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Tottenham, la vie de chasseur

À sept journées de la fin, l'équipe n'est toujours pas devant et l'histoire qu'elle porte n'est qu'un enchaînement de quêtes inassouvies. Mais non, le Tottenham de Pochettino n'est pas condamné à la peine éternelle. Tout simplement car la bataille pour le titre avec Chelsea n'est pas encore tout à fait terminée et surtout, parce qu'au-delà des résultats, c'est le foot que les Spurs honorent.

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Il faut imaginer un autre temps, dessiné avec d'autres figures, où le football s'écoutait à la radio et où tous ces hommes n'avaient d'yeux que pour lui. Un saut entre les années 50 et 60, dix-sept ans passés sous le maillot de Tottenham, une petite soirée avec celui de la sélection nationale et finalement un costume enfilé en octobre 1958. Le football est en pleine structuration, commence à parler un langage commun et voilà Bill Nicholson, ses longs trenchs et sa raie soignée, dans la peau d'un entraîneur, vingt-deux ans après être arrivé chez les Spurs dans celle d'un simple apprenti footballeur. Puis, l'histoire : Nicholson lâche une baffe record dès son premier match contre Everton – un succès 10-4 – et tisse progressivement ce qui posera ensuite les bases de l'esprit Tottenham. Dans sa bouche, cela donnait ça : « Il est préférable de s'incliner en visant haut que de réussir en visant bas. Et, ici, nous nous sommes fixé des objectifs élevés, si élevés que même l'échec aura le goût de la gloire. »


Les règles sont assez simples. Un joueur de Tottenham est interdit de se satisfaire d'une performance et doit laisser se développer en lui une haine profonde de la défaite. Avec Bill Nicholson, il y aura ensuite le doublé de 61, quelques trophées nationaux, mais surtout le premier trophée européen d'un club anglais avec la victoire contre l'Atlético de Madrid en finale de la C2 1963. Ce Tottenham est aussi celui de princes reconnus (Cliff Jones, Jimmy Greaves, Dave Mackay) et plus principalement du plus global d'entre eux, Danny Blanchflower dont les mots traînent encore aujourd'hui sur l'une des façades de White Hart Lane : « Le jeu est une question de gloire. Il faut faire les choses avec style, avec une forme d'épanouissement, tout en s'arrachant et écrasant l'adversaire, ne pas attendre et mourir d'ennui. » Une philosophie indélébile.

L'équilibre parfait et la vie


Chaque club, même le plus grand d'entre eux, est condamné à suivre des courbes qu'il ne maîtrise pas. Un jour, pour parler de l'AC Milan, Andriy Shevchenko avait eu cette formule délicieuse : « Vous avez déjà vu un électrocardiogramme ? Les battements du cœur font comme ça : au-dessus, en dessous, etc. La vie est faite ainsi, et celle des clubs de football aussi. » Alors, comme beaucoup, Tottenham a appris à souffrir tout en acceptant de ne sourire que par instants éphémères. La gloire est avant tout jouissive pour ça, car elle ne dure qu'un instant bref. Tout serait sinon bien trop simple. Ainsi, les Spurs n'ont plus enfilé une couronne depuis cinquante-six ans et n'ont gratté qu'une anecdotique League Cup au cours des années 2000 face à Chelsea en 2008. Assez pour devenir un chasseur éternel ? Un sujet de blague, c'est déjà ça. Pourtant, Tottenham n'a jamais vraiment cessé d'être Tottenham. Une équipe capable de s'éteindre et de s'allumer lors de sommets, de survivre à la perte de ses repères pour construire un nouveau socle. Construire, démolir, reconstruire, mais aussi pleurer, sécher ses larmes et pleurer de nouveau. Et, comme l'avait exposé Nicholson, le charme des Spurs vient peut-être avant tout de là, soit « s'incliner en visant haut » plutôt que « réussir en visant bas » .


Le football est plus qu'un arrêt sur instant, c'est un ensemble où les images comptent plus que les chiffres, où un symbole peut souvent avoir plus d'impact qu'un sondage, comme en politique, et où, finalement, Tottenham ne se retrouve jamais vraiment du côté des méchants. Plutôt du côté des rêveurs, des romantiques. Le blanc et le bleu marine, l'équilibre parfait et la vie. Une certaine vision où l'esthétisme doit se mêler à la culture du combat. Un espace où Mauricio Pochettino, arrivé à Londres en mai 2014, a plongé sa tête avec des dogmes définis : « Tout est jugé sur l'autel du succès. (...) Ça serait super d'être champions, c'est évident, mais en construisant un projet solide, et non par une série de coïncidences éphémères. Leicester méritait le titre l'an dernier, sans aucun doute. Mais c'était un accident. » En ça, Pochettino a du Bill Nicholson, mais aussi par trois ingrédients principaux : son Tottenham a appris à perdre avant de commencer à gagner ; son football est attractif, offensif ; et, ses joueurs sont heureux et droits sentimentalement.

Le refus de l'éphémère


En arrivant en 2014, Pochettino n'avait qu'un objectif : construire une équipe du présent et du futur. Cela passait d'abord par fouetter les habitudes de Daniel Levy, président longtemps sans ligne directrice sportive et qui avait fait de son club un Monopoly géant où se croisaient les stars revendues et non remplacées et les paris ratés. Pour se faire plaisir et en donner, Mauricio Pochettino savait qu'il lui faudrait jouer la carte de l'identité multiple, dans le jeu et dans le rapport au maillot. C'est sa première victoire. Puis, Tottenham a travaillé, s'est remonté, s'est solidifié et l'entraîneur argentin a favorisé « la constance et la consistance » au coup d'un soir. L'homme déteste l'éphémère alors il a fait un pacte sentimental dans la durée avec des affamés talentueux pour en faire un équilibre majestueux qui est aujourd'hui reconnu de tous. La saison dernière, les Spurs n'avaient pas le titre pour objectif. Cette fois, ils l'ont et, à sept journées de la fin, ils pointent à sept points du Chelsea d'un Conte qui joue de cette pression et explique que le souffle de son dauphin le nourrit.



Le football est cruel et un peu fou, ce qui explique pourquoi le titre de champion d'Angleterre n'est pas encore totalement joué, et ce, alors que Tottenham possède un calendrier légèrement plus favorable que sa proie. Ce chasseur est beau, agressif, brutal comme il a pu l'être samedi contre Watford (4-0) et n'a que peu d'imperfections. Si au bout de la course, il chute, faudra-t-il l'oublier ? En aucun cas, car le foot est un peu plus qu'une histoire de résultats. Tout simplement parce qu'un rêve qui tourne mal n'est pas forcément un cauchemar, ça peut juste être un mauvais rêve avant d'en commencer un nouveau. Les médailles ne vont pas qu'aux vainqueurs, elles doivent aussi aller aux chasseurs, et ce, même si ces derniers parviennent à abattre leur cible dans les dernières foulées. Pochettino est un réaliste plus qu'un rêveur, voilà pourquoi il demandait ce week-end de « la patience, du temps et un peu de chance » avant de lâcher les armes. Il en est, de toute façon, incapable et il faut l'en remercier.



Par Maxime Brigand
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