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Thomas Delaine : « Il fallait que je sois près de la nature »

En juin dernier, Thomas Delaine, 25 piges aujourd'hui, recevait un CDI de paysagiste chez lui, dans le Nord. Puis, virage : quelques jours plus tard, le Paris FC lui propose un contrat, et le latéral gauche signe son premier bail professionnel avant de s'imposer, cette saison, comme l'une des références à son poste, en Ligue 2. Entretien avec un rattrapé par le col, entre Mammadov, les terrils et un canard. Oui, un canard.

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En juin dernier, lorsque le Paris FC est venu te chercher à Arras, il paraît que tu as longtemps hésité. Pourtant, à 25 ans, ça ressemble à une belle main tendue. Qu’est-ce qui t’a fait réfléchir ?
Les 25 ans, justement. Dans ma tête, je m’étais dit un truc simple : « Si à vingt-cinq ans, tu n’as pas percé, essaye de te ranger. » Comme, par les temps qui courent, c’est très difficile d’obtenir un CDI, je cherchais une forme de sécurité, surtout que mon fils allait arriver. C’était le moment d’abandonner ses rêves en fait, de passer à autre chose au niveau professionnel. Grâce à Arras, j’avais réussi à trouver ce que je recherchais, ma compagne était aussi en CDI. Donc forcément, sur le moment, j’ai trouvé que c’était un gros risque de signer pour une année, plus une autre supplémentaire en cas de montée. Si c’était juste faire un an, histoire de pouvoir dire que j’avais joué une saison en pro...

À quel moment tu t’étais fixé cette limite ?
Quand je suis parti de Lens, en retrouvant le monde amateur. J’avais 23 ans, je voulais continuer à jouer au foot quoi qu’il arrive, pour le plaisir, mais je voulais aussi assurer mes arrières pour avoir, à 35 ans, quand tout s’arrête, quelque chose qui continue derrière. On sait bien que ça peut être très compliqué sinon.

« Si je suis honnête, aujourd’hui, et que je réfléchis en regardant ce que j’aurais pu ne pas vivre en refusant ce contrat, je pense que je me cognerais la tête dans le mur un paquet de fois. »

Quand le Paris FC t’appelle, tu es surpris ?
Surpris, non, parce que, sincèrement, j’avais conscience d’avoir le niveau. Il me suffisait de trouver le bon club, les bonnes personnes, ce truc qui compose la petite part de chance qu’on peut parfois trouver dans le football. Jusqu’ici, j’avais eu quelques contacts, sans suite, des trucs un peu bancals, et je n’aime pas trop ce qui est bancal. Quand le Paris FC m’a appelé, déjà, c’était un contrat professionnel, quelque chose de plus concret. Et, en y réfléchissant, en pesant le pour, le contre, en discutant aussi beaucoup avec ma compagne, j’y suis allé. C’est elle qui m’a poussé à relever le défi.


Qu’est-ce que tu as perdu en acceptant ce contrat ?
Rien, ça se passe plutôt bien, et je suis surtout dans l’autre optique. On devait être en National, on joue en Ligue 2. Si je suis honnête, aujourd’hui, et que je réfléchis en regardant ce que j’aurais pu ne pas vivre en refusant ce contrat, je pense que je me cognerais la tête dans le mur un paquet de fois.

Comment tu t’es laissé convaincre ? C’est Paris, le coach, le projet ?
Au départ, j’ai refusé la première proposition du club. Je n’étais pas sûr de moi, de vouloir tenter le coup et, sans ma compagne, je le répète, je ne serais probablement pas là. Elle venait voir les matchs à Arras et, pour elle, c’était clair : j’avais le niveau. Elle m’a aussi dit qu’à 26-27 ans, en cas d’échec, j’aurais la possibilité de retomber sur mes pieds. L’idée, c’était d’éviter les regrets. Donc, après quelques nuits sans sommeil, j’ai fini par l’écouter. J’ai bien fait, non ?

Ton échec à Lens ne t’avait pas refroidi ?
Si, complètement. Et là, je reviens dans le monde professionnel, c’est de nouvelles personnes, un nouveau club, un autre environnement, ça se passe très bien, mais, dans l’approche du football, je préfère largement le monde amateur.

Pourquoi ?
Parce que, dans le monde amateur, la plupart des joueurs ne vivent pas du foot justement. Ça reste un plaisir, un truc pour se retrouver entre potes, c’est autre chose. Il y a de la pression, mais beaucoup moins, moins d’ego à gérer aussi, donc c’est plus simple... Je pense que l’ambiance globale est meilleure dans le monde amateur.

