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Top 100 : les équipes mémorables de la décennie (5e)

La décennie 2010, c'était Mourinho qui danse sur la pelouse du Camp Nou, Balotelli qui bombe le torse, Bielsa assis sur une glacière, Eder qui fait pleurer un pays, Griezmann qui le console, mais c'était surtout des équipes qu'il ne faudra pas oublier. Aujourd'hui, le Montpellier de 2012, classé cinquième de notre top.

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#5: Montpellier 2011-2012

Montpellier 2011-2012, champion de France


C’est l’histoire d’un exploit retentissant. L’histoire d’une équipe qui a marqué les esprits. Dans cette dernière décennie, l’Angleterre a eu Leicester, la France aura eu Montpellier. On pourrait croire qu’il s’agit d’une autre époque, mais c’était il y a seulement sept ans : le club héraultais devenait champion de France pour la première fois de son histoire, brisant le rêve du PSG passé sous pavillon qatari. Le MHSC en 2011-2012, c’était 82 points, 68 buts marqués et 34 encaissés. Quoi d’autre ? Une sacrée équipe sur le terrain, souvent solide, parfois spectaculaire. Des joueurs au top, aussi : Giroud le buteur, Hilton le taulier, Belhanda le chef d’orchestre, Cabella la jeune révélation, Jourdren le dernier rempart, Utaka le dynamiteur, et tous les autres. Un équilibre parfait. Et une saison historique récompensant un homme : Loulou Nicollin, le roi des poubelles et de Montpellier. Sept ans après ce morceau d'histoire, René Girard, l'entraîneur de l'époque, revient avec nostalgie sur cette saison si particulière.

Ce titre de champion avec Montpellier en 2012 est-il le plus grand moment de votre carrière ?
(Il réfléchit.) C’est dur de dissocier les titres, j’en avais aussi gagné en tant que joueur à Bordeaux, ils sont tous importants. Mais je crois qu’on peut dire que c’était certainement le moment le plus inattendu. Quelle communion ça a été… Tout le monde tirait dans le même sens, et je pense qu’il le fallait car c’était la première année qatarie avec Ancelotti au PSG. Cela dit, au départ on ne se disait pas du tout qu’on allait jouer le titre. On va dire que l’appétit est venu en mangeant, pendant qu’on entendait le même refrain tous les samedis, disant qu’on allait finir par s’écrouler. (Il marque une pause.) C’était vraiment une saison folle, je crois que tout a été parfait même si la perfection n’existe peut-être pas.

Surtout que vous restiez sur une saison décevante, avec une quatorzième place en Ligue 1. Le président Nicollin avait d’ailleurs poussé un coup de gueule en disant qu’il comptait bien tirer les oreilles des joueurs à la reprise.
C’est vrai que l’année d’avant avait été plus compliquée, mais il ne faut pas oublier qu’on avait fait 5e lors de ma première saison.
« Je pense qu’on a ensuite fait quelque chose que Loulou a eu la chance de vivre, il n’aurait jamais imaginé voir son Montpellier champion. »
Bon, il y avait eu une surcharge de matchs, quelques petits pépins. On peut comprendre le mécontentement du président, c’était aussi son rôle d’attirer l’attention. Le président Loulou, on le connaissait, on savait comment il pouvait réagir et on en a fait cure. Et je pense qu’on a ensuite fait quelque chose qu’il a eu la chance de vivre, il n’aurait jamais imaginé voir son Montpellier champion.


Pourtant, votre effectif ne bouge pas beaucoup à l’intersaison.
Je pense qu’on avait une équipe très équilibrée, même si on savait qu’il fallait éviter les emmerdes physiques. Il y avait des tauliers, des jeunes prometteurs et modestement, je crois que rien ne pouvait nous arriver cette année-là. On avait des Estrada, un Giroud et des jeunes comme Saihi, Cabella, c’était un bon mélange. Je n’ai été qu’un maillon de cette épopée, mais je peux vous dire que je me sens encore chez moi à Montpellier.

On dirait presque que vous invoquez une sorte de destin, comme si c’était écrit que Montpellier devait finir champion.
(Il coupe.) Non, non, non, tu sais j’ai toujours été un bosseur. Les choses ne viennent jamais seules. On a bien bossé avec le groupe, on a aussi réussi à tenir psychologiquement et à ne pas subir la pression un peu plus importante après chaque journée. Il y a aussi une petite part de chance, mais le reste c’est du labeur, du travail. J’ai eu la chance d’avoir un groupe exceptionnel et des dirigeants impliqués.

