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Top 100 : les équipes mémorables de la décennie (2e)

La décennie 2010, c'était Mourinho qui danse sur la pelouse du Camp Nou, Balotelli qui bombe le torse, Bielsa assis sur une glacière, Eder qui fait pleurer un pays, Griezmann qui le console, mais c'était surtout des équipes qu'il ne faudra pas oublier. Aujourd'hui, le Barça de 2011, classé deuxième de notre top 100.

Modififié

#2: Barça 2010-2011

Barça 2010-2011, champion d'Espagne, vainqueur de la C1 et finaliste de la Coupe du Roi


Là, Tony Blair. Ici, Carlos Slim. Puis, un peu plus loin, Lula. Devant eux, quelque dix mille étudiants mexicains, prêts à recevoir la leçon. Pep Guardiola a 41 ans, mais semble toujours être ce gamin de quinze ans, accroché à l’épaule de Víctor Muñoz, l’homme qui transforma le 16 avril 1986 un tir au but décisif qualifiant le Barça pour une finale de C1 face au Steaua Bucarest. Ce soir-là, Pep, l’ado, fut ramasseur de balles au Camp Nou et ne voulut pas lâcher son héros. Vingt-six ans plus tard, l’explication que Guardiola est venu donner au Mexique est simple : il appelle ça la passion. Et voilà ce qu’il en dit :

« Ma plus grande chance a été de découvrir tout petit quelle était ma passion. Je suis né dans un tout petit village d’un pays qui s’appelle la Catalogne, à 70 kilomètres de la capitale, Barcelone. Et un jour que j’étais dans ce village, un ballon est arrivé vers moi et j’ai fait cela (il mime une passe de l’intérieur du pied). À ce moment précis, j’ai ressenti quelque chose qui m’a marqué et m’a aidé plus tard à me dire : voilà ce que je veux faire dans la vie. Ce fut pour moi comme une libération. C’est ma grande chance, avoir découvert ce qu’était ma passion et vivre d’elle et avec elle. J’étais né pour être footballeur. (...) L’autre
« J’aimerais vous dire à chacun de ne jamais écouter personne, ni vos parents, ni vos frères et sœurs, ni vos amoureux ou vos amoureuses. Un moment viendra, quand vous irez vous coucher et une fois votre oreiller posé et la lumière éteinte, où vous vous retrouverez seuls. Et à ce moment précis, essayez de découvrir ce que vous aimez réellement. C’est la clé de tout le reste. » Pep Guardiola
jour, à New York, où je réside actuellement, je suis allé voir l’Open de tennis et je suis tombé par hasard sur l’ancien entraîneur de Roger Federer, probablement le meilleur joueur de tennis de tous les temps. Du coup, je lui ai demandé comment il était, comment il s’entraînait, comment il faisait ceci, cela, etc. Et il me dit :
"Il adore, il adore jouer au tennis. Il est capable, maintenant, après avoir gagné je ne sais combien de tournois, de Grands Chelems, de se lever à deux heures du matin pour regarder un match de tennis d’un tournoi local chinois." Je lui ai répondu : et il regarde tout ? "Oui, tout, et ensuite, le lendemain matin, il s’entraîne avec un gamin de 18 ans qui lui sert de sparring-partner et puis discute avec lui du jeu, de tennis. Roger adore sa vie, sa profession." Moi, j’aimerais vous dire à chacun de ne jamais écouter personne, ni vos parents, ni vos frères et sœurs, ni vos amoureux ou vos amoureuses. Un moment viendra, quand vous irez vous coucher et une fois votre oreiller posé et la lumière éteinte, où vous vous retrouverez seuls. Et à ce moment précis, essayez de découvrir ce que vous aimez réellement. C’est la clé de tout le reste. Mais ce n’est pas facile de savoir ce qu’on aime. Voilà à quoi sert la culture, voilà à quoi sert l’éducation, à quoi servent les processus d’apprentissage. Ils servent à trouver ceci. (Il mime de nouveau une passe de l’intérieur du pied.) »



