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Kouassi, debout !

C’est peu dire que Tanguy Kouassi a vécu une belle semaine : entre ses premières minutes en Ligue 1 sur la pelouse de Montpellier et une titularisation en Ligue des champions contre Galatasaray, le gamin né à Paris ne pouvait pas rêver mieux. Focus sur un « Titi » qui fera tout pour continuer à faire son trou, à Paris ou ailleurs.

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À quelques minutes du coup d’envoi du match entre le PSG et Galatasaray, le Parc des Princes ne parlait que de lui. Il y avait ceux qui découvraient ce doux nom de Tanguy Kouassi, et ceux qui se la jouaient experts en se questionnant sur l’annonce de la composition des équipes ou la titularisation du jeune homme aux oreilles légèrement décollées au poste de latéral droit. Bien vu, car c’est finalement au poste de milieu défensif que Tanguy Kouassi a roulé sur les Turcs. Jeu court, récupération du cuir dans les pieds des adversaires, coups de boule, épaules solides... La totale. Pourtant, à le voir gambader sur le pré, il était impossible d’imaginer que ce gamin honorait sa première première présence dans le onze du PSG.


Mieux : qu’il devenait par ce biais le plus jeune joueur du Paris Saint-Germain à disputer un match de Ligue des champions, à seulement 17 ans et 184 jours. Devant Adrien Rabiot, et ses 17 ans et 215 jours. À l'image du « Duc de Saint-Maurice » avant lui, Tanguy Kouassi a eu le droit à une standing ovation au moment de sa sortie. Avant de recevoir des louanges de Thomas Tuchel, face à la presse après la rencontre : « J'attendais une telle performance de sa part, il est top. Il a des qualités, et une grande personnalité. Je n’avais pas de doute sur le fait qu’il était prêt à jouer, il a fait un très grand match et a confirmé en Ligue des champions ce qu’on attendait de lui. » Une surprise ? Quelle surprise ?

Kouassi, si la famille

C’est au cœur du 91, à Épinay-sous-Sénart, que Tanguy Kouassi grandit. Dans cette commune de 10 000 habitants, sa famille habite le quartier de La Plaine. Une terre visiblement promise pour les enfants qui répondent au nom de Tanguy : ce n’est pas Ndombele, aujourd'hui à Tottenham, qui dira le contraire. Dès l’âge de six ans, en 2008, Kouassi prend sa première licence au FC Épinay Athletico, le club de la ville, et impose son physique taillé dans le marbre. « Il avait un grand frère qui jouait aussi au foot à Épinay et qui était bon, très technique, se souvient l’un de ses premiers coachs, Bayokila Ntoumba. Tanguy, pour son âge, était déjà costaud et mâture. Il était à l’aise avec le ballon, très serein. Dans le vestiaire, il rigolait bien sûr aussi, mais il y avait un temps pour tout. »


Sous l’œil attentif de ses parents, d’un grand frère qui ne manque jamais les rendez-vous du samedi matin et de son formateur en chef Franck Alexis qui le suivra même après le départ du club, le petit Tanguy s’éclate. Peu importe son poste sur le terrain, dans une équipe qui ne connaît pas - ou presque - l’échec dans l’Essonne. « On pliait le championnat rapidement, presque chaque année. Dans son équipe, il y avait notamment Eli Wissa qui joue à Lyon aujourd’hui. Tanguy, lui, était à l’aise partout. Il avait les deux pieds et derrière comme devant, il n’y avait pas de différence.  » Si la famille Kouassi déménage lorsque Tanguy a dix ans pour rallier Provins, cela n’empêchera pas la jeune pousse de retrouver son pote Eli Wissa quelques années plus tard. Des retrouvailles que Bayokila Ntoumba et tout le quartier n’ont pas manquées, devant près de 400 spectateurs : « Eli et Tanguy ont joué l’un contre l’autre l’année dernière, au Camp des Loges lors d’un PSG-Laval en quarts de finale du championnat de France U17. Eli Wissa jouait à Laval, tandis que Tanguy Kouassi évoluait déjà au PSG. Tout le quartier était venu au Camp des Loges, Paris avait gagné 2-0 et les gens ne comprenaient pas parce qu’on était aussi bien pour Paris que pour Laval. (Rires.) »

Milieu ou défense, Kouassi charo


Après une petite année chez le voisin de l’US Sénart-Moissy, qui a vu passer dans ses rangs un certain Kingsley Coman, Tanguy Kouassi déménage ses crampons du côté de Fontainebleau. Au Pays de Fontainebleau RC, plus précisément. Un choix qui s’explique surtout par le fait que le club de Lilian Thuram et de Christopher Nkunku autorise le gamin, alors âgé de onze ans, à s’entraîner la semaine avec l’association sportive de Provins et à jouer le week-end avec Fontainebleau. Une situation atypique qui dure deux ans, avant que Tanguy Kouassi ne rejoigne les rangs du PSG - alors que d’autres clubs français s’étaient penchés sur son dossier - en pré-formation. Logique, puisque Kouassi était connu de toute la région pour son talent balle au pied.



