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Ultras violés

Bien plus qu’un simple bout de tissu, dans l’esprit ultra, la bâche du groupe, c’est sacré. Le Malherbe Normandy Kop, qui s’est fait cambrioler, a décidé de se mettre en sommeil juste avant un quart de finale de Coupe de France tant attendu contre l'OL. Explications.

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Les supporters caennais ont passé une très mauvaise soirée samedi dernier. Le Stade Malherbe s’est incliné 2-0 à Dijon, l’équipe a « loupé son match » , reconnaît le coach Patrice Garande, et Damien Da Silva, le nouveau meilleur buteur contre son camp de la Ligue 1, est sorti blessé, indisponible pour deux à trois semaines. Pour les ultras du Malherbe Normandy Kop, le week-end est plus amer encore. Le groupe s’est fait cambrioler son local au stade Michel d’Ornano. « Dans la nuit de jeudi à vendredi, une porte de la tribune Borrelli a été fracturée. Les personnes ayant commis cette effraction ont dérobé notre bâchage (bâches domicile, extérieure et calicots (1)...) » , a indiqué le MNK dans un communiqué, qui informait quelques lignes plus bas d’une décision « ô combien difficile, celle de mettre en sommeil le Malherbe Normandy Kop » . Mais, alors, qui sont les malfrats ? Et surtout, pourquoi arrêter les animations de la tribune alors que le Stade Malherbe s’apprête à recevoir l’Olympique lyonnais ce jeudi soir en quarts de finale de Coupe de France, une première depuis vingt ans ?

« Comme à la guerre »

Un groupe ultra s’exprime de deux manières : visuelle et sonore. Sa bannière, qui porte le nom ou les initiales du groupe, fait figure de carte d’identité, et bien plus encore. La « bâche » suit le groupe pendant une dizaine, voire une quinzaine d’années, à tous les matchs et dans tous les déplacements du groupe pour sa version extérieure. Chez les ultras, la bâche est sacralisée. L’enjeu est de protéger la sienne et, pour certains, d’aller voler celle de l’adversaire. D’ailleurs, en déplacements, la plupart des groupes ultras prennent soin de ne pas mettre d’objet de valeur dans la soute du car pour se prémunir de toute attaque.


« La bâche est toujours au centre des débats. S’il y a une bagarre, il y a une bagarre, point. Tandis que la bâche, cela va au-delà, assure un ultra français de longue date. Perdre la bâche, c’est bien plus important qu’un œil au beurre noir. » La bâche n’a aucune valeur pécuniaire, elle représente un attachement historique. « Ça peut paraître un peu moyenâgeux comme concept, mais c’est un peu comme à la guerre, expliquait Mathieu, alias « Scottish » , membre des Lutece Falco, dans un reportage consacré au groupe parisien au milieu des années 2000. Il y a le drapeau de l’ennemi, la bâche, qui est l’écharpe collective du groupe, quelque part. Et, c’est vrai que le folklore ultra fait qu’un des objectifs peut être de voler la bâche du groupe avec qui il y a un contentieux. »

Filatures et guet-apens

En avril 2013, au retour d’un déplacement à Lorient, des responsables des Magic Fans stéphanois se sont fait prendre en filature. Une trentaine d’indépendants lyonnais belliqueux les ont suivis jusqu’à chez eux dans le but de leur subtiliser la bâche domicile. Et ils ont réussi leur coup à moitié en repartant avec la partie « Fans 1991 » . L’été dernier, cette fois, ce sont les Green Angels stéphanois qui ont volé chez l'imprimeur une copie de la bâche complète des Bad Gones lyonnais... avant d’exposer leur trésor de guerre dans un champ, accompagné de cette signature : « Vous avez inventé le cinéma... pas l'imprimerie ! Happy birthday ! Merci qui ? GA92 » . Une double référence à une précédente banderole corrosive des Lyonnais et une vidéo porno tournée par des membres des Bad Gones.



Retour en avril 2013. C’est le premier derby normand au stade Océane : Le Havre AC - Stade Malherbe Caen. Leur rival historique – le FC Rouen – ayant disparu de la Ligue 2, les Havrais entretiennent une rivalité avec les Caennais. À la mi-temps du match, quelques Barbarians, les ultras havrais, ont repéré que la bâche des Caennais dépassait du secteur visiteurs. Ils font le tour du stade dans l’espoir de ramener un trésor de guerre. « Un mec a dit : "Regarde la bâche, si on tire dessus..." "On verra bien." Ça s’est transformé en tir à la corde, et puis les flics sont arrivés » , rejoue Yann, membre des Barbarians depuis 1993. Ce jour-là, les Caennais repartent avec leur bien.

« Normalement, la porte est blindée ! »

Quatre ans plus tard, alors que les deux clubs n’ont plus l’occasion de se rencontrer en championnat, peut-on imaginer des Havrais derrière le cambriolage du local du MNK ? « Nous n’avons pas à nous exprimer là-dessus en tant que groupe, mais, selon moi, il y a peu de fierté de forcer la serrure d’un local, de voler une bâche s’il n’y a pas de face-à-face » , détaille Yann, avant de préciser : « Mais, normalement, la porte du local est blindée ! » La fierté, justement, c’est la raison qui pousse le MNK à se mettre en sommeil. À la fin de son dernier communiqué, le groupe ultra caennais demande à ses membres de ne pas parler de cette affaire sur les réseaux sociaux (alors qu’il a lui-même publié le communiqué sur Facebook). Malgré nos relances, le MNK n’a pas souhaité s’exprimer sur ces évènements.


Comme humilié, le Malherbe Normandy Kop, qui s’apprêtait donc à vivre l’un des matchs de l’année avec ce quart de finale de Coupe de France, ne va plus animer son virage jusqu’à nouvel ordre. « Les vols de bâches ont des conséquences importantes, conclut Yann, l’ultra havrais. Des groupes peuvent devenir violents alors qu’ils vivaient leur vie tranquillement jusque-là. » Jusqu'ici, tout va bien.



Par Florian Lefèvre Tous propos recueillis par FL sauf mentions.

(1) un exemple d'une tribune formée de calicots, aussi appelés deux-mâts

À lire : Le dictionnaire des supporters côté tribunes, par Franck Berteau, éditions Stock
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