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Tata Martino à l'heure de l'examen

Leader en Liga comme dans son groupe de Champions League, le Barça va bien. Une allégresse qui s'en va se confronter aux premiers chocs de la saison. Avant le Clásico de samedi, la bande à Tata Martino se déplace aujourd'hui à Milan. Avec son lot de points d'interrogation.

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Le Barça se porte bien, merci pour lui. Malgré un premier match nul de la saison ce samedi à Pampelune (0-0), la bande à Tata Martino se pavane en tête de la Liga. Huit victoires, un petit accroc, et des certitudes de retour sur son fonds de jeu qui rendent au XI catalan son statut d'épouvantail européen. Entre les entrées de Messi et Puyol, la forme retrouvée d'Alexis Sánchez et une imperméabilité défensive récupérée, tous les voyants clignotent au vert. Pourtant, pas de triomphalisme sur les Ramblas. Car le FC Barcelone ne sait que trop bien que rien n'est acquis. À l'aube d'une semaine qui s'annonce décisive sous bien des aspects, Gerardo Martino attend patiemment ses premiers tests. En point d'orgue de cette semaine, le Clásico de samedi face au Real Madrid répondra au déplacement du jour à San Siro. Avec ce double choc hebdomadaire, le Barça a l'occasion de marquer des points sur bien des tableaux : assurer une qualification européenne, faire le trou en championnat et, surtout, dégager une équipe type. De quoi donner du fil à retordre aux solides neurones de son entraîneur argentin.

Martino ne gagne pas seulement du temps

Depuis sa prise de fonction, Tata Martino n'a encore jamais fait face à un test grandeur nature. La finale de Supercoupe d'Espagne face à l'Atlético de Madrid, trop précoce, n'a pu délivrer d'enseignements décisifs. Bousculé, le Barça s'en était alors remis au premier but de Neymar (match aller) et aux miracles de Víctor Valdés (retour). Les organismes fatigués de Xavi et Iniesta, les muscles délicats de Messi et la forme étincelante des Colchoneros n'ont que trop déformé les vérités de cette double confrontation de début de saison. Le trophée mis à part, rien n'a permis de juger les débuts de l'ancien sélectionneur du Paraguay à la tête du Mes que. Les neuf rencontres suivantes, si. Avec un quasi-sans faute, le Barça a pris la tête de la Liga et de son groupe de Ligue des champions. Surtout, la greffe Martino a réussi. Avec une philosophie de jeu proche du tiki-taka, l'ex des Newell's Old Boys n'a en rien remis en cause les préceptes maison. Mais, de par son coaching fait de rotations, il a donné un souffle nouveau à des joueurs qui n'en demandaient pas tant.

Illustration de ce nouveau management, jamais Tata Martino n'a aligné la même équipe. Une méthode qui, en outre des résultats positifs, a offert du repos à des cadres exténués par des saisons interminables. Ce roulement n'épargne personne, pas même sa seigneurie Messi et son appétit gargantuesque. De fait, les seconds couteaux Alexandre Song, Marc Bartra ou Cristian Tello ont gagné en temps de jeu et en confiance. La mue la plus impressionnante reste celle d'Alexis Sánchez. Incapable de mettre un pied devant l'autre l'an dernier, le Chilien a retrouvé son coup de rein et s'impose comme une réelle alternative à une doublette Messi-Neymar qui n'a pas tardé à trouver ses marques. À faire souffler ses cadres, Tata Martino leur offre par la même occasion un coffre plus important. Et les met face à une concurrence qu'ils pouvaient avoir oubliée. Bref, le groupe s'en trouve tiré vers le haut. De quoi redonner au jeu azulgrana une variété disparue. En deux mois de compétition, l'Argentin a mis fin au débat « si l'entraîneur n'est pas de la maison ou hollandais » (dixit lui-même).


Heureux et malheureux : les limites de la rotation

Ces débuts, idylliques, ne doivent pas cacher un fait : le Barça a besoin d'un test, un vrai. N'en déplaise au Celtic Glasgow ou à l'Ajax Amsterdam, aucun poids lourd n'a croisé le chemin des Blaugrana. Le Milan AC, ce mardi, et le Real Madrid, ce samedi, seront les premiers. Cette semaine de gala, décisive sur les plans européen et domestique, va par là-même mettre la méthode Martino devant ses limites. Faire tourner son effectif lors de déplacements lambdas dans le Royaume ne délivre aucune indication quant à la hiérarchie de l'effectif catalan. Avec les deux adversaires les plus titrés du monde, le coach barcelonais devra aligner un XI type. De quoi créer tensions, jalousies et interrogations : Qui pour accompagner Piqué dans l'axe de la défense ? Qui de Fàbregas, Xavi et Iniesta se glissera sous la guérite ? Alexis ou Pedro pour compléter le duo brésilo-argentin ? Un risque que ne nie pas Sergio Busquets, pour qui «  personne n'aime se reposer, mais nous le comprenons » . Tout en dédramatisation, Tata Martino estime que « c'est une semaine avec des matchs importants, mais d'aucune manière déterminante » . Un discours en surface qui devra trouver un écho plus explicite en interne. Histoire de ponctuer ses premiers tests avec une bonne note.

Par Robin Delorme, à Madrid
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