« Quand j’ai demandé à Arras de m’aider à trouver un emploi, c’était clair : ce n’était pas paysagiste à tout prix, mais je ne voulais pas être derrière un bureau, je ne me voyais pas enfermé entre quatre murs. »

Justement, toi, tu vivais aussi d’autres choses que du foot : tu étais paysagiste. Pourquoi cette voie ?
J’ai eu le bac et, naturellement, en faisant du foot, on est toujours dehors. Quand j’ai demandé à Arras de m’aider à trouver un emploi, c’était clair : ce n’était pas paysagiste à tout prix, mais je ne voulais pas être derrière un bureau, je ne me voyais pas enfermé entre quatre murs. Il fallait que je sois près de la nature et, paysagiste, j’ai trouvé que ça pouvait me ressembler.

Tu aurais pu faire ça toute ta vie ?
Ouais ! Je me suis dit que j’allais apprendre, il y avait un petit projet pour pouvoir évoluer, c’était intéressant et j’avais la possibilité d’obtenir des diplômes supplémentaires.


C’est pour ne pas perdre la main que tu as demandé un jardin en arrivant ici ?
(Rires.) Exactement ! Je viens du Nord et, là-bas, j’ai une maison. Quand j’étais petit, j’allais jouer dans les bois, faire des cabanes, etc. Je pense que j’aurais été super malheureux si je m’étais retrouvé dans un appart’. Pas que je n’aime pas la vie en appartement, mais il me faut un petit jardin, pour pouvoir y aller dès qu’il y a du soleil, aller tondre ma pelouse...

Et mettre aussi ton canard, non ?
Bah oui ! Il est venu avec moi ici. Je n’allais pas abandonner mes animaux de compagnie, hein ! Impossible.


Ça représente quoi pour toi, le Nord ?
C’est là où j’ai grandi, les terrils, la culture... Je ne parle pas vraiment ch’ti, mais, dans la famille, les grands-parents, les oncles, oui. Il y a beaucoup de clichés sur le Nord, mais c’est une région super accueillante : on dit souvent qu’il fait super froid, mais il fait un ou deux degrés de moins qu’ici, hein. J’adore retourner là-bas, prendre la route du retour, commencer à voir les terrils...

Et Lens, c’est un club que tu supportais ?
J’ai beaucoup été à Bollaert quand j’étais jeune, j’aimais bien l’ambiance. Après, je n’ai jamais vraiment été supporter. J’allais voir le Racing comme j’aurais pu aller voir jouer Valenciennes. En revanche, j’adore leurs supporters, même si en ce moment, ils vivent des moments compliqués. À Bollaert, je préfère limite regarder les tribunes que ce qu’il se passe sur le terrain. C’est vraiment prenant.

Comment tu pourrais expliquer ton rapport au foot ?
Il a évolué, en fait : quand j’étais jeune, j’aimais bien regarder des matchs parce que j’adorais les gestes techniques. Mais, maintenant, je regarde autre chose. Je m’intéresse aux détails, aux déplacements, aux passes trouvées par un joueur. J’essaye de regarder beaucoup de matchs donc, forcément, les semaines de coupes d’Europe, je sais que ce n’est pas facile pour ma compagne parce que ça tourne en boucle à la télé. Elle sature un peu, mais bon, j’adore ça.

« Sous l’ère Mammadov, il s’est passé des trucs... des problèmes d’IBAN, de fête nationale... mais ça, à l’intérieur, on se dit que bon, ça peut arriver. Mais, une fois que tu sors, tu te dis que c’est incroyable que ça ait pu se passer dans un club comme Lens. »

Tu joues à Football Manager ?
Oui... (Rires.) J’étais un grand adepte, mais avec la naissance du petit, j’ai calmé un peu. Pas le choix !

Comment intéresser un joueur à la tactique ?

Je pense que c’est quelque chose qui dépend surtout des entraîneurs que tu rencontres, en fait. Moi, je sais qu’à Lens, j’ai eu la chance d’apprendre avec des coachs comme Olivier Bijotat ou Christophe Raymond, des personnes qui m’ont fait grandir tactiquement et mentalement. C’est grâce à des gens comme ça qu’on s’imprègne d’une culture tactique.

