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  1. // Foot & Gilets jaunes

« Tous les matins, M. Macron, il pisse comme moi »

Timoléon Cornu (27 ans) était plombier-chauffagiste dans le Calvados. Jusqu'à un entraînement de foot fatal et une grave blessure à la cheville qui poussera son employeur à ne pas renouveler son contrat d'intérim. Alors il a du temps, et le consacre à une cause qui lui tient à cœur : celle des gilets jaunes. Mais qu'il participe à un blocage routier ou à une manif' à Caen, il reste un footeux comme les autres, avec son équipe de cœur, son discours sur l'animation offensive de celle-ci et son envie de pisser le matin.

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Tu joues donc au foot. Tu peux nous en dire un peu plus sur ta carrière de joueur ?
J’ai joué un petit peu à tous les niveaux. En DHR à Cambes-en-Plaine, à Thury-Harcourt, à Aunay-sur-Odon et puis là, actuellement, je suis dans une catégorie qui s’appelle les Fanas. C’est géré par une association en partenariat avec le district du Calvados. C’est la catégorie « troisième mi-temps » , c’est bon enfant, pour le plaisir de taper le ballon.

Tu as également été éducateur pour l’Étoile sportive Thury Harcourt. Ça s’est passé comment, quelles étaient tes responsabilités ?
J’avais sous ma responsabilité les catégories U8 et U10. Concrètement, les entraînements le mercredi, la gestion des joueurs pour les matchs du samedi matin. Avec une autre personne, on devait avoir sous notre responsabilité une trentaine de gamins.

Il y a donc cette blessure à la cheville qui a fait que ton contrat d’intérim n’a pas été renouvelé. C’était quand, et qu’est-ce qui t’est arrivé exactement ?
C’était le 21 septembre dernier précisément. C’était même pas pendant un match, mais lors d’un entraînement. J’ai fait un appel et avant de contrôler le ballon, la cheville, sur un mauvais appui, a fait un 90 vers l’extérieur. Donc immobilisation totale pendant trois semaines. Durant cette période-là, l’entreprise avait besoin de monde, pour un surcroît d’activité, je n’ai pas pu être là et mon contrat n’a pas été renouvelé.

Tu as songé à détester le foot ?
(Il se marre.) Ah non, non... Même pas, ça arrive, ça fait partie des risques, comme dans toutes choses. Quand je suis dans les transports en commun, je peux aussi avoir un accident. C’est pas pour autant qu’il faut en vouloir aux transports en commun. Il y a des risques partout.


« Les politiciens se veulent exemplaires, mais ont en fait pour nous un profond sentiment de mépris. C’est ça qui m’a vraiment poussé à aller dehors. »
Pour ce qui est des gilets jaunes, quand les as-tu rejoints ? Qu’est-ce qui t’a poussé à le faire ?
J’ai rejoint le mouvement dès le premier jour, le 17 novembre. Je viens d’un milieu social très pauvre. Chez moi, durant toute mon enfance, toute mon adolescence et même jusqu’à aujourd’hui, c’est l’assiette avant les baskets. Pour moi, l’exécutif, aujourd’hui, n’est aucunement représentatif de la société. C’est intolérable. Les politiciens se veulent exemplaires, mais ont en fait pour nous un profond sentiment de mépris. C’est ça qui m’a vraiment poussé à aller dehors. Stop. Il faut changer ces comportements.

Quelles sont les actions menées jusque-là par les gilets jaunes du Calvados ?
Principalement du blocage routier. Notamment les citernes. Tout ce qui touche à l’or noir, le pétrole, l’essence, c’est le nerf de la guerre. C’est ce qu’il fallait toucher en priorité. Aussi des manifestations pacifiques en centre-ville, des marches citoyennes...

Qu’est-ce que tu attends du pouvoir ?
Une meilleure représentativité. Il n’y a plus aucune communication avec les citoyens, il n’y a plus rien. Je me bats pour remettre ça en place. Une certaine horizontalité. Beaucoup plus de transparence, d’exemplarité.


