, dans la rue, on a mis une pancarte « deux Français cherchent une famille pour Noël » .
« J’ai joué à Magni, le plus petit club islandais. Premier match à domicile, je vois le cadre : on jouait à quelques mètres des baleines. Quand je marquais, je leur faisais un petit coucou. »
Je n’avais pas une thune. Mon manager, qui exporte des poissons séchés, me donnait ça à manger. La première année, pour me loger, c’était compliqué. Je ne parlais pas la langue – et je ne l’ai jamais apprise d’ailleurs. Après je me suis stabilisé, en me casant dans des appartements étudiants. Niveau foot, j’ai commencé en quatrième division. J’ai joué à Magni, le plus petit club islandais. Premier match à domicile, je vois le cadre : on jouait à quelques mètres des baleines. Quand je marquais, je leur faisais un petit coucou. Je suis même devenu guide naturaliste pour les voir. C’était magnifique. Quand j’ai montré ça à ma mère, je l’ai fait pleurer. Ce qui est fou dans cette aventure, c’est qu’on a fait deux montées. La première montée, c’était pour les 100 ans du club ! C’était génial. Il y avait 600 personnes au stade, alors que dans le village, il n’y avait que 440 habitants ! On dit qu’au Brésil, le foot c’est une religion, mais en Islande, je pense, honnêtement, qu’en proportion, c’est pire. Les filles, les mecs, les mamies, les papys, tout le monde joue et aime le foot. Et l’an dernier, notre formation est devenue la plus petite équipe à accéder à une ligue professionnelle au pays (Ligue 2 islandaise, N.D.L.R.).

Après la Nouvelle-Zélande et l’Islande, tu as atterri en Tanzanie. Ça fait une petite trotte. Quelles sont les différences auxquelles tu fais face ?
Carrément, ça fait une petite trotte. Évidemment, il y a très peu de blancs. Sauf dans quelques quartiers de la capitale Dar es Salam. En Islande, les gens sont majoritairement chrétiens protestants. La Tanzanie, c’est un pays musulman. La mosquée est juste à côté de chez moi, j’entends l’appel à la prière à 5h30. (Rires.) En comparaison, aussi, il y a peu de biodiversité en Islande, là-bas, ils ont trois arbres, ils disent : « c’est bon, on a une forêt » , alors qu’en Tanzanie, il y a des forêts tropicales. Tu peux y voir des singes, des serpents... tout est différent. Même au niveau de la bouffe, ici on mange beaucoup de bœuf, du poulet. En Islande, on se nourrit de poissons.

On imagine que les qualités nécessaires pour le football africain sont bien différentes de celles requises pour le football islandais.
Ouais ! Par exemple, il y a quelques jours, j’ai joué mon premier match et il faisait 30 degrés. En Islande, il ne faisait pas aussi chaud, il faut donc s’adapter au climat. C’est dur. En Islande, tu fais face à des températures ambiantes : un grand soleil, 12 degrés au thermomètre et tout le monde était en T-shirt. On jouait en intérieur, dans des grandes structures avec un terrain synthétique. Ici, évidemment, on joue en extérieur.



Au niveau de la communication avec tes coéquipiers et ton staff, comment ça se passe ? Ils parlent anglais ?
« En Islande, les gens sont plutôt refermés sur eux-mêmes. J’y ai passé cinq ans, et mes potes, je les ai rencontrés il y a quelques mois seulement. »
Je le parle bien, mais dans le staff, ils sont peu à parler anglais. Kif-kif pour la majorité des joueurs aussi. C’est difficile, en plus c’est la première fois que je mets les pieds en Afrique. Quand t’arrives dans un nouveau monde, t’es toujours un peu stressé. Mais j’ai été agréablement surpris par l’accueil de mon équipe et des gens dans la rue. Ils sont d’une gentillesse folle. En Islande, les gens sont plutôt refermés sur eux-mêmes. J’y ai passé cinq ans, et mes potes, je les ai rencontrés il y a quelques mois seulement.

Elle est comment la vie en Tanzanie ?
J’ai été reçu comme un roi ! Dans un palace... Bon, ce n’est pas le Hilton, hein. (Rires.) Mais je suis à la recherche d’un appartement. Le club s’occupe à merveille de moi, ça me touche.

Tu gagneras donc bien ta vie.
Oui, décemment. On discutait contrat avec mon président. Je lui ai dit : « Tant que j’ai un logement, de quoi me nourrir, ça me va parfaitement. » Après en matière de rémunération, je n’ai pas demandé un salaire à l’européenne. Je dois être mis sur le même plan que mes coéquipiers.

Le club a des projets pour toi ?
Les dirigeants comptent me faire ambassadeur de la protection des éléphants. J’arrive en tant que footballeur, mais aussi en tant que voyageur. Je veux être impliqué dans des projets de vie constructifs, dans des projets sociétaux qui servent à tout le monde, en utilisant le football comme vecteur social et vecteur de réussite. Il faut protéger la nature de ce pays. Il y a une masse touristique qui se ramène, et forcément, il faut préserver cette biodiversité. 6% de la biodiversité mondiale se trouvent en ce lieu.