Et ceci a notamment donné cela : le 29 novembre 2010, Pep Guardiola, assis dans une salle de presse du Camp Nou, et le monde à ses pieds. Le Barça vient alors de détruire le Real Madrid (5-0) au terme d’un Clásico délirant, le premier retransmis en direct dans le monde entier. 400 millions de personnes ont suivi ce match en même temps, 400 millions de personnes ont donc été soufflées au même moment, par la même tornade, venue de la même pelouse. Dans la pièce, un journaliste a alors osé : « Pep, ce Barça est-il la meilleure équipe du monde ? » Face à un tel succès, Pep Guardiola aurait pu ranger sa modestie, hurler sa fierté et arroser l’assistance de champagne. Mais il avait prévu autre chose. « Nous devons avoir l’humilité nécessaire pour laisser le temps décider de ce que nous étions ou avons été durant cette époque, a-t-il alors répondu. Maintenant, il est facile pour nous de dire que nous avons été bien meilleurs que nos adversaires. Mais laissons le temps juger cette équipe. Si dans quelques années, on parle encore de nous, alors on pourra dire que oui, nous avons bien fait les choses. » Le temps, toujours le temps.

Football idéal


Pep Guardiola est obsédé par le temps et surtout par sa volonté de le réduire pour mieux piquer. Défensivement, le Catalan veut que ses équipes récupèrent le ballon en moins de cinq secondes après l’avoir perdu. Offensivement, il souhaite que ses joueurs anticipent au maximum leurs décisions et donc les mouvements de leurs coéquipiers, mais aussi de leurs adversaires. Le football se joue avec la tête avant de se jouer avec les jambes. Voilà ce que peut donner le temps - et ici l’espace - lorsqu'il est parfaitement maîtrisé : face au Real, en novembre 2010, le Barça a inscrit son deuxième but (Pedro) au bout d’une séquence de 21 passes, construite avec 8 joueurs, le tout en 58 secondes. Et ça suffit pour marquer les esprits. Cela demande une interprétation du jeu commune, ce qui est le boulot d’un entraîneur et ce que Pep Guardiola, un homme qui n’est pas dans le comment, mais avant tout dans le pourquoi, était aussi venu raconter lors de ce soir d’hiver 2010 : « Le travail d’un coach est de convaincre ses joueurs, et ceux-là sont convaincus par cette façon de jouer. Nous essayons de faire en sorte que les gens qui viennent au stade s’intègrent aussi à cette manière de penser. Le résultat est toujours la conséquence du jeu. » Le Barça était monstrueux en 2009, il l’était aussi en 2010, peut-être l’aura-t-il été encore plus lors de cette saison 2010-2011. Pourquoi ? Car c’est probablement à la fin de celle-ci que Guardiola a atteint l’objectif suprême qu’il s’était fixé au moment d’enfiler le costume d’entraîneur : jouer son football idéal en finale de la compétition la plus importante qu’un club peut disputer en Europe.


