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Dix nouvelles choses que vous ne savez (sûrement) pas sur Sir Alex

La version française de l’autobiographie d’Alex Ferguson vient de sortir. 300 pages d’anecdotes, de lancers de chaussures, de pizzas et de prises de bec avec Rafa Benítez. Pour vous, qui êtes trop occupés à chercher un nouvel écran pour la Coupe du monde, voici un top 10, non exhaustif, des 10 choses à l'intérieur que vous ne savez probablement pas à propos de Sir Alex.

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Fergie le gréviste

Lorsqu’il jouait pour St Johnstone en 1960, l’Écossais était aussi engagé sur le terrain pour défendre son club qu’impliqué en dehors pour préserver les intérêts du Parti travailliste anglais. Il faisait le tour des pubs, non pas pour se rafraîchir le gosier, mais afin de collecter des fonds pour la grève des apprentis dans les cales sèches à Govan. Reste à savoir s’il arborait la même coupe de cheveux, façon Playmobil, que Bernard Thibault.

Fergie l’aventurier

Oui, il est arrivé à Ferguson de vouloir tout lâcher. Non, il n’a pas toujours eu l’esprit de guerrier qu’on lui a connu par la suite, tout au long de sa carrière. Âgé alors de 21 ans et joueur de St Johnstone, le natif de Glasgow se trouve dans une inquiétante période de stagnation, n’évoluant pas encore en équipe première. Aigri et déçu, il prendra une décision radicale, sur un coup de tête : « À 21 ans, j’en avais ras-le-bol à Saint Johnstone. J’ai rempli les papiers pour émigrer au Canada. J’étais désabusé. Le football n’était pas pour moi, me disais-je. » Finalement, il n’en a rien été. Devant l’incapacité du club à recruter un attaquant, son manager décide de le titulariser pour un match contre les Rangers sur le front de l’attaque. Surprise, Fergie colle un triplé, offre une victoire inespérée à son équipe et reprend du poil de la bête.

Fergie le bélonéphobe

La scène se déroule à la fin des années 60. Alex Ferguson, devenu attaquant vedette des Rangers de Glasgow, tient aussi un pub dans sa ville natale. Un dimanche matin, il tente de libérer la tête d’un fût de bière jusqu’à laisser de l’air s’échapper et donc réussir à verser le précieux liquide. Mais l’opération ne se passe pas comme prévue. Un rat surgit, faisant sursauter son mètre quatre-vingts. La tête du fût se retrouve enfoncée dans la joue du Rangers. Il se rend rapidement à l’hôpital pour se faire retirer cette tête de sa tête, donc. L’infirmière lui injecte un relaxant dans les veines pour diminuer la douleur. Mais c’est inutile, le jeune homme s’est évanoui au moment où l’aiguille est enfoncée. « C’est le grand avant-centre du Rangers Football Club et il s’évanouit » , crie l’aide-soignante. Oui, c’est bien lui. L’accident du fût de bière lui laissera une cicatrice à vie sur la joue. Quant à sa phobie des aiguilles, on ne sait toujours pas s’il l’a vaincue.

Fergie l’homme de main

En 1975, Ferguson arrive à St Mirren sans un rond en poche, mais avec l’envie de tout changer. D’ailleurs, lors de sa première année, l’homme anobli en 1999 par la reine Elisabeth II n’hésite pas à libérer 17 joueurs de son effectif, pas assez fringants sur la pelouse. Mais il faut croire que cela ne lui a pas suffi. En effet, le coach des Buddies affiche toute sa polyvalence au sein du club écossais, étant sur tous les fronts, de la commande de tartes au nettoyage du matériel, en passant par l’élaboration des programmes d’entraînement, évidemment.

Fergie l’incorruptible

Un beau jour, alors que Ryan Giggs était encore tout jeune, mais déjà prometteur, un agent italien a tenté de dealer avec le manager mancunien. Après s’être intéressé à la situation de ses enfants, l’homme lui assure pouvoir les rendre riches à la condition sine qua non que le Sir lui vende le jeune Gallois. Proposition refusée, naturellement, pour un coach qui préféra ce jour-là son poulain à sa progéniture.

Fergie le chanteur

L’Écossais n’a jamais eu la langue dans sa poche. Habitué à brailler depuis le bord du terrain, il en faisait tout autant chez lui. Après quelques verres de vin, il aimait à pousser la chansonnette. Il rêvait de concurrencer Frank Sinatra. Mais la réalité était tout autre :

« Je n’avais aucun doute sur ma capacité à offrir une belle interprétation de Moon River. Après deux mots, j’ouvris les yeux et trouvai une pièce vide :
- Vous venez, mangez et partez regarder la télé dans la pièce d’à côté pendant que je chante.
- On peut pas rester t'écouter. C’est trop mauvais. »

Pourquoi Matt Pokora n’a-t-il pas de proches aussi francs ?

Fergie le socialiste

Le septuagénaire est un homme fidèle. Fidèle à sa femme, avec qui il est marié depuis 1966. Fidèle à Manchester United, où il aura passé 26 ans sur le banc de touche, amassant près de 40 trophées. Fidèle aussi à ses convictions politiques. Depuis toujours, de Glasgow à Manchester, il ne cessa de soutenir le Labour Party, le parti social-libéral britannique. Se qualifiant lui-même d’être encore plus de gauche que le parti, on comprend mieux le recrutement de Bebé, supervisé durant le Mondial des sans-abri. Fergie faisait dans le social.

Fergie le fêtard

Sir Alex avait l’habitude de recevoir ses adversaires dans son bureau après les matchs à Old Trafford. Tradition oblige, après une défaite contre Aston Villa un soir de saison 2009-2010, Martin O’Neill, le coach des Villans de l’époque, s’était installé avec sa femme et sa fille dans le bureau de l’Écossais pour une soirée en petit comité. À la fin de celle-ci, Fergie, fêtard dans l’âme et un peu trop éméché, a dû appeler un taxi pour rentrer.

Fergie le respectueux

La rivalité entre les Red Devils et Liverpool a toujours été pleine d’intensité. Une rivalité restée saine, car selon Sir Alex, derrière l’animosité, il y avait un respect mutuel. Preuve de ce respect en 2012 avec la signature mancunienne de la publication du rapport d’Hillsborough – geste apprécié des Reds – qui pointa la responsabilité de la police britannique dans la tragédie. Preuve également de cette entente entre les deux rivaux lors de la rencontre qui a suivi sur le carré vert cette fois, avec la demande sans condition de Sir Alex à ses joueurs de ne pas célébrer les buts de manière provocante. Les Diables rouges, décidément mis à l’épreuve d’un fair-play irréprochable, avaient aussi pour consigne lors de ce match de relever leurs adversaires en cas de chute. Classe.

Fergie le kennedyste

Alex Ferguson ne s’est jamais caché d’être un grand amateur de vin ou un spécialiste des courses hippiques. En revanche, son admiration pour les États-Unis est méconnue. Passionné par la guerre de Sécession, il porte un plus grand intérêt encore sur l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy. Outre les deux exemplaires de l’autopsie qu’il conserve à Carrington - le centre d’entraînement de Manchester United - il détient le rapport de police de l’évènement : « J’ai également acquis aux enchères le rapport de la commission Warren signé par Gerald Ford. Cela m’a coûté 3 000 dollars. » Une somme rapidement remboursée par les performances de ses chevaux sur l’hippodrome.

Par Eddy Serres et Maxime Nadjarian
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