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Tournon : « Quand on a été au plus près du réacteur, on sait combien c'est fragile »

En 30 ans cumulés en tant que chef de presse de l'équipe de France (jusqu'en 2018), Philippe Tournon a fait partie d'innombrables histoires bleues et a vu passer des générations de joueurs et de sélectionneurs. Il raconte tout ça - et un peu plus - dans un livre, La Vie en bleu, sorti le 6 janvier. Entretien nostalgie et tambourin avec un retraité qui l'a bien mérité.

En même temps qu’il retrace votre parcours, cet ouvrage est également un récit des performances de l’équipe de France depuis plus d’un demi-siècle. Vous êtes avant tout un amoureux de l’équipe de France ?
Je n'aurais pas eu ce parcours si je n'avais pas été amoureux de l'équipe de France. C'est évident que lorsqu'on a été pendant 30 ans au cœur de l'équipe de France comme je l'ai été, on l'aime encore plus que le supporter lambda. Quand on a eu la chance d'être au plus près du réacteur, on sait combien c'est fragile, combien le moindre grain de sable peut venir enrayer cette belle mécanique. Surtout lors des phases finales.

Vous la sentiez vous-même, la pression des phases finales ?
Bien sûr, surtout lors de ma deuxième vie en équipe de France. En 2004, quand je suis parti, l'info en continu n'avait pas encore cette importance. Et lorsque je suis revenu en 2010 à la demande de Laurent Blanc, les réseaux sociaux explosaient, il existait une pression médiatique que je n'avais pas connu auparavant. Ça demandait une vigilance accrue et un positionnement encore plus pointu. Maîtriser la communication de l'équipe de France, ça n'a jamais été mon ambition, c'est de moins en moins réalisable.


Comment monte-t-on un service de presse national ? Ça n’a pas été compliqué d’entrer dans une fonction qui n’existait pas avant vous ?
Ce rôle existait déjà dans les grandes fédérations autour de chez nous, en Allemagne, Italie ou Angleterre, mais pas chez nous. C'est Hidalgo qui, à l'approche de la Coupe du monde 1978 en Argentine, a commencé à en parler à Fernand Sastre, qui m'en a parlé quelques mois avant la Coupe du monde 1982. J'étais rédacteur en chef adjoint et chef du football à L'Équipe, et on a convenu que j'entre à la Fédération en décembre 1982 pour organiser le service de presse qui n'existait pratiquement pas, recréer un journal fédéral, être le chef de presse de l'Euro 1984 qui se profilait à l'horizon et intégrer le staff de l'équipe de France comme souhaité par Hidalgo. Quand tu as la chance d'avoir quelque chose à créer, c'est plus facile, tu as la page blanche devant toi. C'était assez excitant.

« Les journalistes qui font 60 kilomètres pour venir à Clairefontaine voir Didier Deschamps et les joueurs deux fois un quart d'heure, est-ce que ça vaudra encore la peine ? »

Vous trouvez que les médias sont trop présents aujourd’hui autour de l'équipe de France ?
Non, on a trouvé une vitesse de croisière et un mode de fonctionnement qui, je pense, satisfont tout le monde. Mais on n'est pas au bout de nos surprises : maintenant chaque joueur a son propre moyen de communication, il n'y a plus rien de commun avec les époques que j'ai connues, je suis bien obligé de suivre ça. Avec les visio-conférences, on peut s'interroger : les journalistes qui font 60 kilomètres pour venir à Clairefontaine voir Didier Deschamps et les joueurs deux fois un quart d'heure, est-ce que ça vaudra encore la peine un jour ? Tout nous invite à revisiter les vieux schémas traditionnels qui existent. Au tout début, une vingtaine de journalistes venaient dans la résidence équipe de France, je prenais les commandes, je montais toquer aux portes des chambres et les joueurs faisaient cinq minutes avec l'un puis avec l'autre. Après le titre de champion du monde, ça a été un peu plus difficile, on s'est mis à faire des ateliers : presse écrite, radio, télé. J'avais instauré les entretiens individuels et ils ont été maintenus, Dieu merci : c'est le créneau où le joueur décide de tout. Avec la conférence de presse, tout le monde a la même matière, les mêmes outils pour faire ses papiers ; ce n'est pas pour autant qu'il faut la supprimer, parce que c'est le contact.

Vous racontez beaucoup d'évènements de l'intérieur dans La Vie en bleu. Vous étiez présent dans le vestiaire avec les joueurs, avant, pendant ou après les matchs ?
Ça dépend des entraîneurs : Deschamps part du principe que ceux qui n'ont pas besoin d'être dans le vestiaire n'y sont pas. Avant les matchs, je n'avais effectivement rien à y faire. J'avais parfois un petit problème à régler à la mi-temps, je restais trois minutes et je ressortais aussitôt, mais en revanche, après les matchs oui, avec le processus d'interviews et toutes les obligations, j'y étais. Je me souviens aussi d'autres époques : par exemple Henri Michel et Gérard Houllier n'attachaient eux pas d'importance particulière à tout ça. J'ai donc longtemps assisté à ce qui se passait dans le vestiaire.

