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Tactique : que retenir des deux premières de l’OM de Sampaoli ?

Comme face à Rennes quelques jours plus tôt (1-0), l'OM s'est imposé samedi dans les dernières minutes grâce à ses entrants contre Brest (3-1). Six points en deux matchs : Jorge Sampaoli a remporté ses deux premiers matchs sur le banc marseillais, une première depuis Élie Baup en 2012. Et tactiquement, qu'est-ce qui a changé ? Déjà deux ou trois éléments.

Des points et des mots


Il y avait tous les ingrédients pour que la marmite déborde : une situation extrasportive incandescente, des supporters nostalgiques et à bout de nerfs, des joueurs fraîchement ridiculisés par des amateurs qui d’ordinaire se baladent avec des maillots de l’OM sur le dos... Et ce nouvel entraîneur qui, ado, aimait se faufiler dans les concerts de rock clandestin pour « exprimer [sa] rage et [sa] rébellion » (Panenka, 2016). Parti de Belo Horizonte fin février en remerciant chaleureusement un peuple qu’il a essayé, avec son staff, de « rendre heureux » , Jorge Sampaoli est arrivé à Marseille comme dans tous les clubs de sa vie : avec la volonté de rendre le public « euphorique » et d’injecter une « passion contagieuse » dans les veines de ses joueurs. Musique : « J’ai choisi l’OM pour beaucoup de raisons. Je connais ce club depuis longtemps, je l’ai choisi pour la culture de la ville, cette identification populaire à la manière dont je vis les émotions. Mon souhait, à court terme, est de mettre en place une philosophie de jeu. Il faut revenir aux fondamentaux : l’envie, le rythme... Il faut que chaque joueur sente sa chance de porter ce maillot. Nous allons faire en sorte de faire adhérer les joueurs. Certains s’adapteront vite, d’autres plus lentement, certains pas du tout. Notre rôle est de séduire le groupe et de redorer le blason du club. J’ai ma façon pour faire changer les choses. Je ne compte pas tenter d’imiter Marcelo Bielsa. Je viens pour un projet précis, dans un temps précis, cela ne me passionne pas qu’on se souvienne de mon nom à long terme. L’important, c’est que les joueurs ressentent ce que les supporters ressentent pour ce maillot. »


Deux matchs plus tard, là est la première performance de l’entraîneur argentin : avoir réussi à transporter émotionnellement un groupe meurtri, vainqueur de Rennes (1-0) et de Brest (3-1), lors de deux matchs qui ont apporté sur la table plus de réponses psychologiques que tactiques, mais qui ont aussi été suffisants pour que les nouveaux joueurs de Sampaoli n’en aient que pour lui. Michaël Cuisance, aucune titularisation, mais deux buts marqués sur ses deux entrées en jeu : « C’est un coach que tout joueur aime avoir. Il aime attaquer, marquer. Quoi de mieux dans le foot ? » Dimitri Payet : « Comme avec Marcelo, on a l’impression que ça peut basculer d’un côté comme de l’autre, tellement on donne et qu’on ne calcule pas. Le coach veut qu’on attaque sans réfléchir à la perte de balle. » Florian Thauvin : « C’est un football que nous, les joueurs, apprécions particulièrement. On est très heureux d’avoir un coach comme Sampaoli, c’est du football plaisir. » Et un football qui a déjà ramené six points à l’OM au terme d’une première semaine faite de circuits répétés, d’un énorme travail pour faire grimper l’intensité d’un cran et de séances vidéo quotidiennes. Mais, au-delà des points et des mots, que retenir des deux premières sorties de l’ère Sampaoli ?