Un objectif qu’il avait déjà en tête à l’heure de prendre ses fonctions en juin 2008. Il ne faut pas oublier qu’au départ, ils n’étaient pas nombreux à croire en son succès et que beaucoup disaient que Laporta avait avant tout choisi Guardiola pour des raisons politiques : Pep était catalan comme lui, proche de Cruyff comme lui, et le président du Barça avait besoin de soutien alors qu’il affrontait une motion de censure déposée par ses propres administrateurs. Face à la méfiance, Pep Guardiola n’a rien fait non plus pour se mettre l’extérieur dans la poche, lui qui a quand même éjecté Ronaldinho et Deco de son groupe dès sa première séance d’entraînement avec l’équipe première du club de sa vie. « Après avoir analysé leur rendement respectif, je crois que c’est mieux pour l’équipe » , voilà pour la justification. Et voilà pour ses premiers mots en tant que coach du Barça :
« Je ne demande pas 100 jours de confiance, je ne demande rien d’ailleurs. J’aimerais bien promettre des titres, mais ce serait une erreur. J’ai une idée très précise de ce que je veux faire, et mon défi maintenant consistera à essayer de la transmettre, de convaincre d’abord les joueurs, et ensuite le public. C’est nous qui devons animer les gens, pas l’inverse. » Pep Guardiola
« Je ne demande pas 100 jours de confiance, je ne demande rien d’ailleurs. J’aimerais bien promettre des titres, mais ce serait une erreur. J’ai une idée très précise de ce que je veux faire et mon défi maintenant consistera à essayer de la transmettre, de convaincre d’abord les joueurs, et ensuite le public. C’est nous qui devons animer les gens, pas l’inverse. Il y aura ceux qui croient au projet dès le début et puis les autres, qu’il faudra convaincre au fur et à mesure. » Dans la foulée, une dizaine de joueurs quittèrent le Barça, d’autres arrivèrent : Dani Alves, Seydou Keita, Gerard Piqué, rapatrié de Manchester, Martín Cáceres, José Manuel Pinto, Aliaksandr Hleb.

De la clé de de convaincre


Comment « convaincre » ? Il avait un plan - le jeu - et des bombes tactiques pour le faire exploser : le troisième homme, un concept qui insiste sur la nécessité « d’aller chercher d’abord le coéquipier le plus éloigné pour pouvoir jouer face au jeu et ouvrir le terrain » et qui permet une supériorité numérique de tous les instants ; la quête de l’homme libre, « la clé de la conservation du ballon. C’est à partir de la passe et de la circulation du ballon que j’arriverai ainsi aux positions d’attaque avec la possibilité que des joueurs talentueux puissent créer des déséquilibres » ; la volonté vitale de désorganiser l’adversaire par les passes rapides, à savoir que « grâce à ces séquences de quinze passes, tu rassembles la majorité de tes joueurs, même si tu dois en laisser quelques-uns très séparés et éloignés entre eux pour élargir l’équipe adverse. Et, tandis que tu as défait 15 passes et que toi, tu t’organises, le rival te poursuit partout en essayant de te prendre le ballon. Sans s’en rendre compte, il est complètement désorganisé. Ces quinze passes préliminaires empêchent la transition de l’adversaire. »



Avec Guardiola, défendre et attaquer sont des synonymes, et le Catalan savait qu’il aurait besoin d’un ensemble acquis intellectuellement à sa cause pour réussir. Par « ensemble » , dans le football, il faut entendre trois composantes vitales : les dirigeants, les joueurs, le public. « C’est un défi merveilleux que de pouvoir vous convaincre » , expliqua Pep Guardiola en août 2008, lors de la présentation de l’équipe au public, au milieu de la pelouse du Camp Nou, avant de conclure : « L’important, c’est que lorsque vous viendrez nous voir ici, vous vous disiez : nous venons au stade parce que nous savons que l’équipe ne nous trahira pas. Je ne sais pas si nous gagnerons, mais je vous donne ma parole d’honneur que nous mettrons tous nos efforts pour y parvenir. Je ne sais pas ce qu’il y aura à la fin. Bienvenue dans cette nouvelle saison, bienvenue chez vous ! Attachez vos ceintures, vous allez aimer ce que vous allez voir. Višća el Barça ! » Plus d’un an plus tard, Guardiola, un homme qui savait parler aux foules, mais qui devait aussi apprendre à parler aux hommes, réussira son premier pari et de quelle manière : champion d’Europe après avoir dominé Manchester United à Rome, champion d’Espagne, vainqueur de la Coupe du Roi, vainqueur de la Supercoupe d’Espagne, puis champion du monde des clubs, un titre que le Barça n’avait jamais accroché à son palmarès. Alors, le 19 décembre 2009, à Abou Dabi, quelques minutes après la victoire du FC Barcelone sur les Argentins d’Estudiantes (1-2), Pep Guardiola pleura comme un gosse. Thierry Henry essaya bien de le consoler, mais le Catalan était incapable de s’arrêter, comme s’il avait compris, seulement au bout de sa première année sur un banc professionnel, que plus rien ne lui serait pardonné. Ce jour-là, Guardiola s’est grillé pour la vie : quand on gagne tout, tout de suite, on est perdu et on sait que la moindre défaite ne nous sera plus jamais pardonné.