Ça fait quoi, de se dire qu’on a eu une place privilégiée au sein de l’équipe de France pendant 30 ans ?
Moi qui étais un pratiquant pitoyable, les milliers d'entraînements auxquels j'ai assisté, j'en prenais plein les yeux.

Vous dites que le France-Bulgarie 1993 est le pire choc de vos 30 ans avec les Bleus. Est-ce également le moment le plus compliqué que vous avez eu à vivre dans cette fonction ?
Non, car j'ai un peu saboté le travail. À cette époque-là, d'habitude, je descendais en conférence de presse avec les deux entraîneurs. Ce jour-là, j'ai cherché l'entraîneur bulgare, il était occupé, j'y suis retourné deux fois et la troisième fois, je suis descendu avec Gérard Houllier et il a fait une déclaration d'une minute, puis on est remonté tout de suite, je ne sais même pas, encore aujourd'hui, si l'entraîneur bulgare est descendu. Je n'ai pas été très pro ce soir-là. Ça reste un traumatisme énorme, je me demande encore comment c'est possible. On avait tous déjà la tête aux États-Unis.

Vous racontez dans le livre avoir reçu un tambourin sur l’oreille au coup de sifflet final de France-Brésil 1986. C’est dangereux, d’être l’attaché de presse des Bleus ?
Je l'ai toujours dans mon bureau ! Un beau tambourin qui devait appartenir à un supporter brésilien et qui m'a un peu coupé l'oreille. Le médecin m'as mis un sparadrap sur l'oreille et m'a dit que je m'en étais bien sorti, car il venait des tribunes et avait pris de la vitesse, s'il atterrissait un peu plus bas sur la tempe, je pouvais être bien sonné. Au-delà de ça, il faut être raisonnable, il n'y a pas de danger. (Rires.)

Vous en avez voulu à Raymond Domenech après votre premier départ ?

Pas du tout, il était parfaitement dans son droit ! C'est comme dans un gouvernement, lorsqu'il y a un changement de Premier ministre, tout est remis sur la table. J'étais là depuis presque 20 ans, Riton (Henri Émile) et Manu De Faria aussi... On était une équipe de vieux briscards, il a pensé, avec assez de pertinence, qu'il fallait d'autres usages. En revanche, certains camarades, comme Henri Émile, n'ont pas eu la chance comme moi d''apprendre via une discussion franche en tête à tête avec le nouveau sélectionneur. Je le regrette un petit peu, c'est tout.

« Il faut dédramatiser la relation aux médias, ne pas se laisser paralyser. »

Lors de vos dernières années à la tête des Bleus, l’écart générationnel entre vous et les joueurs ne se faisait pas trop sentir ?
Dans la mesure où je n'ai jamais eu la prétention de faire un footing ou taper le ballon avec eux, ils ne se sont pas mis en situation de me faire ressentir mon âge. (Rires.) On pouvait constater une forme de hiatus entre ma génération et la leur dans l'habillement, l'expression, les goûts musicaux, dans beaucoup de choses. Mais le respect humain a toujours été présent, peut-être même encore plus avec les années qui passaient. J'étais dans le staff d'Aimé Jacquet, dans celui d'Hidalgo en 1984, donc j'avais le statut d'un personnage crédible. Quand je leur parlais des relations avec les médias, de pourquoi il ne fallait pas partir en guerre avec eux, ils savaient quand même qu'ils avaient affaire à un gars qui avait vécu assez de choses pour ne pas dire n'importe quoi sur ces sujets-là.

Quelle relation aviez-vous avec les sélectionneurs ?
Je ciblais différentes approches en fonction de ce que je décelais de mon interlocuteur. Je savais qu'avec Gérard Houllier, il fallait être très concis, certains comme Aimé Jacquet ou Roger Lemerre me demandaient de préparer un petit « chapô » pour resituer le match dans son contexte avant d'annoncer la liste. Santini, Laurent Blanc ou Didier Deschamps, eux, attaquent la liste tout de suite.

Vous aviez des appréhensions lorsque certains joueurs se présentaient face à la presse ?
Je n'avais pas d'appréhension sur le contenu de ce qu'ils allaient dire, je n'étais pas du genre à leur dire ce qu'ils devaient dire ; ce qui me faisait flipper, c'était quand c'était le tour de garçons qui n'avaient pas de goût ou d'aptitude pour l'exercice. Parce que je savais que ça allait être le chemin de croix pour moi, pour eux et pour les journalistes. Je pense qu'il faut dédramatiser la relation aux médias, ne pas se laisser paralyser. Pogba a choisi pendant un an de ne pas parler avant de renouer avec les bonnes habitudes à la Coupe du monde 2018, et il l'a très bien fait d'ailleurs.



Propos recueillis par Jérémie Baron
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