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Tactique : Erling Haaland, le conquérant de l’espace

Au lendemain de la démonstration de Kylian Mbappé au Camp Nou, l'attaquant norvégien de Dortmund a répondu en grand à Séville en sortant à son tour une masterclass. Confirmation : ce type est à part.

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« C’est bien de marquer des buts. J’aime la Ligue des champions et quand j’ai vu Mbappé marquer un triplé hier, cela m’a motivé. Alors merci à lui. C’était une belle soirée. Je l’ai vu marquer de jolis buts, c’est comme si j’avais reçu un coup de boost gratuit. » Erling Braut Haaland est un juke-box sur pattes. Dans un couloir ou sur une pelouse, ce type ne pense qu’à envoyer les watts, enchaîner les cavalcades et faire sautiller tout ce petit monde qui ne cesse d’en prendre plein les mirettes face aux performances assez délirantes d’un joueur qui semble tout droit sorti d’un laboratoire ayant passé plusieurs années à bosser sur le footballeur moderne idéal. Depuis qu’il a posé ses pieds dans le foot pro, le Norvégien ne cesse de distribuer les tubes. Il y a eu Haaland qui plante neuf pions face au Honduras lors de la Coupe du monde U20, puis Haaland qui inscrit un triplé contre Genk au cours du premier match de poules de Ligue des champions de sa carrière ou encore Haaland qui copie-colle cette performance pour sa première sous le maillot du Borussia Dortmund, à Augsbourg, au début de l’année 2020. Il y aussi eu Haaland qui fracasse le but du PSG sur une frappe mesurée à 114 km/h. Il y a donc avant tout des chiffres : à 20 ans, celui que Jorge Valdano a très justement déguisé en « Mario Kempes du XXIe siècle » a déjà inscrit 18 buts en 13 matchs de Ligue des champions et a, grâce à son doublé inscrit à Séville mercredi soir, porté son total de buts à Dortmund à 41. 41 buts en 42 matchs. Inhumain, effrayant, brutal. Mais surtout diablement différent.

Le football de l'insouciance


Mais qu’est-ce qui fait d’Haaland un footballeur différent, au juste, si l’on enlève son nombre de perles enfilées à la minute ? Première chose : le Norvégien n’a rien d’un wonderkid comme les autres. L’attaquant du Borussia Dortmund n’est pas un génie capable d’enchaîner les tours du monde et n’a rien d’un petit format capable de se faufiler à son aise entre toutes les lignes possibles tout en empilant les crochets courts. Non, Haaland est avant tout un joueur qui fait peur par son gabarit et sa puissance. C’est d’ailleurs ce qui fait de lui un cadeau à une époque où la vitesse, la capacité d’exploser dans les transitions (donc pas forcément sur les premiers mètres, ce qui n’est mécaniquement pas simple pour l’attaquant d'1m94, mais plutôt sur des distances un poil plus longues), la force, mais aussi l’intelligence sont des qualités indispensables pour réussir au très haut niveau. Kylian Mbappé, comme on l’a encore vu à Barcelone, possède aussi ses outils dans son cartable et c’est d’abord ce qui explique que les deux hommes devraient se friter au soleil lors de la prochaine décennie. Les deux matchs livrés cette semaine par les deux phénomènes n’ont fait que le confirmer.


Revenons-en donc à Erling Braut Haaland qui a découvert mercredi soir un nouveau jardin, le Sánchez-Pizjuán de Séville. Évidemment, monsieur n’a pas fait de manière et a décidé de tout écraser sur son passage, inscrivant un doublé et délivrant une passe décisive, tout ça sur 24 minutes et alors que le FC Séville avait ouvert le score. Face à Jules Koundé, considéré comme le meilleur défenseur de Liga et l’un des meilleurs du continent du moment, le Norvégien passait pourtant un gros test. Parfait : c’est ce qu’il adore et pour la énième fois de sa jeune carrière, Haaland a saisi l’occasion pour nous coller la chair de poule tout en ramenant le football à des choses simples. Oui, l’attaquant norvégien parle un football de l’enfance, du temps de l’insouciance : attaquer, se battre, prendre les espaces, défendre avec ses potes, et courir, au bout, dans leurs bras.


Dès la vingt-neuvième seconde, on a retrouvé une première facette d’Haaland : le relais. Ici, dans un style propre à sa personne, il va remettre parfaitement dans la course de Sancho.


Moins d’une minute plus tard, d’abord trouvé dos au jeu, c’est dans sa position la plus dangereuse qu’il s’avance avant de décaler Dahoud dans le sens du jeu.


Le Norvégien a été trouvé à plusieurs reprises dans ce type de situations, notamment ici, où on le voit décrocher devant Koundé et être trouvé par Guerreiro pendant que Dahoud lance un appel dans son dos...


... La défense de Séville est cadrée, et Haaland peut alors décaler Sancho.