Chez les Rouge et Bleu, le cas de figure se répète : entraînement avec Paris la semaine, match avec Fontainebleau le week-end. Et si le nouveau protégé de Thomas Tuchel débarque parfois fatigué le dimanche après une semaine chargée physiquement, il reste impressionnant. Son coach de Fontainebleau, Kévin Menier, détaille : «  Il était au-dessus, c’était le seul 2002 de mon équipe. Il était déjà aussi bon, voire meilleur, que les 2001 que j’avais. Au-delà de sa qualité technique et athlétique au-dessus de la moyenne, il avait une grosse maturité et était prédestiné à évoluer au plus haut niveau. » Spoiler : ce n'est qu'une question de temps.

La bonne technique


Titularisé au poste de milieu défensif par Thomas Tuchel contre Galatasaray ce mercredi, Tanguy Kouassi a pourtant évolué en défense centrale au cours de sa formation au PSG et à Épinay-sous-Sénart. Un choix qui n’a pas étonné Kévin Menier, qui avait lui aussi fait du jeune homme sa sentinelle : « Je l’utilisais à ce poste car je trouvais qu’il avait de grosses qualités athlétiques, mais une technique à perfectionner, même s’il était à l’aise. Je sentais qu’il pouvait progresser dessus et en le mettant au milieu, il pouvait toucher beaucoup de ballons et ainsi bosser sa technique. » Vu le match de Kouassi en Ligue des champions, la technique semble avoir fonctionné. Mais plus que son physique, c’est son jeu de tête qui impressionne tous ceux qui l'ont côtoyé. « Il a un jeu de tête, et une détente vraiment incroyables. En U15, alors qu’on jouait le match du maintien en DH à Créteil, Tanguy avait marqué deux buts de la tête. On a gagné 2-1  » , se souvient Kévin Menier.



Ce même jeu de tête qui aura fait mouche une nouvelle fois durant le Mondial U17 en novembre dernier, lors du quart de finale remporté par la France face à l’Espagne (6-1). Alors sélectionneur de ces U17, Jean-Claude Giuntini a lui aussi été marqué par cette égalisation contre la Rojita : « Cette rage, ce niveau d’engagement au niveau du jeu de tête et cette capacité à mettre le ballon hors de portée du gardien de but d’une belle tête croisée, cela m’a vraiment marqué. » Pas étonnant, alors, que Tanguy Kouassi ait disputé tous les matchs de la compétition terminée à la troisième place. Sept rencontres, toutes jouées au poste de défenseur central : « Chez nous, son poste établi et affirmé était en défense centrale. Déjà en raison de la concurrence au milieu avec Agoumé, Ahamada et Aouchiche. Le fait d’avoir la possibilité de prendre aussi des repères à un autre poste est un cas de figure assez enrichissant. »

Un Tanguy à Paris

Cette polyvalence, le bonhomme la montre également sous les couleurs du PSG qu’il défend depuis bientôt quatre ans. Tanguy Nianzou Kouassy est surclassé en permanence, et se fait même une place de choix lors de la saison 2018-2019 avec les U19 de Thiago Motta. Même s’il a deux ans de moins que tout le monde, Kouassy en impose. « Il était titulaire indiscutable avec nous, rappelle son ex-coéquipier, Will-Césaire Matimbu. Malgré ses deux ans de moins que nous, le coach l’a choisi à plusieurs reprises comme capitaine. Il voyait en lui le potentiel, la maturité et la sérénité que se doit d’avoir un capitaine. » Surtout, sa personnalité de talent précoce et bosseur sur le terrain associé à celle de « gros danseur  » dans le vestiaire, plus confidentielle, plaît à tout le monde. Même en dehors de la sphère parisienne. Car si Thomas Tuchel l’intègre peu à peu au groupe professionnel jusqu’à lui offrir une première fois le 7 décembre 2019 à Montpellier, l’entraîneur allemand n’est pas serein quant à l’avenir de son jeune poulain.


Tout simplement parce que Kouassi n’a toujours pas signé son premier contrat professionnel avec Paris, malgré la confiance grandissante que son coach en A lui accorde : « On a montré qu’on avait confiance en lui, confiait l’Allemand en conférence de presse, ce samedi. Il a mérité de jouer, ce n’était pas un cadeau. (...) C’est un bon moment pour lui pour réfléchir, pour avoir confiance en nous et dans le club. On espère vraiment qu’il signera un nouveau contrat. C'est un gars très fiable, avec beaucoup de qualités. Il l’a montré, tout le monde sait ça. Un risque ? Oui, on prend des risques, c’est du foot. On a eu confiance, c’est à lui et son agent de trouver des solutions. » La jurisprudence Claudio Gomes, parti à Manchester City, est de mise. En attendant, Tanguy Kouassi pourrait enchaîner un troisième match avec les pros dès ce dimanche soir dans le Forez face à Saint-Étienne. Dans l’optique de montrer au PSG, une nouvelle fois, qu’il n’a rien d’un Tanguy ordinaire.

Par Andrea Chazy et Steven Oliveira