« La première intention était qu'il fallait attaquer »


Le football selon Sampaoli a toujours été intense : s’il veut voir son OM presser, c’est avant tout avec l’idée de voir ensuite son équipe déclencher des attaques rapides, même si, à terme, l’Argentin ne crachera jamais sur la possession pour pouvoir jongler à sa guise avec le rythme des matchs. Souvenons-nous de ce qu’il disait à So Foot, il y a quelques années : « La volonté, c’est d’être dominateur. Le schéma doit juste être un moyen de soumettre l’adversaire. Mais pour le dominer, il faut aussi avoir le ballon. Pourquoi ? Parce qu’il n’y a qu’un seul ballon sur le terrain, donc il est obligatoire de l’avoir plus de temps que l’adversaire. La récupération est la clé. Quand tu perds le ballon, il faut le récupérer en moins de cinq secondes pour pouvoir le garder à nouveau. Si tu perds le ballon dans la surface adverse et que tu ne parviens pas à le récupérer dans ta surface, les transitions sont alors favorables à l’adversaire. » Qu’on se le dise tout de suite : Marseille n’est pas devenu en quelques jours un animal de pressing. Pour autant, Sampaoli a déjà pu apercevoir certaines séquences encourageantes, notamment une, face à Rennes, symbole du changement d’attitude en cours.


À la 32e minute, on a ainsi vu Bouba Kamara sortir sur Nzonzi et le forcer à reculer : pressé, le lampadaire rennais doit jouer en retrait avec son gardien, Alfred Gomis.


Dès la passe enclenchée vers Gomis, le pressing marseillais se déclenche : Milik sort sur le gardien rennais tout en coupant la possible ligne de passe vers Aguerd, également surveillé par Thauvin ; Payet cadre Nyamsi ; Kamara surveille Camavinga ; Lirola, lui, grimpe sur les talons de Maouassa, recherché par Alfred Gomis.


Empêché de progresser par Lirola, Maouassa recule avec Gomis, de nouveau pressé par Milik, alors que Thauvin serre Camavinga. Le gardien rennais n’a aucune autre solution qu’allonger dans l’urgence. Sa relance va finir en touche.


La réaction des joueurs marseillais est frappante : chacun se félicite pour le pressing réussi. Sampaoli a réussi à poser un premier boulon important.


Face à Brest, l’OM a été bien plus prudent, même si on a parfois vu Bouba Kamara sortir accompagner Milik et Payet pour gêner des Brestois qui relançaient à trois éléments (Brassier, Chardonnet et Lasne).


Alors que le SB29 relance à trois, Payet contrôle Chardonnet, Milik s’occupe de Lasne - hors champ - et Kamara grimpe sur Brassier, alors que l’OM contrôle toutes les lignes derrière. Larsonneur doit aussi allonger sans trop d’espoir.

« Avec le temps, on va sûrement devoir récupérer plus de ballons dans la moitié adverse, notamment à la perte du ballon, a concédé Sampaoli cette semaine. Ce sera une progression. Mais la première intention de notre message était qu’il fallait attaquer. » L’Argentin le répète depuis son arrivée : il veut voir son OM cogner avec six et défendre à quatre, d’où un système dessiné en 3-1-4-2 (qui peut aussi être vu en 3-4-3 losange sur certaines séquences où Payet se glisse en numéro 10 derrière Milik, ce qu’il fait le plus souvent). Dans les faits, et c’est essentiel, l’OM avance surtout avec un bloc uni, où chaque joueur est impliqué dans les deux phases, ce qui est un autre marqueur des deux premières rencontres de Jorge Sampaoli.


Dès les premières secondes face à Rennes, on a vu ce 3-4-3 losange avec Payet en 10 et Kamara en 6, mais surtout deux latéraux (Lirola et Nagatomo) très hauts et Thauvin et Khaoui en relayeurs.


Contre Rennes, cela a aidé l’OM à notamment être en supériorité numérique face au milieu à trois rennais.


En phase offensive, voilà comment on retrouve le 3-1-6 marseillais, où Thauvin a un rôle essentiel grâce à ses appels dans le dos du latéral gauche adverse.


Même système face à Brest, samedi, durant la première période.