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Après un début de saison canon, vous subissez une première défaite cinglante contre le PSG à la Mosson (0-3) lors de la huitième journée. Est-ce que vous vous dites que le titre de champion n’est qu’un doux rêve après ce match ?
Non, ce n’est pas vraiment. À la huitième journée, je peux te dire qu’on ne pensait pas du tout à ça, mais on a pris une bonne claque et peut-être que ça nous a remis à notre place après ce bon début de saison. On a compris qu’il y avait du lourd en face. C’était une bonne gifle, je pense que ça nous a servi.

Avant le retour au Parc des Princes en février (2-2), on vous sent beaucoup plus confiant dans vos déclarations, limite provocateur envers le PSG.
C’était plutôt de l’ironie, c’était pour mettre un peu de piment sachant qu’on était juste derrière eux au classement.
« J’étais un peu chafouin parce qu’on se sentait attaqués, pas pris au sérieux, personne ne pensait qu’on irait jusqu’au bout. »
Quand on jouait le PSG, on parlait surtout d’eux et pas de leurs adversaires, donc j’aimais bien les titiller. J’étais un peu chafouin parce qu’on se sentait "attaqués", pas pris au sérieux, personne ne pensait qu’on irait jusqu’au bout. Et au final, ça a été un 2-2 assez superbe, avec une bonne qualité de jeu des deux côtés. Je pense que c’était un moment très fort dans cette saison, ça prouvait qu’on étaient costauds et on a pris conscience de notre valeur.

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Comment faisiez-vous pour tenir un groupe qui n’était pas du tout programmé pour jouer le titre ?
J’ai toujours insisté sur la prudence, je leur répétais qu’il ne fallait pas s’enflammer et qu’il fallait se concentrer sur notre jeu. Je me rappelle que j’installais toujours un croquis dans la salle de réunion avec des mots-clés, comme modestie, confiance… En fait, c’est monté crescendo, il fallait s’adapter à notre parcours. On est tous devenus plus ambitieux au fil des journées, et à partir des dix derniers matchs, je leur disais qu’ils étaient en train d’écrire l’histoire, leur histoire. Je voulais leur faire comprendre qu’ils étaient capables de le faire et qu’on se mette dans la peau d’un prétendant au titre.

À l’automne, Olivier Giroud est appelé en équipe de France pour la première fois. Comment a-t-il vécu ce moment et comment était votre relation ?
Ah Olivier… Notre relation était très bonne. C’était la saison de la confirmation pour lui et il avait été exceptionnel. Pour le reste, c’était la même logique qu’avec le groupe, il fallait le mettre en garde et faire en sorte qu’il garde les pieds sur terre. On a pas attendu ses premiers pas en équipe de France pour parler, puis c’était très facile avec un garçon comme Olivier. En revanche, après ce nouveau statut d’international, il était beaucoup plus surveillé sur le terrain, les adversaires le prenait au marquage, il recevait un traitement différent. Et ça ne l’a pas empêché de continuer à marquer, à être décisif, à commencer par ce match contre Lille où il va récupérer un ballon que trois quart des joueurs auraient laissé à l’abandon. Ça résume bien le garçon.



Vous parlez beaucoup de ce match contre Lille. On peut quasiment dire que c’est celui du titre avec ce but dans le temps additionnel. Comment l’avez-vous vécu sur le banc ?
C’était un match sous haute tension. Lille sortait aussi d’un parcours remarquable, ils avaient fait le doublé l’année précédent, il y avait des mecs comme Hazard, Payet, Debuchy…
« Quand on est entraîneur, on ne peut pas se défouler en faisant les efforts physiques comme les joueurs. En plus, tu as le quatrième arbitre qui te saute dessus dès que tu bouges une oreille »
Pour finir devant Paris, on savait qu’il fallait bousculer cette équipe. Si on perdait ce match, le PSG pouvait nous repasser devant. Je peux te dire que le banc, c’était bouillonnant. C’est ça qui est terrible quand on est entraîneur : on ne peut pas se défouler en faisant les efforts physiques comme les joueurs. En plus, tu as le quatrième arbitre qui te saute dessus dès que tu bouges une oreille (Rires.) Ce match, je l’ai vécu très intensément avec mon staff.

Surtout qu’à la pause, il y a une coupure de courant à la Mosson, ce qui retarde le coup d’envoi de la seconde période.
Oui, oui, ça lui donnait un côté épique à ce match. Et derrière, il y a ce déplacement à Auxerre à la dernière journée, où les supporters balancent des balles de tennis, des fumigènes et le match est interrompu pendant une heure. On se demandait même si on allait la terminer cette rencontre. Sur ces deux matchs, ces évènements auraient pu nous faire péter un câble ou perdre le fil, mais on est restés concentrés et ça nous a emmené au bout du rêve.

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Avez-vous eu peur que ce moment vous échappe ?
On a toujours peur quand on est entraîneur, rien n’est écrit à l’avance dans le foot. Et quand tu luttes avec une équipe comme le PSG, il suffit d’un petit caillou pour qu’il passe devant et qu’on ne les revoit plus. C’était aussi mon rôle de ne pas paniquer ou transmettre la peur, je me suis servi de mon expérience pour avancer et faire passer des messages aux joueurs.