Ce sont des choses qui te touchent particulièrement.
« Dans ma vie d’homme, ayant conscience de cette histoire humaine, je me devais de voir où l’on a marché la première fois. »
J’y suis sensible. Quand je suis entré à l’université, je me demandais ce que je ferai de ma vie. Je voulais en savoir plus sur moi-même. Et c’est, ici, en Tanzanie, dans le site de Laetoli, qu’on a trouvé les premières traces de pas sur Terre, datant de 3,5 millions d’années. Pour moi, c’est un peu comme aller à Saint-Jacques-de-Compostelle. C’est mon pèlerinage. Dans ma vie d’homme, ayant conscience de cette histoire humaine, je me devais de voir où l’on a marché la première fois. Après tout, le foot c’est utiliser ses pieds comme outils. C’est un retour aux origines, c’était ma motivation première. C’est aussi notre histoire.

C’est quoi le programme des prochains jours ?
Trois matchs nous attendent en l’espace de dix jours. C’est une sorte de safari. (Rires.) Mon président m’a dit qu’il y aura des lions, des singes, des girafes, peut-être même des léopards sur la route. Je vais un peu dans la pampa tanzanienne. Ça va être le voyage foot de ma vie.

Tu voudrais y rester plusieurs années ?
« Je suis le premier blanc à jouer dans le championnat tanzanien. Je n’ai pas intérêt à rater un péno, sinon tout le monde le saura. »
Je suis là depuis une semaine, mais l’objectif, c’est clairement d’y rester deux ou trois ans. Je veux apprendre le swahili (la langue officielle, N.D.L.R.). J’ai aussi un rôle de diplomate et d’ambassadeur à tenir... en plus, je suis un pionnier. Je suis le premier blanc à jouer dans le championnat tanzanien. Je n’ai pas intérêt à rater un péno, sinon tout le monde le saura. (Rires.) Mon club est promu en Premier League tanzanienne, mais on a de grosses ambitions. Mon coach, Lionel Soccia, est français et est arrivé, comme moi, il y a une semaine. Lui a une certaine expérience en Afrique, il a coaché au Cameroun, au Gabon et au Ghana. Il a même disputé quelques joutes en Ligue des champions africaine.


Si tu restais longtemps là-bas, et qu’on te propose la sélection, tu accepterais ?
En tant que joueur, on rêve tous d’être pros, d’atteindre les plus gros clubs, comme le Real, le Barça ou le Bayern. Et évidemment, dans une carrière de footballeur, la sélection nationale, c’est un objectif. Bon, avec la France championne du monde, ça va être compliqué... à moins d’une épidémie. (Rires.) Il y a du niveau en Tanzanie, au niveau technique, je suis agréablement surpris. Après, on ne sait jamais comment ça peut se passer.

Comment as-tu été contacté ?
Je fréquentais un club de gym en Islande et j’ai croisé un mec. C’est un bodybuilder et il est tanzanien. Je lui disais que je voulais vraiment aller dans son pays, mais il ne me prenait pas au sérieux. Quand il a commencé à le faire, il m’a mis en contact. Et, en plus, j’ai vécu un truc incroyable.

C'est-à-dire ?
À mes 14 ans, avec l’US Alfortville, j’avais participé à la Gothia Cup, un tournoi mondial de football junior, à Göteborg (Suède). Il y a 30 000 participants, des filles, des mecs. Et il y avait une équipe tanzanienne qui y participait.
« C’est extraordinaire, le monde n’est pas petit, c’est la galaxie qui l’est. »
Les joueurs s’échauffaient en dansant, j’étais intrigué. Le truc de fou, c’est que 16 ans plus tard, dans un hasard de vie, je me retrouve en Tanzanie. J’arrive donc dans mon club et l’entraîneur des gardiens de ma formation – African Lyon –, c’est celui qui entraînait les gardiens de l’équipe tanzanienne à la Gothia Cup l’année où j’y étais. C’est magnifique, j’en pleurais, la probabilité du truc, quoi ! C’est en voyant une photo de l’époque qu’il m’a dit : « Mais attends, moi aussi j’y étais ! » C’est extraordinaire, le monde n’est pas petit, c’est la galaxie qui l’est.

Qu’attends-tu de cette aventure ?
Dans ce hasard, je pense que je vais vivre l’année la plus folle de toute ma vie. Autant sur l’aspect culturel et émotionnel que footballistique. Et surtout sur l’aspect humain. Je pense avoir une bonne vie, je suis conscient de ma chance. Là, avec mon parcours, je suis en train de vivre mes rêves, c’est inespéré. J’ai plein de projets hors foot, plein de choses à faire dans ma vie : devenir ostéopathe, apprendre l'arabe... Je veux atteindre une certaine forme de plénitude. J’ai 30 ans et il me reste sans doute encore deux ou trois ans de football dans les jambes. Les humains ont commencé à marcher en Tanzanie, moi, je veux m’arrêter de marcher ici.

Propos recueillis par Mehdi Arhab
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