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Un rêve de Kos

En annonçant sa retraite internationale dimanche soir à 33 ans, Laurent Koscielny a surpris la délégation tricolore en affirmant n'avoir reçu que peu de soutiens lors des derniers mois. Surtout, le défenseur d'Arsenal avoue avoir voulu voir les Bleus perdre en Russie. Et il faut le comprendre.

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Un extrait d’une nuit historique pour un reflet unique de ce que peut être la vie de l’athlète de haut niveau : le 15 juillet 2018, dans un couloir du stade Loujniki de Moscou, un peu plus d’une heure après la finale de la Coupe du monde remportée par les Bleus face à la Croatie (4-2), Adil Rami passe devant les journalistes et saisit l’instant pour faire un point sur son destin hors du commun. Le défenseur de l’OM, seul joueur de champ à ne pas avoir croqué dans la moindre minute de ce Mondial, parle alors de « bonne étoile » , d’une expérience – ici quinze ans d’une carrière à courbes variées – qui « fait parfois trop réfléchir » et capte même, sur le moment, le décalage qui peut être le sien avec la nouvelle génération : « Ces gamins, j’ai eu l’impression qu’ils allaient jouer un tournoi inter-quartiers, il fallait les laisser faire. Ça aussi, c’était leur destin... » Puis, Rami est rattrapé par une question et l’impression suivante est livrée : l’homme en face de nous a conscience qu’il n’aurait jamais dû être là sans la faille d’un autre destin, justement.


Quelques minutes plus tôt, dans le vestiaire français, Adil Rami est face à Laurent Koscielny, 32 ans à l'époque et 51 sélections chez les Bleus, auteur d’une lettre ouverte avant la compétition, distribuée à l’ensemble du groupe mi-mai. Dans son courrier, le défenseur d’Arsenal, victime, le 3 mai dernier, d’une rupture du tendon d’Achille lors d’une demi-finale retour de Ligue Europa disputée à Madrid face à l’Atlético, demandait alors à la bande à Deschamps de ne « jamais oublier » la beauté du métier qui est le leur. Ce qu’a alors ressenti Rami sur le moment : « J’estime être une personne saine, honnête et je me dis que ça aurait peut-être dû être Laurent à ma place. C’est aussi ça la vie du footballeur de haut niveau. » Brillante vérité et ouverture d’une porte trop souvent fermée à double tour : et si mesurer un titre de champion du monde revenait justement à mesurer la sensation de ne pas l’être ? C’est exactement ce qu’est venu raconter dimanche, lors d’un entretien donné au Canal Football Club, Laurent Koscielny : le rêve de gosse qui vole en éclats, la cicatrice impossible à refermer, la course qu’on sait déjà impossible à boucler.

« Personne ne pourra se mettre à ma place »


Le désormais ancien international français a rapidement prévenu : certains ne comprendront pas sa réaction, c’est le jeu. Mais il fallait que ça sorte et il faut lire autre chose derrière le message : une idée du sport professionnel, de la force de caractère inhérente à l’athlète, un mélange d’exigence, d’égoïsme et du refus permanent de se satisfaire. Sans sa blessure du printemps, Koscielny aurait été en Russie, probablement dans la peau d’un titulaire et les Bleus n’auraient peut-être pas été champions du monde. Mais ils l’ont été. « J’aurais ça en tête jusqu’à la fin de mes jours, lâche alors le défenseur. Mais il faut continuer à vivre. C’est un moment difficile à digérer, mais il y a des choses plus belles dans la vie que gagner une Coupe du monde. » Vraiment ? Et se sent-il un peu champion du monde ? « Non, pas du tout... Personne ne pourra se mettre à ma place. Aucun joueur ne peut se mettre à ma place. J’étais à la fois super content pour eux, mais à la fois dégoûté. (...) À la fois je voulais qu’ils se qualifient, mais, en même temps, je voulais qu’ils perdent. » Dégoûté car absent, dégoûté car seul sur le moment, dégoûté parce qu’ambitieux. Peut-on lui en vouloir ? Non, et il faut même le comprendre.

Dose d'honnêteté et ADN


Ce sentiment « étrange » est la différence entre lui et un Mamadou Sakho, qui a affirmé la semaine dernière avoir célébré le titre des Bleus alors qu’il était en stage à Malmö, en Suède, avec Crystal Palace. Ce dernier ne s’est jamais dit qu’il devait être de l’aventure, Koscielny oui, comme Djetou en 1998, même si la situation était différente. Interrogé par Libération en juin, l’ancien joueur de l’AS Monaco présentait clairement la chose : « Je n’ai rien partagé avec eux, je n’ai rien vécu de fort avec eux. » Ainsi, comment se sentir champion du monde ? Impossible, et tout sauf illogique. La réaction de Laurent Koscielny est humaine : comment un type qui a porté la défense des Bleus durant tant de temps et jusqu’à la finale de l’Euro 2016 pourrait danser sur une table et faire tourner sa serviette au moment de voir ses potes tourner une page d’histoire sous ses yeux ? C’est l’incompréhension de cette réaction qui alerte : cette dernière n’est qu’un résumé parfait de ce que doit être un joueur de foot de cette stature et c’est ce qu’est aujourd’hui cette interview. De la solitude soudaine du joueur blessé (Koscielny affirme n'avoir reçu qu'un texto de Deschamps lors des derniers mois) à l’égoïsme du pro, en passant par une dose d’honnêteté trop rare : attendre autre chose, c’est vouloir lisser le caractère d’un sportif et mal comprendre l’ADN d’un athlète. Ainsi, Koscielny se retire et laisse l’histoire se jouer sans lui, tout en annonçant qu’il ne remettra plus de maillot bleu et en laissant de gros services rendus derrière sa décision : tout sauf une surprise, mais aussi tout sauf une polémique.



Par Maxime Brigand
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