Qu’est-ce qui t’a manqué alors à Lens ?
On m’a souvent reproché ma gentillesse quand j’étais au Racing. Depuis, je ne pense pas avoir changé tant que ça. À Arras, j’étais toujours gentil et, ici, je le suis aussi... Ce qui a le plus évolué, finalement, c’est le regard que l’on porte sur moi. À Lens, j’étais l’enfant, et comme ils me connaissaient depuis mes treize-quatorze ans, ça n’évoluait pas. C’était compliqué. Mais quand on a confiance en toi, c’est plus simple : les qualités ressortent.

Difficile d’être en confiance à Lens dans la période que tu as connue...
C’est vrai que ce n’était pas l’idéal... Après, quand on vit la chose de l’intérieur, on ne se rend pas toujours compte de ce qu’il se passe. Sous l’ère Mammadov, il s’est passé des trucs... des problèmes d’IBAN, de fête nationale... mais ça, à l’intérieur, on se dit que bon, ça peut arriver. Mais, une fois que tu sors, tu te dis que c’est incroyable que ça ait pu se passer dans un club comme Lens. Là, tu te dis surtout que les supporters ont eu du courage pour supporter tout ça.


Tu en as parlé avec eux ?
Pas vraiment, mais je vais te raconter un truc : quand je suis arrivé au club, en quatorze ans, alors que Lens était en Ligue 1, il fallait attendre au moins vingt minutes pour pouvoir sortir du centre de formation. C’était un truc de fou, tu avais du partage, les joueurs sortaient voir les gens. Lors de ma dernière année, quand tu attendais deux minutes, c’était exceptionnel. C’est con, mais tu sens qu’un truc s’est cassé. Et ça fait drôle.

Tu as eu l’occasion de retrouver le Racing en Ligue 2 cette année. Qu’est-ce qui t’a fait le plus bizarre dans ce changement ? Le rythme, le niveau ?
Le rythme, clairement, l’enchaînement. C’est simple : tu dois être au top toutes les semaines, sans relâche. Il faut être performant en permanence et se préparer en conséquence. C’est le plus gros décalage et, sans une grosse hygiène de vie, sur la durée, tu peux exploser. Je faisais déjà attention avant, mais j’ai pas mal travaillé sur la récupération : massages, cryothérapie...

« Le coach sait où il veut aller, mais il cherche à ce que le joueur trouve lui-même le chemin. Grâce à ça, maintenant, quand je regarde le foot, je regarde la tactique aussi, j’essaye de comprendre. »

Et au niveau du jeu ?
J’ai progressé, forcément, notamment tactiquement, grâce au coach. Il adore le jeu : il regarde tout, il dissèque tout. Grâce à ça, avec la vidéo, tu progresses rapidement. Ça se fait par petites touches. Il ne va pas me dire qu’il faut faire ça pour faire ça, mais plutôt : « Dans cette situation, il faudrait faire ça. » C’est du dialogue. Il sait où il veut aller, mais il cherche à ce que le joueur trouve lui-même le chemin. Grâce à ça, maintenant, quand je regarde le foot, je regarde la tactique aussi, j’essaye de comprendre. Devant la télé, je repense à certaines phrases, certaines séquences évoquées la journée. Par exemple, un jour, on avait travaillé les centres faux pied. Le week-end, je regarde un PSG-Nantes, Dí Maria centre faux pied et ça n’a pas raté : dans la minute, je reçois un texto. « T’as vu ? » C’était le coach.


Tu as compris quoi cette semaine par exemple ?
Je n’ai vu que la deuxième mi-temps de Tottenham-Juventus, mais, mardi soir, lors de PSG-Real, je me suis bloqué sur les passes long de ligne de Marcelo. Je sais que le coach aime bien ça. J’étais persuadé que j’allais en entendre parler le lendemain. Forcément, ça n’a pas manqué. Je regarde surtout mon poste, en fait.

Un poste qui évolue énormément depuis plusieurs années et un poste vers lequel on ne se dirige pas naturellement quand on est gamin, si ?
J’ai commencé dans les buts, moi ! Je n’aimais pas du tout courir, c’était horrible. Mais dès que je suis passé sur le terrain, je me suis mis là, et je n’ai plus bouger. C’est ce que j’aime le plus dans le foot maintenant : courir, déborder, manger mon couloir. Après, faut respecter la tactique, l’équilibre, mais dès qu’il y a un petit espace, on ne s’en prive pas.



Propos recueillis par Maxime Brigand, à Créteil
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