« Personne ne nous avait collé une telle raclée »


Et Pep Guardiola a perdu, un peu, quand même. Il a perdu face à Samuel Eto’o, déjà, qu’il avait convaincu qu’il « ne ferait rien en solitaire » et qu’il avait « besoin des autres » . Le Camerounais a réussi une saison 2008-2009 au-delà de l’excellence (son but contre MU en finale de la C1 est notamment un modèle) avant d’être transféré à l’Inter pour des raisons d’incompatibilité avec l’entraîneur espagnol. Guardiola a perdu face à Zlatan, qui ne s’est jamais laissé convaincre par son projet tactique et a empêché à plusieurs reprises, par son refus de presser la sortie de balle adverse, le Barça de s’organiser correctement à la récupération. Le Suédois ne s’est également jamais complété sur le terrain avec Messi. Rédhibitoire aux yeux de Guardiola : « C’est comme si l’acteur secondaire voulait prendre le premier rôle. Le plus important, je crois, c’est que chacun sache quel est son rôle exact. Si Messi joue dans ton équipe et quelqu’un veut prendre le rôle de Messi, c’est mort. Tout le monde sait qu’il est au-dessus de tous les autres, donc tant que les autres acceptent cette idée, tout va bien. » Ibra ne l’a pas accepté, David Villa l’a fait, formant avec Pedro un duo au service de Messi : d’où la naissance du Barça le plus abouti de l’histoire.

Vidéo

Un Barça qui aura fait prononcer, le 28 mai 2011, ces mots à Sir Alex Ferguson : « Depuis que je suis à Manchester United, c’est la meilleure équipe que nous avons rencontrée. Tout le monde en est conscient. Je l’accepte. Quand on est dominé à ce point, on est obligé de le reconnaître. Personne ne nous avait jamais collé une telle raclée. » Interrogé après la rencontre, Pep Guardiola ne dira pas autre chose, à sa manière : « Il y a deux ans, à Rome, nous avions fait un bon match, mais ce soir, nous avons réalisé une meilleure performance. Ce soir, c’est la manière avec laquelle nous avons gagné qui me rend particulièrement fier. C’est ce football que nous avons envie de pratiquer.  » Quatre mois plus tard, au moment de recevoir la médaille d’or du Parlement de Catalogne, il réveilla le souvenir de Valero Ribera, six fois vainqueur de la Ligue des champions de hand avec le Barça, qui lui avait un jour dit de vivre sa profession « en remerciant tous les jours cette institution sans ne jamais, jamais rien lui demander, n’oublie jamais cela : le Barça nous rend tous bons. » Et Guardiola l’a rendu excellent, presque intouchable, notamment lors de ce printemps 2011 à Wembley, là même où il avait remporté la C1 en short face à la Sampdoria en 1992.