Quel est votre pire souvenir de cette saison ?
(Il réfléchit.) Je pourrais revenir sur le match perdu 3-0 contre Paris, mais il y en a un autre qui me vient en tête : Evian à la maison. Ca avait été une rencontre très spéciale, un match nul 2-2, très compliqué, avec beaucoup d’agressivité en face. C’était difficile à gérer, on avait d’ailleurs perdu Younes (Belhanda) qui s’était fait expulser. Je ne pouvais pas lui en vouloir, mais on lui avait fait comprendre que ça pénalisait le groupe, surtout qu’il y avait un match important à Rennes derrière. C’était un garçon généreux, Younes.


Pour en revenir aux bons souvenirs, il y a aussi ce match gagné au Vélodrome (3-1), la première victoire là-bas dans l’histoire de Montpellier avec un but magnifique de Belhanda.
Ce match illustre la confiance qui régnait chez les joueurs : on gagne 3-1 avec ce but d’anthologie de Younes, un enchaînement contrôle-retourné dans la lunette, il en fallait pour tenter un tel geste. En vérité, on étaient arrivés au Vélodrome avec énormément de confiance. Pas de l’arrogance hein, mais une vraie force. On se sentait costauds, capable de faire un résultat et ça fait clairement partie des matchs couperets.

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Une satisfaction personnelle : en fin de saison, vous êtes élu meilleur entraîneur de Ligue 1. A l’époque, on avait l’impression que c’était une petite revanche pour vous.
Mais une revanche vis-à-vis de qui ? Non, il y a quelques connards, et je pèse mes mots, qui n’étaient pas très objectifs, c’est tout.
« Il y a quelques connards, et je pèse mes mots, qui n’étaient pas très objectifs. Je me faisais parfois titiller dans la presse, souvent par des gens qui ne savaient pas en quoi était fait un ballon »
Je me faisais parfois titiller dans la presse, souvent par des gens qui ne savaient pas en quoi était fait un ballon, et ça ne m’a pas empêché de dormir. Il faut reconnaître que c’était plaisant d’être récompensé pour son travail, mais ce n’était pas un but ultime. Je n’ai pas besoin d’une telle distinction pour prendre mon pied à entraîner. Un jour, Aimé Jacquet m’a dit : « Tu verras si tu deviens entraîneurs, tu auras 80% de mauvais moments et 20% de bons." Il avait raison, c’est un métier qui n’est pas simple.

On lit souvent que Montpellier n’est pas une ville de foot. Comment était la fête en ville après le titre ?
Pfiou...ça a été fabuleux. On ne l’a pas fait le soir-même car on rentrait d’Auxerre, mais quand on a été reçu place de la Comédie le lendemain, c’était extraordinaire.
« Aujourd’hui encore, quand je rencontre des gens à Montpellier, ils me disent que c’était le plus beau jour de leur vie. C’est fort, non ? »
La Comédie remplie, je peux vous dire que ça commence à faire un paquet de monde. Il y avait une ferveur, une fierté d’être Montpelliérain. C’était vraiment une très, très belle fête. Aujourd’hui encore, quand je rencontre des gens à Montpellier, ils me disent que c’était le plus beau jour de leur vie. C’est fort, non ?

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Et vous n’aviez pas voulu imiter Loulou Nicollin en vous coiffant d’une crête bleu et orange ?
Oh non, je n’ai pas de jolis cheveux moi (Rires.) C’était marrant aussi ce moment avec le président. Tout était parti d’un pari avec Rémy Cabella qui voulait lui faire la crête en cas de titre de champion. Personne ne pensait qu’il le ferait, puis on l’a vu rappliquer comme ça avec sa nouvelle coupe…. C’était rigolo.

Au moment d’être champion de France, vous vous dites que votre Montpellier est entré dans l’histoire ?
En toute modestie, je pense que oui. On le savait, oui, on savait qu’on venait de réaliser quelques chose d’important dans l’histoire du club. Le titre est quelque chose d’historique et il restera pour encore très longtemps.

Pensez-vous que ce type de surprise est encore possible dans le foot français ?
Oh oui, je pense que ça arrivera de nouveau un jour. Après, il faut voir comment l’écart se creuse entre Paris et les autres. Quand voit déjà la différence énorme avec Lyon, les difficultés qu’ils ont pour rivaliser avec le PSG. Mais un jour ou l’autre… Le foot est fait de surprises et de moments inattendus, ça finira par arriver de nouveau.



C'est tout pour l'instant !

Prochain article disponible le mercredi 25 décembre
Par Clément Gavard

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