Tout ça nous amène logiquement à la 19e minute et à une touche jouée par Mateu Morey côté droit. Cherché, Haaland résiste à Diego Carlos et l’embarque le long de la touche....


Haaland fait alors face à deux joueurs de Séville (Escudero et Joan Jordan) alors que Diego Carlos se prépare à intervenir...


Haaland force alors Jordan à sortir et va lui glisser un petit pont tout en puissance...


Diego Carlos sort sur le Norvégien...


La défense de Séville est ouverte : Haaland peut décaler Dahoud qui, derrière, va se régaler et ouvrir le score.

Mais comment gérer Haaland ?


Ces séquences mettent en avant la première facette du jeu d’Haaland qui est un joueur plus collectif que l’on pourrait le croire si l’on se fie à ses statistiques. La dernière montre aussi l’une des limites actuelles - ou plutôt un axe d’amélioration - du jeu du buteur du BvB : la qualité de sa première touche, qui est souvent loin d’être extraordinaire et le pousse parfois dans des situations compliquées. Pour le reste, dans ce rôle de pivot, Haaland possède un jeu dos au but assez sérieux et une qualité de course incroyable.


C’est surtout, comme on l’a vu mercredi soir, un joueur qui fait peur et inquiète : sa simple présence dans une défense peut faire reculer l’adversaire tout seul. C’est d’ailleurs ce qui explique, au-delà de ses qualités de placement, qu’Haaland soit rarement signalé hors jeu (0 fois mercredi soir).


Preuve de son caractère effrayant : à la 46e minute, l’un de ses pressings a vu Koundé rater le ballon sur un dégagement.


Exemple dans le jeu dos au but : ici, Haaland se prépare à l’arrivée de Koundé...


Puis résiste avec force en attirant deux joueurs sur lui : Bellingham peut alors être trouvé et le jeu peut s’accélérer avec Dahoud.

Problème pour les adversaires : comment faut-il gérer Haaland ? Réponse sans débat : il faut d’abord l’empêcher de prendre de la vitesse dès les premiers mètres en profitant de cette première touche parfois déficiente. Sinon, c’est terminé. C’est sa deuxième facette : sa capacité à se créer des espaces et à punir automatiquement.


Face à Séville, ça a été le problème : Haaland a souvent eu trop d’espace. Ici, on le voit décrocher et avoir un champ d’action trop important.


C’est ce que le deuxième but est venu sanctionner : trouvé par Akanji dans le demi-espace droit, Haaland peut se retourner et accélérer.


Tout en puissance, il va alors solliciter un une-deux avec Sancho, dont la remise va être parfaite : 1-2.


À moins de dix minutes de la pause, autre situation où Haaland a eu trop d’espace pour s’amuser et, surtout, se retourner.


Dans un autre registre, mais toujours dans la recherche de l’espace : peu après la demi-heure de jeu, Haaland lance un appel dans le dos de Koundé...


Il va alors être lancé par Dahoud et va forcer Hitz à un bel arrêt.


Juste avant la pause, Reus récupère un ballon dans les pieds de Rakitić : 3 contre 1 à gérer pour Dortmund. Haaland déclenche son appel...


Parti dans le dos de Reus, Haaland est en position idéale...


Trop simple.


Ses appels ont aussi souvent pour objectif d’ouvrir un espace à un troisième homme (ici Reus, alors qu’Haaland attire Escudero et Diego Carlos).


Autre exemple en fin de match avec ce nouvel appel offrant un espace de passe à Can pour Sancho.

Difficile de faire plus propre que cette rencontre pour Haaland : trois tirs, trois tirs cadrés, deux buts. À cette performance, il faut ajouter deux passes clés et deux dribbles réussis. Mais il faut aussi offrir une place à la dernière facette du jeu de l’attaquant de Dortmund : son apport défensif. Mercredi soir, on l’a notamment vu être utile sur les phases arrêtées défensives, mais aussi dans le jeu (trois interceptions, trois ballons récupérés).


Phase arrêtée et bonne présence d’Haaland, forcément utile de par sa taille.


À vingt minutes de la fin, alors qu’il est trouvé par Koundé, Gudelj, entré à la pause à la place de Rakitić, ne voit pas Haaland se préparer à mordre...


... le Norvégien va récupérer ce ballon.


Enfin, en fin de match, Haaland est capable de la petite faute tactique.

Au lendemain de la démonstration au Camp Nou de Kylian Mbappé, qui reste un joueur au profil différent, Erling Haaland a donc répondu à l’orgueil et a confirmé l’évolution de son jeu, toujours aussi dépouillé, brutal, létal, face à un FC Séville battu par un Dortmund très cohérent dans ses transitions et sur ses phases d’attaque placée. Plus de place au doute : ce mec, sorte d’Adriano sans les facéties techniques, est un phénomène. Par Maxime Brigand