Face à un 4-2-3-1 rennais qui a cherché à l’amputer de Kamara (Grenier jouant alors le rôle de la muselière) en phase de relance, l’OM n’avait que deux portes : soit contourner le bloc via les latéraux, soit tenter de le percer à l’intérieur et profiter de la qualité de relance de Balerdi pour trouver un relayeur - ici Thauvin - écarté du double pivot adverse.


Problème : trouvé, Thauvin va préférer partir dans un dribble - et perdre le ballon - plutôt que lancer Lirola en profondeur.


Autre séquence : cette fois, Álvaro réussit à trouver Payet grâce au 3 contre 2 marseillais au milieu...


Mais plutôt que de déclencher un appel dans le dos de Nzonzi et Maouassa, sorti sur Lirola, Thauvin attend le ballon dans les pieds. Payet va alors chercher Milik en profondeur et rendre le ballon à Rennes.


Sur un autre mouvement en seconde période, alors que Nagatomo est trouvé côté gauche, Khaoui ne déclenche pas d’appel...


À la 31e minute, ce circuit a mieux fonctionné grâce à l’appel de Thauvin et au bon triangle avec Álvaro et Payet.


Face à Brest, Kamara a aussi été ciblé et a été bloqué par Faivre à la relance.


L’OM a affronté un bloc de nouveau compact, qu’il a fallu contourner via les latéraux ou brouiller grâce aux centraux excentrés.


Preuve à la 5e minute où la montée de Ćaleta-Car force Faivre à lâcher Kamara... Touché, Khaoui peut alors trouver le numéro 4 de l’OM plein axe, libre.


Kamara est alors dans une position idéale, voit Jean Lucas sortir sur ses mollets et peut trouver Thauvin dans le dos du milieu brestois. Ce mouvement va déboucher sur la première frappe de la rencontre signée Nagatomo.


Sur certaines sorties de balle, l’OM aurait pu aussi faire quelques meilleurs choix comme ici, où Balerdi va chercher Milik alors que Lirola est trouvable dans le dos de Charbonnier lorsqu'il monte sur Álvaro.


Sur ces deux matchs, tous les deux logiquement imparfaits, on a vu plusieurs éléments. Le premier : la responsabilité donnée à Leonardo Balerdi, placé dans un rôle de libéro au cœur d’une défense à cinq et qui est essentiel pour éliminer la première ligne de pression adverse en compagnie de Mandanda, Ćaleta-Car et Álvaro Gonzalez. L’OM de Sampaoli joue, sort au sol et n’hésite pas à prendre des risques - on a ainsi vu Mandanda provoquer Mounié jusqu’à se faire contrer, sans conséquence, samedi, face à Brest (13e). Deuxième élément : Thauvin se dépense plus que jamais et est l’élément déstabilisant de cet OM. Sa zone d’activité est large, il doit s’investir défensivement et être offensivement le Batman d’un Lirola déguisé en Robin. Problème : s’il a notamment planté le deuxième but ce week-end et a été le Marseillais le plus sollicité lors de la réception de Brest (63 ballons), il pêche encore dans certains choix et peine à créer un décalage par le dribble (seulement deux passés en 180 minutes), même s’il peut obtenir quelques bonnes fautes. Il a su le faire parfois par la passe face aux Brestois, en lançant par exemple Lirola à quelques bonnes reprises en seconde période, ce qui a été plus efficace que ses centres (10 tentés, 1 réussi). « C’est un poste différent, je suis dans un nouveau registre, mais je prends beaucoup de plaisir, cela me permet d’être plus polyvalent » , a souligné l’intéressé samedi, au terme d’une rencontre qui l’a aussi vu sortir un tacle salvateur aux abords de sa surface avant la pause. Enfin, troisième élément : plus que jamais, cet OM a la tête penchée vers ses ailes (84% des attaques via les côtés face à Rennes, 72% contre Brest). Dans ce registre, Lirola brille et on se dit que Jordan Amavi pourrait aussi se plaire dans un schéma qui a vu l’OM être relativement efficace compte tenu d’un taux de possession très faible contre Brest (40%, 36% après l’ouverture du score).