Rondos, générateur et mémoires


Voilà la formule : une sortie de balle assurée par Valdés, Piqué, Mascherano (Puyol revenant tout juste de blessure) et Busquets, carré magique dont le rôle est de permettre ensuite à Xavi, Iniesta et Messi d’enclencher des rondos - il suffit de voir celui que le Barça réalisa lors de l’échauffement à Wembley pour se rendre compte que les Catalans étaient particulièrement affûtés dans l’exercice ce soir-là jusqu’au gardien remplaçant Pinto - dans le cœur du jeu afin de rendre fou un Manchester United qui avait pourtant parfaitement entamé sa finale. Lors des dix premières minutes, le Barça peinait à respirer : en installant Rooney entre Piqué et Xavi, Ferguson avait réussi à couper l’alimentation du générateur catalan, ce qui forçait Valdés à de longues relances ou à une construction sur les côtés, gardés par Alvés et Abidal. Nouveau problème : Park et Valencia réussissaient également un excellent début de match et bloquaient parfaitement l’expression des latéraux catalans.
« La sortie de balle à trois joueurs est très bonne parce que tu modifies la pression de l’adversaire. Même s’ils te pressent à deux, en sortant à trois, on les force à se placer en parallèle, en 4-4-2, et comme ça, on les bat. » Pep Guardiola
Alors, le Barça a dû trouver un autre moyen de répondre et l’a fait en repoussant tactiquement Manchester United, c’est-à-dire ici en écartant davantage les sorties de balle afin d’avoir une meilleure maîtrise de l’espace et disloquer ainsi lentement le bloc mancunien. Guardiola déplie cette approche dans Herr Pep : « La sortie de balle à trois joueurs est très bonne parce que tu modifies la pression de l’adversaire. Même s’ils te pressent à deux, en sortant à trois (ici avec Mascherano, Busquets et Piqué) on les force à se placer en parallèle, en 4-4-2, et comme ça, on les bat. » Le Catalan répète également souvent que c’est le ballon qui « organise et désorganise l’adversaire » : à Wembley, plus que jamais. Car d’un coup, les redoublements de passes s’enchaînèrent, aucun joueur n’effectuant plus de trois touches de balle, Messi se mit à décrocher de plus en plus, Xavi effectua ses premières rotations à 360 degrés, Pedro et Villa prirent l’espace libéré par leur colonel argentin, et le Barça respira. Mieux : il piqua et appuya avec force sur la cage thoracique d’un Manchester United qui implosa rapidement psychologiquement. À la 27e minute de jeu, Pedro ouvrit le score. Rooney égalisa dans la foulée, mais plus personne ne s’en souvient, car derrière, juste après la pause, Messi refila l’avantage aux siens. Quinze minutes plus tard, David Villa trouva la lucarne de Van der Sar : le Barça de Guardiola fut champion d’Europe pour la deuxième fois en trois ans en ayant réussi à corriger tous les défauts de celui de Rijkaard.


Était-ce le meilleur match de l’histoire du foot ? Certains le pensent. Ce sera, en tout cas, le dernier chef-d’œuvre de Pep Guardiola en Espagne, lui qui poussera, lors de sa dernière saison au Barça, ses fantasmes au maximum, comme lorsqu'il titularisera en finale de la Coupe du monde des clubs contre Santos cinq milieux de terrain (Fàbregas, Busquets, Xavi, Iniesta et Thiago Alcántara) pour accompagner Messi. Dans une telle organisation, chacun se déplace, prend le ballon, le redonne, le redemande ailleurs, construisant de la supériorité numérique à chaque coin du terrain tout en récupérant le ballon quasi instantanément après chaque perte de balle. Après la rencontre, l’entraîneur de Santos, Muricy Ramalho, se présenta avec les yeux brillants : « Nous avons appris beaucoup de choses aujourd’hui. Et je pense que vous avez aussi appris quelque chose. » Que l’on pouvait par exemple jouer en 3-7-0 ? « Non, c’est simplement notre manière de jouer, répondit Guardiola. Nous essayons de contrôler le milieu et d’exploiter l’espace. » Cela n’empêchera pas son Barça de s’incliner en demi-finales de la Ligue des champions quelques mois plus tard face à Chelsea, de céder la Liga au Real, mais cela lui offrira, malgré tout, un dernier titre : la Coupe du Roi, soufflée à l’Athletic Bilbao de Bielsa, l’une des plus grandes influences du coach catalan. Le jeu de position a franchi un cap, le football aussi. Et Guardiola a gagné sa guerre contre le temps.

Le XI de la finale face à Manchester United (4-3-3-) : Valdés - Alves, Mascherano, Piqué, Abidal - Xavi, Busquets, Iniesta - Villa, Messi, Pedro.



Par Maxime Brigand

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