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Top 100 : Cartons rouges de légende (4e) : La dernière folie de Juanito

Icone madridiste, Juanito aimait tellement le Real Madrid qu'il ne supportait pas qu'on l'attaque. Lothar Matthäus, piétiné en demi-finales de Coupe d'Europe, en a fait les frais.

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#4: Juanito - 1987

Bayern Munich - Real Madrid (4-1), Coupe d'Europe des clubs champions, 8 avril 1987


Le Real Madrid est un club étrange. D’un côté, il hisse la classe au rang de valeur cardinale et idolâtre Zidane, Raúl ou Di Stéfano. De l’autre, il s’entiche de voyous, amoureux de la bagarre, prêts à tout pour défendre les couleurs blanches : « Il y a une sorte de schizophrénie du club entre le fait de prôner le senorio, cette attitude chevaleresque, mélange de fair-play, de bonne éducation, de supériorité morale sur les autres clubs que peu de joueurs peuvent incarner et celui d’adorer des joueurs impétueux qui sont tout le contraire » , confirme Eduardo González Calleja, historien espagnol et spécialiste du Real. De toutes les icônes madridistes, Juanito est peut-être celui qui incarne le mieux la face sombre de la Lune. Quand il signe à Madrid en 1977, cet Andalou lance : « Jouer pour le Real, c’est comme toucher le ciel. » Une déclaration enflammée qui sera suivie par 161 buts, cinq titres de champions d’Espagne et deux coupes d’Europe des vainqueurs de Coupe. Dix ans de coups d’éclat et de coups de sang, dix ans de passion. Amoureux de tauromachie et de flamenco, le Siete Maravilla ( « le Sept merveilleux » ) était surtout amoureux du Real Madrid. À tel point qu’en quittant le club, il déclarera que s’il n’avait pas été joueur, il aurait probablement été un Ultra Sur. Difficile de ne pas le croire, tant l’homme avait les mêmes réactions que n’importe quel socio. Lors d’un match de Coupe d’Europe perdu contre le Grasshopper Zurich en 1978-1979, il s’agace contre une décision arbitrale et gifle l’homme en noir. Bilan : deux ans de suspension en Coupe d'Europe.


Deux ans plus tard, alors que le Real Madrid est en lice pour le titre lors de la dernière journée de Liga, il promet qu’il fera le tour du stade à genoux si les Merengues sont sacrés. Pour cela, il faut que le Real gagne à Valladolid et que la Real Sociedad perde. Contrat rempli pour les Madrilènes, qui gagnent 3 buts à 1. Dans le même temps, les Basques sont menés à Gijón. Et Juanito d’entamer son tour de terrain... Avant d’apprendre que les Txuri-Urdin ont égalisé et de se relever piteusement. Pour le Real, Juanito était prêt à tout. Même au ridicule, même à la violence extrême.


Une cape de tauromachie pour dire pardon


Adoré à Bernabéu, haï dans le reste du pays, El Siete Maravilla réserve son plus gros coup de folie à l’année 1987 et à Lothar Matthäus. En fin de carrière, l’Andalou est devenu le grand frère un peu flippant des jeunes Madrilènes bien peignés de la Quinta Del Buitre (Butragueño, Pardeza, Sanchís, Míchel et Vázquez). Cette année, le Real Madrid est l’une des meilleures équipes du continent. Emmené par le talent de la Quinta, les buts d’Hugo Sánchez et l’expérience de Jorge Valdano, les hommes de Leo Beenhakker s’avancent en demi-finales de Coupe d’Europe des clubs champions face au Bayern Munich, après avoir éliminé la Juventus. Les Madrilènes sont doubles vainqueurs de la Coupe de l'UEFA. Ils sont même sortis vainqueurs des quinze dernières confrontations allers-retours disputées en Coupe d’Europe. Pourtant, dès le coup d'envoi à Munich, quelque chose cloche. Le match débute par une occasion manquée par Butragueño. Dans la foulée, Klaus Augenthaler ouvre le score. À la 29e minute, l’arbitre écossais invente un penalty pour les Allemands. Transformé par Matthäus. Le sang de Juanito bout, d’autant que Wolfhart marque le troisième but à la 35e minute. Le Real distribue les coups par frustration. Alors pour répondre, Matthäus met un tacle très énervé à Chendo. Mauvaise idée...


Le Ballon d’or 1990 voit un taureau furieux se ruer sur lui. Celui-ci lui plante dans un premier temps son pied droit dans le dos. Puis il effectue un drôle de pas de danse avec une certaine grâce et lui piétine littéralement la mâchoire. Il n’y pas de bonne manière de mettre fin à une histoire d’amour. Pas de rupture sans casse. Certes, mais pour mettre un terme à une relation fusionnelle avec le Real Madrid, Juanito a choisi la pire : utiliser le visage d’un adversaire comme un paillasson.



Pour son agression dégueulasse, le numéro 7 sera suspendu de Coupe d'Europe pendant cinq ans et contraint de quitter le club. Car comme le disait Santiago Bernabéu : « Le maillot du Real Madrid est blanc. Il peut se tacher de terre, de sueur et même de sang, mais jamais de honte. » Dévasté, Juanito retournera en Andalousie la tête basse, non sans avoir offert à sa victime, en guise d’excuse, une cape et une épée de tauromachie ! True story.

Petit Jean parti trop tôt


Cinq ans après l’agression sur Matthäus, Juanito, devenu entraîneur du club de Mérida, est victime d’un accident de la route en rentrant du Santiago-Bernabéu. Il décède à 37 ans alors qu’il venait d’assister à un match entre le Real et le Torino. La course folle de Juan Gómez González prend fin. Que reste-t-il aujourd’hui de Juanito ? Un rituel observé religieusement à chaque match depuis le 2 avril 1992. À la 7e minute de jeu, quand le Real Madrid joue, le Bernabéu se lève et chante « Illia, illia, Juanito Maravilla » . Mais le principal legs de l’Andalou, c’est surtout cet espiritu de Juanito appelé par le public et les journaux pro-madrilènes à chaque fois que le Real est en danger. Il faut dire que dans les années 1980, sous l’impulsion de son numéro 7, le Real était devenu le roi des remontadas en Coupe d’Europe. Quelques exemples ? le Celtic, Anderlecht ou le Borussia Mönchengladbach, larges vainqueurs à domicile, sont écrasés et éliminés dans un stade en fusion. Quand le Real est dos au mur, on convoque donc la mémoire de celui qui entrait à chaque fois comme un boxeur dans un Bernabéu chauffé à blanc. Un type qui dit un jour aux joueurs de l’Inter après une défaite 3-1 à San Siro : « Vous savez, 90 minutes à Bernabéu, c’est très long » . Au retour, le Real gagnait 5-1.



Par Arthur Jeanne

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