Balerdi, le grand gagnant


Encore très perfectible avec ballon, malgré les quatre buts inscrits en deux matchs, en partie grâce à des entrants (Luis Henrique, Cuisance) qui ont su être décisifs, l’OM a surtout mûri sans ballon et n’a quasiment rien concédé lors des deux dernières rencontres. Un fait notable lorsqu'on sait à quel point cette équipe subissait jusqu’alors. Samedi, Brest n’a cadré qu’une fois - une tête de Brassier sur coup franc qui a trompé Mandanda - et, quelques jours plus tôt, Rennes n’a vraiment fait tanguer l’OM que sur une frappe de Martin Terrier sur la barre. Comment l’expliquer ? D’abord, par le fait que le 5-3-2 affiché en phase défensive aide les Marseillais à mieux contrôler la largeur et que les centraux (Ćaleta-Car en tête) n’hésitent pas non plus à sortir chercher leurs vis-à-vis très haut. L’OM alterne ainsi entre bloc médian et bloc bas, plutôt avec succès, ce qu’il faut aussi mettre sur le compte de la bonne complémentarité des éléments défensifs, principalement dans la gestion de la profondeur.


Exemple ici : alors que Lirola sort sur Maouassa, Álvaro couvre Terrier dans le dos.


Le latéral rennais va alors chercher à rentrer intérieur, mais Thauvin vient aider Lirola. Les deux sont aussi soutenus par Kamara et le ballon va être récupéré.


Le 5-3-2 très compact de l’OM.


Le même que l’on a retrouvé contre Brest...


... et qui est devenu un 5-4-1 en seconde période pour mieux jouer avec la largeur et pouvoir trouver de nouveaux espaces.


À ce petit jeu, on a retrouvé Balerdi, encore très bon samedi.


Utile à la construction (96% de passes réussies), Balerdi a sorti les muscles défensivement et a été très bon contre Brest (neuf ballons récupérés, trois interceptions). Devant lui, Bouba Kamara l’a surtout été face à Rennes, où il a rayonné (onze ballons récupérés, quatre interceptions, trois tacles réussis, excellent dans le jeu long) et a fait dire à Sampaoli qu’il lui offrait, sans surprise, « plusieurs options » . Pape Gueye, lui, a marqué des points, malgré sa faute sur le but brestois, lors de son entrée en seconde période. Il devrait logiquement prendre la place de Khaoui pour apporter plus d’impact dans les transitions et soutenir un duo Payet-Milik qui commence à développer des repères intéressants. Tout ceci n’est qu’un début pour cet OM qu’on sent aussi capable de piquer en attaques rapides - on l’a d’ailleurs vu sur le but de Cuisance contre Brest - avec un poil plus de justesse dans les derniers choix. Jorge Sampaoli appuyait aussi dans ce sens après le succès de samedi : « Ce genre de victoire, avec tant d’énergie, de volonté, d’envie d’aller de l’avant engendre un point de départ qui nous donne plus d’assurances en tant que conducteur de ce groupe. Il faut maintenant s’améliorer dans le jeu. Ce que nous voulons changer, c’est que l’équipe soit unie derrière une idée au-delà du résultat. La bataille d’un entraîneur, c’est d’installer une idée qui crée une unité et pas seulement d’être unis par le succès, parce qu’il y aura des moments différents de ceux que l’on vit aujourd’hui, et c’est là que l’on verra quel type de groupe on a. C’est dans l’adversité que l’on apprend le plus, que ceux qui croient en une idée commune s’unissent le plus. » Les fondamentaux (envie, adhésion, bloc uni) sont posés. Prochaine étape : mettre de la folie davantage que sur les dernières minutes. Par Maxime Brigand