Pour toi, à quoi est due cette absence d’interaction entre pouvoir et citoyens ?
Peut-être le fait qu’on soit autant décalé socialement parlant. Moi, comme je t’ai dit, c’était l’assiette avant les baskets. Peut-être que pour Emmanuel Macron, dans sa jeunesse, ce n’était pas le cas. Il y a un fossé entre la classe politique élitiste et le peuple. Le décalage est trop grand. Moi, je voudrais que ces deux cercles s’entrecroisent.

Tu crois en cette possibilité ?
Bien sûr, j’y crois dur comme fer. On est tous des êtres humains. Excuse-moi de parler vulgairement, mais tous les matins, M. Macron, il pisse comme moi.

Image exclusive du dialogue entre le président et un gilet jaune

Revenons-en au foot. Tu supportes le Stade Malherbe ?
Ah oui ! J’aime bien me rendre au stade. Après, vu le résultat qu’on a fait cette semaine (défaite 1-2 contre Nîmes, N.D.L.R.), je suis un peu déçu, je ne vais pas te mentir. Ils ont été longtemps menés 0-1. Ils arrivent à revenir sur un coup de pied arrêté de Fajr repris par Oniangué et, à la 90e+4, ils se font repasser devant...

Là, c’est un peu compliqué pour Caen...

C’est l’animation offensive, il y a quelque chose qui ne va pas. Entre les milieux et la défense, il y a un problème dans l’alimentation. Le souci, c’est la manière dont circule le ballon. Après, la défense, elle est correcte. Djiku-Baysse, c’est pas l’assurance tous risques non plus, mais c’est costaud.

Qu’est-ce que tu penses du report d’un certain nombre de matchs de Ligue 1 ce week-end à cause du mouvement ?
J’ai envie de te dire qu’on a même le pouvoir sur la Ligue 1, donc c’est pas mal ! (Rires.) Après, ça me déçoit pour tous les supporters, celles et ceux qui avaient acheté des places et qui ne pourront malheureusement pas assister aux rencontres. Ça me désole un petit peu.

« Certains joueurs sont du même milieu social que le mien. Je pense même que certaines figures du football professionnel en France devraient prendre la parole. »
Il y a eu peu de réactions des footballeurs à propos de la mobilisation. Est-ce qu’on peut être pro et se sentir concerné par celle-ci ?
Oui, on peut être pro et se sentir concerné. Beaucoup sont du même milieu social que le mien. Je pense même que certaines figures du football professionnel en France devraient prendre la parole. C’est possible aussi qu’ils ne veulent rien risquer concernant le mouvement, par peur de prendre une position qui leur serait défavorable.

Et l’argent dans le monde du foot, ça t’inspire quoi ?
Je pense surtout aux petits jeunes. J’ai côtoyé quelques jeunes qui sont passés en pro. Il y a des gamins, à 17, 18 ans, quand tu vois les sommes qu’ils gagnent... c’est complètement déconnecté de toute réalité ! Si tu passes d’un milieu social pauvre, et tu te retrouves avec je ne sais combien par mois, tu perds la tête au bout d’un moment. Pour moi, c’est ça le réel problème avec l’argent dans le football.


Qu’est-ce que ça suscite chez ces jeunes de gagner autant d’argent d’un coup ?
Rien de bon ! Après, c’est mon point de vue... L’argent ça te contamine. Plus t’en as, plus t’en veux. Une fois que t’es piqué, t’es piqué, tu peux plus en sortir. Tu entres dans un cercle vicieux, où t’es prêt à tout pour l’argent, et pas pour autre chose. Alors que si on développait plus l’humain dans le football, on verrait de bien meilleures choses.

Tu vas manifester samedi ? Qu’est-ce qui est prévu pour toi ?
Samedi, on rejoint une association qui se bat pour l’écologie. On devrait les rejoindre pour participer à une marche pour le climat à Caen. On va pouvoir échanger un petit peu sur ces sujets, ça va changer des discours qu’on peut avoir tous les jours. Parce que je me rends compte que l’écologie, personne n’en parle ! Les gilets jaunes, ce qu’ils veulent, c’est plus de nourriture dans leur assiette, vivre plus décemment. Mais l’écologie, si on leur permet de mieux vivre, je pense qu’on peut plus facilement en parler derrière.

Propos recueillis par Julien Perthuis
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